SPAC : comment cela fonctionne ? Faut-il investir ?

Le 16 mars 2021

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Cette semaine, Café de la Bourse décrypte pour vous un sujet actuellement très tendance chez les investisseurs :  les Special Purpose Acquisition Company, plus connus sous l’acronyme SPAC. De quoi s’agit-il ? Comment fonctionnent-ils ? Faut-il investir dans les SPAC et comment procéder ? Enfin, nous vous présenterons les SPAC rejoints par les grands investisseurs français : 2MX organic (Xavier Niel), Freedom acquisition I Corp (Henri Pinault) et enfin le dernier, sans nom encore, rejoint par Bernard Arnault.

Comment fonctionne un SPAC ?

Les Special Purpose Acquisition Company sont des véhicules d’investissement sans actifs ni opérations qui se financent sur le marché boursier, dans le but de fusionner avec une entreprise non cotée dans le futur et donc d’inscrire cette société privée à la cote en Bourse. Il s’agit d’une alternative très populaire aux introductions en bourse ou IPO, offrant la possibilité à une entreprise privée d’accéder aux marchés boursiers à moindre coût, plus rapidement et avec des investisseurs familiers à leur industrie ou leurs enjeux de croissance.

Concrètement, un SPAC se forme avec un groupe de sponsors qui vont créer l’entité juridique et chercher des investisseurs pour lever des fonds dans le cadre d’une introduction en Bourse. Ensuite, les investisseurs se mettent à la recherche de cibles d’acquisition, et s’engagent à acquérir une société dans un délai d’en général deux ans. Les investisseurs ont en outre généralement des mécanismes de protection si la société achetée in-fine n’est pas à leur goût.

Une fois la cible identifiée, son entrée en bourse se fait par une opération de fusion-acquisition classique, accélérant et simplifiant le processus par rapport à une introduction en bourse : les négociations se font avec un seul investisseur (le SPAC) et l’entreprise n’a pas à se préoccuper de l’état de santé du marché boursier et de la volatilité.

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Faut-il investir dans les SPAC ?

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Investir dans un SPAC donne une opportunité d’investissement passif de qualité : les investisseurs confient leur capital à des experts d’un secteur qui analysent les opportunités pour eux. Les SPAC permettent en outre de se positionner sur des opportunités d’investissement avant les autres investisseurs sur le marché public, puisque l’investisseur est déjà au capital de la société enveloppe et sera donc le premier à entrer au capital de la société cible.

Cependant, les SPAC comprennent aussi leur lot de risques. Un premier risque vient de l’échec de la SPAC à trouver une entreprise cible. En effet, selon Renaissance Capital, seulement 37 % des SPAC créés depuis 2015 ont vraiment procédé à un rachat. En outre, la société acquise peut ne pas plaire à l’investisseur. Dans ce cas, certes l’entreprise rachète leurs actions, mais les fonds ont été mobilisés à mauvais escient, passant potentiellement à côté d’une autre opportunité d’investissement.

Un autre risque vient du fait que l’investisseur fait en quelque sorte un chèque en blanc à un groupe d’individus qu’il juge experts. Il faut donc s’assurer que les Sponsors du SPAC sont crédibles et qu’ils réaliseront une opération source de création de valeur, et non pas n’importe quelle transaction dans le but de toucher leur commission.

Quelle est la performance des SPAC sur les marchés boursiers ?




Les SPAC ont connu une hausse notable de leur popularité en 2020, année durant laquelle les SPACS ont levé plus de sous que lors de la dernière décennie (83 milliards de dollars levés en 2020 selon HBR, et 26 milliards de dollars en janvier 2021 d’après le NY Times). Pourtant, ces véhicules d’investissement sont historiquement peu rentables. Selon Renaissance Capital, les SPACS entrés en bourse depuis 2015 accusent une perte moyenne de -18,8 % et un rendement médian de -36,1 %. Piètre performance si on les compare aux introductions en bourse depuis 2015 qui affichent un rendement moyen de 37,2 %. Mais pourquoi alors cet engouement pour les SPACs sur les marchés ?

