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ICO : comment se lancer dans l’Initial Coin Offering ?

Le 25 octobre 2017

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Les ICO sont de plus en plus nombreuses et représentent désormais des sommes considérables. Selon un rapport Autonomous, 1,2 milliard de dollars ont été investis dans les ICO sur les six premiers mois de l’année, avec parfois des sommes record. Café de la Bourse se penche sur cette pratique qui suscite un véritable engouement. Retrouvez dans cet article ce qu’est une ICO et quels sont ses avantages et ses risques ainsi que nos conseils pour bien aborder les initial coin offering.

ICO :  une IPO version crypto monnaie

ICO est l’acronyme de « Initial Coin Offering », terme anglo-saxon provenant de l’expression IPO, elle-même acronyme de « Initial Public Offering » qui désigne une introduction en Bourse. Une ICO est aussi parfois appelée « crowdsale » (littéralement vente à la foule), en référence au crowdfunding. Et effectivement, une ICO, c’est un peu le mix entre une introduction en bourse et une campagne de financement participatif.

ICO : une levée de fonds en monnaie virtuelle

S’il n’y avait qu’une chose à retenir, c’est celle-ci : une ICO, c’est une levée de fonds en crypto-monnaie. La société qui lève des fonds émet des actifs numériques (tokens ou jetons) qui sont échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage d’un projet. Le particulier intéressé, pour peu qu’il possède des cryptomonnaies peut investir dans un projet initiant une ICO. Pour investir, l’internaute échange le montant de cryptomonnaie qu’il souhaite contre des tokens, émis par le projet réalisant son ICO.

Attention, là où cela se complique, c’est que les tokens émis par la société initiant l’ICO ont vocation à être utilisables dans le projet financé par l’ICO en question. Cependant, il convient de préciser qu’un token ne représente pas une part de l’entreprise, à la différence d’une action. En fait, acheter des tokens lors d’une ICO revient en fait à pré-payer le produit ou le service appelé à être développé. On peut donc les considérer comme des droits d’usage des services proposés par la société initiatrice de l’ICO. Ce principe n’est pas nouveau et existe déjà pour nombre de levée de fonds ayant recours au crowdfunding de dons où le don est rarement désintéressé mais obéit à la logique du contre-don (une réduction sur le service à venir, un produit gratuit lorsque les premiers auront été produits, etc.).

Comme un long discours est souvent moins parlant qu’un exemple, revenons sur le cas de PowerLedger, la première compagnie australienne ayant fait une ICO. Elle a rémunéré ses investisseurs en sparks, une cryptomonnaie originale, utilisable sur sa blockchain privée et permettant d’acquérir des mégawatts d’électricité.

A quoi sert une ICO et que finance-t-elle ?

Les ICO sont intimement liés à la technologie blockchain. En effet, le plus souvent, elles servent à financer le lancement d’applications décentralisées qui fonctionnent sur un protocole blockchain spécifique, comme par exemple Ethereum ou Bitcoin : les ICO peuvent aussi servir à financer directement des protocoles Blockchain, comme le protocole Tezos par exemple qui a levé en juillet 2017 l’équivalent de plus de 232 millions de dollars, en faisant l’ICO ayant levé le plus d’argent à ce jour. C’est également le cas de DomRaider qui a écoulé 560 millions de jetons DRT (DomRaider Token) pour financer le développement de sa technologie Blockchain qui révolutionnera le secteur de la vente aux enchères.

Une ICO peut aussi servir à lancer une nouvelle crypto monnaie. Dans ce cas, les jetons ou tokens émis sont directement échangeables sur les “places de marché” spécialisées en cryptomonnaies, comme Poloniex, Kraken ou Bittrex. Les ICO sont en effet un moyen privilégié de lancer sa propre crypto monnaie et, bien souvent, cela paie ! « Certains investisseurs vont les revendre bien plus cher qu’ils ne les ont achetés. C’est purement spéculatif », souligne dans une interview au Journal du Net Simon Polrot, avocat et expert en blockchain qui précise : « Ethereum offre ainsi un rendement de 15 552 % depuis son ICO en 2014 ! »

L’ICO bouleverse l’économie numérique par sa modernité

Comme le crowdfunding en son temps, les ICO permettent de contourner les acteurs historiques et bien établis du financement. Il s’agit donc d’un véritable bouleversement des règles traditionnelles de l’économie numérique.

Les ICO participent en effet à faire tomber les barrières entre investisseurs professionnels (business angels ou VCs) et investisseurs particuliers. Monsieur tout le monde peut investir sur tel ou tel service qu’il considère comme porteur, voire prometteur.

