Qu’est-ce que la technologie de la Blockchain ?

Qu’est-ce que la technologie de la Blockchain ?

La technologie Blockchain est une vraie révolution dans la sphère financière et dans la façon dont la finance de marché de demain pourrait s’organiser. Toutefois, il y a beaucoup de préjugés, de mythe et de fausses informations qui circulent concernant cette dernière innovation informatique.

Nous allons voir dans ce guide complet tout ce qu’il faut savoir concernant la blockchain et nous allons démentir certaines rumeurs. Nous verrons aussi tout ce que cette innovation financière permet de révolutionner, dans ce que l’on appelle la finance 2.0. Café de la Bourse se penche sur la technologie blockchain dont nous entendons de plus en plus parler.

Blockchain : 6 éléments clés à retenir

La Blockchain ouvre la voie à « l’internet des transactions ». Alors que l’Internet a ouvert la voie de l’information et de la communication dans un premier temps, la blockchain pourrait permettre de complétement transformer la façon dont nous gérons nos finances et dont nous investissons.

  1. Derrière la terminologie de Blockchain qui laisse la place à beaucoup d’imagination dans son interprétation, voyons déjà de quoi il s’agit de la façon la plus sommaire possible. La blockchain est un registre comptable partagé en réseau, entre un nombre plus ou moins élevé d’ordinateurs qui composent le réseau en question. Le registre d’une Blockchain est non modifiable, et permet d’enregistrer des transactions, d’assurer le suivi de la propriété d’actifs numériques et d’établir la confiance entre les participants du réseau décentralisé.
  2. La blockchain se compose de blocs qui contiennent des données (le plus souvent comptables) représentant tout ce qui a de la valeur, comme des biens, des services, de l’argent ou des informations. Ces blocs sont reliés entre eux par des liens cryptographiques qui garantissent leur intégrité et leur ordre chronologique.
  3. La blockchain utilise un mécanisme de consensus pour valider les transactions et les ajouter au registre, sans avoir besoin d’une autorité centrale ou d’un intermédiaire. Les transactions sont vérifiées par les nœuds du réseau (autrement dit, les vérificateurs ou mineurs), qui possèdent chacun une copie du registre et qui doivent s’accorder sur son contenu.
  4. La blockchain peut également exécuter des contrats intelligents (smart contrats), qui sont des programmes informatiques qui définissent les conditions et les conséquences d’une transaction, et qui s’auto-exécutent lorsque les conditions sont remplies. Les contrats intelligents permettent d’automatiser et de sécuriser des processus complexes, comme des paiements, des livraisons, des votes ou des assurances.
  5. La blockchain présente de nombreux avantages, comme la transparence, la traçabilité, la sécurité, la rapidité, la réduction des coûts et la confiance. Elle peut s’appliquer à de nombreux domaines, comme la finance, la logistique, l’énergie, la santé, l’éducation, le droit ou la gouvernance. On pourrait même imaginer que la blockchain puisse optimiser le fonctionnement des administrations. La blockchain ne se limite donc pas qu’aux cryptos, bien au contraire.
  6. La blockchain présente aussi des défis, comme la consommation énergétique, la réglementation ou l’interopérabilité. Elle nécessite également une adaptation des compétences, des organisations et des modèles économiques. Bien que la Blockchain existe depuis plusieurs années maintenant, son déploiement est très lent en raison de ces problématiques.

Blockchain : qu’est-ce que c’est ?

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Blockchain définition

La Blockchain, qui signifie « chaîne de blocs » en anglais, est une technologie qui s’inspire du piratage des fichiers audio et vidéo des années 1990 en « peer to peer », de pair à pair en français. Comme pour le partage entre deux individus d’un fichier vidéo à travers un réseau autonome, il s’agit ici de pouvoir partager des actifs numériques entre deux individus (ou plutôt entre deux ordinateurs), sans intermédiaire et en toute sécurité.

Pour garantir la sécurité des échanges dans le réseau, les participants mettent à disposition du réseau une puissance de calcul pour trouver la solution d’un problème mathématique, appelé problème des généraux byzantins, qui consiste à s’assurer qu’un ensemble de composants informatiques fonctionnant entre eux sache gérer des défaillances ou malveillances.

