Frais de Bourse : comment ne pas se faire avoir
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Frais de Bourse : comment ne pas se faire avoir




Nous allons faire un tour d’horizon des différents types de frais, visibles ou non, auxquels un investisseur devrait prêter attention tant ils peuvent impacter la performance finale d’un portefeuille boursier.

Retrouvez dans cet article l’ensemble des frais qui pourront s’appliquer à vos investissements en Bourse : frais de courtage, spreads, droits de garde, frais du support, coût de change, mais aussi les dérives telles que le Slippage et les Sneaky markup ou encore les nouvelles pratiques en termes de prêt de titres, ainsi que les frais de transfert. Vous pourrez ainsi éviter les pièges et choisir le courtier le plus avantageux selon votre profil et vos investissements.

Les frais de courtage

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Quand on parle de frais de courtage, on fait référence aux commissions que le courtier Bourse va facturer à ses clients pour l’achat et la vente de titres (Actions ou ETF). Généralement, ces commissions sont clairement indiquées sur le site du courtier ; elles peuvent être très variables d’un courtier à un autre. Ainsi, on pourra observer des commissions allant de 1 à 5€ par ordre sur les marchés locaux (Euronext) et jusqu’à 15€ ou même 50€ sur les marchés internationaux (NYSE ou Londres).

Les commissions de courtage peuvent aussi prendre la forme d’un pourcentage associé à un montant minimum (par exemple : 0,12 % par ordre – min. 10€).

Note importante : certains courtiers vont afficher une commission « round-turn », c’est-à-dire pour l’achat + la vente de l’action alors qu’avec d’autres courtiers en Bourse, la commission est payable lors de l’achat et à nouveau lors de la vente.

Il faut bien prendre le temps de regarder en détails toutes les conditions tarifaires d’un courtier en Bourse pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Certains courtiers Bourse peuvent être très compétitifs, voire gratuits, sur un marché bien spécifique (comme Euronext Paris) mais aussi facturer plusieurs dizaines d’euros sur les autres marchés (Francfort, Londres, New-York, etc.). Il faudra donc choisir un courtier Bourse en fonction de vos objectifs d’investissement et des marchés sur lesquels vous souhaitez investir.

Si vous disposez d’un petit capital, il faudra particulièrement faire attention aux courtiers en ligne qui annoncent de faibles commissions (ex : 0,01 % par ordre) mais avec un minimum qui peut être parfois important et qui exige donc le passage de transaction d’un certain montant pour être rentable. Il sera ainsi nécessaire de prendre aussi en compte le montant que vous souhaitez investir et la taille de transaction moyenne estimée dans le choix de votre courtier en ligne.

De plus en plus de courtiers Bourse et neocourtiers proposent des offres de courtage sans commission via le passage de transactions OTC ou par l’utilisation d’un « business model » innovant (voir notre article sur Robinhood).

Pour conclure, il n’y a pas un courtier en Bourse meilleur qu’un autre mais une multitude d’offres qui seront adaptées à différents profils d’investisseurs et trader en Bourse.

N’oubliez pas aussi que dans le cadre d’un compte PEA ou PEA PME, quel que soit votre courtier en Bourse, les frais seront plafonnés à 0,50 % par ordre sur internet, ce qui n’empêchera pas un courtier en ligne d’offrir une commission inférieure et plus compétitive que ce plafond maximum imposé par la loi.

Les Spreads




Sur une place boursière traditionnelle, le « spread » est l’écart naturel entre les acheteurs et les vendeurs. On retrouvera parmi les acheteurs et les vendeurs des banques, des fonds et des investisseurs particuliers, dont les ordres d’achats et ventes seront organisés par la Bourse sous forme de carnet d’ordre. Plus il y aura d’investisseurs et de volumes sur un actif, plus le spread sera étroit. Il s’agit alors d’un coût de transaction inhérent au fonctionnement des bourses qu’il faut prendre en compte, même s’il ne profite pas directement aux courtiers en Bourse.

Pour le « spread », il faudra en revanche être beaucoup plus vigilant en ce qui concerne les transactions OTC (de gré à gré). Dans de nombreux cas, le « spread » peut constituer le seul mode de rémunération d’un intermédiaire financier sur les transactions OTC. C’est souvent le cas sur les produits dérivés ou même sur les actions quand un courtier fonctionne en OTC pour pouvoir proposer « Zéro Commission ».

