7 conseils pour réussir avec les ETF

Le 24 juillet 2015

Le succès des ETF à travers le monde a maintenant largement dépassé le simple effet de mode. Comme l’indique l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) : « Depuis les années 2000, leur attrait ne cesse de croître auprès des investisseurs »1. En effet, ils prennent irrémédiablement des parts de marché aux fonds mutuels classiques du fait des nombreux avantages qu’ils représentent : accès à de multiple marchés, transparence et bien sûr frais réduits et absence de plafonds minimaux ou de droits d’entrée.

Paradoxalement l’AMF indique aussi qu’ « une minorité de Français juge sa culture financière suffisante »2, les Français sont « près de 75 % à considérer qu’ils n’ont pas ou peu de culture Financière ». En réponse nous pensons que les ETF représentent sans doute une excellente manière de s’initier à la Bourse du fait de leur diversité intrinsèque, qui limite mathématiquement le risque, et de leur approche thématique : secteur, région, or … etc.

Pour oser démystifier la Bourse et se convaincre de la pertinence de l’investissement mobilier, citons une des conclusions du célèbre économiste Français :

« (Pour les 1% les plus riches…) les actifs financiers et professionnels dominent nettement les biens immobiliers3. « 

– Thomas Piketty

Il y a sûrement une raison à cela …

Voici nos 7 conseils pour bien démarrer avec les ETF

Soyez convaincus

Comme pour tout projet, toute entreprise, il est nécessaire de croire au bien-fondé de l’initiative : finalement pourquoi investir dans les ETF, plutôt que dans un OPCVM classique via un produit de banque d’agence par exemple ?

La réponse se trouve à 2 niveaux :

  • Le cout du support : les frais annuels moyens des ETF en Europe se situent à 0.33%4, contre environ 2% pour les fonds mutuels classiques. Cette différence importante est entre autres expliquée par un salaire moyen de plus de 190 000€ par an dans le secteur de la gestion d’actif5. De par leur gestion passive (automatisée) et les économies d’échelle, les ETF réduisent organiquement et drastiquement les couts de gestion.
  • Le niveau de performance : les gestionnaires de fonds actifs font très souvent moins bien que leur indice de référence. L’étude SPIVA de Standard & Poors, mais aussi le Active/Passive Barometer de Morningstar montrent que l’incapacité à surperformer pour les fonds actifs tend à être positivement corrélée aux commissions élevées6, et que 79% des fonds actifs Europe font moins bien que leur indice de référence7.

Ces informations, une fois quantifiées, peuvent représenter une réelle source de motivation, car l’action du temps sur l’intérêt est bien connue :

« La force la plus puissante de l’univers est l’intérêt composé. » 

– Albert Einstein

En effet, si l’on considère un investissement simple, où le capital de départ est de 100 000€, auquel on ajoute 5 000€ chaque année : au bout de 20 ans, la différence entre un placement à 5% et à 7% par an représente une somme de plus de 143 000€. En considérant qu’il faut dédier initialement une vingtaine d’heures pour bien comprendre les grands principes et le marché Euronext des ETF, cet investissement en temps représenterait virtuellement un « gain » à 7000€ de l’heure.

Ce type de raisonnement peut aider à quitter la « zone de confort » des produits d’agence, qui ont certes l’avantage de déresponsabiliser l’investisseur, mais à un prix important et souvent méconnu.

Faites vos devoirs

L’expression anglaise do your homework prend ici tout son sens. Il y a un minimum de connaissance à acquérir avant d’investir dans les ETF, mais certainement pas plus que pour un investissement immobilier maitrisé.

Au 21ième siècle, l’accès à l’information n’a jamais été aussi simple : pourquoi ne pas en profiter plutôt que de pointer du doigt la surinformation ? Google reste un très bon outil mais il est vrai que l’essentiel de l’information ETF reste anglophone. On trouve plus de 2000 ouvrages traitant des ETF sur Amazon USA, contre moins d’une dizaine dans la partie francophone.

