7 incroyables délits d’initié

Le 16 août 2017

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On parle de délit d’initié (insider trading, en Anglais) lorsqu’une personne achète ou vend des titres financiers en se basant sur des informations dont ne disposent pas les autres. Et les délinquants en col blanc ne manquent pas d’inventivité. Voici sept incroyables délits d’initiés qui ont marqué le monde de la finance.

Microsoft : mieux vaut rester en bon terme avec son ex-femme

En 2001, David Zilkha travaille chez Microsoft mais est sur le point de quitter l’entreprise pour le hedge fund Pequot Capital. Deux semaines avant la fin de son contrat chez Microsoft, Arthur Samberg, le président du Pequot Capital lui envoie un mail s’inquiétant des résultats de Microsoft dont le fonds détient des actions.

Après avoir interrogé par mail ses collègues, David Zilka rassure son futur patron : les chiffres bientôt publiés par le géant de l’informatique seront loin d’être décevants. Celui-ci achète alors des actions Microsoft dont le cours augmente d’un euro le lendemain, lorsque les chiffres de la société sont publiés. Plus-value réalisée grâce à l’information : 14,8 millions de dollars.

La Securities and Exchange Comission (SEC) se doute de quelque chose mais n’a pas suffisamment de preuves pour condamner David Zilkha. Mais voici qu’en 2009, l’ancienne femme de David Zilka retrouve des mails compromettants et les livrent à la SEC. Elle empoche 10% de l’amende, soit un million de dollars.

Tobby Sammel : la magie Disney

Toby Scammell et sa petite amie s’étaient rencontrés chez Bain & Company, un cabinet de conseil en stratégie. Habitués à se parler de tout, lorsqu’en 2009, Toby part en Afrique ils continuent à échanger par mail. Celui-ci a alors 24 ans. La jeune femme travaille chez Disney et l’informe qu’elle va avoir l’occasion de travailler sur un « super projet ». Quelques semaines plus tard, Tobby emménage chez sa petite amie. Il apprend alors que le super projet en question est l’acquisition d’une société par Disney.

Tobby ne sait pas encore de quelle société il s’agit. Mais, celui-ci connaît le code du Blackberry de sa compagne et finit par comprendre que c’est Marvel qui va être racheté. La date de l’acquisition, quant à elle, doit permettre à sa petite amie d’assister au mariage de leurs amis.

Ni une, ni deux, et sans en parler à sa petite amie, il achète pour 5 500$ de calls Marvel et les revend ensuite pour 192 000$ ! À certains moments, les achats de Toby Scammel représentaient 90% du volume du marché. C’est sans doute ce qui a mis la puce à l’oreille de la SEC.

Le jeune homme prétend ne pas avoir eu connaissance du nom de la société rachetée sans pour autant convaincre la SEC. Il partage ensuite sur son blog l’opinion peu flatteuse qu’il a des agents de la SEC qu’il décrit comme des « avocats empotés qui ne comprennent rien aux marchés qu’ils sont censés réguler ». Pas sûr que cela l’ait aidé pour son procès ! Il a écopé en 2011 de 800 000 dollars d’amende au civil et a été condamné en 2014 à 3 mois de prison suivis de 6 mois d’assignation à résidence avec bracelet électronique.

Timothy McGee : délit d’initiés aux Alcooliques Anonymes

Aux États-Unis, Timothy McGee, un employé de Ameriprise Financial Services, se lie d’amitié avec un cadre supérieure de Philadelphia Consolidated Holding Corp aux réunions des Alcooliques Anonymes. Ces derniers prennent l’habitude de se voir en dehors des réunions et de faire du sport ensemble.

En 2008, Timothy McGee apprend alors que la compagnie de son ami est sur le point de fusionner avec Tokio Marine Holdings. Prévoyant une hausse des actions de la Philadelphia, celui-ci en achète et fait également profiter ses amis et sa famille de l’information.

Le 23 juillet 2008, les actions en question font un bond de 64% et Timothy empoche 292 000$.

La SEC accuse quatre autres personnes d’avoir utilisé ces informations et d’avoir gagné en tout 1,8 millions de dollars. C’est le premier délit d’initié se déroulant aux Alcooliques Anonymes.

Foster Winans : le journaliste proche des brokers

« Les gens investissent sur les marchés précisément parce qu’il pensent savoir des choses que les autres ne connaissent pas » – Foster Winans

À la croisée entre le vol d’informations et le délit d’initié cette vieille affaire remonte à 1987. À cette époque, Foster Winans est journaliste pour le Wall Street journal. Il y publie tous les jours des conseils aux investisseurs et un état des lieux des marchés qui influence souvent ses lecteurs. Mais, avant la publication du journal, Foster prend l’habitude de vendre à des brokers les articles à paraître afin que ceux-ci anticipent le mouvement des marchés.