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Les caractéristiques et avantages de la Blockchain

Ce protocole cryptographique est en théorie inviolable puisqu’il doit être capable de maintenir sa fiabilité dans le cas où une part minoritaire des composants enverrait des informations erronées ou malveillantes pour contourner la vérification de la double dépense.

Cette méthode permet ainsi à des inconnus de réaliser des transactions, sans intermédiaire, de façon sécurisée et sûre, puisque chaque maillon de la chaîne est garant de l’ensemble.

Blockchain et smart contracts

Un smart contract est un programme informatique qui exécute automatiquement les actions requises dans un contrat sur la blockchain. Les smart contracts permettent de réaliser des transactions et des accords de confiance entre des parties qui ne se connaissent pas, sans avoir besoin d’une autorité centrale, d’un système juridique ou d’un mécanisme d’exécution externe.

La Blockchain est-elle inviolable ?

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En principe oui, une blockchain devrait être inviolable notamment car chaque bloc intègre toutes les informations des blocs précédents. De plus, un nouveau bloc est créé chaque minute alors qu’il faudrait en théorie des heures pour hacker un seul bloc. Changer les informations d’un seul bloc n’aurait aucun intérêt puisque les véritables informations se trouveraient dans le bloc d’avant et dans le bloc d’après.

Il faudrait donc être en mesure de pirater tous les blocs en moins d’une minute, ce qui nécessiterait une puissance de calcul si importante que la consommation d’énergie dépasserait probablement le profit qu’un pirate pourrait dégager d’une telle opération.

Toutefois, l’arrivée des ordinateurs quantiques pourrait changer la donne et anéantir le caractère inviolable d’une blockchain. Certaines technologies de blockchain plus récentes affirment pouvoir résister à l’attaque d’un ordinateur quantique.

Bien que la technologie de la Blockchain repose sur des principes cryptographiques, un mécanisme de consensus et une distribution des données entre tous les participants du réseau, il existe un certain nombre de faille qui peuvent la rendre vulnérable aux attaques informatiques :

  • Les attaques par déni de service, qui visent à saturer le réseau ou à empêcher les transactions d’être validées.
  • Les attaques par rejeu, qui consistent à réutiliser une transaction déjà effectuée pour en tirer un bénéfice frauduleux.
  • Les attaques par double dépense, qui permettent de dépenser deux fois le même actif en créant une branche alternative de la blockchain.
  • Les attaques par sybille, qui consistent à créer de faux nœuds du réseau pour influencer le consensus ou propager de fausses informations.
  • Les attaques par 51 %, qui visent à prendre le contrôle de la majorité du réseau pour imposer sa version de la blockchain.
  • Les failles dans les contrats intelligents, qui peuvent être dues à des erreurs de programmation, des bugs ou des ambiguïtés dans les conditions d’exécution.

La Blockchain, l’ascension d’une nouvelle technologie

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Le principe de la technologie Blockchain

Comme vous l’avez déjà compris, le principe de la technologie blockchain est de créer un registre comptable ou un registre de données financières non modifiable, hébergé dans un réseau décentralisé, pour y inscrire les transactions d’un actif (ex. Bitcoin). Ce registre se compose de blocs qui contiennent des données cryptées et reliés entre eux par des liens sécurisés. Les blocs sont validés par un mécanisme de consensus qui garantit l’intégrité et l’ordre chronologique des informations. La blockchain permet ainsi de stocker et de transmettre des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle.

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Les différences entre une blockchain privée et publique

De la même façon que vous pouvez utiliser le réseau Internet (publique) ou un réseau Intranet (privée) dans l’entreprise qui vous emploie, les Blockchain ne sont pas toujours des registres publics.

Une blockchain publique est ouverte à tous, sans restriction ni autorisation préalable. Tout le monde peut lire, écrire et vérifier les transactions sur le registre. Il n’y a pas d’autorité centrale ni d’intermédiaire pour contrôler le réseau. Les transactions sont validées par un mécanisme de consensus qui implique la participation et la rémunération des nœuds du réseau. Les exemples de blockchains publiques sont Bitcoin ou Ethereum.

Une blockchain privée est fermée à un groupe restreint de participants, qui doivent être identifiés et autorisés pour accéder au réseau. Seuls les membres du réseau peuvent lire, écrire et vérifier les transactions sur le registre. Il peut y avoir une autorité centrale ou un organe de gouvernance pour définir les règles et les droits du réseau.

