Investissement : le Token remplacera-t-il les actions ?

Le 02 août 2019

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Alors que les ICO se multiplient et que la technologie Blockchain permet l’émergence de crypto-actifs de plus en plus sophistiqués, peut-on craindre une disparition des actions au profit des jetons numériques ?

Découvrez les dessous de la tokenisation de la finance, les atouts des crypto-actifs en matière d’investissement et les limites auxquelles sont encore confrontés ces jetons.

L’essor des actifs numériques issus de la technologie Blockchain

La Blockchain, cette technologie de chaîne des blocs, a permis ces dernières années la création de cryptoactifs qui ont profondément modifié le paysage du capital risque. En effet, depuis le milieu des années 2010, les ICO ou Initial Coin Offering se sont très largement développés.

Ces levées de fonds en monnaie virtuelle ont d’abord favorisé l’émergence d’Utility Tokens, des jetons permettant d’avoir accès à un bien ou un service immédiatement ou lorsque le produit ou service sera lancé. Les Utility Tokens sont donc une promesse sur un bien ou un service futur ou présent.

Plus récemment, les ICO ont donné lieu à l’émission de Security Tokens, des jetons plus sophistiqués, auxquels on attache un droit financier comme un droit de gouvernance (un droit de vote aux assemblées générales par exemple) ou un droit aux revenus (avec l’attribution d’un dividende par exemple).

Lire aussi notre article Comment se lancer dans l’ICO ?

La création d’une nouvelle classe d’actifs a engendré une nouvelle forme de financement des entreprises. Cette tokenisation de l’économie est-elle une bonne chose, tant du côté des émetteurs que des investisseurs ? Les jetons peuvent-ils concurrencer les actions et éventuellement les supplanter ? La réponse n’est pas simple car la tokenisation de la finance présente à la fois des opportunités extraordinaires et des défis considérables.

Les Tokens : mieux que des actions pour le financement des entreprises ?

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Les crypto-actifs se sont peu à peu imposés comme des alternatives réalistes pour lever des fonds, et même dans de nombreux cas, comme des alternatives judicieuses.

Ainsi, Hubert de Vauplane, avocat associé chez Kramer Levin, lors de la table ronde « Nouvelles technologies et financement de l’économie » organisée par Skema Business School et Groupe Crystal dans le cadre de la soirée « Les nouvelles frontières de la gestion de patrimoine », explique que lors de ces levées de fonds particulières, les ICO et l’émission de cryptoactifs ont une véritable utilité car elles servent à « combler un trou dans la raquette du financement des entreprises ». Selon lui, le financement d’une entreprise débute par le Love Money, il se poursuit éventuellement avec des campagnes du crowdfunding et, bien plus tard, avec l’arrivée des VCs.

Cependant, les acteurs du capital-risque ne se positionnent que lorsque le projet est déjà bien amorcé. Une ICO avec une émission de cryptoactifs (qu’il s’agisse d’Utility Tokens ou de Security Tokens) constitue une couche supplémentaire avant l’arrivée des acteurs du capital-risque, même si les VCs se montrent de plus en plus intéressés par les ICO.

On pourra aussi souligner que les ICO, contrairement aux campagnes de crowdfunding, ne sont pas limitées par un plafond fixé par la réglementation. Lors d’une ICO, on peut émettre autant de cryptoactifs que l’on souhaite, pour un montant indéfini. De quoi séduire les porteurs de projet à la recherche de financement.

Autre avantage des cryptoactifs : en permettant de mettre en œuvre une titrisation digitalisée, ils offrent une solution plus rapide, moins cher et désintermédié à la création de titres financiers traditionnels. La tokenisation de la finance permet en effet à des entreprises non cotées de lever des fonds facilement, sans avoir à mettre en place un pack d’actionnaires, à prévoir la documentation, etc.

Enfin, les Security Tokens peuvent paraître plus avantageux que les actions car ils permettent de créer des actifs avec des caractéristiques sur mesure, le tout de façon ultra-sécurisée.

En effet, la tokenisation induit une sécurité des instruments financiers au sens juridique du mot, que l’on peut découper comme on veut suivant le projet (gouvernance avec droits de vote pour certains aspects, revenus sur une partie ou totalité des bénéfices par exemple). Mais la Blockchain permet aussi d’embarquer ces paramètres automatiques dans le code. Toutes les règles et les droits peuvent en effet être inscrits dans le code, ce qui garantit l’inviolabilité des paramètres puisque le code de la Blockchain ne se casse pas. Ainsi, le portefeuille est totalement transparent et auditable. Avec la Blockchain, il n’y a pas de produits opaques.

Les émetteurs ne sont pas les seuls à pouvoir bénéficier d’avantages liés aux cryptoactifs. De fait, les investisseurs bénéficient également d’atouts liés aux cryptoactifs. En effet, les Security Tokens permettront d’ici peu d’échanger librement ses jetons sur des marchés, rendant ces actifs bien plus liquides que les parts de fonds de Private Equity, par exemple.

Véritable nouveau moyen de financement des entreprises, l’émission de cryptoactifs semble, par certains aspects, être plus avantageux qu’une campagne de crowdfunding ou qu’une introduction en Bourse.  Mais les jetons sont-ils pour autant des substituts parfaits aux titres financiers ?

Les Tokens : des actifs substituts presque parfaits aux titres financiers

Les Tokens comportent certaines limites à ne pas négliger. On notera que les Security Tokens, pouvant être cotés sur une place de marché, et donc de ce fait régulés, doivent être admis chez un dépositaire central, les faisant tomber dans une case financière pas réellement faite pour eux. Ils seront en effet considérés comme des instruments financiers ordinaires, ce qui implique de se conformer à la réglementation en vigueur et notamment à fournir aux investisseurs un prospectus détaillant le produit financier, ce qui a un coût.

L’autorité européenne des marchés financiers, l’ESMA, va-t-elle se montrer plus souple sur la cotation ? Pour l’instant, il s’agit d’actifs relativement complexes à mettre en place qui nécessitent des prestataires technos, financiers et juridiques.

De plus, ce type d’actifs, on l’a vu, est particulièrement pertinent pour les entreprises liées à l’innovation en phase d’amorçage, mais pas forcément pour tous les types d’entreprises et tous les besoins de financement. Les crypto-actifs semblent donc constituer une nouvelle modalité de financement qui peuvent être particulièrement attractives dans certains cas.

Toutefois, les actions demeurent une classe d’actifs qui n’est pas prête de disparaître. D’ailleurs, la plupart des sociétés ne font pas d’ICO (que ce soit en Utility Tokens ou en Security Tokens) et s’en tiennent aux opérations traditionnelles et institutionnelles. Les IPO ou introduction en Bourse et les actions restent des valeurs sûres sur lesquelles s’appuient de nombreuses entreprises pour mener le développement de leurs activités.

Source des images : Freepik

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