Comment investir en période de récession ?

Le 18 avril 2020

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Quels sont les placements à privilégier en période de récession ? Car oui, 2020 sera inévitablement une année récessive du fait de la pandémie de Covid-19.

Dans cet article, nous analyserons le contexte actuel de récession en France et dans le monde et le comparerons aux précédentes grandes récessions mondiales. Puis, nous vous présenterons les idées d’investissements pour se prémunir de la récession liée à la crise du Coronavirus.

La France en récession : contexte économique actuel

Dans le cadre de la crise du Covid-19, l’INSEE prévoit – 3 points de PIB annuel par mois de confinement de la population française. Les économistes parlent de la pire récession depuis des décennies et la comparent à celles de 1929. En effet, l’économie française tourne au ralenti, aux deux tiers de ses capacités normales.

La consommation qui devait être le catalyseur de la croissance pour l’année 2020 est mise à rude épreuve, ce qui est logique en situation de pandémie. La plupart des ménages sont peu enclins à consommer. Pour citer quelques exemples : l’achat d’une voiture neuve est reportée, les sorties de loisirs et dans les restaurants sont interdites, les vacances deviennent également compliquées, etc.

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Dans ce contexte très particulier de crise économique et boursière que nous subissons actuellement, la durée du confinement est le principal critère d’anticipation de la reprise.

En outre, les entreprises et sociétés qui avaient des profils d’endettement déjà tendus avant la crise, sont indéniablement en danger. Bien que les gouvernements tentent au mieux d’endiguer les conséquences de la crise du Covid-19 sur l’économie, les manques à gagner en termes de chiffre d’affaires de nombreux acteurs économiques sont bel et bien concrets tandis que leurs charges fixes continuent de « courir ».

Et quand les confinements des populations seront progressivement levés, certains secteurs comme le transport aérien, l’automobile, le tourisme et l’hôtellerie/restauration mettront du temps à se relever, certainement des années. Chez nos voisins allemands, la grande compagnie aérienne Lufthansa a annoncé perdre 1 million d’€ par heure ! Quant au groupe britannique FlyBe, il a fait faillite.

En Europe, la majorité des constructeurs automobiles ont fermé leurs usines depuis mi-mars, à l’instar de PSA et Renault. Ce secteur représente un demi-million d’emplois en Europe.

En France, ces derniers temps ont été particulièrement difficiles : gilets jaunes, grèves, et maintenant pandémie du Coronavirus. Le moindre mal serait donc une sortie de confinement rapide, suivie d’une reprise de la consommation. Une chose est certaine, avec une perte de 3 points de PIB en France par mois de confinement, 2020 sera une année de récession économique !

Qu’est-ce qu’une récession ?



Une situation de récession est caractérisée par deux trimestres consécutifs marqués par un ralentissement significatif du PIB (Produit Intérieur Brut).

Lors de ces périodes, presque tous les agents économiques sont au ralenti : l’emploi, l’industrie, le commerce, etc. En toute logique, la consommation en pâtit également.

Il existe un terme en économie pour indiquer une grave récession, il s’agit d’une dépression économique.

Ces scénarios « noirs » ne sont pas non plus synonymes d’une « fin du monde » pour deux principales raisons :

Les périodes de récession ou de dépression sont généralement suivies de périodes de forte croissance économique.

Un tel contexte ne signifie pas que toutes les entreprises et sociétés sont en danger. Même si la plupart connaissent des pertes de chiffre d’affaires, elles peuvent tout à fait continuer à être rentables et donc réaliser des bénéfices. D’ailleurs, l’exemple de la crise/récession de 2008 à la suite de la crise financière des subprimes en est un bon exemple, car une grande partie des sociétés ont réalisé des profits et même versé des dividendes malgré un contexte de crise économique, financière et boursière.

