Crypto monnaie et monnaie virtuelle : qu’est-ce que le Bitcoin ?

Le 16 juillet 2019

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Le Bitcoin fête cette année ses 10 ans et, depuis quelques années déjà, fait beaucoup parler de lui. Mais savez-vous au juste de quoi il s’agit ? Café de la Bourse vous explique ce qu’est le Bitcoin : comment ce dernier est produit, pourquoi il peut être considéré comme une vraie monnaie, quels sont ses atouts, comment investir dans le Bitcoin. Découvrez aussi les enjeux qui se rattachent à sa technologie, son rôle et sa place aujourd’hui.

Malgré son image très geek, en septembre 2015, l’autorité de régulation du marché des matières premières aux États-Unis, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), a officiellement déclaré que le Bitcoin entrait dans la catégorie des matières premières. Il s’agit donc d’un premier pas vers une régulation des monnaies virtuelles et une certaine reconnaissance de la cryptomonnaie par les institutions financières. Les transactions financières en bitcoin et le trading sur les plateformes spécialisées devront désormais s’effectuer en respectant les règles encadrant les échanges de matières premières.

Aujourd’hui, les grandes banques, mais aussi les GAFAM, cherchent à exploiter au mieux le potentiel financier de la Blockchain, la technologie du Bitcoin, dans le but, pour les premières, de réaliser des économies sur les transactions financières mais aussi d’établir des standards à travers l’industrie financière et, pour les seconds, de créer une monnaie virtuelle utilisée par leurs milliards de clients de par le monde, qui soient une véritable alternative aux monnaies traditionnelles.

Bitcoin : comment fonctionne cette monnaie virtuelle ?

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P2P + monnaie + cryptographie = Bitcoin

Le Bitcoin est une monnaie immatérielle, ou crypto-monnaie, qui permet à son détenteur d’acheter des biens et des services sur Internet. À la différence des monnaies classiques, le Bitcoin, comme toutes les devises virtuelles, n’a pas de banque centrale ni aucun organisme central ou institutions financières pour le réguler. Au lieu de cela, le Bitcoin repose sur un vaste réseau de gré-à-gré sur Internet.

Le Bitcoin est en quelque sorte le fruit du mariage entre l’idée de réseau P2P (de gré-à-gré), les techniques de cryptographie et le concept de monnaie. Résultat : le Bitcoin, et dans son sillage, les autres crypto-monnaies, sont peut-être en train de faire émerger un système financier d’un nouveau genre, complètement décentralisé, totalement libre.

Qui a créé la crypto monnaie appelée Bitcoin ?

Le Bitcoin est l’oeuvre d’un génie qui se fait appeler Satoshi Nakamoto. C’est tout ce que l’on sait. Ça pourrait être un homme ou une femme. Il pourrait même s’agir de plusieurs personnes, personne ne le sait.

À quoi ressemble le moyen de paiement Bitcoin ?

Un Bitcoin se compose d’une clé privée et d’une clé publique. La clé publique est faite de 34 caractères alpha-numériques commençant par « 1 » ou « 3 », du style 15VjRaDX9zpbA8LVnbrCAFzrVzN7ixHNsC. La clé privée fait office de portefeuille électronique. Celui-ci est anonyme.

La clé privée est faite de 51 caractères alpha-numériques commençant par le chiffre 5. Elle est requise pour transférer des Bitcoins à un autre utilisateur du réseau.

Combien de Bitcoins sont en circulation dans le monde ?

À l’heure où nous écrivons ces lignes, circulent environ 18 millions de Bitcoins dans le monde (contre 16 millions de Bitcoins en 2016 et 10 millions de Bitcoins en 2013), pour une masse monétaire d’environ 66 milliards, contre 229 milliards en 2018 (année de tous les records), 6 milliards de dollars en 2016 et 1 milliard de dollars en 2013. Ainsi, 83 % environ des Bitcoins sont déjà en circulation.