Cependant pour ceux qui ne maitrisent pas encore suffisamment la langue de Shakespeare, de nombreux sites abordent le sujet en Français, en particulier les sites des émetteurs d’ETF Français comme Lyxor et Amundi, respectivement Société générale et Crédit Agricole.

Voici une liste non-exhaustive de sites francophones qui traitent des ETF et pourront vous aider à  débuter sans contrainte de langue :

TypeSitetitre/contenu
InstitutionAMFComprendre les ETF avant d’investir
BourseEuronext ParisCentre d’apprentissage ETF
RechercheMorningstar FranceEn savoir plus sur les ETF
EmetteurAmundiETF mode d’emploi
EmetteurisharesConstruction de portefeuille ETF
EmetteurLyxorLyxor académie
ForumDevenir rentierNombreuses discussions sur les ETF
Fil d’infoEtfworldNews quotidiennes et institutionnelles
CourtierFortuneoGuide des Trackers

Pour compléter ajoutons bien sûr les dossiers sur les ETF du Café de la Bourse. Tous ces sites vous permettront d’aborder sereinement les caractéristiques clés des ETF que nous avions détaillées en Juin 2015 :

  • L’indice suivi
  • Les particularismes Leveraged et Short
  • L’éligibilité PEA
  • La gestion et comptabilisation des dividendes
  • La tracking difference
  • Le spread et la liquidité
  • Les frais : TER en anglais ou TFE en français
  • La réplication : synthétique ou physique

Complexité : utilisez le 80/20 de Pareto

Pour rappel le principe de Pareto est uniquement déduit d’observations telles que :

  • 80% du chiffre d’affaires est généré par 20% des clients
  • 80 % des clients n’utilisent que 20% des fonctions d’un produit
  • 80% de la valeur provient de 20% des efforts
  • … etc.

Similairement on peut estimer que 80% de la complexité des ETF provient de 20 à 30% d’entre eux. Il peut donc être très utile dans un premier temps d’écarter ces 80% de complexité en se concentrant sur les ETF les plus simples à comprendre et à maitriser :

Privilégiez les grands indices

Les ETF suivent des indices qui sont parfois exotiques voire spécifiques à un seul ETF. Préférez d’abord les grands indices connus, mondiaux ou locaux tels que le EURO STOXX 50, le CAC40, l’or, les obligations  Barclays Bond et bien sûr la suite classique MSCI régions et secteurs (World, Asia, Healthcare, Energy …) dont les composants et les historiques sont publiés gratuitement depuis parfois des dizaines d’années et régulièrement commentés.

Ecartez les ETF Short et Leveraged

Les ETF Leveraged et Short (ou inverse) vont entrainer une érosion du capital initial, quelle que soit la direction du marché. Ils correspondent aux besoins d’investisseurs avertis uniquement.

Concentrez-vous sur les ETF aux encours importants

Sans être synonyme, l’encours est corrélé à la liquidité et donc au spread, soit la différence de prix entre acheteurs et vendeurs. Les ETF ayant des encours inférieurs à 100M€ s’échangeront statistiquement plus rarement sur la bourse, et seront plus chers à acheter ou vendre.

Comparez les ETF avec des cours ajustés pour les dividendes

Les ETF peuvent reverser ou non des dividendes. Dans l’affirmative ils peuvent ensuite choisir de les distribuer (détachement en cash) ou de les capitaliser (intégrés dans l’encours). Difficile de télécharger l’historique des détachements de dividende sur 10 ans pour espérer comparer 2 ETF distribuant et capitalisant. Heureusement cet exercice d’ajustement du cours pour les dividendes est déjà réalisé par les « cours ajustés » qui servent à calculer les « rendements globaux ». De plus les frais des ETF sont aussi intégrés dans le cours car ils sont intrinsèques aux ETF. La lecture des performances globales sur la base des cours ajustés intègre donc directement 3 dimensions : le cours, les dividendes et les frais.

