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Investir dans l’ISR

Le 18 juillet 2018

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L’ISR a le vent en poupe et poursuit en 2018 sa croissance. Café de la Bourse vous fait (re)découvrir l’Investissement Socialement Responsable (ISR) sous toutes ses facettes.

ISR : Investissement Socialement Responsable

L’investissement socialement responsable vise à asseoir la sélection de valeurs sur la base de critères non seulement financiers mais également extra-financiers. Ces critères sont classés au sein de trois catégories rassemblées sous l’appellation ESG : Environnement, Social, Gouvernance.

L’ISR est né dans un environnement marqué par la conscience du tarissement prochain des ressources naturelles, de la nécessité de réduire l’empreinte de l’activité humaine sur la nature, de l’importance croissante des notions de bien-être et d’équilibre. Ces constats ont donné lieu à l’invention du concept de développement durable dans les années 1990.

Le développement durable se définit comme une forme de développement pérenne “qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs”. Cette citation est empruntée à Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien en exercice lors du Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio en 1992.

Le développement durable se conçoit dans une optique large qui comprend trois dimensions essentielles : l’économie au sens strict, l’écologique et la dimension sociale. Seule une forme de développement prenant en compte ces trois aspects peut s’avérer durable ou “sustainable” en anglais.

Les métiers de l’investissement et de la gestion ont adapté cette notion aux enjeux de leur secteur afin de proposer une forme d’investissement qui soit, elle aussi, durable. C’est ce qu’on appelle l’investissement socialement responsable ou ISR. Si l’aspect environnemental n’apparaît pas dans cette dénomination, il reste un pilier essentiel et souvent majoritaire, notamment en Allemagne, dans cette conception de l’investissement. Il est représenté par la lettre E dans l’abréviation ESG.

Critères ESG : Environnement, Social, Gouvernance

Afin de définir clairement les conditions à remplir pour qu’un investissement soit socialement responsable, les professionnels de la finance ont défini trois familles de critères de sélection de valeurs réunis sous l’appellation ESG : environnement, social/sociétal et gouvernance.

Sous la bannière de l’environnement sont réunis des critères du type : consommation d’énergie, émission de gaz à effet de serre, stratégie environnementale, gestion de l’eau, etc.
Dans le pilier social/sociétal se rencontrent des critères tels que les relations clients/fournisseurs, la santé et la sécurité, la non-discrimination.
Enfin, la gouvernance comprend des critères relatifs à la rémunération, aux droits des actionnaires, à l’intégration des critères ESG.

Cela étant, chaque entité de gestion définit elle-même les critères qu’elle souhaite inclure dans sa grille d’analyse extra-financière. Ces critères peuvent également varier d’un secteur à l’autre et d’une classe d’actifs à une autre.

Les agences de notation telles Vigeo, Ethibel ou encore MSCI produisent elles aussi des analyses ISR, qu’elles vendent aux gestionnaires souhaitant compléter leur propre analyse ou bénéficier d’une expertise absente en interne.

Les entreprises ne sont pas les seules à faire l’objet d’une analyse extra-financière. Les États sont eux aussi passés au crible afin de déterminer s’ils sont des émetteurs de dette fiables et responsables. En effet, l’ISR ne concerne pas seulement les actions. L’ISR concerne aussi les obligations et même l’immobilier, secteur dans lequel l’ISR gagne du terrain.

Pour tout savoir sur les obligations, consultez notre article Investir en direct dans les obligations

L’objectif de l’intégration de critères extra-financiers dans l’analyse et la sélection de valeurs est d’identifier une gamme plus large de risques potentiels afin de s’en prémunir. Plus une entreprise prend en compte l’ensemble de ces critères, moins elle risque de subir les risques qui s’y trouvent associés, ce qui représente un atout – un meilleur espoir de rendement – pour l’investisseur.

Poids de l’ISR

Selon l’étude annuelle du centre de recherche ISR de Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, le marché français de l’investissement responsable poursuit sa croissance et pesait en France, fin 2015, 746 milliards d’euros contre 579 milliards d’euros en 2014, et quelques dizaines de millions d’euros il y a 10 ans. Les encours comptabilisés sous la bannière de l’investissement responsable ont donc connu une progression de 29 % sur un an.

Selon l’étude annuelle du centre de recherche ISR de Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, le marché français de l’investissement responsable poursuit sa croissance et les 404 fonds estampillés ISR présents en France pesait fin 2018, 134,7 milliards d’euros contre quelques dizaines de millions d’euros il y a 10 ans. Les encours de fonds comptabilisés sous la bannière de l’investissement responsable ont donc connu une progression de 14 % sur un an.

À noter : l’offre ISR de conviction est plus souvent à connotation environnementale que sociale. Il faut dire que le dernier trimestre 2017 qui a été marqué par une nouvelle mobilisation de la finance sur le climat, a accéléré le mouvement d’attractivité de l’ISR de conviction.