La quantité de Bitcoins en circulation est définie automatiquement par un réseau de serveurs informatiques, appelés mineurs, disséminés dans le monde entier. Ils se chargent de confirmer les transactions et les rajoutent à un journal de transactions décentralisé. Le volume de Bitcoins en circulation atteindra précisément 21 millions d’unités en 2140. C’est ce que prévoit l’algorithme.

Victime de son succès, le réseau du Bitcoin, dans sa configuration actuelle, va bientôt saturer, ce qui risque de provoquer à la fois des embouteillages et une dégradation du service. Face à ce danger, une solution semble s’imposer : introduire des innovations techniques afin de permettre au réseau d’absorber plus de trafic.

D’ailleurs, c’est pour tenter de trouver une alternative qu’a eu lieu en 2017, le fork, qui a donné naissance au Bitcoin Cash, créé à partir d’une chaîne secondaire gardant un tronc commun avec la blockchain principale. Ce dernier permet de valider les transactions effectuées beaucoup plus rapidement, pour un coût moindre, mais il mobilise aussi une puissance de calcul bien supérieure à celle que nécessite le Bitcoin.

Comment les Bitcoins sont-ils produits ?

C’est là que ça devient un peu technique – et un peu étrange.

Les Bitcoins sont « excavés », suivant un algorithme prédéfini. Ils se trouvent par lot de 25 unités, et viennent récompenser les efforts de calcul visant à trouver la solution à ce qui s’apparente fort à un problème mathématique aléatoire.

Le rôle de l’algorithme est d’assurer que la progression du stock de Bitcoins soit de plus en plus lente, en diminuant de moitié la récompense tous les quatre ans. Ainsi, début 2017, la récompense est tombée à 12,5 unités. Parallèlement, le niveau de difficulté des problèmes mathématiques à résoudre s’accroît au fil du temps, ce qui a pour effet d’espacer les récompenses.

L’algorithme a été conçu ainsi afin que le Bitcoin se comporte exactement comme une denrée rare dont l’exploitation offre des rendements marginaux décroissants. Un peu comme l’or ou le pétrole, par exemple (facile et pas cher d’en trouver au début, puis de plus en plus difficile et coûteux).

Pour miner des Bitcoins, il faut donc de plus en plus de temps et de ressources (puissance de calcul, matériel informatique, développeurs). Résultat : bien que virtuels, l’offre de Bitcoins est contrainte. L’algorithme confère ainsi au Bitcoin une immunité contre l’inflation.

En cela, le Bitcoin est tout le contraire du Linden dollar, la monnaie d’échange du monde virtuel en ligne Second Life (vous vous souvenez ?). Ce dernier est produit par une autorité centrale, monopole de fait, à son bon vouloir, sans aucune limite.

La rareté du Bitcoin est un des éléments lui conférant de la valeur. Un autre élément est son utilité comme moyen de paiement.

Qui accepte les paiements en Bitcoin ?

Peu de commerçants acceptent d’être payés en Bitcoin. La plupart des commerces qui l’acceptent sont sur internet. Certains sites d’e-commerce, comme Bitcoinstore, ont même bâti leur modèle économique sur le Bitcoin. Les sites marchands Overstock ou Shopify acceptent également le paiement en Bitcoins. La plateforme de blog WordPress accepte elle aussi les Bitcoins.

Plusieurs États ont reconnu officiellement le Bitcoin comme mode de paiement, comme le Japon en mars 2017.

Acheter des Bitcoins sur des plateformes de paiement

Le bitcoin peut s’échanger dans le monde entier, via n’importe quel ordinateur ou smartphone, sans aucun intermédiaire bancaire. Des agents de change spécialisés se chargent de convertir les bitcoins en devises classiques, dont l’euro et le dollar. Les plateformes de trading les plus utilisées sont Kraken.com, Bitcoin.de ou encore Paymium.com.

