Votre prochain conseiller financier sera-t-il un robo-advisor ?

Le 07 juin 2017

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Les robo-advisors sont les symboles de la longue et lente marche de la gestion privée vers l’ère digitale. Cette avancée technique constitue-t-elle un progrès global pour l’investisseur ou doit-on craindre une déshumanisation de la gestion de patrimoine ? Café de la Bourse vous présente les caractéristiques et le rôle de ces « robots », vous conseille en identifiant les forces et faiblesses de cette nouvelle tendance dans une vidéo pédagogique et établit un comparatif des acteurs français.

Profondément disruptif, le robo-advisor vient bousculer les acteurs traditionnels et les pousse à évoluer. Pour preuve, la plupart des banques traditionnelles intègrent ou ont intégré cette nouvelle forme de gestion : soit en achetant des acteurs existants (comme Blackrock qui a racheté FutureAdvisor aux États-Unis), soit en établissant des partenariats, soit en développant en interne ce type de services.

À l’heure actuelle, moins d’une dizaine de roboadvisors existent en France. Le marché nord-américain, est lui beaucoup plus mature. En effet, la gestion « robotisée » représenterait déjà là-bas plus de 150 milliards de dollars d’encours.

Robo-advisor : les caractéristiques d’une innovation financière

Des outils automatisés pour fournir des conseils d’investissement

Le robo-advisor, ou « robot-conseiller » en français, est un type de conseiller en gestion de patrimoine automatisé qui assure la gestion de portefeuilles en ligne avec une faible intervention humaine. Basé sur des algorithmes et sur l’étude de big data, le robot prodigue globalement des conseils sur les achats et ventes à réaliser, laissant au client le choix d’acter ces opérations ou non. Ces outils automatisés fournissent donc des conseils ou des recommandations aux investisseurs particuliers.

D’ordinaire, le conseil résulte d’une analyse des faits et des circonstances individuelles du client. Avec les robots, le conseil résulte d’une approche algorithmique des besoins. En découle une recommandation de solutions à mettre en oeuvre.

La cible des robo-advisors : l’investisseur particulier

Pas sûr que cette technologie séduise les investisseurs disposant déjà de « CGP humains » bien que les conseillers en gestion de patrimoine allemands craignent de perdre des parts de marché face aux robo-advisors selon l’enquête Verdict Financial’s 2015 Global Wealth Managers Survey. Mais même si les robo-advisors ne conquièrent pas cette clientèle, ils n’en sont pas moins une composante du secteur de la gestion de patrimoine. Cela semble une évolution presque naturelle au regard de l’utilisation croissante des technologies dans l’industrie des services financiers.

Les robo-advisors s’adressent donc à tous types d’investisseurs, y compris, et surtout, aux investisseurs les plus modestes. En effet, l’arrivée sur le marché de la technologie de robo-advisor permet d’abaisser le coût de la gestion de patrimoine et donc de démocratiser cette pratique auprès d’un public disposant de moins d’épargne. Les institutionnels et les investisseurs particuliers les plus fortunés auront toujours recours aux conseils « humains ».

Robo-advisor : conseils et risques

Découvrez en vidéo les avantages et contraintes des roboadvisors.

Des avantages en matière de coût et de cohérence

Les principaux avantages des robo-advisors sont un coût réduit, une plus grande cohérence en termes de conseils, le robot se cantonnant à l’aspect stratégique du portefeuille et non à l’aspect humain (tant pis si votre père et votre grand-père avant lui ont toujours été actionnaire de l’entreprise X et qu’elle n’est pas pertinente vis-à-vis de votre stratégie). En outre, il s’adresse à un plus grand nombre d’épargnants. Ces points forts en font un acteur désormais incontournable dans le secteur de la gestion de patrimoine. 70% des membres du CFA Institute considèrent que les robo-advisors ont un impact positif pour les investisseurs puisque, selon eux, ils proposent plus de produits, moins chers et offrent un meilleur service.

Soulignons aussi que ces roboadvisors se caractérisent par un service plus simple et plus intelligible, plus accessible (24 heures sur 24, 7 jours sur 7 depuis le web), autant d’avantages qui séduisent les épargnants, et notamment les plus modestes et les plus jeunes, cœur de cible de ces nouveaux modes de gestion automatisée. Les jeunes actifs sont très intéressés par certains types de services que proposent les roboadvisors. C’est du moins ce qui ressort de l’étude IFOP Café de la Bourse sur l’épargne des jeunes et leur intérêt pour les placements innovants. 49% des jeunes actifs en capacité d’épargner se disent susceptibles d’investir dans une assurance-vie nouvelle génération, assurance-vie pouvant être souscrite en ligne, accessible avec de petits montants, avec des frais faibles et proposant une diversité de supports d’investissement dont la gestion peut aussi être confiée à un professionnel comme le proposent les roboadvisors.

