Coronavirus et Bourse : comment protéger ses placements ?

Le 31 janvier 2020

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La propagation du coronavirus s’est accentuée dans les derniers jours de janvier, impactant considérablement les marchés financiers. Quelles conséquences cette crise sanitaire a-t-elle sur les principaux indices boursiers et sur l’économie en général ? Quels secteurs et quelles sociétés sont les plus touchés par cette épidémie ? Comment protéger son portefeuille boursier et ses investissements des conséquences de la propagation du coronavirus ? Est-il possible de tirer parti de cette crise ?

Nos explications pour tout comprendre et adopter le comportement adéquat pour ses placements.

Impact du coronavirus sur les marchés financiers

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C’est à Wuhan, ville chinoise de 11 millions d’habitants dans la province de Hubei, sur un marché de gros de fruits de mer et de poissons que le nouveau coronavirus chinois s’est manifesté en décembre dernier. Depuis, il se propage à vitesse grand V. Il a déjà touché plus de 9 700 personnes en Chine et fait plus de 220 morts. Des cas ont été recensés dans toute l’Asie mais aussi en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient. L’épicentre de l’épidémie reste la région de Hubei, la plus touchée, avec plus de 5 800 cas avérés.

Aujourd’hui, la mise en quarantaine est la seule réponse possible à l’endiguement du virus, ce qui se traduit par un ralentissement économique particulièrement marqué et a des incidences sur tout l’activité économique chinoise. Il faut dire que la crise sanitaire a donné lieu à des mesures de confinement, des mises en quarantaine, à des fermetures d’usines, de boutiques, de restaurants. L’absence de clients se fait ressentir dans les points de vente restés ouverts.

Starbucks a fermé 2 000 cafés en Chine. Disneyland Shanghai a fermé ses portes et rembourse les touristes détenteurs de tickets. Les groupes MSC et Costa annulent des croisières au départ des ports chinois. L’impact macroéconomique du coronavirus dépendra de la durée des fermetures de magasins et usines de production. Assez réduites si l’épidémie reste contenue, les conséquences macroéconomiques pourraient être catastrophiques si l’épidémie s’étendait considérablement.

Dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale avec une récession manufacturière en 2019, des tensions commerciales sino-américaines qui se sont apaisées mais restent présentes, cette crise sanitaire a une incidence réelle sur les marchés financiers. Le FMI surveille « en temps réel » l’impact potentiel de l’épidémie sur les marchés. La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva rappelle que la crise du SRAS avait donné lieu à « un ralentissement sur le court terme, puis un rééquilibrage de la croissance économique ». En sera-t-il de même cette fois ? Cela dépend de l’importance de l’épidémie et de la durée de la crise sanitaire. En effet, selon Gerry Rice, directeur de la communication du FMI, les effets devraient être « temporaires » et « réversibles » quand le virus faiblira.

Cette crise est pour le moment à relativiser. Certes, tous les marchés boursiers ont baissé ces derniers jours avec l’emballement de l’épidémie et la France n’est pas à l’abri : la propagation du coronavirus a provoqué la plus forte baisse du CAC 40 depuis août 2019.

Les baisses des grands indices boursiers sur les marchés européens et américains sont néanmoins relativement circonscrites. Les bourses asiatiques (Nikkei, Bourse de Hong Kong) sont, elles, plus durement touchées.

Toute la question est de savoir si cette crise sera relativement limitée et servira de prétexte aux investisseurs pour consolider les portefeuilles boursiers et réduire la voilure ou bien si l’on est face à une crise majeure qui impactera durablement les marchés financiers, se traduira demain sur les comptes des entreprises et aura un retentissement sur toute l’économie mondiale.

Il convient pour l’heure de se rappeler que tous les secteurs et toutes les sociétés ne sont pas touchés de la même façon et d’identifier quels secteurs et valeurs présents dans votre portefeuille pourraient souffrir le plus.

Coronavirus : secteurs et sociétés les plus à risque lors des épisodes sanitaires de type épidémies virales

Tous les secteurs d’activité sont plus ou moins exposés au marché chinois qui s’est imposé ces dernières années comme le premier marché mondial de la plupart des vendeurs internationaux et l’un des fournisseurs majeurs de la plupart des industriels de la planète. Mais certains secteurs et certaines valeurs sont tout de même davantage impactés par la crise sanitaire.

Tourisme : moins de voyages avec le coronavirus

Hôtels, restaurants, groupes spécialisés dans les croisières et les voyages ainsi que les sociétés du secteur du tourisme sont sensibles aux risques sanitaires.

