Investissement en temps de crise : ce qu’il faut faire et ne pas faire

Le 18 mars 2020

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Les crises et récessions nous en font voir de toutes les couleurs. À l’heure où les marchés plongent en pleine épidémie de coronavirus, ajoutant à la crise sanitaire une crise financière, Café de la Bourse dresse une liste des principales idées reçues sur l’investissement en période de crise économique, pour mieux rétablir la vérité et vous livrer les bonnes pratiques à mettre en œuvre.

Bulle Internet, crise des subprimes, épidémie de covid-19, les crises ont toutes un point commun, à savoir une capacité étonnante à redéfinir les vieilles règles et changer les vieilles habitudes.

Voici donc 5 fausses bonnes idées sur l’investissement en temps de crise à connaitre.

Investir dans les actions les plus sûres pour gagner de l’argent

Ce poncif de l’investissement est seulement vrai avant l’apparition d’une crise.

En effet, les valeurs refuges sont plus sûres et subiront généralement une baisse moins prononcée que les valeurs cycliques, telles que les bancaires, les matières premières et l’automobile. Mais une fois que la crise s’est installée, les valeurs défensives sont susceptibles de sous-performer car, dès que le marché se rétablit, ce seront les cycliques qui auront la croissance la plus forte.

Ainsi, pendant que vous conserviez l’action d’une entreprise de grande distribution qui s’est appréciée de 10 % malgré la crise, les actions des bancaires massacrées par le marché, pourraient prendre 50 % lors du rebond !

Surtout, toutes les valeurs refuges ne résisteront pas nécessairement. Il conviendra donc d’investir (pour les moins averses au risque) ou de conserver ses titres (pour les autres) dans des sociétés leaders, existant depuis plusieurs dizaines d’années (voire centenaires), présentant des fondamentaux solides et notamment un bilan et un endettement sains, et ayant des capacités à créer de la valeur ajoutée sur le moyen / long terme.

La crise et le krach boursier sont passés quand la Bourse remonte

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La Bourse essaie toujours d’anticiper la fin d’une crise, bien avant que les données économiques, comme le PIB, ne l’ait confirmée. Parfois, le marché a raison et parfois non. Dans ce dernier cas, il y aurait alors reprise du marché pour seulement mieux rechuter si la crise s’avérait plus tenace et longue que prévu.

Ce phénomène fréquent correspond en termes d’analyse graphique au « rebond du chat mort » ou « Dead Cat Bounce » qui indique la reprise haussière, mais de courte durée, des marchés financiers dans une tendance baissière ou dans une correction plus importante.

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Le découplage permet des investissements plus sûrs

Le découplage implique que les économies avec une forte croissance comme celles d’Asie ou d’Amérique du Sud, se sont développées au point de pouvoir continuer à prospérer même si les pays développés connaissent une crise économique, ce qui est totalement faux, comme nous avons pu le constater durant la crise des subprimes, puisque les marchés mondiaux ont tous été touchés par la récession.

Les pays émergents ont effectivement été capables d’enregistrer une légère croissance en 2008-2009, alors que les États-Unis et l’Europe ont été touchés plus durement. Mais ces pays émergents ont besoin de s’entourer de partenaires forts pour, par exemple, exporter leurs marchandises vers les économies occidentales.

Quant à la crise sanitaire actuelle liée à l’épidémie de covid-19 qui a débuté en Chine avant d’essaimer sur tout le globe, elle a évidemment conduit à une crise financière mondiale et toutes les places boursières du globe enregistrent des chutes spectaculaires.

Consulter également notre dossier Coronavirus : comment protéger ses placements

L’immobilier est une valeur sûre en temps de crise liée au coronavirus

Est-il vraiment nécessaire de préciser combien cette idée s’est avérée inexacte lors de la crise de 2008 ? La déflation est symptomatique d’un malaise économique, ce qui signifie que les prix des biens chutent car l’offre est supérieure à la demande, qui ne peut pas soutenir les prix actuels. L’immobilier ne fait pas exception : il s’agit d’un actif comme un autre, et son prix fluctue au gré des cycles économiques.

Rappelons aussi que l’immobilier était à l’origine de la crise de 2008. Après des années de construction effrénée, les stocks avaient augmenté rapidement, entraînant une baisse des prix de plus de 30 %. La crise actuelle, d’origine sanitaire, pourrait avoir un impact moindre sur les prix de l’immobilier, mais ce n’est absolument pas certain !

Les actions à fort rendement ne sont pas impactées pendant la crise

Une société qui verse un gros dividende, ne peut se le permettre que lorsqu’elle a enregistré suffisamment de bénéfices pour pouvoir en distribuer une partie. Lors de périodes économiques favorables, l’entreprise peut avoir à ne débourser que 20 à 30 % de ses revenus nets pour les dividendes (c’est un bon moyen de se protéger). Mais en période de crise, les revenus nets d’une entreprise peuvent baisser de 50 %, remettant en question le versement des dividendes.

En période de  crise, le cours des actions à rendement peut alors rencontrer deux sources de pression à la baisse : la première est la prévision d’une baisse des bénéfices, la seconde est la peur des investisseurs face à la possibilité que le dividende soit réduit voire éliminé.

Nos conseils aux investisseurs pour investir en période de crise

Investir en pleine crise est une véritable leçon d’humilité. Nombre de gérants respectables ont considéré l’année 2008 comme la pire de leur carrière, prouvant que mêmes les experts peuvent être pris au dépourvu. Il en sera probablement de même pour l’année 2020, plus inhabituelle et déstabilisante encore, puisque la crise financière a été provoquée par une crise sanitaire, situation inédite pour nos économies modernes.

Les incertitudes sur la sortie de crise sont donc nombreuses. L’expansion reprendra-t-elle dès l’épidémie endiguée ? Ou bien la récession sera-t-elle durable et bien réelle ? En effet, l’économie déjà fragilisée par la crise de la dette pourrait ne pas se remettre de cette période de confinement qui se traduist par un fort ralentissement de l’activité économique pouvant conduire à la faillite des entreprises les plus fragiles (et notamment des PME).

Le meilleur conseil à suivre pour investir en période de crise est de prendre le temps de revoir ses objectifs long terme et réajustez son allocation d’actifs. Soyez également prêts à accepter des rendements inexistants ou faibles pendant un ou deux ans si vous possédez déjà un pécule ou si vous approchez de vos objectifs d’investissement long terme.

En ce qui concerne les jeunes investisseurs, continuez à acheter des actions en privilégiant les entreprises solides injustement massacrées, et considérez-vous heureux de pouvoir acheter des actifs à bas prix. Le marché récompensera tôt ou tard votre patience et votre assiduité.

N’oubliez pas que le CAC 40 dividendes réinvestis a progressé de 8,5 % en moyenne par an depuis sa création en 1986. Voilà qui devrait vous convaincre qu’une crise est avant tout une période pleine d’opportunités à saisir. Les actions montent à long terme, rendant le marché boursier le moyen le plus efficace de faire croître son épargne à long terme, à condition toutefois de respecter les règles élémentaires de diversification, d’établir une bonne stratégie et d’investir régulièrement avec le bon couple rendement/risque.

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