Comment démasquer les arnaques financières qui se multiplient durant la crise ?

Le 17 juin 2020

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Alors que la crise sanitaire a donné lieu à une crise économique majeure suivie d’une récession, on constate une multiplication des arnaques financières, Café de la Bourse fait le point sur les trois escroqueries les plus fréquentes, les astuces qui vous permettront de les identifier et nos conseils pour les éviter.

Vous saurez tout sur les tentatives de phishing pour récupérer vos données bancaires, les fausses cagnottes solidaires et les placements sans risques aux rendements affriolants.

Arnaque aux moyens de placement et piratage de données

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L’hameçonnage ou phishing, effectué par téléphone, SMS ou mails, est une technique efficace de piratage de données qui consiste à obtenir à votre insu, vos identifiants de connexion pour effectuer des opérations frauduleuses.

Le pirate essaiera en effet d’obtenir vos identifiants de connexion de votre compte bancaire ou de votre compte Paypal si vous en avez un, mais aussi les identifiants de vos comptes Netflix ou iTunes par exemple, à partir desquels il pourra récupérer vos données de carte bancaire. Cette technique de piratage, déjà bien présente avant la crise sanitaire que nous connaissons aujourd’hui, s’est encore intensifiée ces derniers mois.

Comment repérer une tentative de phishing ?

Un faux conseiller bancaire peut vous appeler pour effectuer avec vous une vérification de vos données bancaires, à la suite de transactions douteuses par exemple. Ou bien vous pouvez recevoir un SMS ou un email faisant état de problèmes avec votre carte bancaire ou tout autre prétexte fallacieux et renvoyant sur la page de connexion d’un site web, semblable à celui de votre banque ou d’une entreprise dont vous êtes client.

Nos conseils pour éviter l’hameçonnage

Vérifiez toujours l’identité de votre interlocuteur. Un conseiller bancaire et, de manière générale, un professionnel d’une grande entreprise ne vous appellera pas d’un numéro de portable. Vous verrez toujours apparaître le numéro du service client. Attention, les petits artisans ou commerçants qui souvent n’ont qu’une ligne mobile professionnelle peuvent vous appeler avec un numéro commençant par 06 ou 07.

Vérifiez bien aussi l’expéditeur d’un mail douteux.

S’il s’agit d’un problème urgent ou important et que vous ne savez pas si le mail émane bien de votre banque ou toute autre organisation familière (hôpital, opérateur téléphonique, etc.), contactez l’expéditeur par un autre moyen officiel. Attention, les banques n’intègrent jamais dans leurs mails et SMS de liens renvoyant vers la page d’authentification. Soyez très méfiant vis-à-vis des mails invitant à effectuer un paiement, à saisir votre mot de passe ou vous demandant vos coordonnées bancaires pour un prétexte quelconque (maintien d’un service, obtention d’un remboursement, etc.). Il s’agit d’une tentative de fraude !

Escroquerie émanant de faux organismes de bienfaisance




La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a entraîné une vague de solidarité chez les Français qui, via des dons, soutiennent le personnel soignant et la recherche. De très nombreux appels aux dons ont été lancés, relayés par les réseaux sociaux, un mouvement particulièrement propice aux arnaques. Les cagnottes coronavirus peuvent en effet être un moyen pour des pirates de récupérer vos coordonnées bancaires ou, tout simplement, de récolter des sommes pour leur propre compte sans que cet argent revienne à la cause pour laquelle vous avez donné.

Comment repérer les cagnottes arnaques ?

Vérifiez systématiquement que le bénéficiaire et le créateur de la cagnotte soient bien identifiés. Le texte d’appel au don doit aussi vous inspirer confiance. Un descriptif bourré de fautes d’orthographe est souvent une arnaque. Au moment d’entrer votre code de carte bleue, vérifiez que l’adresse du site commence bien par https (et non http), signe que vous êtes sur une page sécurisée. Dans le cas contraire, il s’agit d’une escroquerie.

Nos conseils pour être sûr que son don ira bien à la cause que l’on souhaite soutenir

Les plateformes de financement participatif sont des relais à privilégier pour les dons en ligne. On peut notamment penser à Ulule, Kisskissbankbank ou encore Leetchi ou Le pot commun. Les sites connus et reconnus comptent parmi leurs équipes des personnes spécialement formées à la lutte contre les fraudes. Attention tout de même, certaines plateformes prélèvent des commissions et il conviendra d’examiner attentivement les conditions générales d’utilisation si vous souhaitez faire un don sans payer de frais supplémentaires. Certaines plateformes sont immatriculées auprès de l’Orias, organisme parapublic placé sous la tutelle de la Direction Générale du Trésor qui assume la mission d’enregistrement des plates-formes de financement participatif, un gage de sérieux !