Exemples de grandes sociétés du secteur du tourisme pouvant être impactées :

  • Hilton Worldline : deuxième leader mondial du secteur hôtelier ;
  • Utour Group : grand groupe chinois du tourisme.

Luxe : un secteur pouvant être impacté par une éventuelle propagation d’épidémie

En cas de poursuite de risques sanitaires, notamment en Chine, les populations ne sont pas enclines à consommer des produits de luxe.

Les grandes sociétés internationales de ce secteur sont souvent exposées à ces marchés asiatiques ; ils figurent parmi les principaux relais de croissance étant donné la vigueur économique de ces pays et la hausse notable du niveau de vie de ses populations.

Elles peuvent donc « souffrir » d’un ralentissement de la consommation lors d’un contexte de risques sanitaires, surtout si celui-ci se prolonge dans le temps.

Exemples de grandes sociétés du secteur du luxe pouvant être impactées :

Retail : moins de fréquentation des magasins et centres commerciaux lors de l’épidémie coronavirus

Les lieux de regroupement de personnes seront touchés dans un contexte de risque contagieux, notamment les magasins et centre commerciaux.

Exemples de grandes sociétés du secteur retail pouvant être impactées :

  • Walmart : géant américain de la grande distribution.
  • Sun Art : grande chaîne chinoise.

Compagnies aériennes : un contexte d’épidémies sanitaires peu enclin au transport aérien civil

Les compagnies aériennes sont au premier plan des crises sanitaires, voyant leur trafic pouvant sensiblement baisser, voire être totalement interrompu dans les zones les plus touchées par l’épidémie. Ainsi, le jeudi 30 janvier, Air France a annoncé la suspension de tous ses vols en Chine.

Exemples de grandes compagnies aériennes pouvant être impactées :

  • American Airlines : 1ere compagnie aérienne mondiale ;
  • China Southern Airlines : 1ere compagnie aérienne chinoise.

Profils et types de sociétés en Bourse à risque avec la propagation du coronavirus

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Au sein des secteurs particulièrement à risque lors des épisodes sanitaires contagieux, il peut être judicieux de savoir identifier les profils de sociétés les plus à risque.

Sociétés Growth (en croissance) avec des risques de volatilité du cours de leurs actions

De nombreuses actions de sociétés ayant des profils de croissance ont vu leurs cours de Bourse décupler au cours des 10 dernières années, les ayant conduites à des ratios de PER élevés.

De ce fait, leurs valorisations actuelles peuvent être considérées comme fragiles dans la situation ou le modèle les ayant conduites à des valorisations élevées, serait remis en cause.

Dans l’hypothèse d’une épidémie ayant impacté sensiblement sur un trimestre les résultats financiers d’une société de type « growth », suivis d’une publication de chiffre d’affaires et de bénéfice en baisse, il est assez probable que ces derniers soient très mal accueillis par les investisseurs et les opérateurs de marché habitués à une croissance systématique de trimestre en trimestre sur ce type de sociétés ayant des profils « growth ».

L’impact sur le cours de Bourse de leur action pourrait alors être sensible.

Exemples de grandes sociétés de croissance pouvant être impactées :

Sociétés endettées avec un risque d’insolvabilité à long terme

Pour les sociétés ayant un profil d’endettement élevé, l’érosion de leurs résultats financiers, notamment du chiffre d’affaires et du bénéfice, issue d’un ralentissement de l’économie ou de la consommation due à la crise sanitaire, peut engendrer des risques d’insolvabilité.

En effet, le coût de la dette est fixé au préalable à sa souscription, si la société ne peut plus y faire face son risque de faillite est accru.

Ces scénarios d’insolvabilité peuvent se voir valider dans le cadre d’un contexte sanitaire défavorable sur le long terme entraînant des fortes baisses durables du chiffre d’affaires et du bénéfice des sociétés endettées, ce qui reste peu probable car du ressort d’un scénario « catastrophe » avec impossibilité de contenir le risque contagieux.

Exemples de grandes sociétés endettées pouvant être impactées :

3 conseils pour protéger ses placements boursiers

Vendre les titres à risque

La première des solutions pour ne pas voir son portefeuille trop fortement impacté par les turbulences dues à la crise sanitaire majeure que nous connaissons aujourd’hui, c’est d’éliminer les actions en Bourse les plus fragiles et à risque. Cette solution radicale n’est cependant pas forcément facile à prendre. « Pas vendu, pas perdu » dit le dicton.

