Schneider : analyse Bourse d’un géant mondial de l’électrique

Le 16 septembre 2020

Le groupe Schneider Electric a bénéficié de résultats solides lors du premier semestre 2020, dans un contexte pourtant très particulier.

Café de la Bourse a analysé les derniers résultats semestriels, suivi d’une brève présentation de l’histoire du groupe Schneider. Retrouvez ensuite le profil, les produits et services, ainsi que l’engagement de Schneider dans la transition énergétique.

Nous reviendrons également sur le dividende de l’action Schneider et sur l’analyse de ses comptes avant de nous pencher sur les indicateurs clé du groupe. Enfin, nous répondrons à la question : faut-il investir en Bourse dans l’action Schneider ?

Infographie : chiffres clé de Schneider

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1838 : année de création de Schneider ;

N°1 : leader mondial des dispositifs de contrôles industriels ;

27,16 milliards d’€ : chiffre d’affaires 2019 ;

2,52 milliards d’€ : bénéfice net 2019 ;

2,47 % : rendement du dividende ;

+ 68 % : croissance du bénéfice depuis 2015.

Cours Schneider : cours de l’action Schneider en Bourse

Les derniers résultats du groupe Schneider

Les derniers résultats du 1er semestre 2020 du groupe Schneider Electric indiquent les éléments suivants :

  • un chiffre d’affaires semestriel en repli modéré de 12,3 %, passant de 13 202 millions d’€ (S1 2019) à 11 575 millions d’€ (S1 2020) ;
  • un résultat net positif (bénéfice net) de 775 millions d’€ au S1 2020 contre un bénéfice de 993 millions d’€ au S1 2019.

L’impact de la crise du Covid-19 est conséquent sur l’économie de nombreuses sociétés. Il est cependant relativement restreint sur l’activité de Schneider Electric, comme en témoigne le repli modéré de 12,3 % de son chiffre d’affaires entre le S1 2019 et le S1 2020.

Le groupe indique également que le S1 2020 a été une période de test au regard de ses choix stratégiques.

Notons également que le groupe Schneider a fait preuve d’une forte réactivité opérationnelle lors du premier semestre 2020 afin de réaliser des économies et de protéger ses niveaux de marges, ce qui a porté ses fruits puisque le groupe a réalisé un profit de 775 millions d’€ au S1 2020 malgré le contexte de crise que nous connaissons tous.
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Histoire et évolution de Schneider, groupe industriel international

Le nom de Schneider & Cie date de 1838. Le nom a été donné à la société deux ans après que les frères Eugène et Adolphe Schneider se soient lancés dans l’acquisition de mines et de forges dans la région française du Creusot. À cette époque, l’entreprise Schneider était spécialisée dans l’armement, le naval, le ferroviaire, et produisait essentiellement de l’acier.

Au fil des décennies suivantes et après la seconde révolution industrielle, l’entreprise Schneider fait ses premiers pas dans le secteur de l’électricité. Lors de cette période, le groupe figure parmi les leaders européens de l’armement grâce à ses capacités innovantes dans les domaines de la métallurgie et de la sidérurgie.

Il faudra attendre un siècle pour que Schneider effectue un réel tournant et s’impose dans le secteur de l’électricité. En effet, au début des années 1980, le groupe avait cédé la majorité de ses activités en dehors de l’électricité.

À compter de ce moment, le groupe Schneider débute une grande politique de croissance externe et acquiert donc d’autres entreprises :

  • Sarre Union Electrique (France) en 1984 ;
  • Himel (Espagne) en 1986 ;
  • Télémécanique (France) en 1988 ;
  • Square D (USA) en 1991 ;
  • Merlin Guerin (France) en 1992 ;
  • Modicon (USA) en 1996 :
  • Lexel (Suède) en 1999 ;
  • tentative de fusion avec Legrand refusée par la Commission Européenne en 2001 ;
  • American Power Conversion (USA) en 2006 ;
  • Areva Distribution (France) en 2009 ;
  • Invensys (UK) en 2013 ;
  • Asco Power Technologies (USA) en 2017 ;
  • Larsen & Toubro (Inde) et Zhejiang Delixi (Chine) en 2018.