Il existe de nombreuses Blockchains qui sont semi-privées, ou totalement privées. Une Blockchain privée peut servir dans le cadre d’un usage exclusivement réservé aux employés d’une entreprise. Il peut ainsi s’agir par exemple d’un système de messagerie dont les messages sont archivés de façon cryptée, inviolable et non-modifiable. Une Blockchain semi-privée peut être un registre sur lequel s’appuie les banques pour le clearing des transactions interbancaires, plusieurs banques y ont accès mais n’importe qui ne peut pas s’y connecter.

Le concept de « distributed ledger »

Une Blockchain publique utilise le principe d’un réseau décentralisé en « distributed ledger », mais une erreur courante est de considérer que tous les réseaux décentralisés type « distributed ledger » utilisent la technologie de la Blockchain, et c’est faux.

Le concept de « distributed ledger » désigne un registre partagé et immuable qui permet d’enregistrer et de transférer des données de manière sécurisée et transparente dans un réseau décentralisé, ce qui permet notamment de protéger des données contre une destruction du matériel. Peu importe qu’un ou dix ordinateurs sur lesquels sont stockées les données soient détruits, les données resteront disponibles sur des centaines d’autres ordinateurs.

Il est aussi possible que chaque ordinateur du réseau type « distributed ledger » ne possède qu’une toute petite fraction d’une donnée dans son ensemble. Ainsi, si l’un des ordinateurs venait à être corrompu à la suite d’un piratage informatique, alors le pirate n’aurait accès qu’a une petite partie de l’information, laquelle serait inutilisable en elle-même.

Les principaux réseaux Blockchain

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Il existe de nombreux réseaux blockchains, peut-être même des centaines, qui utilisent des protocoles différents. Nous allons vous en présenter quatre qui sont selon nous les plus populaires :

La blockchain Bitcoin

C’est la première et la plus célèbre blockchain, créée en 2008 par Satoshi Nakamoto. Elle permet de transférer de la valeur sous forme de bitcoins, une crypto monnaie décentralisée et sécurisée par la preuve de travail.

La Blockchain Ethereum

Ethereum est la deuxième blockchain la plus populaire, lancée en 2015 par Vitalik Buterin. Elle permet de créer et d’exécuter des contrats intelligents, des applications décentralisées et des tokens sur sa plateforme. Elle utilise l’Ether comme crypto-monnaie native. Elle a commencé par fonctionner avec la preuve de travail comme mécanisme de consensus, puis elle a récemment évolué vers un modèle de « Proof of Stake » pour la validation des transactions de son réseau. Elle a une capacité de 15 transactions par seconde et une taille de bloc variable.

La Blockchain Hyperledger

Hyperledger est un projet collaboratif initié par la Linux Foundation en 2016, qui regroupe plusieurs plateformes de blockchain privées et permissionnées, destinées aux entreprises et aux organisations. Parmi ces plateformes, on peut citer Hyperledger Fabric, Hyperledger Sawtooth, Hyperledger Besu ou Hyperledger Iroha. Elles utilisent des mécanismes de consensus variés, comme le PBFT, le Raft ou le PoET.

La Blockchain Tezos

Tezos est une blockchain qui se distingue par sa capacité à s’auto-améliorer et à s’adapter aux besoins de ses utilisateurs. Elle utilise le langage Michelson pour créer des contrats intelligents et le XTZ comme crypto-monnaie. Elle utilise la preuve d’enjeu (Proof of Stake) comme mécanisme de consensus, qui permet aux détenteurs de XTZ de participer à la validation des blocs ou de déléguer leur pouvoir de vote. Elle a une capacité de 40 transactions par seconde et une taille de bloc de 1 Mo.

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Comment accéder à la Blockchain ?



L’un des défauts de la Blockchain, c’est qu’elle forme encore actuellement un réseau fermé au reste du monde. Pour mettre un premier pied dans l’univers de la Blockchain, il faut posséder des crypto monnaies ou des tokens qui vont permettre d’effectuer des transactions dans la blockchain.

Heureusement, il existe ce que l’on appelle des « fiat gateway », « fiat » étant la dénomination des devises réels dans la communauté des utilisateurs cryptos. Ainsi, les « fiat gateway » vont permettre d’acheter des coins ou des tokens avec des euros, que ce soit par carte bancaire ou virement bancaire.