Choisissez et validez une stratégie

Une fois les ETF mieux compris et armé d’une certaine conviction, il faudra définir une stratégie d’investissement. L’erreur habituelle consiste à se fier à la presse quotidienne ou hebdomadaire, et à « essayer » pendant 1 à 2 mois la « tendance du mois ». Aussi un Français sur 2 s’appuie sur sa famille pour prendre des décisions financières8. Le mieux est de penser long-terme, de lire et relire les préceptes de Warren Buffett (qui recommande les ETF) ou de Benjamin Graham, et surtout d’écrire sa stratégie et ses raisons. Ceci permettra d’être plus exhaustif pour s’auto-convaincre, tout en limitant les chances de dévier et de rentrer dans un processus d’achat/vente émotionnel donc potentiellement aléatoire, et surtout peu rentable.

Il existe de multiples manières d’investir en bourse et l’analyse des techniques dépassent largement le cadre de cet article. Cependant on pourra différencier 5 grands types de stratégies, qui peuvent parfois se combiner :

Buy & Hold

C’est la stratégie la plus simple qui consiste à acheter de 1 à 10 ETF diversifiés et à les conserver pendant plusieurs années. La plus connue est la 60/40 : 60% d’actions et 40% d’obligations. Le permanent portfolio préconise 4×25% d’actions, obligations, or et cash.

Momentum

Le Momentum est une stratégie quantitative qui consiste à sélectionner un bassin diversifié d’ETF et à investir chaque x mois dans ceux qui ont le mieux performé les mois précédents.

Opportuniste

Certaines grandes tendances sociétales diverses sont dégagées et validées pour déclencher un investissement approprié. On peut par exemple penser que « les riches deviennent toujours plus riches » et décider d’investir dans le luxe ou … l’armement, à très long terme. Similairement on peut penser que le 21ième siècle sera celui de l’Afrique, et investir dans l’ETF Pan Africa (PAF).

Stratégie Value

Consiste à analyser les bilans des entreprises et à suivre leurs décisions pour repérer les compagnies ou les secteurs sous-évalués et y investir. Certains décident ainsi d’investir aujourd’hui dans l’industrie pétrolière, accessible facilement via les ETF. Cette stratégie est chronophage.

Stratégie Macro

Exploite les données macroéconomiques pour repérer les tendances à grande échelle et investir dans les pays, devises et secteurs prometteurs en termes de croissance. Certains décident aujourd’hui par exemple de se retirer du marché chinois du fait de la complexité de sa démographie (retraites). L’aspect thématique des ETF est ici d’un grand avantage. Cette stratégie est chronophage.

Un avantage remarquable des 2 premières stratégies est qu’elles sont purement quantitatives et peuvent donc se tester sur les années passées. De nombreux outils et sites web permettent ce type de validation sous la forme de Backtests. Choisissez toujours une stratégie qui correspond à votre niveau de compétence et de relation au risque.

Diversifiez le plus possible

Les ETF sont de formidables outils de diversification puisqu’ils intègrent des dizaines voire des centaines d’actions ou d’obligations. Le STOXX Europe 50 intègre par exemple 50 actions, MSCI Europe environ 450 et 600 pour le STOXX Europe 600. En termes d’actions la diversification ultime est probablement le MSCI World avec 1645 constituants en Juin 2015, couvrant 23 pays développés.

La diversification est synonyme de limitation du risque et quelle que soit la stratégie utilisée, veillez à toujours être statistiquement (sur le long terme) investi dans plusieurs entreprises, et idéalement aussi : secteurs, classes d’actif et géographie.

Par exemple, pour un investissement long terme sur 5 à 10 ans de type Buy&Hold, se reposer uniquement sur le CAC40 est très risqué. En effet la règle de pondération par capitalisation fait que plus de 50% du CAC40 est investi sur seulement 8 entreprises9 qui sont de plus toutes françaises10 : Total, Sanofi, LVMH, BNP Paribas, Air Liquide, Danone, Schneider Electric, GDF Suez.

