Fintech : tout comprendre aux start-ups qui envahissent la finance

Le 22 mai 2017

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La fréquence des évènements ces dernières années se rapportant à ce nouveau pan du secteur de la finance en disent long sur les bouleversements induits par ces start-ups de la finance. Le terme de Fintech est rapidement devenu très tendance auprès des professionnels du secteur et de la presse spécialisée mais aussi de la presse généraliste et du grand public. Les Fintechs sont bien plus qu’un phénomène de mode et impactent désormais la finance personnelle au quotidien. Café de la Bourse se penche sur cette nouvelle tendance lourde du secteur de la bancassurance et décrypte les applications utiles aux particuliers.

Qu’est ce que la fintech ?

Fintech : un marché en pleine croissance

Avec les Fintechs, ces startups qui associent finance et technologie, « un véritable écosystème complet a émergé » explique Alain Clot, président de France Fintech lors de l’événement Fintech Révolution 2016. On distingue très clairement un « esprit de conquête, une hybridation » de ces jeunes pousses qui « veulent partir à l’assaut du monde » souligne-t-il.

Il faut dire que la France est bien dotée en matière de Fintech et que son savoir-faire est reconnu en finance comme en technologie. Le nombre de nouveaux acteurs explose et leur croissance est exponentielle. La licorne tricolore des moyens de paiement Slimpay a reçu en novembre 2015 le prix Fast 50 de Deloitte qui chaque année distingue les 50 entreprises les plus dynamiques de France. Entre 2011 et 2014 la société avait vu ses revenus progresser de 4068%».

Les investissements dans les FinTech continuent d’augmenter. En 2017, les investissements semblent se tourner vers l’Afrique. L’inclusion financière est un vrai enjeu en Afrique, rappellait Tidjane Deme, partenaire à Partech Ventures lors de la journée Fintech Revolution 2017. Pour lui, « L’Afrique commence à peser au niveau mondial, 367 millions ont été levés en 2016 dont 19% vont directement à la Fintech ». Florence de Bigault, directrice d’IPSOS Africa, rappelait elle que « si 22% des ménages africains possèdent un compte bancaire, ils sont en outre 12 % à posséder un compte bancaire par téléphone, ce qui ne concerne pourtant que 3% de la population sur la planète ». En France, l’investissement a ainsi bondi de plus de 750% de 2014 à 2015, passant de plus de 19 millions d’euros à 167 millions. Les investissements 2016 ont chuté de près de 50% par rapport à 2015 en Europe selon les chiffres tirés du rapport annuel Pulse of FinTech de KPMG. Cependant, il faut relativiser cette baisse car 2015 était une année record et 2016 est l’une des meilleures années pour les investissements FinTech depuis le début des années 2010. Il s’agit donc plutôt d’une consolidation après un emballement qui a prouvé l’intérêt et l’enthousiasme des investisseurs pour ce secteur.

Fintech : un marché réglementé

L’autre grande caractéristique des Fintech, c’est leur statut très particulier dans le secteur de la FrenchTech. En effet, étant des entreprises du monde de la finance, elles sont soumises à des réglementations particulières. Ce marché régulé impose des contraintes fortes mais nécessaires pour la protection du consommateur. Alain Clot, patron de France Fintech lorsqu’il parle de la promotion de ce nouveau grand secteur alternatif rappelle d’ailleurs le grand respect pour la protection des consommateurs et la déontologie dont font preuve ces nouveaux acteurs.

On notera également la relative souplesse de la réglementation qui caractérise ce secteur. Ainsi, Emmanuel Macron dans son allocution lors de la journée Fintech Révolution 2016 précisait : « On doit cheminer à côté de vous, pas devant, au risque de casser l’innovation ». Même son de cloche du côté de l’AMF. Franck Guiader directeur de la division régulation de la gestion d’actifs de l’AMF précise que « l’AMF accompagne les nouveaux acteurs avant même la mise sur le marché, en testant le projet avec eux, étape d’autant plus nécessaire que les nouveaux acteurs connaissent généralement moins bien le cadre réglementaire que les acteurs traditionnels. »

Aujourd’hui, l’AMF souhaite tout de même renforcer les obligations légales en matière de simulation des performances futures. Pour éviter toute mauvaise compréhension par les investisseurs, les Fintechs proposant des simulations de performances futures devront obligatoirement procéder à « l’insertion d’un message standardisé, permettant d’alerter les investisseurs sur le fait que les simulations ne sont pas des promesses de rendement mais des outils pédagogiques ». L’épargnant devrait obligatoirement valider ce message avant d’accéder aux simulations a précisé l’AMF dans son projet de recommandation par anticipation.

