ISR : comment investir dans la finance responsable ?

Le 24 septembre 2019

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Du 26 septembre au 4 octobre 2019 se tient la semaine de la finance responsable. Cet événement dont l’édition 2019 a pour thème la biodiversité, a pour but de faire connaître la finance responsable et de développer les placements qui offrent la possibilité au particulier d’investir et de s’investir.

Cette manifestation qui a lieu tous les ans depuis 2010, est un signe tangible de l’intérêt croissant que suscite l’investissement responsable. Café de la Bourse vous fait (re)découvrir l’Investissement Socialement Responsable (ISR) sous toutes ses facettes. Critères, labels, poids de l’investissement responsable, performances de cette forme de finance engagée, supports d’investissement disponibles. Retrouvez tout ce qu’il faut savoir sur la finance responsable avant de se lancer.

Finance solidaire et responsable : quand l’ISR répond aux enjeux du développement durable

La finance responsable vise à asseoir la sélection de valeurs sur la base de critères non seulement financiers mais également extra-financiers. Ces critères sont classés au sein de trois catégories rassemblées sous l’appellation ESG : Environnement, Social, Gouvernance.

La finance responsable est née dans un environnement marqué par la conscience du tarissement prochain des ressources naturelles, de la nécessité de réduire l’empreinte de l’activité humaine sur la nature, de l’importance croissante des notions de bien-être et d’équilibre. Ces constats ont donné lieu à l’invention du concept de développement durable dans les années 1990.

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Le développement durable se définit comme une forme de développement pérenne “qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs”. Cette citation est empruntée à Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien en exercice lors du Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio en 1992.

Le développement durable se conçoit dans une optique large qui comprend trois dimensions essentielles : l’économie au sens strict, l’écologique et la dimension sociale. Seule une forme de développement prenant en compte ces trois aspects peut s’avérer durable ou “sustainable” en anglais.

Les métiers de l’investissement et de la gestion ont adapté cette notion aux enjeux de leur secteur afin de proposer une forme d’investissement qui soit, elle aussi, durable. C’est ce qu’on appelle la finance responsable. Si l’aspect environnemental n’apparaît pas dans cette dénomination, il reste un pilier essentiel et souvent majoritaire, notamment en Allemagne, dans cette conception de l’investissement. Il est représenté par la lettre E dans l’abréviation ESG.

Environnement, Social, Gouvernance : les critères ESG pour remplir les conditions de l’ISR

Afin de définir clairement les conditions à remplir pour qu’un investissement appartienne à la finance responsable, les professionnels de la finance ont défini trois familles de critères de sélection de valeurs réunis sous l’appellation ESG : environnement, social/sociétal et gouvernance.

Sous la bannière de l’environnement sont réunis des critères du type : consommation d’énergie, émission de gaz à effet de serre, stratégie environnementale, gestion de l’eau, etc.

Dans le pilier social/sociétal se rencontrent des critères tels que les relations clients/fournisseurs, la santé et la sécurité, la non-discrimination.
Enfin, la gouvernance comprend des critères relatifs à la rémunération, aux droits des actionnaires, à l’intégration des critères ESG.

Cela étant, chaque entité de gestion définit elle-même les critères qu’elle souhaite inclure dans sa grille d’analyse extra-financière. Ces critères peuvent également varier d’un secteur à l’autre et d’une classe d’actifs à une autre.

Les labels de la finance responsable : ISR, TEEC, Finansol et les autres

Il existe différents labels qui permettent d’identifier les placements responsables et de garantir le caractère éthique et engagé de ces investissements. Le label ISR (pour Investissement Socialement Responsable) est sans doute le plus connu. Lancé par Michel Sapin en 2016, ce label public destiné à promouvoir l’investissement responsable auprès des investisseurs particuliers garantit que le placement labellisé respecte bien les critères ESG (pour Environnement, Social, Gouvernance). Le ministre de l’économie et des finances au moment de sa création a indiqué qu’il « favorise la lisibilité de l’ISR » auprès des épargnants et « donne du sens » à cette thématique. Les prétendants au label doivent afficher des « résultats mesurables » : ils sont ainsi appelés à démontrer que leur gestion ISR élimine un certain nombre d’investissements potentiels de leur portefeuille sur des critères sociaux ou environnementaux.

Le label ISR remplace le label Novethic. Son objectif : promouvoir l’investissement socialement responsable en France et en Europe auprès des épargnants individuels.

Son comité, installé officiellement en novembre 2016 à Bercy, est présidé par Nicole Notat, présidente de VigeoEiris et composé d’une quinzaine de personnalités.