Le Bitcoin connaît un succès sans précédent en Chine où l’on ne compte plus les fermes de minage de la célèbre crypto-monnaie (la part de la Chine dans le minage du Bitcoin est estimée entre 70 % et 80 % au niveau mondial) et trois plateformes chinoises, Okcoin, Huobi, et Btcchina, se sont accaparées plus des trois quart des volumes mondiaux de Bitcoin depuis 2016. Certains même parlent du Bitcoin comme d’une monnaie chinoise. Si les raisons de cet engouement sont nombreuses, les principales sont sans aucun doute la politique du gouvernement chinois en matière de contrôle de sortie des capitaux des ressortissants chinois et la baisse continue du Yuan contre laquelle il sert de protection.

En effet, depuis fin 2016, le Bitcoin a tendance à évoluer à l’inverse de la devise chinoise : il monte quand le yuan recule. Toutefois, la donne pourrait bien changer rapidement car la Chine envisage d’interdire le minage de Bitcoin.

Consultez aussi notre dossier Pourquoi et comment investir dans le Yuan ?

Bitcoin est-il une vraie monnaie et un réel moyen de paiement ?

C’est un vaste débat quasi-philosophique, mais nous allons essayer de vous fournir quelques pistes de réflexion.

Pour être un moyen de paiement largement accepté et une réserve de valeur, la monnaie doit être un objet avec les propriétés suivantes : non-périssable, identifiable, difficile à contrefaire, facile à transporter, facile à stocker, fongible et divisible.

Voyons si le Bitcoin possède ces propriétés :

  • Non périssable : de toute évidence, oui.
  • Identifiable : à la façon des billets de banque, chaque Bitcoin a son numéro propre. Donc oui, bien identifiable.
  • Difficile à contrefaire : impossible à contrefaire, mais une personne avec suffisamment de ressources informatiques pourraient essayer d’utiliser un même Bitcoin pour effectuer plusieurs paiement.
  • Facile à transporter et à stocker : pour peu que vous ayez un smartphone ou un ordinateur, il est facile de stocker et transporter une grande quantité de Bitcoins.
  • Fongible : de la même façon qu’un lingot d’or est interchangeable avec un lingot d’or, un Bitcoin est interchangeable avec un autre Bitcoin. Il est donc bien fongible.
  • Divisible : un Bitcoin peut se subdiviser en 100 millions d’unités, appelés satoshis (1 satoshi = 0,00000001 BTC).

À première vue, le Bitcoin a toutes les propriétés d’une monnaie. Mais cela ne garantit en rien son succès. En effet, pour réussir, une monnaie doit inspirer confiance et, surtout, être utile. Les deux sont d’ailleurs intimement liés.

Pour inspirer confiance, le Bitcoin doit intimement convaincre ses utilisateurs qu’ils pourront à tout moment échanger leurs Bitcoins contre des biens et des services.

Les utilisateurs d’une monnaie font partie d’un vaste réseau d’échange, et la valeur de ce réseau augmente en raison du nombre de personnes qui le compose. Pour être véritablement utile, il faut donc que le Bitcoin soit accepté par suffisamment de monde.

Bitcoin est-il une menace pour l’euro ou le dollar ?

C’est peu probable. Il est plus probable que Bitcoin reste une monnaie de niche, utilisée sur internet par une communauté de geeks early adopters. Cependant, on ne peut que constater l’importance grandissante de cette monnaie d’un nouveau genre qui s’étend désormais à l’asset management avec par exemple le fonds GABI (Global Advisors Bitcoin Investment Fund PLC) de la Leading bitcoin asset manager, Global Advisors (Jersey) Limited.

Plus que le Bitcoin, ce sont les monnaies virtuelles dans leur ensemble qui pourraient à terme concurrencer les monnaies traditionnelles. Et même si le cours du Bitcoin est très élevé et que sa capitalisation boursière en fait la première des monnaies cryptées, Litecoin ou Ethereum semblent davantage armés pour challenger les monnaies traditionnelles. Mais après tout, l’avenir des monnaies virtuelles réside peut-être dans la récente incursion des GAFAM dans ce secteur.

Comment investir dans le Bitcoin ?