Une multitude de start-ups finance dans des domaines très différents

Le raz-de-marée du crowdfunding dans le financement des PME

Le crowdfunding ou financement participatif est l’un des piliers de la Fintech. Son objectif : mettre en relation via des plateformes des investisseurs avec des entrepreneurs effectuant des levées de fonds. Si l’equity-based crowdfunding, qui permet aux particuliers de jouer le rôle de business angels avec une facilité déconcertante (Les investisseurs financent une société et en deviennent actionnaires. La prise de participation se réalise avec une détention de titres en direct ou via une holding.) ne connaît pas encore une croissance fulgurante, en revanche le crowdlending ou crowdfunding de prêt se taille la part du lion et représente une écrasante majorité des investissements réalisés par ces plateformes. Il s’agit là de prêter directement aux entreprises contre des intérêts et participer à l’économie réelle, rôle autrefois dévolu et cantonné aux banques.

Régulées par l’ORIAS, les plateformes doivent respecter des conditions statuaires (honorabilité, capacité professionnelle des dirigeants) et organisationnelles (mentions, informations, mises en garde… sur le site web).

Les grandes plateformes sont Alternativa et Smartangels pour le crowdfunding et Younited credit, Prexem ou encore Credit.fr pour le crowdlending.

Vous pouvez retrouvez tous nos conseils sur crowdfunding et retrouver les autres plateformes dans notre article Comparatif Crowdfunding financement participatif

L’avènement des algorithmes et solutions de financement

Les Fintech ont également investis les secteurs de la gestion d’épargne, du conseil en investissement, des solutions de financements à destination des particuliers.

Les conseillers virtuels en gestion de patrimoine ou robo-advisors en sont sans doute les exemples les plus frappants. Ainsi des sociétés telles que Yomoni, Advize ou Fundshop proposent à leurs clients une gestion de patrimoine dont le conseil résulte d’une approche algorithmique des besoins. Ces robo-advisors s’adressent à tous les investisseurs puisque cette technologie permet d’abaisser le coût de la gestion de patrimoine et donc de démocratiser cette pratique.

Le sujet est très à la mode, comme l’indiquent Luc Baqué, Directeur Général France et Paul Guadagnin, Manager, chez Alpha Financial Markets dans un communiqué : « le sujet des robo-advisors est devenu très tendance dans l’écosystème de la gestion de patrimoine, comme en témoigne la place centrale accordée à ce thème lors du dernier salon Patrimonia ».

Comme les acteurs traditionnels, les robo-advisors emploient des « gérants en chair et en os, qui s’appuient sur des modèles financiers pour définir leurs allocations, comme dans nombre de sociétés de gestion… […] Aussi, le principal atout de ces sociétés est finalement de remettre l’expérience client au goût du jour. » soulignent Luc Baqué, Directeur Général France et Paul Guadagnin, Manager, chez Alpha Financial Markets. Cependant, parce que les roboadvisors peinent à séduire une clientèle âgée ou même des épargnants susceptibles de s’interroger sur la solidité de ces start-up, le risque de leur confier son argent et les conséquences de leur éventuelle faillite, ils auraient tout à gagner à s’associer aux banques traditionnelles. « Elles apporteront leur track record, ainsi que leur marque. Quant aux robo-advisors, ils apporteront leur savoir-faire en matière de digitalisation et d’expérience client, thèmes ô combien chers aux établissements bancaires dans le cadre de leur démarche de modernisation de leur offre. » précisent Luc Baqué et Paul Guadagnin.