Utilisez les stop suiveurs

Cet outil proposé gratuitement par la majorité des courtiers en ligne est curieusement méconnu et peu utilisé. Cet ordre permanent, appelé parfois stop-loss ou traling stop, s’accouple à une ligne d’investissement de votre portefeuille (un ETF par exemple) et va revendre automatiquement l’ETF si celui-ci perd x% depuis son plus haut cours précèdent. Cela permet de limiter les pertes en cas de forte chute. Le pourcentage x et donc la détermination d’une « forte chute » restant à l’appréciation de l’investisseur mais correspond généralement à des valeurs comprises entre 10 et 20% pour l’investisseur moyen/long terme.

On pourra objecter que l’on ne «profitera pas du rebond », après la chute, puisque l’ETF est revendu. Mais ce type d’outil permet de se prémunir des effets de tendances Bear fortes et imprévisibles, mais aussi et surtout d’avoir l’esprit plus tranquille en sachant d’avance que la perte est limitée à disons 15% « quoi qu’il arrive »11. Ceci est particulièrement valable lorsque l’on part en vacances ou que la tentation de consulter nerveusement son portefeuille ETF est trop grande.

Cet aspect psychologique n’est pas à négliger en particulier lorsque l’on débute. La comparaison avec l’immobilier est ici aussi intéressante puisqu’il est évidemment extrêmement difficile de revendre facilement une maison dans le contexte de chute permanente des prix, comme en Espagne en 2007, où le marché est resté complètement bloqué pendant des années.

Aborder la fiscalité en parallèle

La question fondamentale de l’enveloppe fiscale devra être étudiée également en plus des aspects purement boursiers. En France certains supports comme le Plan d’Epargne en Action (PEA) ou l’assurance vie constituent de véritables niches massives de défiscalisation que beaucoup d’épargnants Européens nous envient : elles permettent de défiscaliser presque totalement au bout de seulement 8 ans.

Les assurances vie, s’adaptent vite et proposent souvent déjà, une dizaines d’ETF, ce qui est suffisant  pour une stratégie Buy&Hold voire Momentum sur le long terme, comme alternative à une gestion sous mandat via des OPCVM classiques.

Mais dans le cadre des ETF, c’est surtout le PEA qui est privilégié pour l’instant, avec une centaine d’ETF Euronext de plus de 100 M€ d’encours éligibles au PEA12.

Cette optimisation fiscale, atteignant pour le PEA 150 000€ de versement, ne doit surtout pas être négligée pour les raisons évoquées plus haut de cumul des intérêts composés. Encore une fois la comparaison avec la traditionnelle « pierre » est intéressante puisqu’en termes d’immobilier, le bien est exonéré d’impôts au bout de 30 ans seulement, et non 8. Reste le panel de lois défiscalisatrices dont la lecture et la compréhension sont bien souvent plus déroutantes que celle des Documents d’Information Clé pour l’Investisseur (DICI) des ETF.

Téléchargez aussi gratuitement notre guide : Investir avec les ETF

www.amf-france.org – Epargne-Info-Service  – Produits & supports d’investissement – Trackers

La LETTRE de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF – Juillet 2015

Thomas Piketty – le capital au XXIe siècle, p 408.

Weigthed average – Deutsche Bank European Monthly ETF Market Review – (March 2015)

AMF – Les chiffres clés 2013 de la gestion d’actifs

Morningstar – Active/Passive Barometer June 2015

Sur 3 ans – S&P Indices Versus Active Funds (SPIVA®) Europe Scorecard – Mid-Year 2014

La LETTRE de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF – Juillet 2015

En Juillet 2015

10 Cela parait évident mais le CAC40 intègre aussi une entreprise Suisse par exemple : STMicroelectronics

11 Sous réserve de liquidité de marché pour l’ETF au moment de la revente.

12 En Juillet 2015 – source ETF360

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