Si vous souhaitez simplement consulter le registre de la blockchain, il existe des explorateurs de blocs qui vont vous permettre de visualiser toutes les transactions. Toutefois, vous n’aurez pas accès aux informations concernant les propriétaires des comptes mais seulement à des informations cryptées et des adresses de wallet alphanumériques.

L’explorateur de blocs sur Ethereum le plus connu est Etherscan.io, et sur le Bitcoin c’est Blockchain.com

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Exemples d’utilisation de la Blockchain



Loin de se cantonner au succès mitigé du Bitcoin, la technologie blockchain est l’objet d’un intérêt croissant des acteurs du monde de la finance pour les multiples possibilités qu’elle offre dans tous les secteurs où intervient un tiers de confiance.

Le Bitcoin, bien sûr !

L’application la plus connue à ce jour de la technologie Blockchain est le Bitcoin, une monnaie virtuelle créée par Satoshi Nakamoto, dont on ignore s’il est un homme, une femme ou plusieurs personnes.
Un bitcoin se compose d’une clé privée, faite de 51 caractères alphanumériques commençant par le chiffre 5, et d’une clé publique, faite de 34 caractères alphanumériques commençant par « 1 » ou « 3 », du style 15VjRaDX9zpbA8LVnbrCAFzrVzN7ixHNsC, qui fait office de portefeuille électronique.

Le Bitcoin est une véritable monnaie dans le sens où il est non périssable, identifiable (comme pour les billets de banque, chaque Bitcoin possède son propre numéro) et est impossible à contrefaire. Il s’agit même là de sa grande force. Il est également facile à transporter et stocker : un ordinateur et/ou un smartphone suffisent. Un Bitcoin est également fongible puisque interchangeable avec un autre Bitcoin. Un Bitcoin est aussi divisible : un bitcoin se subdivise en 100 millions d’unités, appelées satoshis.

Le Bitcoin représente encore en 2023 plus de 49,5 % de la capitalisation totale des crypto actifs. En fait, au fil du temps et avec l’évolution de son utilisation, le Bitcoin a finalement trouvé son rôle dans l’écosystème des blockchains. Alors que les banques centrales utilisent l’or ou l’USD comme réserve de valeur pour garantir la stabilité de leur propre système monétaire, les différentes blockchains et leurs écosystèmes financiers utilisent généralement le bitcoin comme réserve pour garantir le bon fonctionnement de leurs services. Il est fort probable que le Bitcoin garde pour de nombreuses années cet usage, ce qui garantit que le BTC restera encore la reine des cryptos pendant un long moment.

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Le secteur financier à l’heure du Blockchain

La blockchain, la technologie de stockage d’informations décentralisées et de protocoles décentralisés de vérification des échanges, intéresse non seulement les États mais aussi les banques et bien au-delà, tous les acteurs économiques. D’ailleurs, la finance restera le premier marché de la Blockchain dans la décennie à venir. En effet, la Blockchain pourrait réduire les coûts de paiement et, de manière plus générale, les coûts de transaction en supprimant certains intermédiaires. Ainsi, dans le secteur financier, les revenus générés par des projets utilisant la Blockchain devraient dépasser 100 milliards en 2024 et s’élever à 462 milliards en 2030 selon le cabinet IHS Markit qui publiait au début de l’année 2019 une étude sur La Blockchain dans la finance.

Les banques séduites par la Blockchain

Il faut dire que les établissements bancaires sont particulièrement friands de cette technologie qui se fonde sur la confidentialité, la sécurité et l’échange. Et les applications sont nombreuses : financement du commerce international, paiements transfrontaliers, opérations de change, gestion d’actifs, règlement-livraison des opérations de marché, assurance, etc. Plusieurs banques internationales ont fait des annonces ces dernières années sur ces sujets. En 2015, neuf d’entre elles ont signé un partenariat avec une société américaine R3 pour l’utilisation de la blockchain dans les marchés financiers : JP Morgan, State Street, UBS, Royal Bank of Scotland, Crédit Suisse, BBVA and Commonwealth Bank of Australia. Depuis, Société Générale, BNP Paribas et Natixis pour les Françaises, se sont ralliées à ce consortium et ce sont désormais plus de 80 banques du monde entier qui mènent conjointement des travaux sur la Blockchain.