Analyse des précédentes récessions mondiales

Indicateur de la production industrielle mondiale depuis 1919 (les zones grises représentent les périodes de récessions)

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Source : Macrotrends.net

Retour sur la crise économique de 1929

Durant le siècle passé, le monde a connu 17 phases de récessions économiques, la plus longue ayant été celle de 1929 qui a duré environ 3 ans. La valeur du Dow Jones fut divisée par 10 durant cette période dite de « grande dépression » combinée à une grave crise bancaire ayant engendré la faillite de presque 800 banques américaines.

Cette période difficile a été précédée par une phase de très forte croissance lors de la décennie des années 1920. Une croissance peut-être surestimée ?

La crise de 1929 a également engendré une puissante déflation (baisse généralisée des prix) couplée à une explosion du chômage atteignant presque 10 % aux États-Unis en 1930. C’est le « New Deal » de Franklin Roosevelt, signé en 1933, qui a permis de sortir de ce marasme économique.

La crise liée à l’éclatement de la bulle Internet

Douze phases de récessions sont survenues entre 1933 et 2008, notamment celle de 2000, liée à l’éclatement de la bulle Internet spéculative des sociétés Dotcom.

L’essor du web dans les foyers a catalysé des milliers de créations de sociétés du secteur web créant une spéculation boursière devenue aberrante. Durant cette période, un  investisseur moyen, avec un capital modéré, pouvait facilement empocher 1 500 € (10 000 francs) par jour lors du pic de la bulle.

Les valorisations étaient devenues incohérentes avec les réalités économiques de ces sociétés Internet dites Dot-com. Lorsque les marchés financiers s’en sont rendu compte, cela a entraîné une chute majeure du secteur, et seules les sociétés les plus solides ont survécu (c’est notamment le cas d’Amazon).

Entre mars 2000 (pic de la bulle spéculative) et début octobre 2002, le Nasdaq a été divisé par 4.

La crise des subprimes

Huit ans plus tard, en 2008, le monde a connu une nouvelle récession marquée par la crise financière des subprimes. Le feu aux poudres a été déclenché par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, très exposée aux subprimes.

Les subprimes étaient des emprunts hypothécaires risqués aux États-Unis devenus difficilement remboursables par les ménages américains, en raison de la hausse des taux d’intérêt intervenue dès 2005.

En France, ces types d’emprunts sont assimilables aux taux variables mais ils sont très rares car la grande majorité des emprunts immobiliers sont réalisés à taux fixe.

Malheureusement, de nombreux américains se sont vus expropriés de leurs biens immobiliers ensuite vendus « aux enchères ». Lehman Brothers ne fut d’ailleurs pas le seul établissement bancaire à faire faillite. Ceux qui étaient les plus exposés aux subprimes n’y ont pas dérogé.

La FED (Réserve Fédérale Américaine) ainsi que le gouvernement américain n’ont pas décidé de « sauver » Lehman Brothers, et ce fut en quelque sorte « un mal pour un bien » car cela a permis d’assainir le système bancaire américain.

Pour preuve que la faillite de certaines banques peut potentiellement être avantageuse lors des crises, même si douloureuses : douze ans plus tard, les grandes banques américaines présentent de meilleurs ratios de solidité de leurs fonds propres que les grandes banques européennes.

Investir dans l’immobilier en période de crise économique

L’immobilier est le placement préféré des Français et les décennies passées leur donnent raison puisque l’immobilier a conservé et augmenté sa valeur dans le temps.

Évolution annuelle de l’immobilier à Paris et en France depuis les années 1900

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Les courbes d’évolution des prix de l’immobilier à Paris (courbe rouge) et en France (courbe bleue) présentent une forte croissance sur le très long terme.

L’immobilier permet de « dormir tranquille » car il est soumis à moins de volatilité que certains actifs, comme les actions par exemple.

Remarque : l’investissement sur les grands indices boursiers présente, en moyenne, sur les dernières décennies, un meilleur retour sur investissement par rapport à l’immobilier. Mais celui-ci présente une volatilité plus élevée.

L’immobilier locatif offre également l’avantage de bénéficier du levier par emprunt bancaire lorsque les taux sont bas, comme actuellement.