À noter : plusieurs plateformes de financement participatif ont lancé le site don-coronavirus.org, qui référence plus de 150 collectes d’urgence vérifiées et organisées selon trois catégories : aide aux soignants, aide aux publics fragiles et soutien à la vie quotidienne et sociale.

Il existe également de nombreux organismes qui permettent de réaliser des dons en ligne ou par courrier, sans débourser un centime supplémentaire que le montant de son don. Les appels aux dons liés à l’épidémie de Covid-19 émanent principalement de deux grandes institutions : la Fondation de France qui souhaite soutenir les soignants, les chercheurs et les publics fragiles, ainsi que l’Institut Pasteur qui consacre ses efforts au développement d’un vaccin. En donnant à ces organismes, non seulement vous n’aurez pas de frais supplémentaires à régler mais vous pourrez en outre bénéficier d’une déduction fiscale équivalente à 66 % du montant de votre don, ce que ne permettent pas les plateformes de financement participatif.

Arnaque aux placements : investissements miracles et malhonnêtes

Les arnaques aux placements ont toujours existé et la pyramide de Ponzi ne date pas d’hier. Toutefois, en ces temps troublés et alors que la crise sanitaire a entraîné une crise financière, des escrocs tentent de profiter de la panique ambiante et de la chute des marchés pour soi-disant sécuriser votre épargne et la mettre à l’abri sur un placement décorrélé des marchés financiers et affichant des rendements faramineux.

Comment repérer un investissement frauduleux ?

Longtemps, les arnaques aux placements sont restées cantonnées aux placements atypiques frauduleux portant sur les diamants, les bois exotiques, le vin et le whisky, mais aussi bien sûr sur les crypto monnaies ou encore sur le forex ou marché des changes.

Mais aujourd’hui, les escrocs mettent en place des arnaques concernant des placements beaucoup plus conventionnels tels que l’investissement en Parking, le crédit à la consommation, le livret bancaire, l’assurance vie ou encore le PEA. Certains se font passer pour des partenaires ou même des conseillers de votre établissement bancaire.

À chaque fois, les placements sont à la fois présentés comme sûrs et comme particulièrement rémunérateurs. Ces escrocs vous renvoient vers un faux site paraissant souvent très professionnel. Tout le processus de souscription se fait en ligne. Et l’escroc sera gagnant sur deux tableaux. D’abord, il vous volera votre identité (demande de pièce d’identité, justificatif de domicile, RIB, signature). Ensuite, il vous demandera de verser pour la souscription au placement une somme d’argent que vous ne récupérerez bien évidemment jamais. Mais vous avez un faux contrat en main et parfois même, de faux relevés avec des rendements très attractifs qui pourraient bien vous pousser à effectuer un deuxième versement.

Attention, les escrocs mettent en place des stratégies ultrasophistiquées pour vous piéger et l’usurpation d’identité de professionnels de la gestion de patrimoine comme les CIF est de plus en plus fréquente avec le recours à un site « cloné », indiquant le même numéro Orias que la personne dont l’identité a été usurpée et vont même jusqu’à appeler au téléphone leur victime en se faisant passer pour le CIF dont l’identité a été usurpée.

Nos conseils pour ne pas investir dans une escroquerie

D’abord, gardez les pieds sur terre et faites preuve de discernement.

Si le rendement affiché par rapport au risque pris est trop beau pour être vrai, c’est qu’il n’est pas vrai !

Ensuite, vérifiez toujours l’identité de la société qui vous propose ce placement, où est situé son siège social et surtout, si cet intermédiaire financier est bien autorisé à opérer. Pour cela, rien de plus simple, vérifiez seulement qu’il est inscrit sur la liste des prestataires de services d’investissement habilités de Regafi ou bien sur la liste des intermédiaires autorisés dans la catégorie conseiller en investissement financier (CIF) ou conseiller en investissements participatifs (CIP) de l’ORIAS ou bien encore sur la liste des organismes d’assurance de l’ACPR. S’il n’est pas présent, abstenez-vous de souscrire quoi que ce soit.

Enfin, ne faites jamais « confiance à un tiers inconnu qui vous a sollicité. La démarche doit toujours venir de vous » conseille Claire Castanet, en charge des relations avec les épargnants à l’AMF.

Source des images : Freepik

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