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Quels secteurs en Bourse privilégier après la baisse des taux ?

Quels secteurs en Bourse privilégier après la baisse des taux ?

Les hausses comme les baisses des taux directeurs des banques centrales impactent fortement l’évolution des actions en Bourse. Une baisse des taux pourrait être favorable pour l’ensemble des marchés boursiers, mais des secteurs précis pourraient davantage en profiter.

Alors que la BCE (Banque centrale européenne) a baissé ses taux d’intérêt directeurs le 6 juin 2024, une première depuis 2019 et très probablement la première baisse d’une longue série, nous nous interrogerons sur les conséquences de cet assouplissement monétaire sur les marchés boursiers européens seulement puisque, aux États-Unis, la Fed n’a pas encore commencé sa baisse des taux directeurs.

Découvrons dans cet article les secteurs à privilégier pour investir en Bourse au second semestre 2024 dans un contexte de baisse des taux d’intérêts.

L’immobilier, la construction et le bâtiment

Les secteurs de l’immobilier (notamment l’immobilier neuf), de la construction et du bâtiment ont été fortement impactés depuis 2022 par la hausse des taux d’intérêts directeurs. En effet, une hausse des taux d’intérêts directeurs exerce une influence directe sur le coût d’emprunt des crédits immobiliers, lequel est le principal moyen de financement pour acheter un logement neuf ou pour financer la construction d’un bâtiment par des promoteurs immobiliers. Plus le taux d’intérêt est élevé, plus le crédit immobilier est cher et difficile d’accès, ce qui pénalise le secteur dans son ensemble.

En 2022 et 2023, les banques centrales ont augmenté leurs taux d’intérêts directeurs avec l’objectif de maîtriser et réduire l’inflation. Réduisant l’accessibilité au crédit immobilier et abaissant la rentabilité des investissements immobiliers, la hausse des taux a eu un impact négatif sur le secteur du bâtiment.

Par exemple, entre janvier et août 2023, selon le site Meilleurtaux, les taux immobiliers à 20 ans sont passés de 2,60 % à 3,80 % en moyenne, et les taux se situent encore en juin 2024 proche des 3,70 % à 3,80 %. De plus, bien qu’en France les crédits immobiliers pour les particuliers soient généralement à taux fixe, ce n’est pas le cas dans les autres pays du monde, ni pour les professionnels comme les promoteurs. La hausse des taux a donc considérablement augmenté le risque de défaut de paiement des crédits immobiliers, ce qui entraîne des saisies et des ventes aux enchères de biens immobiliers, et donc une baisse des prix globale.

En juin 2024, la BCE a décidé d’assouplir sa politique monétaire en raison de la baisse de l’inflation observée depuis plusieurs mois déjà qui a porté l’inflation à un niveau très proche de l’objectif de la banque centrale (inflation à 2,6 % en mai 2024), et pour faire face au ralentissement économique qui présente un risque de récession.

La BCE a opté pour une baisse de ses taux directeurs de 0,25 points de pourcentage le 6 juin 2024. Ainsi, le taux de dépôt passe à 3,75 % tandis que le taux de refinancement et le taux de facilité de prêt marginal s’établissent respectivement à 4,25 % et 4,5 %. Cette baisse des taux n’est qu’une première étape avant d’autres baisses de taux de la BCE d’ici la fin de l’année 2024.

Ces baisses des taux d’intérêts devraient donc être salutaires pour le secteur de l’immobilier neuf, de la construction et du bâtiment, car elles devraient stimuler la demande des acheteurs potentiels, qui auraient plus de facilité à emprunter et plus de pouvoir d’achat immobilier. De plus, elles devraient réduire le risque de défaillance des emprunteurs, qui auraient moins de charges à payer.

Si les baisses des taux devaient se poursuivre tout au long du second semestre 2024, il pourrait être intéressant d’investir dans des actions comme par exemple Vinci, Bouygues, Eiffage ou Saint Gobain, ainsi que dans des ETF sur le thème de l’immobilier ou du bâtiment comme par exemple le iShares STOXX Europe 600 Construction & Materials UCITS ETF (ISIN : DE000A0H08F7).

Performance 12 mois de l’ETF iShares STOXX Europe 600 Construction & Materials

Performance 12 mois ETF iShares STOXX Europe 600 Construction & Materials juin 2024

Source : JustETF

Les télécommunications

Bien que le secteur des télécoms se soit bien repris en 2023 avec des performances effaçant totalement les pertes de 2022, la baisse des taux en 2024 pourrait encore davantage booster ce secteur.