L’immobilier permet ainsi aux investisseurs d’acquérir des biens à but locatif par autofinancement. Les loyers perçus couvrent l’emprunt bancaire à 100 %, voire davantage. Il est ainsi possible de faire « boule de neige » et multiplier les acquisitions.

Investir dans l’or en période de récession

L’or est un placement intéressant pour sécuriser son épargne et l’évolution très long terme du cours de l’or parle d’elle-même.

Évolution du prix de l’once d’or depuis 1970

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Source du graphique : macrotrends.net

Entre 1970 et 2020, l’once d’or a connu une forte croissance de sa valeur car elle a été multipliée par 46 sur cette période. Elle est donc passée de 36 $ en 1970 à 1 663 $ l’once actuellement. Néanmoins, sa croissance est plus limitée en base corrigée d’inflation (X 6,65 entre 1970 et 2020).

Contrairement à des investissements en actions de sociétés, l’or n’offre pas de rendement (dividende) mais présente l’avantage de conserver sa valeur sur le très long terme.

Cette situation devrait se poursuivre à l’avenir, notamment du fait de la raréfaction progressive de l’or. En effet, les réserves naturelles restantes à extraire de ce métal précieux sont de l’ordre de 15 à 16 ans d’exploitation au rythme actuel.

En outre, ce type de placement doit être considéré avec une vision long terme, voire très long terme, car l’or peut potentiellement mettre du temps à s’apprécier. La période 1980-2007 le prouve : un investisseur ayant acheté de l’or en 1980 aurait dû patienter 27 ans avant de retrouver sa valeur initiale. Néanmoins, il est peu probable qu’une période aussi longue sans croissance de l’or se reproduise du fait de sa pénurie d’ici 2036.

Investir en Bourse quand la croissance économique ralentit

Les phases de récession économique s’accompagnent quasi systématiquement de phases de crises boursières. Lors de ces situations où les actifs financiers sont souvent « au tapis », il peut être intéressant de s’intéresser aux actions de sociétés de qualité avec, de préférence, une longue histoire.

En effet, une société qui possède plusieurs décennies d’existence, voire centenaires pour certaines, ont indéniablement traversé de nombreuses crises de différentes natures et y ont survécu.

Les chutes de valorisations des actions induites par les phases de récessions peuvent donc devenir des aubaines pour les investisseurs, à condition de privilégier les modèles de qualité, dont voici quelques critères clés :

  • bénéfices réguliers sur le long terme ;
  • endettement financier raisonnable ;
  • rendement du dividende ;
  • croissance des résultats dans le temps ;
  • taille de la capitalisation boursière.

Si la récession est sévère, il est également possible de faire preuve d’une petite marge de tolérance car les résultats financiers peuvent être impactés. S’ils restent modérés et qu’en contrepartie la valorisation boursière est en chute libre du fait d’un krach boursier, il peut alors être intéressant de prendre position « à prix cassé » dans l’optique d’investir en Bourse à long terme.

Privilégiez les sociétés qui ont une longue histoire (et qui ont donc survécu à de nombreuses crises), respectant les critères suscités, de tailles conséquentes, et de préférence des leaders de leurs secteurs.

À la différence des banques ou des compagnies d’assurance disposant principalement d’actifs financiers, par nature, une société commerciale ou industrielle, dispose d’actifs physiques de production tels que des usines, des machines industrielles, des stocks, des centrales, des terrains, etc. Même dans le cadre de crises majeures de nature financière, bancaire, monétaire, sanitaire ou d’autres types, les actifs physiques restent bien réels et les besoins des populations restent également présents (s’alimenter, se loger, se déplacer, etc.).

Il est néanmoins nécessaire de prendre conscience que lors des phases de récession, la volatilité sur les actions peut être majeure. Même une société centenaire et viable économiquement peut voir son cours de Bourse fortement baisser lors des crises/récessions. Il faut donc « avoir les nerfs solides » et considérer le fait que dans toutes les crises de l’Histoire, des phases de reprises/croissance de l’économie et parallèlement de hausse du cours de Bourse des actions, ont suivi.

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