Il faut donc bien se renseignement sur le fonctionnement du courtier en ligne, surtout s’il annonce « zéro commission » et s’assurer que le « spread » affiché n’est pas plus élevé que les commissions de courtage qu’un autre courtier en Bourse pourrait proposer.

Consulter également notre article Comment et pourquoi trader les Futures

Les droits de garde

Il y a encore quelques années, les courtiers et les banques appliquaient des droits de garde facturés chaque année pour simplement détenir vos actions dans votre compte titres ou PEA.

Bien qu’aujourd’hui les droits de garde aient quasiment disparu des grilles tarifaires des courtiers en ligne, il faut quand même vérifier que les droits de garde soient gratuits, surtout si votre PEA ou compte titres est détenu au sein d’une banque traditionnelle.

Certains brokers Bourse appliquent encore des droits de garde pour quelques produits financiers bien précis, comme les OPCVM.

Notons que la loi impose également un plafond maximum en ce qui concerne les droits de garde dans le cadre de compte PEA ou PEA PME, avec un maximum de 0,40 %.

Découvrir aussi notre guide Comment devenir un trader Bourse

Les coûts de change de devise étrangère




Quand vous allez acheter des actions étrangères, elles seront cotées dans une autre devise (exemple : USD) que la devise dans laquelle votre compte sera libellé (exemple : EUR). Ceci impliquera des transactions de change lors des vos achats et vente de titres ainsi que lors des versements de dividendes.

Pour prendre connaissance des frais et coûts de change applicables par votre courtier en Bourse, il faut souvent aller regarder dans les conditions générales ou dans les petites lignes de la grille tarifaire.

La commission de change peut varier de 0,20 % à plus de 2 % en fonction des brokers. C’est donc quelque chose qu’il faut vraiment prendre en considération si l’on souhaite investir fréquemment sur les marchés étrangers.

Les frais des produits de Bourse, intégré dans les cours

Avec les produits de Bourse comme les ETF, il faut savoir que les frais de gestion sont directement intégrés dans les cours du produit. Il n’y a donc aucun moyen lors de l’achat ou de la vente d’un produit de bourse de savoir à combien s’élèvent ces frais.

Puisqu’ils sont intégrés dans les prix d’achat / vente, ils viennent donc en déduction de la performance d’un ETF / Tracker. Concrètement, si vous investissez dans un ETF CAC 40 dont les frais de gestion annuels sont de 1 %, alors si la performance du CAC 40 sera de 8 % sur l’année, votre ETF CAC 40 ne délivrera une performance que de 7 % puisque les frais de gestion seront déduits du prix.

En général, les frais de gestion sur les ETF sont compris entre 0,10 % et 0,80 % mais ils peuvent être plus important sur les ETF à levier ou sur les produits de bourse plus sophistiqués.

Pour identifier ces frais, il n’y a qu’un seul moyen : consulter le DICI.

Le DICI est le document légal et obligatoirement mis à disposition des investisseurs par les émetteurs d’OPCVM, de produits de bourse et d’ETF. Ce document détaille toutes les informations les plus importantes qu’un investisseur devrait connaître avant d’investir dans le produit de bourse en question, à savoir : les frais, le risque, les objectifs de temps pour la détention, la composition, etc.

Le Slippage et les Sneaky markup




Nous allons brièvement revenir sur les transactions OTC pour aborder les pratiques de « slippage » volontaire et de « Sneaky markup ». Il s’agit de pratiques trompeuses et illégales qui ont pour objectif de gonfler les revenus des courtiers sans scrupules. On retrouvera plutôt ce genre de pratiques avec des courtiers CFD, mais il n’est pas impossible de les constater aussi avec d’autres courtiers qui exécutent les ordres en OTC.

On utilise le terme « slippage » ou « Sneaky markup » pour identifier des pratiques qui sont très similaires, consistant à exécuter les transactions des clients à un prix très légèrement plus élevés que les cours de l’action au moment du passage de l’ordre. Il peut s’agir seulement de quelques centimes, voir dixièmes de centime, qui, s’accumulant sur des milliers de transactions, peuvent permettre à un broker en ligne de générer un revenu additionnel très important.