Le secteur des télécommunications est un domaine très concurrentiel dans lequel l’innovation doit être permanente au risque de perdre des parts de marché. L’innovation et la recherche demandent aux entreprises dans les télécoms d’importantes dépenses qui sont généralement financées par des emprunts obligataires. La hausse des taux engendre donc un coût d’emprunt plus élevé qui pénalise grandement la rentabilité des entreprises du secteur.

La baisse des taux d’intérêts directeurs par la BCE devrait être bénéfique pour le secteur des télécommunications, car elle devrait stimuler les investissements et le financement des entreprises du secteur, lesquels sont absolument nécessaires pour répondre à la demande croissante des consommateurs et des entreprises, notamment en matière de 5G (voire même de 6G), d’internet par satellite, d’intelligence artificielle ou de cybersécurité.

Pour se positionner sur le secteur des télécommunications, il est possible de choisir des actions comme par exemple Orange, T-Mobile, AT&T ou encore choisir un ETF thématique correspondant à ce secteur comme le Amundi STOXX Europe 600 Telecommunication (ISIN : LU1834988609).

Performance 12 mois de l’ETF Amundi STOXX Europe 600 Telecommunication

Performance 12 mois ETF Amundi STOXX Europe 600 Telecommunication juin 2024

Source : JustETF

La santé

Les performances boursières des actions du secteur de la santé ont été décevantes en 2023, à l’image de l’action Sanofi qui a enregistré une perte de -20 % en octobre 2023.

Le secteur de la santé a été pénalisé en 2023 par la hausse des taux d’intérêt pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la hausse des taux d’intérêt a augmenté le coût de la dette pour les établissements de santé publics et privés, qui ont dû faire face à des charges financières plus élevées, ce qui a donc affecté la rentabilité des entreprises du secteur de la santé, qui ont également subi une concurrence accrue et une pression sur les prix. Et la hausse des taux d’intérêt et l’inflation encore présente a aussi réduit la demande de soins et de biens médicaux de la part des ménages, qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer.

La baisse des taux d’intérêt, commencée en juin 2024, devrait avoir un effet bénéfique pour le secteur de la santé et surtout pour les biotechs, qui comme les autres secteurs de croissance, sont très sensibles au coût de la dette. Dans un contexte de baisse des taux, il serait donc possible d’anticiper un retour des valeurs du secteur de la santé et des biotechs en 2024, car une baisse des taux d’intérêt devrait réduire le coût d’emprunt pour les établissements de santé, ce qui leur permettrait de réaliser des investissements dans l’innovation et de renforcer leur résilience.

Un investisseur souhaitant profiter d’un retour du secteur de la santé aura le choix entre des actions comme par exemple Sanofi, Moderna, Pfizer, Johnson & Johnson, Roche, Novartis, Bayer et bien d’autres. Le choix étant vraiment large, s’orienter vers un ETF comme Amundi STOXX Europe 600 Healthcare UCITS ETF (ISIN : LU1834986900) pourrait aussi être un choix pertinent. Les investisseurs souhaitant orienter leur décision d’investissement sur les biotechs en priorité pourront choisir par exemple l’ETF WisdomTree BioRevolution UCITS (ISIN : IE000O8KMPM1).

Performance 12 mois de l’ETF WisdomTree BioRevolution

Performance 12 mois ETF WisdomTree BioRevolution juin 2024

Source : TradingView

Baisse des taux de la BCE : et après ?

Le 6 juin 2024, la BCE a opéré un changement significatif en réduisant ses taux directeurs, un assouplissement qui marque le début d’une série de baisses anticipées par les marchés dans les mois à venir. Après une période de taux élevés visant à contrôler une inflation galopante, la BCE a amorcé un virage stratégique car les données économiques récentes suggèrent un ralentissement de l’inflation, offrant ainsi à l’institution monétaire l’opportunité d’assouplir sa politique. Cette baisse des taux directeurs vise à réduire le coût du crédit, à encourager l’investissement et la consommation, et in fine, à soutenir l’activité économique dans la zone euro.

Cette décision, largement attendue par les marchés et les analystes, s’inscrit dans un contexte économique où la maîtrise de l’inflation et la stimulation de la croissance restent des priorités absolues.

Cette première baisse des taux n’est que le début d’une série de réductions qui pourraient se profiler à l’horizon, à condition que l’inflation ne reparte pas à la hausse. En effet, la BCE reste vigilante et pourrait réviser sa politique si l’inflation devait connaître un regain inattendu. Les taux directeurs sont un outil clé dans la régulation de l’inflation : une baisse stimule l’emprunt et la demande, mais peut aussi, si elle est trop prononcée, entraîner une augmentation des prix.

Au-delà des secteurs que nous vous avons présenté dans cet article, il est aussi possible qu’une baisse des taux impacte positivement le secteur de la Tech, des énergies renouvelables, l’industrie et le secteur financier par exemple.

Source des images : Freepik

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