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Mais l’on assiste aussi à l’émergence aux États-Unis de sociétés de fiducie spécialisées dans la monnaie cryptée comme LLC et ITbit. Ces deux sociétés, en plus de satisfaire aux exigences de la New York State Department en matière de capitalisation, de réserve, de conformité, de protection des consommateurs et de cyber-sécurité, fournissent aussi des garanties de systèmes de stockage informatique et des systèmes de voûte de stockage à froid pour les avoirs de Bitcoin du fameux fonds GABI. Le gestionnaire du fonds GABI offre la possibilité d’échanger en Crypto Delta One (CRYDO) ces valeurs mobilières particulières.

CRYDO permet donc d’échanger ses titres sur une plateforme de négociation électronique qui offrent une exposition indirecte ou synthétique au prix sous-jacent de bitcoin sans transmettre la propriété explicite de Bitcoin. De cette façon, les bitcoins fonctionnent de manière similaire à des CFD en offrant les avantages de l’effet de levier notamment. Il est donc possible de miser sur le Bitcoin via certains brokers. Ainsi, la plateforme de copy trading eToro permet également d’investir dans le bitcoin par l’intermédiaire d’un CFD sur la monnaie électronique.

Le bitcoin est bien en train de devenir un produit financier à part !

Pour investir dans la monnaie virtuelle, deux solutions s’offrent donc à vous : investir en direct en échangeant des euros contre des Bitcoins via des plateformes spécialisées comme Poloniex, Circle ou encore Coinbase. Vous pouvez aussi spéculer sur le Bitcoin via des produits financiers dérivés de  la plus célèbre des monnaies virtuelles. Plusieurs courtiers en ligne proposent des CFD sur le Bitcoin, par exemple.

Attention, tout de même, le Bitcoin est un actif particulièrement volatil et vous aurez tout intérêt à n’investir que des sous que vous pouvez vous permettre de perdre. En outre, on recommandera l’utilisation des produits de Bourse et produits à effet de levier aux traders les plus avertis qui seront à même de bien comprendre le fonctionnement de ces produits et des risques encourus.

Bitcoin : quel avenir pour cette monnaie numérique ?

Le Bitcoin a connu en été 2017 un fork retentissant. La création du Bitcoin Cash, résultat de 2 années de guerre intestine entre les utilisateurs et créateurs de Bitcoin, représente un tournant majeur dans l’histoire de Bitcoin. Le désaccord portait sur les modalités d’amélioration du système et réseau Bitcoin pour le rendre plus rapide. Le réseau n’était en effet en mesure de traiter que 300 000 transactions par jour, ce qui n’était pas assez aux yeux de certains. Ce groupe de contestataires mené par Roger Ver et qui compte également dans ses rangs plusieurs sociétés de « mining pools », sociétés qui valident les transactions, ont donc lancé le 23 juillet 2017 le Bitcoin Cash.

Cette nouvelle version du Bitcoin n’a pas encore détrôné l’ancienne. Toutefois, on soulignera le caractère réussi de ce fork qui a donné naissance à une nouvelle monnaie qui figure depuis sa création dans le Top 10 des monnaies virtuelles en termes de capitalisation boursière.

Le Bitcoin classique et le Bitcoin Cash ont-ils pour autant un avenir radieux ? Rien n’est moins sûr. Selon une étude réalisée en avril 2019 par l’exchange crypto BitFlyer, deux tiers des 10 000 Européens interrogés pensent que les cryptomonnaies seront toujours là dans dix ans, mais ils sont moins optimistes quant à l’avenir du Bitcoin.

Si le Bitcoin reste, 10 ans après sa création, la première des cryptomonnaies et sans aucun doute la plus célèbre, on peut lui reprocher son caractère énergivore, sa volatilité, son manque d’ancrage dans l’économie réelle et son caractère hautement spéculatif. Pour autant, le Bitcoin n’est qu’une crypto monnaie parmi d’autres et il se pourrait bien que cette nouvelle classe d’actifs, peut-être davantage régulée et encadrée par les États, représente l’avenir de la monnaie.

Sources des images : Maxpixel et Freepik

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