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Microsoft fait-il une bonne affaire avec Facebook ?

Le 28 octobre 2007

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Il y a quelques semaines, le CEO de Microsoft Steve Ballmer qualifiait de mode éphémère le phénomène des réseaux sociaux en ligne comme Facebook. Il se peut que cela soit le cas en effet, mais dans le même temps, Steve Ballmer était en discussion avec Facebook pour acquérir une part de la société. Le 24 octobre, Microsoft a déboursé 240 millions de dollars pour acquérir 1,6% de Facebook. C’est une toute petite participation, mais elle valorise de facto le réseau social à 15 milliards de dollars, 3 ans seulement après sa création.

Pourquoi une telle acquisition ?

Steve Ballmer l’a redit dernièrement : l’avenir de la compagnie est dans la publicité en ligne.

Pour construire cet avenir stratégique et concurrencer le leader Google (GOOG), Microsoft a développé sa propre plateforme de distribution de publicité en ligne, baptisée “AdCenter “.

Par la suite, Microsoft s’est mis en quête d’acquisitions et d’alliances stratégiques pour rentrer pleinement dans le secteur, mais à  chaque pourparler, Google s’est immiscé dans la négociation et remporté la partie, au nez et à  la barbe de la firme de Redmond. C’est ainsi que Google, et non Microsoft, a remporté une participation dans AOL, filiale internet de Time Warner. Google a aussi remporté le droit de distribuer la publicité sur MySpace, le plus grand réseau social du monde. Il a également racheté YouTube, le site de partage de vidéo en ligne le plus visité du web, et DoubleClick, société internet spécialisée dans la technologie de distribution de publicité sur le web.

Microsoft, voyant la liste de cibles potentielles se réduire de mois en mois, a fini par désespérer. En mai 2007, Microsoft a racheté l’agence de publicité en ligne aQuantive pour 6 milliards de dollars, soit la plus grosse acquisition jamais faite par la firme. Puis Microsoft a posé ses yeux sur Facebook. Des négociations ont démarré, mais Microsoft a du se rendre à  l’évidence : le fondateur de Facebook Mark Zukerberg, 23 ans, veut garder le contrôle.

Et avec Google qui pressait aux portes de la négociation, Microsoft s’est montré plus flexible sur le prix et les conditions de l’acquisition. Toujours bon à  prendre, le deal aurait pour effet immédiat de mettre Facebook hors de portée de son grand rival Google. L’année dernière, Microsoft avait scellé avec Facebook un partenariat exclusif pour distribuer la publicité sur le réseau social, aux Etats-Unis.

En contrepartie, Microsoft garantissait un revenu minimum à  Facebook. Selon les conditions du nouveau partenariat signé cette semaine, Microsoft devient le distributeur exclusif de publicité sur Facebook, non plus seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier également. Cela pourra donner un coup de pouce à  AdCenter pour rivaliser avec Google AdWords.

Microsoft fait-il une bonne affaire avec Facebook ?

Microsoft a-t-il payé trop cher ?

L’acquisition de 1,6% de Facebook pour 240 millions de dollars est difficile à  justifier par des raisons purement financières. Une valorisation de 15 milliards de dollars pour une entreprise qui ne génère pas encore de bénéfices est une folie, et Facebook cherche encore le modèle économique qui le lui permettra.

Microsoft a donc sà»rement payé trop cher. Mais quelle que soit la valorisation de Facebook, le deal a des répercussions plus stratégiques que financières. Pour Microsoft, 240 millions de dollars est le prix à  payer pour se garantir l’exclusivité sur la distribution de publicité sur le site, et le montant en lui-même n’est pas exorbitant pour la firme. Cette faible participation permet à  Microsoft de limiter son engagement avec Facebook. Si ce dernier ne s’avérait qu’un phénomène éphémère, Microsoft aurait réussi à  circonscrire ses pertes.

Les conséquences du deal pour les concurrents de Microsoft

Google, de son côté, ne souffrira pas de cette nouvelle alliance. Son propre réseau social, Orkut, est un succès dans les pays émergents, particulièrement au Brésil. Google prévoit une vaste mise à  niveau d’Orkut afin de rivaliser à  armes égales avec Facebook.

Yahoo!, l’autre concurrent de Microsoft, apparaît comme le principal perdant. Yahoo! a été marginalisé par tous ses concurrents dans la course aux acquisitions. La firme continue à  perdre du terrain au profit de Google sur le marché des moteurs de recherche et de la publicité en ligne et, contrairement à  Microsoft et ses licences logicielles, Yahoo! n’a pas de vache à  lait pour financer des acquisitions. La semaine dernière, la compagnie a fermé son réseau social Yahoo 360°, et il s’est trouvé peu de monde pour le pleurer.

Conclusion

A 15 milliards de dollars, Facebook aura fort à  faire pour justifier sa valorisation. Pour le moment, le site peine à  monétiser son trafic. De plus, l’infidélité des internautes, qui ne sont pas captifs du site, rend Facebook très vulnérable. Néanmoins, les géants du secteur, à  l’image de Microsoft et Google, disposent de réserves de liquidités colossales. Ces entreprises préfèrent payer trop cher une acquisition plutôt que de risquer de rater le coche. Microsoft a surement payé trop cher pour sa maigre participation dans Facebook. Cela lui permet néanmoins de ne pas rater le coche une fois de trop.

Laurent Curau

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