Les marchés financiers passent à la Blockchain

Les différentes places boursières sont elles aussi intéressées par cette technologie. Les marchés des dérivés de gré à gré n’est pas le seul segment intéressé par la technologie Blockchain.  « Les blockchains peuvent […] faire économiser de l’argent aux institutions financières, en éliminant nombre d’intermédiaires traditionnels impliqués dans le secteur financier » estime le rapport d’IHS Markit. Et les différentes Bourses du globe s’y intéressent de près. La Bourse suisse SIX devrait d’ailleurs développer une plateforme alternative de trading et de règlement-livraison utilisant la Blockchain pour les actifs numériques.

Les institutions financières sont aussi séduites. On peut par exemple citer Madre, le registre interbancaire décentralisé de la Banque de France, qui repose sur la Blockchain et permet de délivrer instantanément, pour les virements et prélèvement, les identifiants de créanciers SEPA.

Les régulateurs financiers de plus en plus favorables à la Blockchain

Enfin, les régulateurs se montrent de plus en plus accommodants avec cette technologie qui apparaît avec le temps comme tout bonnement incontournable. « La Securities and Exchange Commission (SEC) aux États-Unis, la Financial Conduct Authority (FCA) au Royaume-Uni, la Monetary Authority de Hong Kong et d’autres organismes de régulation, réagissent de manière positive à la technologie Blockchain dans le secteur financier. Le soutien de ces autorités réglementaires renforce la crédibilité de la technologie Blockchain en l’aidant à devenir plus conventionnelle », explique le rapport d’IHS Markit.

Les acteurs du monde de la finance et l’assurance à l’heure Blockchain

Des organismes de formation comme Eurêka surfent aussi sur la vague Blockchain, proposant des sessions destinées aux financiers et assureurs pour découvrir comment tout organisme centralisateur peut être remplacé par des algorithmes cryptographiques et assimiler les outils de programmation d’actifs financiers numériques décentralisés.

Par exemple, un smart-contrat dans le cadre d’un contrat d’assurance peut prévoir le paiement automatique d’un dédommagement à un agriculteur, si le smart-contrat reçoit l’information qu’il y a eu des intempéries météo contre lesquelles l’agriculteur est assuré.

Crowdfunding et Blockchain : une association fructueuse

Le crowdfunding a aussi profité de la technologie Blockchain. En effet, la technologie de la chaîne de blocs permet notamment aux entreprises non cotées d’émettre des titres sur le marché primaire et aux investisseurs d’avoir accès au marché secondaire. Les Initial Coin Offering, sorte de croisement entre une introduction en Bourse et une campagne de financement participatif, est sans doute l’exemple le plus frappant de l’incursion de la Blockchain dans le financement des petites et moyennes entreprises.

Jusqu’en 2018, beaucoup de start-up ont pu lever d’importants capitaux par ce biais pour financer leur développement avec les crypto-monnaies.

Attention toutefois, si les IPO nécessitent de monter un dossier solide, et bien souvent d’avoir de solides revenus, les ICO ont souvent été des levées de fonds sauvages pour financer des projets qui n’avaient parfois pas encore de structure juridique et légale.

L’engouement pour les ICO est terminé, notamment en raison de l’irresponsabilité de nombreux porteurs de projet qui n’ont pas tenu les engagements qu’ils avaient pris auprès des investisseurs. Les ICO ont aussi largement été utilisés pour lever des fonds en contournant les contraintes réglementaires.

L’arrivée d’un cadre réglementaire pourrait relancer l’intérêt du financement des start-ups par les ICO, car elle pourrait amorcer un regain de confiance de la part des investisseurs.

Quelques autres exemples d’utilisation de la Blockchain

Mais la technologie Blockchain ne devrait pas trouver d’applications seulement dans le monde de la finance. Elle peut notamment servir à mieux administrer les services publics : le gouvernement chinois souhaite utiliser la technologie blockchain pour la collecte des taxes sociales et l’émission de factures électroniques. La ville de Dubaï avait annoncé dès 2016, son intention de transférer 100 % de ses documents officiels sur la Blockchain, d’ici 2020. Le gouvernement estime ainsi pouvoir réaliser une économie équivalente à 1 milliard d’euros chaque année ». Il faut dire que la première ville des Émirats arabes unis a l’ambition de devenir la 1ère ville 100 % Blockchain et organise chaque année le Smart Dubaï Global Blockchain Challenge.