Cette liste est non-exhaustive et n’indique que les principales acquisitions de Schneider depuis 1984. De nombreuses autres opérations ont eu lieu. En effet, en 10 ans, sur la période allant de 2004 à 2014, le groupe Schneider a effectué pas moins de 130 acquisitions d’entreprises, pour un total de 15 milliards d’euros.

La recette du succès du groupe est donc en partie liée à ses opérations de croissance externe, lui ayant permis de se placer parmi les leaders mondiaux du secteur de la commercialisation de produits liés à la gestion et à l’optimisation de l’énergie, principalement à destination d’une clientèle industrielle et du BTP, ainsi que dans les secteurs des automatismes, des tableaux électriques, et du petit matériel électrique grand public.

Schneider Electric : un groupe d’envergure internationale

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Grâce à ses 97 centres de distribution et ses 191 usines dans le monde, le groupe Schneider Electric vient de franchir les 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, dont la répartition est la suivante :

  • 29 % en Amérique du Nord ;
  • 29 % en Asie-Pacifique ;
  • 26 % en Europe Occidentale ;
  • 16 % pour le reste du monde.

Concernant les relais de croissance futurs, le groupe Schneider Electric anticipe un bon dynamisme en provenance de la région Asie-Pacifique, et notamment de la Chine et de l’Inde.

Pour les États-Unis, la croissance devrait être plus contrastée en fonction des secteurs d’activité (bonne tenue du pôle gestion de l’énergie et situation plus difficile pour le pôle automatismes).

En Europe, Schneider s’attend à une croissance modérée.

Les produits et services de Schneider




Schneider Electric effectue la majorité de son chiffre d’affaires auprès d’une clientèle industrielle et du BTP. Pour son pôle résidentiel et tertiaire, le groupe commercialise des disjoncteurs, interrupteurs, prises, boîtiers, éclairages, appareils modulaires, des produits pour la domotique et la sécurité du domicile, des thermostats, onduleurs, etc.

Au sein de son pôle industriel, Schneider développe des automates, contrôleurs de mouvements, servo variateurs, des interfaces homme machine (IHM), des capteurs, relais, variateurs de vitesse, etc., sans oublier les applications digitales pour les machines, les logiciels, et même les applications industrielles de réalité augmentée.

Schneider est également réputé pour la qualité de ses panneaux électriques.

Le groupe développe et commercialise des centaines de produits électriques et électromécaniques à destination des acteurs du BTP et de la plupart des industries et du tertiaire.

On peut également qualifier Schneider Electric de spécialiste en intégrations industrielles de type « mécatronique » (alliance de l’électronique, de la mécanique, de l’automatique et du numérique).

Le groupe propose aussi une branche énergie et développement durable offrant des produits, solutions et services d’optimisation de l’énergie.

Schneider : un groupe engagé dans la transition énergétique

Axe majeur pour Schneider, le groupe a déjà réalisé des objectifs notables dans le cadre de la transition énergétique et de l’économie circulaire :

  • impact #1 : 50 % d’électricité utilisée par Schneider issue du renouvelable ;
  • impact #2 : 4 %  « d’efficacité CO2 » dans les transports de marchandises (objectif de baisse des émissions carbone du groupe) ;
  • impact #3 : 89 millions de tonnes de CO2 économisées chez les clients de Schneider Electric ;
  • impact #4 : 55 % du chiffre d’affaires issu du programme Schneider « Green Premium » ;
  • impact #6 : 193 sites labellisés vers le zéro déchets en décharge ;
  • impact #7 : 96 % des cartons et emballages des produits Schneider issus de sources recyclées ou certifiées ;
  • impact #8 : 97 400 tonnes de ressources primaires évitées grâce au programme de recyclage et de reprise de produits ECOFIT.

Rendement du dividende Schneider

Évolution du dividende Schneider Electric sur 10 ans

(En € par action, années de versements retenues)

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Le montant du dividende Schneider Electric est en constante croissance sur 10 ans (sauf entre 2013 et 2014 où il est resté stable à 1,87 €) pour s’établir à 2,55 € par action en 2020.

Le rendement 2020 du dividende de l’action Schneider est de 2,47 % à son cours de Bourse du 4 septembre 2020, établi à 103,10 €.

La société Schneider est parvenue à augmenter son dividende courant 2020 (au titre de l’année fiscale 2019) à hauteur de + 8,5 % malgré la crise sanitaire et économique due au Covid-19, alors que la plupart des grands groupes français l’ont supprimé ou réduit.

