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Pourquoi le plan d’aide à la Grèce n’a pas boosté l’euro

Laurent Curau, Fondateur @ Cafedelabourse.com le 22 Février 2012
@laurentqro
Pourquoi le plan d’aide à la Grèce n’a pas boosté l’euro image

Après des semaines de tergiversations, les dirigeants européens ont finalement dévoilé les détails du deuxième plan de sauvetage de la Grèce. Le pays va recevoir 130 milliards d'euros d'aide financière jusqu'à 2014, ce qui veut dire qu'il a assez d'argent pour couvrir la prochaine échéance de remboursement de 14,5 Mds€, le 20 mars.

Hier aurait donc dû être un jour faste pour l'euro, non ? Eh bien, contrairement aux attentes, la nouvelle n'a pas déclenché le rally escompté. Pourquoi donc ? Nous voyons quatre raisons à cela.

Les créanciers privés doivent encore accepter le haircut

La Grèce n'est pas encore tirée d'affaire. Elle doit encore convaincre ses créanciers privés d'accepter un haircut de 52,5% sur la valeur faciale de leurs obligations grecques, soit plus que les 50% qu'ils ont accepté en octobre dernier.

En outre, les investisseurs doivent échanger leurs obligations actuelles contre de nouvelles, qui verse un intérêt plus faible. Quellles sont les chances que les créanciers acceptent ces conditions ?

La balle est maintenant dans le camp de l'Institut de Finance Internationale (IFI), qui représente le secteur privé. S'il venait à refuser les conditions de l'offre proposée, la Grèce pourrait bien ne recevoir aucune aide de la Troika.

Trop d'austérité, pas assez de croissance

Le deal privilégie trop les réductions de dépenses, et ne fait pas assez pour relancer la croissance de l'économie de la Grèce. Le risque est que toute cette austérité ne fasse plus de mal que de bien au pays.

Les Grecs sont embourbés depuis cinq ans dans une récession aiguë ; le taux de chômage dépasse 20%. Les nouvelles mesures d'austérité pourrait enfoncer le pays dans une véritable dépression qui le rebdrait encore plus dépendant de l'aide extérieure.

Le plan de sauvetage doit encore être ratifié par les parlements nationaux

Juste quand on pensait que le plus dur des négociations était passé, certains pays de la zone euro ont exprimé leur désaccord. Même si les ministres des finances des pays de la zone euro ont donné leur feu vert pour le deuxième plan d'aide à la Grèce, il faut encore que le deal soit ratifié par les parlements nationaux des pays de la zone euro avant que les fonds ne soient débloqués.

L'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas se sont montrés hésitants. Les Grecs vont donc se ronger les ongles pendant encore quelques temps, d'ici à ce que les parlements allemands et hollandais débatent le plan d'aide à la Grèce, la semaine prochaine. La Finlande, elle, n'a même pas fixé de date pour le vote, ce qui veut dire que la partie est encore loin d'être gagnée.

Ce sauvetage n'est qu'une rustine et le risque de contagion est toujours là

Les Grecs ont quasiment vendu leur âme à la Troika pour satisfaire à ses exigences d'austérité et toucher l'aide financière. Tout manquement à l'accord pourrait forcer les créanciers de la Grèce à retirer leurs capitaux, ce qui pourrait faire exploser le ratio d'endettement du pays à 160 du PIB d'ici 2020.

Si cela devait arriver, la Grèce dépasserait la limite de 120% édictée par le Fonds monétaire international (FMI) et serait alors contrainte de demander encore de l'aide. Dans ce cas, la Grèce ne pourrait probablement pas rembourser ses emprunts à plusieurs pays européens, augmentant le risque de contagion de la crise de la dette.

La Grèce a donc encore quelques obstacles à franchir avant de recevoir l'aide financière. Et même s'ils les reçoivent, la crise grecque n'est pas pour autant résolue.

Tout au plus, cette nouvelle tranche d'aide financière va donner du temps à la Grèce. On a changé le pansement du blessé, mais on ne l'a pas guéri. La véritable question n'est pas si la Grèce va nécessiter de l'aide supplémentaire, mais bien quand.

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