Comment investir dans les Biotechs

Le 22 novembre 2016

Les Biotechs ont le vent en poupe. Ces sociétés innovantes du secteur médicales ont connu une progression remarquable ces 15 dernières années. Café de la Bourse analyse les raisons de cet engouement et aborde les différents aspects à maîtriser pour investir avec succès dans ce secteur avec Pierre-Louis Germain, auteur de l’ouvrage Investir dans les Biotechs, paru chez Maxima.

On entend par Biotech l’ensemble des startup d’innovation médicale même si, au sens strict, il s’agit seulement des startups d’innovation liées au médicament. On y joint en effet très souvent les sociétés de la Medtech, c’est-à-dire les startups de l’imagerie médicale et des prothèses.

Il existe également un secteur des Biotechs particulier : les Biotech vertes qui sont liées à la recherche de nouvelles énergies. Peu nombreuses, leurs caractéristiques sont très différentes et elles ne seront donc pas abordées dans cet article.

Biotech : un secteur porteur et abordable

Un marché qui a connu une croissance fulgurante désormais confronté à une période d’attentisme

Depuis la crise de 2008, le secteur des Biotechs a pris un poids considérable avec la montée des cours et une vague d’introduction en bourse d’une grande ampleur : on est passé de 10 Biotech cotées à Paris, à 55 aujourd’hui. Ces investissements ont pour certains rapporter beaucoup d’argent avec des cours parfois multipliés par 10 ou 8. On pourra citer parmi les croissances les plus fortes les sociétés Cellectis, Genfit, DBV Technologies, Innate ou encore Adocia.

Cet âge d’or des Biotechs a été stoppé au T3 2015, où le marché boursier s’est retourné, en commençant par les États-Unis. Depuis 6 mois, les indices ont baissés. Même si les Biotechs françaises ont bien résisté, il n’y a pas eu d’introduction en bourse depuis cette période et jusqu’à très récemment. « À court terme, il y a une attente de la reprise du marché et de nouvelles IPO ». explique Pierre-Louis Germain.

En effet, après Geneuro mi-avril, c’est maintenant ASIT Biotech qui se prépare à entrer en bourse et devrait selon lui « donner le signal du retour après une pause liée aux élections présidentielles américaines et à la controverse sur les prix des médicaments ainsi qu’au  dégonflement d’une bulle sur le Nasdaq Biotech aux États-Unis ». Depuis l’élection de Donald Trump, ou plutôt depuis qu’Hillary Clinton a perdu les élections, le secteur pharmaceutique en général et celui des Biotechs en particulier connaît à nouveau une croissance importante.

Cette période d’attentisme n’entache pas la confiance de Pierre-Louis Germain dans la vitalité du secteur qui selon lui tient à plusieurs facteurs. « Il y a beaucoup d’innovations, de progrès médicaux et scientifiques. On assiste à de grandes innovations dans les domaines de la cancérologie, de l’immunologie, des prothèses. De plus, les géants de l’industrie pharmaceutique (Pfizer, Sanofi, etc) ont besoin des innovations des biotechs car ils n’arrivent plus à renouveler seuls leurs portefeuilles de projets et produits. » Il insiste également sur un élément propre à la France : « depuis un peu plus de 15 ans, on incite les chercheurs à créer des startups par le biais de nombreux dispositifs :  la réforme du statut du chercheur, les fonds d’amorçage, le crédit impôt-recherche et les investissements de la BPI ».

Et aujourd’hui, ces startups lancées au début des années 2000 ont grandi et ont besoin de lever des capitaux pour poursuivre leur développement. Il devrait donc continuer à y a voir des IPO de Biotechs. Pierre-Louis Germain insiste : « Il y a de l’offre et de la demande : le secteur a donc tout pour être très dynamique. »

Un succès fondé sur un paradoxe : un secteur populaire et pourtant complexe à appréhender

Le secteur des Biotechs est très populaire auprès des actionnaires individuels bien qu’il soit assez technique, avec des innovations très compliquées à comprendre. En effet, la part de souscriptions venues d’investisseurs particuliers individuels est particulièrement importante, bien plus que dans d’autres secteurs. Pour investir dans le secteur, il suffit de posséder un PEA, voire un compte-titres. Ce sont des « boursicoteurs », plutôt actifs, séduits par le potentiel de gain que représente le secteur.

Pour investir dans les Biotechs, on peut souscrire à ces sociétés au moment de l’introduction en bourse ou sur le marché secondaire mais il existe aussi des fonds spécialisés dans ce secteur comme les fonds Axa Framlingtion Biotech Fund, Gestys Santé Biotech ou encore Credit Suisse (Lux) Global Biotech Innovators Equity Fund Class B USD Acc.

Pour en savoir plus sur l’investissement dans un fonds, consultez notre dossier 10 critères pour choisir un fonds d’investissement

Si le programme de développement est très long, l’investisseur n’a pas besoin d’attendre 15 ans et/ou que le médicament soit commercialisé pour profiter d’une création de valeur.

Il existe en effet des leviers de création de valeur à chaque étape du développement d’un projet : par exemple, une signature d’accords de licence avec un grand groupe.

Ces sociétés de Biotech peuvent aussi se faire racheter. L’intérêt spéculatif lorsqu’on investit dans des PME est bien réel.

C’est effectivement un marché avec beaucoup de bonnes surprises. Lorsque des projets de médicaments ont été sous-estimés, il est possible de voir un cours faire +50% ou +100%. Et Pierre-Louis Germain souligne : « Il n’y a pas beaucoup de secteurs où l’on voit des multiplications des cours par 10 en quatre ou cinq ans ! »

Biotech : un secteur volatile et risqué

Investir dans les biotechs présente des risques élevés

La création de valeur est proportionnelle au risque dans le secteur des Biotechs. Il faut bien considérer qu’il existe un risque très élevé. « Ce sont des sociétés qui perdent de l’argent, elles investissent dans des programmes de recherche qui ont beaucoup de chances d’échouer. Le modèle économique de ces startups se caractérise par un fort « cash burn » : « on lève des capitaux que l’on brûle en recherche et développement» explique Pierre-Louis Germain. Si la société échoue, les actionnaires n’ont rien car les fonds propres sont très faibles.

Il existe également un risque financier. Les Biotechs dépendent en effet des marchés des capitaux. S’ils se ferment, comme cela fut le cas en 2009, « elles ne peuvent plus lever de capitaux et entrent en quelque sorte en « hibernation », plus rien n’avance. Le business plan prend du retard et le modèle de valorisation est remis en cause. » souligne Pierre-Louis Germain.

Les conseils à adopter avant d’investir dans une biotech

Comme toujours lorsque l’on investit en Bourse, la diversification est de mise. N’investissez qu’une part minoritaire de votre portefeuille. Les Biotechs sont très volatiles : elles descendent en flèche quand le marché baisse et s’envolent quand le marché monte.

Réfléchissez à la perte que vous êtes prêt à encaisser et mettez de l’argent que vous êtes non seulement prêt à perdre mais aussi de l’argent dont vous n’avez pas besoin à court terme. Enfin, n’investissez que sur un nombre restreint de société. Je conseille de ne pas dépasser les 5 lignes » confie Pierre-Louis Germain « car ce sont des sociétés compliquées à comprendre. Il n’y a certes pas besoin d’être scientifique mais il faut s’intéresser au sujet, aux concurrents, aux grands groupes pharmaceutiques qui, en s’alliant ou en rachetant ces biotechs, détiennent le levier de création de valeur. »

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

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