D’une part, c’est devenu une arme publicitaire. Des célébrités comme Shaquille O’Neal ou Alex Rodriguez sponsorisent leur SPAC. Le rappeur Cassius Cuvée en fait même un tube de rap. D’autre part, les investissements exotiques sont très – peut-être trop – populaires. Les différents plans de relance et stimuli apportent des liquidités débordantes dans l’économie et la démocratisation de l’investissement chez les particuliers est propulsée par la cupidité et l’ennui. On investit dans un SPAC comme on investit dans une crypto monnaie, sans en comprendre la valeur. Les SPACs se multiplient donc, à tel point qu’il en devient difficile de trouver des entreprises intéressantes à acquérir. Le danger : acheter pour acheter.

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Comment investir dans un SPAC ?

Pour investir dans un SPAC, le procédé est le même que pour investir dans une société cotée en bourse. Vous devez posséder un compte titres chez un courtier en bourse ou une banque et passer un ordre d’achat sur le SPAC en question, identifié par un ticker. Si vous souhaitez participer à l’entrée en bourse du SPAC, vous pouvez le communiquer à votre courtier Bourse afin qu’il vous place dans le carnet d’ordre initial. Certains SPAC peuvent aussi être éligibles au PEA ou PEA PME.

3 SPAC Français à découvrir : 2MX organic (Xavier Niel), Freedom acquisition I Corp (Henri Pinault) et la SPAC de Bernard Arnault



2MX Organic de Xavier Niel : le SPAC pour investir dans les biens de consommation durable

2mX Organic est un SPAC fondée par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari, visant à réaliser des acquisitions dans la production et la distribution de biens de consommation durables. La société est entrée en bourse en décembre 2020. Il s’agit du deuxième SPAC français introduit à Paris, le premier – Mediawan – ayant été créé en 2016 par Xavier Niel et Matthieu Pigasse. La société vise une première acquisition de l’ordre de 1,5 à 2 milliards d’euros dans les deux années qui viennent. La capitalisation boursière du SPAC s’élève au 12 mars 2021 à 315 millions d’euros.

Freedom Acquisition I Corp d’Henri Pinault : le SPAC pour investir dans les services financiers

Freedom acquisition I corp est un SPAC coté à la bourse de New York, à la recherche d’une cible dans les services financiers. Le SPAC a commencé à se négocier en bourse fin février en levant près de 350 millions de dollars. Le milliardaire français François Pinault, fondateur du groupe de luxe Kering serait entré dans le SPAC selon le journal Les Echos, aux côtés de l’ancien président du groupe Credit Suisse Tidjane Thiam. La capitalisation boursière du SPAC s’élève au 12 mars 2021 à 302 millions de dollars.

Bernard Arnault aussi investit dans un SPAC destiné aux services financiers

Tikehau Capital et la Financière Agache, la holding contrôlée par le Groupe Arnault, la société d’investissement de Bernard Arnault, le célèbre président de LVMH, s’associent dans la création d’un SPAC axé sur le secteur des services financiers en Europe. Ce SPAC qui ne porte pas encore de nom sera dirigé par Jean-Pierre Mustier, ancien PDG d’UniCredit, et par l’ancien banquier de BofA, Diego De Giorgi. Les cibles d’acquisition seront recherchées dans les secteurs financiers qui subissent une forte transformation : les plateformes de gestion d’actifs, les fintechs ou encore l’assurance.

Soyez vigilants et faites bien vos devoirs avant d’investir dans un SPAC

Dans un SPAC, la thèse d’investissement et la crédibilité des Sponsors est le seul actif sur lequel on peut s’appuyer. Un SPAC est un pari boursier qui peut plus ou moins bien tourner, et en moyenne, les performances historiques sont plutôt mauvaises. Soyez donc prudents !

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Source des images : Freepik

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Louis Yang

Co-fondateur - Café de la Bourse - Site internet - Twitter

Diplômé de l’ICN et de l’ESCP. Louis Yang a travaillé à la Mission Economique, au sein du groupe Lafarge et a été conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Il a également été rédacteur et éditeur financiers pour Aol Finance et Yahoo Finance.

Il est auteur pour la librairie du Commerce International, chroniqueur Bourse sur BFM et co-fondateur de Cafedelabourse.com.

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