En effet, roboadvisors et assurance-vie nouvelle génération sont étroitement liés. Si au début, les roboadvisors proposaient à leurs clients des contrats d’assurance-vie nouvelle génération, l’inverse tant aujourd’hui à se développer et ce sont désormais des assureurs traditionnels qui proposent des contrats d’assurance-vie nouvelle génération avec une option de gestion assurée par un robot. Ce dernier est souvent proposé en marque blanche par une Fintech.

De plus, loin de faire du tort aux Conseillers en Gestion de Patrimoine (CGP), les roboadvisors pourraient leur permettre de toucher cette cible particulière. En effet, les robo-advisors souvent perçus comme des concurrents des CGP pourraient en réalité être un outil pour ces CGP afin qu’ils puissent accompagner ces clients plus « modestes » en automatisant des services comme l’allocation d’actifs grâce aux outils que proposent les robo advisors.

De plus, Franck Guiader, directeur de la division régulation de la gestion d’actifs de l’AMF a souligné lors de la conférence « FinTech 2016 : l’ère des Robo-Advisors », organisée par le CFA Institute, que le développement des robo-advisors pourrait permettre d’améliorer l’éducation financière de la population.

Les risques et contraintes liés aux robo-advisors

L’impossibilité de parler à un conseiller reste un frein immense à la généralisation de cette technologie. En outre, les marchés financiers sont souvent le théâtre de fluctuations liées à des comportements humains et émotionnels, notamment dans les marchés baissiers. Comment des robots réagiront-ils à ce type d’évènements soudains et irrationnels ?

Les robo-advisors profitent aujourd’hui des tarifs élevés des services des établissements bancaires. Les clients mécontents se tournent volontiers vers cette alternative peu onéreuse. Mais peut-on parler d’un réel enthousiasme ? Il est encore trop tôt pour savoir si les « plates-formes robots » pourront améliorer la situation financière de leurs clients et modifier leurs habitudes.

Les professionnels de la finance sont partagés sur les risques et avantages liés aux robo-advisors. Certains pensent que le risque de fraude, de commercialisation de mauvais produits augmentera. D’autres, au contraire, considèrent qu’il diminuera.

Combiner humain et robotique : le réel progrès ?

Le véritable progrès devrait naître de la synthèse entre humain et robot qui pourraient combiner intuition et solutions techniques performantes. Dans cette optique, les « robo-advisors » représenteraient moins un danger pour le conseiller traditionnel qu’une opportunité de développement, permettant de proposer des offres de services de plus en plus sophistiquées. Les robo-advisors présentent en effet pour les conseillers en gestion de patrimoine une occasion d’améliorer l’efficacité de leurs recommandations, en automatisant une partie de leurs prestations, pour mieux se concentrer sur l’essentiel finalement : la relation client.

Il y a un certain intérêt à faire travailler de concert humain et robot. Le conseiller possède une compréhension cognitive de la complexité de l’investissement tandis que le robot sera plus efficace dans la construction d’un portefeuille stratégique. Cette complémentarité semble donc être l’avenir de la gestion de patrimoine.

Le point de vue du régulateur

Lors de la Conférence FinTech 2016 : l’ère des Robo-Advisors, organisée par le CFA Institute en avril 2016 à Paris, Franck Guiader, directeur de la division régulation de la gestion d’actifs de l’AMF s’est exprimé sur le sujet des robo-advisors en ces termes :

« Le régulateur ne peut qu’accueillir favorablement l’innovation. C’est quelque chose de positif. » Il a insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas d’opposition des modèles » (acteurs traditionnels versus robo-advisors). En effet, selon lui, « les modèles se complètent et ont besoin l’un de l’autre. » L’AMF accompagne les nouveaux acteurs avant même la mise sur le marché, en testant le projet avec eux, étape d’autant plus nécessaire que les nouveaux acteurs connaissent généralement moins bien le cadre réglementaire que les acteurs traditionnels. « L’un des rôles de l’AMF est de les éduquer sur la réglementation » souligne Franck Guiader. Et les robo-advisors ont besoin de la réglementation, en premier lieu pour rassurer les investisseurs puisque, en effet, la réglementation a comme principal objectif de les protéger. Ensuite, l’AMF avant de donner un agrément regarde la nature du service rendu par le robo-advisor afin de définir l’environnement réglementaire à laquelle la société appartient puis se penche sur l’algorithme du robot et la politique de protection des données de la société.