Les technologies de registre distribué servent également à rendre plus sûrs et plus transparents les cadastres (Factom par exemple met en place en Honduras un outil de cadastre numérique) ou encore à fournir des services optimisés. Ainsi, LaZooz, startup israélienne, propose un service de covoiturage entièrement repensé car décentralisé et détenu par sa communauté. Ce service, open source, permet aux conducteurs et aux passagers de se connecter en temps réel pour remplir les sièges vides des conducteurs, sans avoir à s’appuyer sur un acteur intermédiaire pour la mise en relation : tout passe par une plateforme autogérée.

Le monde des affaires est aussi un terrain de jeu privilégié pour la technologie Blockchain dont les applications ne cessent de croître, tels les services proposés par Ethereum qui permettent aux ordinateurs connectés à son écosystème, d’automatiser des relations d’affaires et qui, en plus, n’ont plus besoin d’être validées par quiconque. Comme l’explique Vitalik Buterin, fondateur d’Ethereum dans les colonnes des Echos « la seule fonctionnalité de bitcoin est l’échange de devises alors qu’Ethereum permet de créer tout type d’applications ». Au cœur d’Ethereum, on peut en effet exécuter des « smart contracts » (contrats intelligents), qui sont des morceaux de codes informatiques gérant seuls des transactions, et ce sans intermédiaires et de façon sécurisée. Même la politique vit cette disruption avec des initiatives comme DemocracyOS, plateforme citoyenne à disposition des démocrates du monde entier pour ouvrir des espaces de parole autour des thèmes de société.

Les applications possibles de la technologie Blockchain sont vertigineuses. Elle pourrait engendrer ainsi une sorte d’économie « horizontale », complétement décentralisée. La France s’est d’ores et déjà emparé du sujet et compte bien devenir une nation de la Blockchain grâce à la stratégie nationale Blockchain, fruit d’un travail intensif mené par la Direction générale des entreprises avec l’ensemble de l’écosystème de la Blockchain. Cette concertation entre acteurs public et privés a permis d’identifier 4 axes de travail principaux qui ont été présentés le 15 avril 2019, à l’occasion de la Paris Blockchain Conference : renforcer l’excellence et la structuration des filières industrielles françaises pour déployer des projets ambitieux basés sur les technologies de registres distribués, être à la pointe des enjeux technologiques, encourager les projets innovants s’appuyant sur les technologies de registres distribués, et enfin, accompagner et sécuriser les porteurs de projets Blockchain dans leurs questionnements, notamment juridiques et réglementaires.

Comme tout concept émergent, les technologies de la Blockchain ont besoin de définition et d’harmonisation pour susciter la confiance des utilisateurs et des investisseurs. Depuis décembre 2016, sous l’égide de l’ISO, des experts issus de seize pays travaillent à la mise en place de normes volontaires pour dessiner les contours de cette technologie qui souffre aujourd’hui d’un impérieux besoin de définition et d’harmonisation. La France participe aux travaux de l’ISO via l’AFNOR, organisme français de référence pour les normes volontaires, qui a créé une commission de normalisation sur le sujet. L’enjeu essentiel est de savoir de quoi l’on parle pour Michelle Abraham qui prend part aux discussions : « Il me paraît fondamental de savoir de quoi on parle et qu’une entreprise sache ce qu’elle achète comme service, si elle souhaite utiliser cette technologie. Parce que certains disent vendre une blockchain, alors que littéralement, ce n’en est pas une » explique-t-elle. La normalisation volontaire devrait permettre aux professionnels du secteur de peu à peu gommer les zones de flou de cette technologie encore très mal comprise par les non-initiés.

Bourse Blockchain : peut-on investir en Bourse sur la Blockchain ?



Il existe de très nombreuses applications de la Blockchain, notamment dans l’univers financier. Mais la Blockchain n’est pas un actif financier en tant que tel. Toutefois, de nombreux actifs sont liés ou corrélés à la blockchain. On pense bien sûr en premier lieu aux crypto monnaies.

Depuis quelques années maintenant, les cryptos sont listées en Bourse. Que ce soit sous forme de contrats à terme, d’options, de certificats, de turbos, d’ETP et d’ETF, il est possible d’investir ou spéculer sur les cryptos via les mêmes instruments financiers que ceux existants sur les autres classes d’actifs comme les actions, les devises, les matières premières, etc.