Il est très difficile pour un néophyte d’arriver à identifier ces coûts cachés, et ils passeront totalement inaperçus auprès des investisseurs long terme. Seuls les traders actifs portant une attention particulière aux prix d’exécution pourront constater ces pratiques.

Il ne faut pas hésiter à changer de courtier en Bourse et le signaler à l’AMF quand on découvre qu’un courtier en ligne utilise ces procédés.

Découvrir aussi notre article Comment démasquer les arnaques financières

Le prêt de vos actions

Le prêt de titre des clients est le mode de rémunération de certains neocourtiers offrant du courtage sans commission. Il ne s’agit donc pas vraiment d’un coût à proprement parler mais plutôt d’un manque à gagner en comparaison avec le revenu que vous pourriez vous-même recevoir par le prêt de vos actions.

Notons quand même que tous les courtiers Bourse ne permettent pas à leurs clients de recevoir un revenu en échange du prêt de titres et que c’est souvent réservé aux clients les plus fortunés.

Il est important de savoir si votre courtier en ligne pratique le prêt de titres, car même sans être réellement un coût supplémentaire, il peut s’agir d’un risque de crédit qui peut entraîner des conséquences sur vos investissements.

Lire aussi notre article Un market maker, c’est quoi ?

Les frais de transfert de titres




Comme c’est le cas pour n’importe quelle entreprise, les courtiers en ligne n’aiment pas vraiment voir leurs clients partir chez un concurrent. C’est la raison pour laquelle les courtiers Bourse appliquent parfois des frais assez importants pour les transferts d’un portefeuille boursier vers un autre courtier ou banque en ligne.

Nous avons constaté que les frais de transferts d’actions peuvent varier de 15 à 30€ par ligne, ce qui peut rapidement devenir un budget conséquent pour ceux qui détiennent 20 ou 30 titres différents dans leur portefeuille boursier.

Sachez cependant que certains courtiers en ligne vous remboursent les frais de transfert (totalement ou partiellement) de titres dans le cadre de l’ouverture d’un nouveau compte titres ou du transfert d’un PEA.

Encore une fois, quand il s’agit d’un compte PEA ou d’un compte PEA PME, les frais de transfert sont plafonnés à 15€ pour les titres cotés. L’ensemble des frais est plafonné à 150 € par transfert de PEA.

Consulter également notre article Comment transférer un PEA ou un compte-titres ?

Les autres frais à prendre en compte : plateforme, cotation, frais d’inactivité…

Quand on regarde en détails la liste des différents frais applicable par un broker Bourse, on peut rapidement se rendre compte que la liste est longue. Nous ne pourrons pas détailler dans cet article tous les types de frais existant mais nous vous conseillons vivement de parcourir la liste des frais dans son intégralité avant d’ouvrir un compte Bourse, surtout si vous avez des besoins bien particuliers. Il peut y avoir des frais en cas de succession ou encore des frais pour le versement des dividendes sur les titres non cotés par exemple.

Au-delà des frais qui vont s’appliquer à des besoins et des cas bien précis, on peut noter par exemple les frais de cotation en direct. Beaucoup de courtiers Bourse ne proposent gratuitement que des cotations différées et il faudra payer un supplément pour bénéficier des cotations en temps réels. Certains courtiers vont également vous faire payer l’accès à des plateformes de trading plus sophistiquées et seulement l’interface basique de passage d’ordre sera accessible gratuitement.

Si vous êtes donc un trader ou un investisseur actif, il faudra prévoir un budget pour accéder à ces services.

Au contraire, si vous êtes un investisseur buy and hold long terme il faudra vérifier si votre courtier en Bourse n’applique pas des frais minimums d’inactivité. Les frais d’inactivés peuvent être compris entre 3 et 20€ par mois et peuvent donc impacter significativement les rendements de votre portefeuille boursier.

Découvrir aussi notre article Quel type de trader êtes-vous ?

Bien choisir son courtier Bourse : une décision cruciale




On a trop souvent tendance à penser que le choix du courtier en Bourse est une chose à prendre à la légère et que le choix des actions dans lesquelles investir est plus important. Pourtant, choisir un courtier Bourse qui n’est pas adapté à ses besoins peut coûter aussi cher que de mauvaises décisions d’investissement. Nous conseillons donc de prendre le temps nécessaire pour comparer les différentes offres et choisir celle qui conviendra le plus à votre profil investisseur.

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