L’AMF mettra bientôt en place de nouvelles règles à respecter en matière de simulation de performances futures, des règles qui concernent en premier lieu les Fintechs et les roboadvisors. Pointant du doigt « certains outils de simulation de performances futures [qui] présentent des caractéristiques peu réalistes, susceptibles de conduire à la diffusion d’informations potentiellement trompeuses et trop optimistes », elle préconise « l’insertion d’un message standardisé, permettant d’alerter les investisseurs sur le fait que les simulations ne sont pas des promesses de rendement mais des outils pédagogiques » que l’épargnant devrait valider avant d’accéder aux simulations.

Comparatif robo-advisors en France

Les robo-advisors présents sur le marché français ne proposent pas tous le même mode de gestion. En effet, deux modes de gestion différents existent : la gestion sous mandat et la gestion conseillée.

On parle de gestion sous mandat lorsque la société fait signer à son client un mandat de gestion. Vous lui permettez de gérer votre épargne à sa guise. Le robo-advisor a en quelque sorte carte blanche. Seul Yomoni propose ce type de gestion et est donc le seul robo-advisor à posséder le statut de société de gestion.

On parle de gestion conseillée lorsque le robo-advisor émet des recommandations et que le client est libre de les accepter ou non. L’épargnant garde la main in fine sur son épargne. C’est le cas de la très grande majorité des robo-advisors qui, de ce fait, possèdent le statut de CIF (Conseiller en Investissement Financier).

Ces deux modes de gestion relèvent d’une stratégie différente à définir avant de souscrire aux services d’un robo-advisor. Demandez-vous : à quel point voulez-vous ou à quel point êtes-vous en mesure de vous impliquer dans la gestion de votre épargne ?

À noter que certains de ces sites mettent également à disposition de leur clientèle des conseillers humains.

Nom Caractéristiques
Advize

Pour gagner du temps et de l’argent : définition d’un profil, offres diversifiées et informations personnalisées.

Advize pratique la gestion conseillée et distribue des assurances-vie.

Le plus : une offre diversifiée de solutions, notamment au travers d’un contrat d’assurance-vie en ligne multi support Ma Sentinelle Vie assuré par Generali.

Fund Shop

Gérer vos placements comme un expert : construire un portefeuille optimisé / gérer ses portefeuilles / importer ses portefeuilles réels. Quelles que soient vos connaissances en finance, quel que soit votre patrimoine et quel que soit votre contrat.

FundShop pratique la gestion conseillée et distribue des assurances-vie.

Le plus : le conseil en temps réel sur un contrat déjà existant.

Grisbee

Se décrit comme le « premier coach financier en ligne ».

Grisbee pratique la gestion conseillée et distribue des assurance-vie.

Le plus : L’état des lieux, l’analyse et le diagnostic complet de votre situation financière ainsi que des projections, un service précieux et utile avant d’opter pour telle ou telle décision.

Marie Quantier

Conseils et technologies au service de l’investisseur de long terme. Limitation des risques / Approche méthodique de long terme.

Marie Quantier pratique la gestion conseillée et distribue PEA et assurances-vie.

Le plus : la technologie est au service de la simplicité, de l’autonomie et du contrôle. Le site est pensé pour qu’un débutant en finance puisse utiliser son bon sens pour choisir ses placements. Conseillers humains disponibles.

Wesave (ex-Anatec)

Améliorer votre rapport à l’épargne. Déterminer avec vous vos attentes et vos capacités en terme d’investissement.

WeSave pratique la gestion sous mandat et distribue PEA et assurances-vie.

Le plus : une offre de gestion de portefeuille innovante, adaptée au profil de différents types d’investisseurs et utilisant des instruments financiers présentant un faible niveau de frais.

Yomoni

L’épargne, nouvelle génération : une gestion facile de votre épargne / une utilisation simple et rapide.

Yomoni pratique la gestion sous mandat et distribue comptes-titres, PEA et assurances-vie.

Le plus : des produits financiers innovants, une utilisation poussée des données et une interface pédagogique.

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

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