Cette situation indique une forte solidité des résultats du groupe Schneider Electric.

Bourse : évolution du cours de l’action Schneider à long terme

Graphique du cours de Bourse de l’action Schneider depuis 2000

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Source : Tradingview (hors tracés)

L’étude graphique du cours de l’action Schneider, cotée au CAC 40, peut être décomposée en 4 grandes phases :

  • une tendance baissière entre fin août 2000 et début juin 2003, de – 53 % ;
  • une tendance haussière entre début juin 2003 et mi-juin 2007, de + 187 % ;
  • une tendance baissière entre mi-juin 2007 et début octobre 2008, de – 59 % ;
  • une tendance haussière depuis début octobre 2008, de + 357 %.

Schneider : analyse des résultats financiers et valorisation en Bourse

Chiffre d’affaires de Schneider depuis 2010 (en millions d’€)

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L’évolution long terme du chiffre d’affaires de la société Schneider entre 2010 et 2019 est en croissance de + 38,7 %. Celui-ci a connu une baisse de palier entre 2015 et 2016 avant de renouer avec la croissance systématique annuelle depuis 2016. Il s’élève à 27 158 millions d’€ en 2019 (27,16 milliards d’€).

Résultat net de Schneider depuis 2010 (en millions d’€)

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L’évolution sur 10 ans du résultat net consolidé de Schneider Electric a connu une baisse de palier entre 2014 et 2015, en repli de 558 millions d’euros, avant de reprendre une croissance systématique depuis 2015.

Le bénéfice net de Schneider s’élève à 2 523 millions d’€ en 2019 (2,52 milliards d’€).

Bilan consolidé annuel du groupe Schneider Electric

Au sein de son bilan annuel consolidé, clos le 31 décembre 2019, le groupe Schneider dispose d’actifs totaux à hauteur de 45 003 millions d’euros. Les capitaux propres inscrits au bilan de la société sont de 23 140 millions d’€ (et de 21 561 millions d’€ part du groupe, hors intérêts minoritaires).

Une fois divisé par 551,07 millions d’actions au capital, le montant des capitaux propres de Schneider Electric ressort à 41,99 € par action, en-dessous de son cours de Bourse actuel de 103,10 € du 4 septembre 2020.

Notons également la quote-part de 51,92 % de l’actif du bilan Schneider au titre des actifs de nature intangible à hauteur de 23 366 millions d’€ (18 719 millions d’€ de Goodwill et 4 647 millions d’€ d’immobilisations incorporelles).

En base retraitée des actifs intangibles, les capitaux propres de Schneider passent donc à une valeur négative de 226 millions d’€.

Remarque : l’actif net (= capitaux propres) correspond à la valeur comptable selon le bilan d’une société. Il se calcule en additionnant ce que possède une société (ses actifs) déduits de ce qu’elle doit (ses dettes et autres passifs). Concernant les actifs intangibles, cette typologie d’actifs est potentiellement plus difficilement « monétisable » si l’on devait vendre la société à l’instant T.

Du côté des passifs (21 863 millions d’€), on retrouve principalement la dette de financement court et long terme, à hauteur de 7 384 millions d’€, ainsi que la dette d’exploitation (comptes fournisseurs) pour 4 215 millions d’€. Les dettes fiscales et sociales de Schneider Electric s’élèvent à 3 147 millions d’€ fin 2019.

Concernant son ratio de solvabilité, au 31 décembre 2019 (dette de financement / capitaux propres), il s’élève à 0,32 et ne peut pas être calculé sur la base des capitaux propres tangibles négatifs.

Indicateurs clé de Schneider




Voici 8 indicateurs clés relatifs à l’action du CAC 40 Schneider Electric :

1. Une rentabilité bénéficiaire convenable

Le BPA (Bénéfice Par Action) 2019 de l’action Schneider ressort à 4,38 €, soit une rentabilité bénéficiaire convenable à hauteur de 4,25 % (BPA 2019 / cours de Bourse actuel).

2. Une marge bénéficiaire intéressante

Avec 2 523 millions d’€ de bénéfice net 2019, la marge bénéficiaire du groupe est bonne au regard de son chiffre d’affaires de 27 158 millions d’€.