Cependant, rappelons qu’il « vaut mieux perdre une main qu’un bras ». Faut-il pour autant en arriver jusque-là ? À vous de décider de la conduite à adopter en fonction de votre profil de risque et de votre horizon de placement notamment.

Utiliser des ordres stop

Autre option à mettre en place absolument si vous décidez de garder vos titres en portefeuille : le recours systématique aux ordres stop. Dans l’idéal, vous n’auriez même pas à les placer car vous en auriez mis un dès l’ouverture de votre position. Mais pour les plus étourdis, rappelons qu’il convient d’urgence de couvrir vos positions avec ces ordres de vente qui se déclenchent automatiquement dès que la baisse du titre a atteint le seuil que vous aviez défini, réduisant ainsi la perte potentielle maximale à ce que vous considérez comme acceptable.

Couvrir son portefeuille avec des produits de Bourse

Enfin, vous pouvez aussi choisir de protéger votre portefeuille avec des produits de Bourse ou des produits dérivés avec notamment des ETF ou trackers Bear, futures et options put.

Le choix du type de produits financiers dépendra de votre niveau d’expertise en Bourse. En jouant la baisse des marchés avec un produit dérivé, vous gagnez grâce à ce produit dérivé ce que vous perdez en conservant en portefeuille vos titres à risque. Vos gains étant équivalents à vos pertes, il s’agit d’un jeu à somme nulle. Votre portefeuille est protégé.

Vous pouvez choisir de jouer à la baisse le ou les indices sur le(s)quel(s) vous êtes le plus présent, ou bien le(s) secteur(s) d’activité les plus à risque présent dans votre portefeuille ou encore la couverture valeur par valeur des titres que vous possédez. Il est cependant plus simple d’opter pour un ou quelques produits de couverture, le nombre d’ordres à passer étant alors plus réduit, ce qui occasionne à la fois un gain de temps et un gain d’argent (vous n’aurez que peu d’ordres de Bourse à payer).

En optant pour une couverture de son portefeuille avec des produits de Bourse, vous pourrez bénéficier d’une exposition continue aux marchés actions. Une fois la tempête passée, vous pourrez alors revendre vos produits de couverture et profiter instantanément du rattrapage de vos titres, sans passer d’ordres supplémentaires. À noter : en conservant vos titres en portefeuille même pendant la crise, vous pourrez toucher les potentiels dividendes distribués au moment de la crise et profiter d’éventuelles opérations sur titre (attributions d’actions gratuites par exemple).

Coronavirus : quels placements pour bénéficier de la crise sanitaire ?

Sociétés du secteur de la santé et des équipements de protection

En toute logique, une situation de propagation virale étendue peut directement profiter aux sociétés du secteur de la santé et des équipements de protection.

Pour le secteur de la santé, les laboratoires pharmaceutiques peuvent être sollicités pour la fabrication de vaccins ou autres types de médicaments liés à l’épidémie.

Pour le secteur des équipements de protection, les sociétés fabricantes de masques et de gants peuvent bénéficier de commandes en millions d’unités.

Exemples de grandes sociétés du secteur de la santé pouvant être favorablement impactées :

  • Delta Plus Group : société française spécialisée dans les équipements de protection respiratoires, de gants et d’équipements professionnels ;
  • Merck & Co : géant pharmaceutique international concepteur de vaccins.

Investir sur l’or

La relique barbare, comme l’appelait John Maynard Keynes, connaît une hausse significative de ses cours lors d’épisodes troubles, comme celui que nous traversons actuellement. Valeur refuge par excellence, l’or est en effet très apprécié des investisseurs lorsque l’incertitude règne et que la volatilité fait son retour sur les marchés.

Vous pouvez vous positionner sur le précieux métal jaune de différentes manières. D’abord, l’investisseur pourra opter pour l’or physique et acheter pièces et lingots. Ce moyen, le plus classique, n’est pas forcément le plus pratique car il pose le problème de la conservation de l’or.

Autre possibilité : l’or papier avec l’achat d’ETF, par exemple. Ces trackers dont le sous-jacent est l’or répliquent le cours du précieux métal jaune. Enfin, dernière option : l’investissement dans des sociétés minières aurifères qui peuvent bénéficier lors de telle crise d’un regain de vigueur de leurs cours de Bourse. On pense par exemple à Barrick Gold, leader mondial de l’exploitation aurifère ou Newmont Mining, grand producteur d’or d’origine américaine.

Source des images : Freepik

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