Ce label est un véritable accélérateur du développement de l’investissement socialement responsable pour les particuliers. Les Français disposent désormais d’un outil pour faire le choix de placer leur argent de façon responsable et durable. Le label permet en effet d’identifier facilement des investissements favorisant le développement durable tout en visant le même rendement financier que des produits classiques.

Dans son sillage, d’autres labels, moins connus mais tout aussi intéressants, sont apparus.

  • Le Label Greenfin (ex-TEEC pour Transition Écologique et Énergétique pour le Climat) concerne le financement de la transition écologique et, de ce fait, exclut les placements finançant des entreprises opérant dans le secteur nucléaire et les énergies fossiles. Il est destiné aux fonds d’investissement finançant la transition écologique et l’économie verte.
  • Le label Finansol, créé en 1997, regroupe les placements d’épargne solidaire et finance des activités à forte utilité sociale et/ou environnementale.
  • Le label CIES (pour Comité Intersyndicale de l’Épargne Salariale) regroupe les dispositifs de l’épargne salariale intégrant des critères ESG dans leur gestion.

Ces labels sont dispensés par des agences de notation telles Vigeo, Ethibel ou encore MSCI qui produisent notamment des analyses ISR, qu’elles vendent aux gestionnaires souhaitant compléter leur propre analyse ou bénéficier d’une expertise absente en interne.

On pourra aussi citer le label de l’ONU qui a mis au point en 2006, les UN PRI (Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies) dont les signataires s’engagent à respecter les principes suivants :

  • prendre en compte les questions ESG dans leurs processus de décisions en matière d’investissement ;
  • prendre en compte les questions ESG dans leurs politiques et leurs pratiques d’actionnaires ;
  • demander aux sociétés dans lesquelles ils investissent de publier des rapports sur leurs pratiques ESG ;
  • favoriser l’acceptation et l’application des PRI auprès des gestionnaires d’actifs ;
  • travailler en partenariat avec les acteurs du secteur financier qui se sont engagés à respecter les PRI pour améliorer leur efficacité ;
  • rendre compte de leurs activités et de leurs progrès dans l’application des PRI.

Ces Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies, bien qu’ayant plus de 10 ans, continuent à séduire les sociétés de gestion à l’instar de Banque de Luxembourg Investments qui y a adhéré en avril 2018.

Ces labels peuvent concerner des entreprises, mais pas seulement. En effet, les entreprises ne sont pas les seules à faire l’objet d’une analyse extra-financière. Les États sont eux aussi passés au crible afin de déterminer s’ils sont des émetteurs de dette fiables et responsables. En effet, la finance responsable en général et l’ISR en particulier, ne concernent pas seulement les actions mais aussi les obligations et même l’immobilier, secteur dans lequel l’ISR gagne du terrain.

ISR : l’importance de la finance responsable pour les épargnants français

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Une étude CPR AM, menée avec le cabinet Deloitte (avec OpinionWay et Spoking Polls) sur les Français et l’investissement responsable, réalisée en 2019, montre l’importance de cette thématique auprès des épargnants français : 67 % d’entre eux ont déjà au moins entendu parler de l’ISR. Pour 56 % des épargnants français, la protection de l’environnement est un des thèmes prioritaires. 57 % souhaitent que les enjeux de développement durable soient obligatoirement inclus dans les produits d’épargne et 66 % pensent que les produits ISR sont de nature à renforcer leur confiance dans la gestion de leur épargne. Mais seulement 21 % déclarent à ce jour avoir investi dans des produits ISR. 34 % considèrent que le principal frein est le manque d’information.

Pourtant, selon l’étude annuelle du centre de recherche ISR de Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, le marché français de l’investissement responsable poursuit sa croissance et pesait en France en 2018, 149 milliards d’euros contre quelques dizaines de millions d’euros, il y a 15 ans. Les encours comptabilisés sous la bannière de l’investissement responsable ont connu une progression de 11 % sur un an. En 2018, 488 fonds « durables » dont la moitié seulement possédaient le label ISR étaient commercialisés.

À noter : le label ISR a tout de même gagné du terrain l’an dernier. À fin 2018, 146 fonds estampillés ISR (hors épargne salariale) ont été proposés aux épargnants, contre 96 fin 2017, avec une augmentation de 67 % des encours. Il faut dire que les recommandations de l’AMF qui considère que les fonds se réclamant de l’ISR doivent obtenir le label, ont participé au mouvement de labellisation des fonds éligibles. On soulignera également que la loi Pacte oblige les assureurs à proposer une unité de compte (UC) labellisée ISR dans l’assurance-vie dès 2020. Et en 2022, deux solutions supplémentaires seront ajoutées : une UC solidaire et une UC verte, labellisée Greenfin.