Particuliers et investisseurs : les avantages et risques de l’ICO

Pour l’entrepreneur, l’ICO n’a que des bons côtés : elle permet en effet de lever des fonds en un temps record sans s’embarrasser des processus très lourds liés à une introduction en Bourse classique. Cerise sur le gâteau : l’ICO montre et démontre le savoir-faire technique de l’entreprise et lui assure une certaine visibilité médiatique. Pour l’investisseur en revanche, l’intérêt d’une ICO est plus nuancé, ce type de levée de fonds comporte certes de nombreux avantages mais aussi quelques inconvénients à ne pas négliger.

ICO : les principaux objectifs d’investissement

Une ICO peut vous permettre d’investir d’entrée de jeu dans une société qui développe un produit ou un service qui vous semble prometteur.

On retiendra deux objectifs principaux qui peuvent expliquer l’intérêt de l’investisseur à participer à une ICO : d’abord, un objectif spéculatif (basé sur l’hypothèse que le jeton émis prendra de la valeur), ensuite, un objectif utilitaire (basé sur le souhait d’utiliser le token dans le cadre du projet financé, à plus ou moins long terme). Dans un cas comme dans l’autre, on constate que l’investisseur mise sur un développement conséquent du projet, lequel permettra d’accroître mécaniquement la valeur du token acheté au départ. Libre ensuite à l’investisseur qui a eu du flair de revendre ces tokens à un taux plus élevé qu’il ne les a acheté, se dégageant une marge au passage ou bien de les utiliser pour jouir du service lié aux jetons.

Boom des ICO : une bulle ?

Les ICO semblent donc présenter de réelles opportunités. Attention toutefois ! Étant donné qu’elle permettent aux lanceurs de projets de contourner le système classique de capital-risque qui bien souvent n’aurait pas financé (surtout à pareille hauteur) des projets peu aboutis, parfois même une idée seulement.

Attention aux bulles donc. De nombreuses start-ups ont levé des fonds sur une idée, sans produits, sans chiffre d’affaires et surtout, ont levé des montants totalement décorrélés de leurs besoins. Et c’est là que le danger apparaît. Lorsqu’une start-up lève des millions d’euros dont elle n’a pas besoin, il devient difficile de gérer efficacement le projet.

Nos conseils avant d’investir dans une ICO

Investir dans une ICO nécessite de bonnes connaissances

Vous n’êtes pas familier d’Internet, vous ne savez pas ce qu’est la blockchain, et surtout, vous n’avez pas très envie d’apprendre et surtout de comprendre tous ces machins qui ont l’air très compliqué. Vous n’êtes définitivement pas prêt à rejoindre une communauté d’ « early adopters » de cryptomonnaie ou d’ « investisseurs ICO ». Croyez-en Warren Buffet : « le risque provient de ne pas savoir ce que l’on fait », cantonnez-vous à ce que vous connaissez et comprenez et oubliez les ICO.

ICO : être prêt à perdre son argent

Attention également, les ICO relèvent du capital-risque, et sont même comme on l’a vu précédemment plus risquées que le capital-risque. Il s’agit de financer des entreprises à peine nées, sur une simple idée souvent, sans savoir du tout si cela va fonctionner ou non. En effet, les ICO sont un moyen de financer des projets qui n’en sont encore qu’à leurs toutes premières étapes de développement (voire de prototypage).

On comprend donc qu’il existe bel et bien un risque et que l’argent que vous pourrez consacrer à des ICO est de l’argent que vous êtes prêt à perdre, et en aucun cas celui destiné à rembourser votre prêt immobilier. Faites également attention à ne pas engager dans ce type d’investissement très risqué une part trop importante de votre patrimoine. Et enfin, respectez toujours les règles élémentaires de diversification : mieux vaut investir l’équivalent de 200€ dans 10 ICO différentes que l’équivalent de 2 000€ dans une seule ICO.

Il existe cependant certaines sociétés qui ont déjà produit un prototype, voire une version Beta, que les « early adopters » financent via une ICO. De fait, les premières personnes à avoir testé, utilisé et approuvé le produit ou le service se lanceront plus volontiers dans ce type de levée de fonds qui apparaît alors moins risqué. En effet, dans ce cas, l’investisseur connaît le produit, son écosystème et sait de quoi il retourne.

Volatilité des cryptomonnaies 

Autre facteur de risque à ne pas négliger : la volatilité des cryptomonnaies ! Il conviendra donc de diversifier les ICO dans lesquels vous souhaitez investir en fonction des crypto monnaies dans lesquelles les jetons émis sont convertibles. Si vous avez investi dans 10 ICO différentes mais que les jetons ne sont convertibles qu’en Bitcoin (la crypto monnaie la plus répandue) pour chacune de ces ICO, vous vous retrouvez très exposé à la volatilité des cours de cette crypto monnaie en particulier.