Il sera finalement condamné à 9 mois de prison, non pas pour délit d’initié mais pour avoir volé son employeur.

Raj Rajaratnam : le miracle du fonds Galleon

Entre le début des années 1990 et 2009, le fonds d’investissement Galleon Group semblait détenir une recette miracle. Raj Rajaratnam, son fondateur, était devenu milliardaire avec une fortune estimée à 1,5 milliard par le magazine Forbes en 2009. Lois Peltz dans son livre sur les meilleurs investisseurs, The New Investment Superstars : 13 Great Investors and Their Strategies for Superior Returns, le citait même en exemple :

« Sans utiliser d’effet levier, il a généré des profits records sans aucunes pertes. […] Il met tout aussi bien l’accent sur le trading que sur les recherches ».

Le secret du fonds reposait en effet sur sa façon extrêmement efficace de rechercher des informations. Plus précisément, Raj Rajaratnam avait mis au point un réseau imparable au cœur de Wall Street pour disposer d’informations confidentielles.

Il a été accusé d’avoir bénéficié d’informations illégales sur pas moins de 35 sociétés cotées comme Google, IBM, Intel, Hilton et Goldman Sachs grâce à de nombreux contacts. Le tribunal l’a condamné en 2011 à une peine exemplaire de 11 ans de prison et 19 de ses courtiers ont plaidé coupable de délits d’initiés.

Véritable scandale à Wall Street l’affaire a mis en évidence le manque de transparence des pratiques financières et la connivence du milieu bancaire américain. En effet, Raj Rajaratnam a entraîné dans sa chute une partie de son carnet d’adresse dont l’ancien vice-président d’IBM, Robert Moffat ou Rajat Gupta, ancien CEO du cabinet de conseil McKinsey et membre des conseils d’administration de Goldman Sachs, Procter & Gamble et Americain Airlines, tous deux condamnés pour délit d’initié. Le CEO de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, avait même dû venir témoigner durant le procès et s’était fait remarqué en allant serrer la main de Rajaratnam à la fin de la séance.

SAC Capital : La plus lucrative affaire de délit d’initié de toute l’histoire

Le trader américain Mathew Martoma fut à la fin des années 2000 au cœur de “la plus lucrative affaire de délit d’initié de toute l’Histoire”, d’après le procureur de Manhattan Preet Bharara. La justice, à travers lui s’attelait à faire tomber son patron le multimilliardaire Steve Cohen, à la tête de SAC Capital qui empocha en 2008 276 millions de dollars (soit 202 millions d’euros) grâce à l’obtention d’informations non publiques sur un médicament. Mathew Martoma, ayant été informé par un médecin qu’un médicament anti-Alzheimer développé par deux sociétés – Elan et Wyeth – n’allait pas recevoir l’aval de la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux), a vendu toutes les parts de ces deux compagnies que possédaient SAC Capital, évitant ainsi une importante perte et réalisant un profit conséquent. Mathew Martoma a été condamné en 2014 à 9 ans de prison.

Le fonds SAC Capital n’est pas sorti indemne de cette enquête. En 2013, il a versé 1,2 milliard de dollars d’amende à la justice américaine, ainsi que 600 millions à la Securities and Exchange Commission. En 2014, SAC Capital a été obligé de plaider coupable pour « délits d’initiés » et a été contraint par les autorités de renoncer à gérer les investissements de clients extérieurs.

Steven Cohen a toutefois réussi à passer à travers les mailles du filet. Selon le « Wall Street Journal », il s’apprêterait à faire son grand retour dans le monde des hedge funds l’an prochain. En effet, à l’issue d’un accord au civil, il avait négocié de pouvoir monter un nouveau fonds dès 2018.

Fei Yan : la requête Internet qui fait tout capoter

Un jeune chercheur américain Fei Yan, marié à une avocate d’affaires, a profité de la situation professionnelle de son épouse pour connaître (à son insu) le déroulement d’opérations de rachat des sociétés américaines : Mattress Firm Holding et Stillwater Mining Company. Disposant d’informations stratégiques sur l’acquisition de ces deux sociétés, il achète des actions et options de ces deux entreprises et fait 120 000 dollars de profit au passage, non sans avoir au préalable formuler une requête sur Internet depuis son propre PC : « Comment la SEC détecte les transactions inhabituelles ? ». Nul doute que les inspecteurs de la SEC qui ont découvert les mouvements financiers suspects grâce à l’analyse de données ont du être stupéfaits et goguenard en découvrant les historiques de recherche du suspect. En juillet 2017, l’enquête est toujours en cours.

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