On peut aussi investir en Bourse sur la blockchain en achetant des titres liés à cette industrie comme par exemple Crypto Blockchain Industries, une société française qui développe, exploite et investit dans des jeux vidéo, des applications commerciales et certains projets liés à la blockchain, aux NFT (Non Fungible Tokens) et aux crypto monnaies. On pensera aussi à l’action en Bourse The Blockchain Group, spécialisé dans les prestations de services intégrés, dédiés à l’accompagnement des entreprises et des entrepreneurs de la Blockchain dans l’exploitation de cette technologie. Les performances sont plutôt mitigées en 2023. Le cours de l’action The Blockchain Group enregistre environ -65 % sur l’année 2023. Quant au cours de l’action Crypto Blockchain Industries, il avoisine les -27 % sur un an.

Les avantages de la technologie Blockchain



L’éviction du tiers de confiance grâce à la blockchain

La blockchain permet d’instaurer de la confiance auprès des utilisateurs d’un processus informatique sans intermédiaire et sans vérification humaine. Ainsi, elle permet de supprimer la nécessité d’un intermédiaire de confiance pour les transactions sur Internet.

La blockchain, un gage de sécurité

La blockchain permet aussi d’instaurer un haut niveau de sécurité dans les transactions sur Internet, et d’offrir un système dans lequel les données sont infalsifiables. Bien que nous ayons pu vous expliquer qu’il peut y avoir des failles de sécurité, la blockchain reste nettement plus sûre que n’importe quel autre système de paiement.

La transparence permise par la blockchain

La blockchain offre aussi une solution transparente pour les transactions sur Internet. La blockchain offre une visibilité totale sur les informations qui y sont stockées, car elles sont accessibles à tous les membres du réseau qui disposent des autorisations nécessaires. Chaque transaction est horodatée et tracée, ce qui permet de vérifier son historique et sa provenance.

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Les inconvénients de la technologie Blockchain



Le caractère irrémédiable d’une transaction sur la blockchain

Le principal avantage de la blockchain est aussi son pire ennemi, car l’absence d’intermédiaire signifie que si un utilisateur de la blockchain fait une erreur de saisie pendant une transaction, il n’y a aucun recours.

Lors d’une transaction avec votre banque ou avec un système de paiement comme PayPal, il sera toujours possible de contacter le support client pour faire annuler ou modifier une opération, alors qu’avec la blockchain, une fois qu’une transaction est validée, aucune modification ou annulation n’est plus possible.

Le processus énergivore de la blockchain

Bien que de plus en plus de blockchains abandonnent le processus de validation des transactions par le minage, l’impact environnemental reste un problème majeur dans l’utilisation de la blockchain, laquelle est très énergivore et nécessite une puissance de calcul importante pour valider les transactions et assurer la sécurité du réseau.

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L’absence d’interopérabilité entre les blockchains

Enfin, ce sont aussi la complexité et le manque d’interopérabilité entre les différentes blockchains qui sont un véritable frein au développement de son utilisation par le grand public.

Les lacunes en matière de réglementation

Pour finir, le manque de réglementation est aussi un problème, mais cela ne devrait pas rester un problème très longtemps avec l’arrivée de la réglementation européen MiCA (Markets in Crypto-Assets). De nombreux pays sont en train de mettre en place un cadre réglementaire visant à encadrer les activités cryptos. En Europe, il s’agit de la réglementation MiCA, adoptée par le Parlement européen le 20 avril 2023 et par le Conseil de l’UE le 16 mai 2023. Elle couvre à la fois l’offre et l’admission aux négociations de crypto-actifs, y compris de stablecoin, et la fourniture de services sur ces crypto-actifs, et elle prévoit un agrément obligatoire pour les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) qui remplacera l’actuel statut PSAN délivré par l’AMF. L’objectif de cette nouvelle réglementation est la protection des utilisateurs de la blockchain et des investisseurs en cryptos.

La technologie Blockchain a donc des avantages et des inconvénients, qui dépendent aussi du type de Blockchain utilisé (publique ou privée), du domaine d’application (finance, logistique, santé, etc.) et du niveau de maturité du système. Il faut donc être conscient des limites et des risques de la Blockchain, tout en reconnaissant son potentiel révolutionnaire.

Sources des images : Flickr

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