Pour tout savoir sur l’assurance-vie, découvrez notre dossier Assurance-vie : contrat, rendement et fiscalité analysée

Les performances de l’ISR et de la finance responsable

La question de la performance de l’ISR comparée à celle des fonds traditionnels se pose depuis le début.

L’ISR est-il un facteur de sur ou de sous performance ? Si la comparaison de tous les produits qui revendiquent cette étiquette est difficile, il est aujourd’hui admis que la prise en compte de critères extra-financiers réduit les risques (de réputation, de réglementation, etc.) tout en ne compromettant pas les performances, bien au contraire.

L’objectif de l’intégration de critères extra-financiers dans l’analyse et la sélection de valeurs est d’identifier une gamme plus large de risques potentiels afin de s’en prémunir. Plus une entreprise prend en compte l’ensemble de ces critères, moins elle risque de subir les risques qui s’y trouvent associés, ce qui représente un atout – un meilleur espoir de rendement – pour l’investisseur.

Notez en outre, que les entreprises attentives à la consommation de leurs ressources et qui entretiennent de bonnes relations tant avec leurs fournisseurs qu’avec leurs collaborateurs sont aussi celles qui ont le plus de chances de de développer. Les bonnes intentions ne sont donc pas incompatibles avec les intérêts financiers, au contraire.

C’est ce que montre une étude de l’UNEP-FI (Initiative Finance du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement) intitulée « Demystifying Responsible Investment Performance » publiée en octobre 2007, en collaboration avec le cabinet Mercer, qui en a publié une version actualisée en novembre 2009.

À noter : il n’existe pas en France d’incitation fiscale à investir dans la finance responsable, tout du moins pour l’instant. L’investissement responsable est donc avant tout un choix fondé sur ses convictions personnelles.

Investir dans la finance responsable : quels placements choisir pour privilégier un investissement durable et responsable ?

Investir dans la finance responsable est désormais possible au travers de très nombreux placements. L’offre ne cesse en effet de s’accroître.

Produits d’épargne et livrets bancaires solidaires et responsables

Certains livrets bancaires affichent l’un des labels de la finance responsable. Les banques mutualistes se sont fait une spécialité des offres dans ce domaine et proposent notamment à leurs clients, des solutions d’épargne de partage. Par exemple, les intérêts du livret Agir du Crédit Coopératif sont reversés pour moitié au détenteur du livret et pour moitié à une association partenaire choisie par ce dernier.

Investir dans un fonds spécialisé avec label ISR

Mais le moyen le plus répandu d’investir dans la finance responsable est sans aucun doute d’investir dans un fonds spécialisé, possédant l’un des labels précédemment évoqués. Les fonds, en effet, se prêtent bien à ce type d’investissement et l’intérêt croissant des gestionnaires pour la prise en compte de critères extra-financiers n’a rien d’anormal : le rôle de l’investisseur n’est-il pas de rechercher des investissements durablement rentables ?

L’horizon de placement moyen d’un fonds actions est certes d’environ 5 ans, mais les supports au sein desquels sont logés ces fonds présentent une durée de vie très supérieure, qui cadre parfaitement avec une vision long terme, durable, de l’investissement.

Produits structurés pour investisseurs désireux d’être plus responsables

L’investissement dans la finance responsable peut même se faire au travers de produits structurés. La Société Générale propose en effet aux investisseurs particuliers, un produit structuré à composante caritative : Cristal Solidarité, premier produit structuré proposé par une banque privée dont la souscription donne lieu à une donation, par Société Générale, à des associations caritatives.

Vous pouvez investir dans ces fonds et produits structurés, ou bien en direct, ou bien via les unités de compte d’un contrat d’assurance-vie, ou encore via votre plan d’épargne entreprise (PEE) ou plan d’épargne pour la retraite collective (PERCO).

Sachez que l’investissement en finance responsable sur ces supports devrait être encore plus accessible à l’avenir car la loi Pacte rend obligatoire la proposition d’au moins un support bénéficiant d’un label à caractère ISR, solidaire ou climat sur un contrat d’assurance-vie, un PEE et un PERCO.

Investir en direct dans des sociétés de secteurs durables, éthiques et responsables

Vous pouvez également investir dans la finance responsable en investissant en direct dans des sociétés du secteur, par exemple dans des entreprises positionnées sur les énergies alternatives ou bien dans des entreprises du secteur social et solidaire. Il est également possible via le crowdlending de soutenir ce type de sociétés en leur prêtant des sous via une plateforme de financement participatif.

Source image : Freepik

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