Elle s’établit à 9,29 % en 2019.

3. Une valorisation boursière a priori élevée au regard du bilan

Avec une valeur négative en termes de capitaux propres tangibles, la valorisation bilancielle de Schneider apparaît comme nulle.

En outre, le groupe indique une valeur importante à l’actif de son bilan au titre des écarts d’acquisitions (Goodwill), de 18 719 millions d’€, ce qui est logique en considération de la politique de croissance externe du groupe. Il s’agit d’une valeur immatérielle liée aux plus-values de valorisations de l’ensemble des entreprises acquises par le groupe Schneider.

Ce poste du bilan reste délicat à valoriser car ne pouvant pas être assimilé à des actifs tangibles de type matériels, immobiliers ou financiers.

4. Un endettement élevé en base tangible

Le ratio de solvabilité du groupe Schneider déterminé par la formule (dettes financières / capitaux propres tangibles) ne peut pas être calculé car ses capitaux propres tangibles sont négatifs.

En admettant une juste valeur du Goodwill de Schneider Electric, à savoir une valeur correcte des plus-values intégrées au Goodwill (si l’on devait revendre ces actifs à l’instant T), alors le ratio de solvabilité de Schneider ressortirait à 0,40.

5. Un rendement modéré faible du dividende

En 2020, le rendement du dividende Schneider (2,55 € par action) ressort à 2,47 % à son cours de Bourse actuel de 103,10 €.

6. Un premier semestre 2020 résilient

Schneider Electric a bénéficié de résultats de qualité au cours du premier semestre 2020 malgré un contexte difficile lié au Covid-19. Le repli du chiffre d’affaires a été amorti à – 12,3 % et le groupe a réalisé un profit de 775 millions d’€ au cours du premier semestre 2020.

7. Une bonne croissance des résultats sur le long terme

Avec une croissance de + 68 % de son bénéfice net entre 2015 et 2019, passant de 1 503 millions d’€ à 2 523 millions d’€, cette bonne tendance est continuelle depuis 2015.

8. Une position de leader mondial

Le groupe Schneider Electric est leader mondial dans certains secteurs tels que les dispositifs de contrôles industriels. Il se situe également dans le top 4 dans la catégorie des automatismes industriels (robotique) et de ceux du BTP.

Faut-il investir en Bourse dans l’action Schneider ?

Au regard de ces arguments, est-il opportun d’investir en Bourse dans l’action du CAC 40 Schneider Electric ? Notre avis est positif pour la qualité des résultats, en ajoutant le fait que la valorisation boursière est selon nous assez chère.

Outre la valorisation d’actif net au bilan relativement faible par rapport à la capitalisation boursière actuelle de Schneider établie à 58,46 milliards d’€ qui écartera probablement les investisseurs value du dossier, la solidité des résultats du groupe ainsi que sa croissance de long terme sont favorables à une idée d’investissement en actions Schneider, notamment pour la croissance de son bénéfice, sa résilience aux contextes économiques difficiles, ainsi que pour sa forte position concurrentielle.

Le rendement du dividende actuel de l’action Schneider est établi à 2,47 % (2,55 € par action en 2020 pour un cours de Bourse de l’action de 103,10 €).

Celui-ci est passé de 1,60 € en 2010 à 2,55 € en 2020 sur une tendance haussière systématique, hormis uniquement l’année 2014 durant laquelle il est resté stable, soit une croissance de + 59,38 % sur 10 ans.

Une projection de croissance identique au cours des 10 prochaines années porterait le rendement du dividende Schneider à 4,06 € (soit 4 % de son cours actuel), ce qui devient assez intéressant mais nécessiterait de patienter 10 ans dans le cadre de ce scénario.

Par conséquent, nous considérons ce dossier comme étant de qualité mais relativement cher payé en Bourse.

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Louis Yang

Co-fondateur - Café de la Bourse - Site internet

Diplômé de l’ICN et de l’ESCP. Louis Yang a travaillé à la Mission Economique, au sein du groupe Lafarge et a été conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Il a également été rédacteur et éditeur financiers pour Aol Finance et Yahoo Finance.

Il est auteur pour la librairie du Commerce International, chroniqueur Bourse sur BFM et co-fondateur de Cafedelabourse.com.

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