Les critères caritatifs séduisent aussi comme en témoigne le lancement par la Société Générale d’un produit structuré à composante caritative : Cristal Solidarité, premier produit structuré proposé par une banque privée dont la souscription donne lieu à une donation, par Société Générale, à des associations caritatives.

L’intérêt croissant des gestionnaires pour la prise en compte de critères extra-financiers n’a rien d’anormal : le rôle de l’investisseur n’est-il pas de rechercher des investissements durablement rentables ? L’horizon de placement moyen d’un fonds actions est certes d’environ 5 ans, mais les supports au sein desquels sont logés ces fonds présentent une durée de vie très supérieure, qui cadre parfaitement avec une vision long terme, durable, de l’investissement. L’assurance-vie représente un des supports privilégiés des fonds estampillés ISR.

. Pour tout savoir sur l’assurance-vie, découvrez notre dossier consacré Souscrire à une assurance-vie

Performances de l’ISR

La question de la performance de l’ISR comparée à celle des fonds traditionnels se pose depuis le début.

L’ISR est-il un facteur de sur ou de sous performance ? Si la comparaison de tous les produits qui revendiquent cette étiquette est difficile, il est aujourd’hui admis que la prise en compte de critères extra-financiers réduit les risques (de réputation, de réglementation, etc.) tout en ne compromettant pas les performances, bien au contraire.

Notez en effet que les entreprises attentives à la consommation de leurs ressources et qui entretiennent de bonnes relations tant avec leurs fournisseurs qu’avec leurs collaborateurs sont aussi celles qui ont le plus de chances de de développer. Les bonnes intentions ne sont donc pas incompatibles avec les intérêts financiers, au contraire.

C’est ce que montre une étude de l’UNEP-FI (Initiative Finance du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement) intitulée « Demystifying Responsible Investment Performance » publiée en octobre 2007, en collaboration avec le cabinet Mercer, qui en a publié une version actualisée en novembre 2009.

Un label public pour promouvoir l’ISR auprès des investisseurs individuels

Officiellement lancé par Michel Sapin, le label public « investissement socialement responsable », a vu le jour en 2016. Le ministre de l’économie et des finances au moment de sa création a indiqué qu’il « favorise la lisibilité de l’ISR » auprès des épargnants et « donne du sens » à cette thématique. Les prétendants au label doivent afficher des « résultats mesurables » : ils sont ainsi appelés à démontrer que leur gestion ISR élimine un certain nombre d’investissements potentiels de leur portefeuille sur des critères sociaux ou environnementaux.

Le label ISR remplace le label Novethic. Son objectif : promouvoir l’investissement socialement responsable en France et en Europe auprès des épargnants individuels. Son comité, installé officiellement en novembre 2016 à Bercy est présidé par Nicole Notat, présidente de VigeoEiris et composé d’une quinzaine de personnalités.

Ce label est un véritable accélérateur du développement de l’investissement socialement responsable pour les particuliers. Les Français disposent désormais d’un outil pour faire le choix de placer leur argent de façon responsable et durable. Le label permet en effet d’identifier facilement des investissements favorisant le développement durable tout en visant le même rendement financier que des produits classiques. Au printemps 2018, on compte plus de 35 milliards d’euros d’encours labellisés. 28 sociétés de gestion et 147 fonds ont obtenu le précieux label ISR, distribués par une dizaine de réseaux bancaires et d’assurance en France et en Europe et par de nombreux conseillers financiers.

À noter cependant : Les particuliers passent encore peu à l’acte et la part des produits responsables dans leur épargne (assurance-vie, compte-titres, PEA, etc.) est encore très faible. Pour le moment, seule l’épargne salariale se distingue avec une part non négligeable de ses encours en ISR.

UN PRI : un autre moyen d’identifier un investissement socialement responsable

La France n’a pas innové en matière de label permettant d’identifier un investissement socialement responsable. Depuis 2006, l’ONU a mis au point les UN PRI (Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies) dont les signataires s’engagent à respecter les principes suivants :

  • Prendre en compte les questions ESG dans leurs processus de décisions en matière d’investissement ;
  • Prendre en compte les questions ESG dans leurs politiques et leurs pratiques d’actionnaires ;
  • Demander aux sociétés dans lesquelles ils investissent de publier des rapports sur leurs pratiques ESG ;
  • Favoriser l’acceptation et l’application des PRI auprès des gestionnaires d’actifs ;
  • Travailler en partenariat avec les acteurs du secteur financier qui se sont engagés à respecter les PRI pour améliorer leur efficacité ;
  • Rendre compte de leurs activités et de leurs progrès dans l’application des PRI.

Ces Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies, bien qu’ayant plus de 10 ans, continuent à séduire les sociétés de gestion à l’instar de Banque de Luxembourg Investments qui y a adhéré en avril 2018.

Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions et ne peuvent être assimilées à une prestation de conseil en investissement financier, ni à une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans qu’aucun recours contre la société éditrice de Cafedelabourse.com ne soit possible. La responsabilité de la société éditrice de Cafedelabourse.com ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’erreur, d’omission ou d’investissement inopportun.

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