Si, à l’inverse, vous faites attention à bien investir dans des ICO dont les jetons sont convertibles en des cryptomonnaies différentes, vous réduisez le risque lié à la volatilité. On peut même dire que pour un gros détenteur de cryptomonnaies, investir dans une ou des ICO, c’est un moyen de diversifier son portefeuille tout en restant dans le numérique.

Piratages récurrents autour de l’ICO

Qui dit économie numérique dit aussi piratage et les exemples d’ICO ayant eu à pâtir de cette pratique hélas ne manquent pas. On se souvient notamment en juillet 2017 de l’ICO de la plateforme d’échange de cyber-monnaies CoinDash durant laquelle l’équivalent de 7 millions de dollars ont été détournés par des hackers.

Pour remédier à ce genre de problème, la Chine a tout bonnement et simplement interdit les ICO en septembre 2017 au motif que “Plus de 90 % des projets ICO violent les lois contre la fraude fiscale et la levée de fonds illégale. Le pourcentage de projets qui lèvent réellement des fonds pour des investissements est de moins de 1 %“ a déclaré la Banque centrale chinoise. Il faut dire qu’avec 65 ICO sur les 8 derniers mois précédent l’interdiction et des sommes levées dépassant les 2,62 milliards de yuans, soit 336 millions d’euros, les choses devenaient difficilement contrôlables pour le gouvernement qui soupçonnait cette manne de financer des activités criminelles.

On peut également supposer que des initiatives si restrictives de la part des États cachent une volonté de se positionner sur les cryptomonnaies, en les encadrant et en les régulant davantage. D’ailleurs, la Chine, comme l’Inde et la Russie, ont annoncé leur intention de créer leur propre cryptomonnaie.

Vide juridique entourant les ICO

Autre risque à considérer avant de se lancer dans les ICO : le vide juridique qui entoure la pratique. Les différents États en ont bien conscience, c’est pourquoi, le gendarme de la bourse américaine, la SEC, a publié en juillet 2017 un rapport sur la nécessité de réguler les ICO comme le marché obligataire ; en France, une ordonnance sur un nouveau cadre juridique encadrant la transmission de titres via la blockchain devrait prochainement voir le jour ; à Singapour comme au Canada, l’on réfléchit aussi à mettre en place une forme de régulation.

En France, pour combler ce vide juridique entourant les ICO, un label de référence sur ce marché des ICOs a récemment vu le jour. EXAEGIS, agence de notation des entreprises du numérique, et CHAINEUM, premier opérateur français dédié aux levées de fonds en cybermonnaie, se sont associés pour créer icoTRUXT vise à apporter aux futurs investisseurs le maximum de garanties sur les projets d’ICOs, particulièrement sur leur transparence, leurs promesses d’usage des tokens et sur les garanties apportées par les dirigeants sur le contrôle du code du smart-contract. L’ICO allant de pair avec la technologie Blockchain, les experts du label ont également mis au point une grille d’évaluation concernant la qualité du projet et sa conformité aux principes de base de la Blockchain (décentralisation, scalabilité, immutabilité…). Le label icoTRUXT viendra récompenser les startups les plus fiables, d’un point de vue pilotage du plan d’affaires, et du point de vue de la confiance que l’on peut apporter à l’ICO.

Il faudra cependant faire attention à ne pas tomber dans le biais inverse et passer d’un vide juridique pénalisant à un cadre légal trop strict. De toute façon, “il sera toujours possible techniquement de procéder à un ICO depuis n’importe quel pays“, assure Gilles Fedak, chercheur à l’INRIA, dans les colonnes de Maddyness qui se dit persuadé que le mouvement est “très puissant” et que rien ne pourra l’arrêter. “On assiste à la création d’une forme entièrement nouvelle d’économie, comme Uber ou Airbnb“.

Pour pallier à ce risque, il reste possibilité d’investir dans des ICO aux côtés de grands acteurs de la finance. Plusieurs poids lourds du secteur se sont déjà lancé dans le marché de niche que représente le financement via la crypto-monnaie. En effet, certains fonds d’investissement se sont spécialisés dans le financement par blockchain, comme Outlier Ventures ou HyperChain Capital.

Quant au secteur bancaire, il se positionne lui aussi peu à peu sur les cryptomonnaies. Si Goldman Sachs songe à créer une équipe de traders dédiée aux crypto-monnaies, d’autres banques se sont déjà positionnées sur les monnaies virtuelles. Ainsi, la Barclays, le Crédit Suisse, la Canadian Imperial Bank of Commerce, HSBC, MUFG et State Street développent actuellement une nouvelle crypto-monnaie, Utility Settlement Coin (USC, « pièce de règlement utile ») qui sera lancée à la fin de l’année 2018.

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

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