De nombreuses Fintechs proposent des services en lien avec la gestion de compte et la banque de détail afin de simplifier la gestion du budget et/ou de l’épargne des particuliers. Il existe notamment des applications de suivi comme Bankin’ ou Linxo qui permettent de gérer son budget facilement, notamment si, comme plus de la moitié des Français, vous disposez de comptes dans plusieurs banques.

Les technologies au service du paiement et des transfert de fonds

Les Fintechs proposent également de nombreux outils pour l’entreprise, et le B2B est très présent au travers notamment de solutions analytiques, et de solutions de paiements ou de transfert de fonds et échanges de devises, pour des investisseurs institutionnels et entreprises. Ainsi, Kantox ou FX4BIZ, prestataires de services de change dédiés aux entreprises permettent notamment de se couvrir contre le risque de change facilement et à moindre coût.

La position des fintechs dans le marché de la banque et assurance

Les fintech, à l’origine d’un renouveau du secteur

Les fintechs bouleversent profondément le marché de la bancassurance. Quant on parle de Révolution Fintech, le terme de révolution est à la hauteur des enjeux. Il s’agit en effet de jeunes sociétés qui provoquent des évolutions majeures en terme de circulation de l’argent et de business avec pour conséquence, si ce n’est pour objectif, d’instaurer d’autres repères d’autres réflexes. Ces jeunes pousses s’appuient sur deux compétences clés, compétences technique et sociale, pour offrir des services plus efficaces, avec plus de liberté et de façon plus conviviale. Elles témoignent d’un vent de changement, d’un désir de faire les choses autrement.

Et le grand gagnant de cette révolution, c’est le consommateur ! Selon Alain Clot, patron de France Fintech, « le moteur de la disruption est le consommateur lui-même, ses attentes, ses usages ». Il souligne que 40% des Français en 2015 se disent intéressés par des services de la fintech. Ces entités qui remettent le client au centre, qui envisagent le parcours client différemment amènent tout le secteur à repenser ses pratiques, usages et services.

Les fintech, avant tout des acteurs complémentaires, associés aux poids lourds de la finance

Les fintech ne s’inscrivent pas dans une logique d’opposition par rapport aux banques traditionnelles. « Elles ne vont pas tuer les banques. Loin de se cannibaliser, les supposés frères ennemis cherchent plutôt à cohabiter de manière intelligente au service de ce qui les réunit : le client » soulignent Cédric Teissier et Arthur de Catheu, dirigeants fondateurs de Finexkap dans leur tribune Fintech et banques : duo gagnant vers un nouveau modèle financier.

Peu de fintechs sont autonomes ou le resteront en grandissant. Elles sont ou seront pour la plupart rachetées par de grands groupes ou signeront des partenariats avec eux, se feront incubés par les grandes banques. Cette évolution est déjà visible : la plus grande banque espagnole a annoncé son alliance avec la fintech américaine Kabbage lors du salon Money 20/20 à Copenhague en avril 2016. Fortuneo et BforBank ont développé en marque blanche l’agrégateur de comptes Linxo.

Marie-Claire Capo-Bianco, directrice France de la Banque de détail chez BNP Paribas a décrit, lors de la journée Fintech Révolution 2016, l’évolution des métiers de la banque comme « certaine et indispensable ».  Pour elle, les banques sont « conscientes qu’il faut s’adapter » et s’appuient pour cela sur un écosystème. « Il s’agit plus d’une logique de partenariat que d’opposition » avec toujours le même objectif : « être au service du client ». « Les banques ont une expérience industrielle d’un métier de protection (sécurité, conformité, etc.) dans une volumétrie conséquente. C’est un élément de confiance fort. Les fintechs elles apportent l’agilité. Il faut conjuguer les deux et c’est bien là notre ambition » souligne-t-elle.

Si l’association des fintechs et des grandes banques traditionnelles est déjà perçue comme le nouveau modèle financier, quid de l’arrivée des GAFA dans la course ? Les quatre géants de l’Internet fixe et mobile que sont Google, Apple, Facebook et Amazon se positionnent aussi sur ce segment (notamment via l’Apple Pay et plus généralement la mise en place de solutions de paiements depuis leurs sites) et pourraient bien être les nouveaux disrupteurs de ce secteur déjà en pleine mutation.

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

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