Pourquoi et comment investir dans les actions chinoises en Bourse ?

Le 10 novembre 2020

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Le marché chinois, malgré la pandémie, montre une vigueur qui a de quoi faire rêver les investisseurs. Se pose donc la question de savoir s’il est pertinent ou non d’investir dans les actions chinoises. Analyse et explication de Xinghang Li, responsable des marchés émergents chez OFI AM.

Découvrez les extraordinaires atouts de l’Empire du Milieu pour séduire les investisseurs : une reprise de la croissance quand le reste du monde affiche une croissance en berne, un niveau de valorisation des marchés qui reste malgré tout raisonnable, des flux d’entrées positifs qui traduisent une plus grande exposition des investisseurs étrangers au marché chinois. Le deuxième marché mondial derrière les États-Unis peut compter sur deux facteurs de croissance majeurs : un développement de la classe moyenne et un développement technologique. Retrouvez également nos explications pour savoir comment investir dans les actions chinoises et quels sont les risques liés spécifiquement au marché chinois.

Faut-il investir dans les actions chinoises ?

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Oui, il faut investir dans les actions chinoises pour trois raisons.

Une reprise de la croissance fulgurante en Chine

Premièrement, d’un point de vue fondamental, la reprise de la croissance chinoise est très intéressante. La Chine devrait enregistrer une croissance positive de son produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2020 et retrouver son niveau de croissance pré-Covid pour l’année 2021, c’est-à-dire entre 5 % et 6 %. En revanche, les autres économies majeures comme les États-Unis et l’Europe continuent à souffrir de l’impact négatif lié à l’expansion et à la reprise de l’épidémie de COVID-19. Les principaux pays émergents comme l’Inde et le Brésil sont également fortement impactés par la crise sanitaire comme le soulignent les dernières projections économiques du FMI.

Au niveau des résultats des entreprises, les sociétés chinoises ont plutôt annoncé de bons résultats au troisième trimestre 2020. La Chine a également mis l’accent sur une croissance durable et équilibrée. Les décideurs chinois ont réaffirmé leur volonté de rééquilibrer le développement économique. Les critères ESG (environnement, social et gouvernance) commencent à être pris au sérieux par les fonctionnaires d’État dans l’évaluation des performances économiques.

Consulter également notre article ISR : Comment investir dans la finance responsable

Un niveau de valorisation du marché chinois qui reste raisonnable

Deuxièmement, malgré une année 2020 en forte hausse, le niveau de valorisation des marchés chinois reste raisonnable. Par exemple, le marché chinois onshore (actions A) se traite à 14X PE 2021 alors que le marché américain, représenté par l’indice S&P500, est coté à 21X PE 2021. La croissance des profits des entreprises chinoises devrait se situer entre 15 et 20 % pour l’année 2021. En relatif comme en absolu, les marchés chinois ne sont pas chers. Par ailleurs, la corrélation entre le marché chinois onshore (actions A) et les marchés occidentaux est faible, ce qui fait des marchés chinois un bon investissement de diversification d’allocation globale dans le portefeuille des investisseurs.

Des flux d’entrée positifs sur les marchés chinois à l’heure actuelle et dans les années à venir

Troisièmement, des flux d’entrée devraient être positifs sur les marchés chinois pour les cinq prochaines années. La rentrée des marchés chinois onshore (actions A) dans les indices boursiers globaux, comme MSCI et FTSE, est un élément majeur. Les investisseurs étrangers devront augmenter leur exposition à la Chine très prochainement. À terme, les marchés chinois devraient représenter 50 % de l’indice MSCI Global Emerging Equity. Nous avons constaté récemment d’importants flux d’entrée sur les ETF traçant les marchés chinois et cette tendance ne fait que commencer.

Le marché chinois : 2ème marché mondial derrière les États-Unis




Les marchés actions chinois sont actuellement incontournables. Leur capitalisation boursière totale (actions A, actions H plus les ADRs chinois) représente 15 000 milliards de dollars américains (US$), soit plus que la capitalisation boursière des pays de la zone Euro. D’un point de vue économique, le PIB de la Chine est estimé à environ 15 trillions de US$, soit le même niveau de PIB que toute l’Union Européenne, deuxième dans le monde juste derrière les États-Unis.

Le développement de la classe moyenne chinoise comme principal facteur de croissance

Le facteur principal de la montée en puissance de l’économie chinoise est l’émergence de la classe moyenne : le PIB par habitant en Chine a officiellement dépassé 10 000 dollars. Depuis le début de la réforme de 1978, le taux de l’urbanisation est en constante progression (actuellement à 60 % vs 50 % en 2010) selon les données de la Banque mondiale exploitées par Perspective Usherbrooke. Une augmentation de 1 % de la population chinoise passant de campagne en villes signifie environ 14 millions de nouveaux consommateurs. L’amélioration de la qualité de la vie (alcool, vêtement, prêt-à-porter, voiture, logement etc.) de la population chinoise va continuer à supporter l’économie chinoise.

La Tech chinoise comme second facteur de la croissance

Le deuxième moteur de la croissance, c’est le développement technologique : smartphone, gaming, smart home, IOT, 5G, AI, cloud, e-commerce, etc. Les entreprises chinoises innovantes sont au centre de cette évolution passionnante (Tencent, Alibaba, Pinduoduo, Tal Education, Kingsoft, Xiaomi, Meituan etc.). Une « Silicon Valley » du futur devrait naître à l’avenir dans la Great Bay Area de Hong Kong. Ainsi, la transition énergétique est en forte accélération. Tesla a annoncé en début 2020 l’ouverture de leur MegaFactory à Shanghai. Le premier prix du modèle 3 devrait être proposé au prix de l’équivalent de 30 000 euros après la subvention d’État aux consommateurs chinois.

Le marché chinois plus résilient à la crise actuelle ?

Bien que l’expansion de l’épidémie de COVID-19 soit partie de la ville de Wuhan, la Chine a remarquablement bien géré cette crise pandémique. Le pays a mis en place un système de contrôle et de traçage très strict afin d’identifier les porteurs du virus et suivre son évolution d’une manière très efficace. Résultat : un nombre de nouveaux cas positifs COVID-19 très limité et l’économie chinoise, après un très court arrêt en début de l’année, repart à la hausse. L’effet « deuxième vague » lié au COVID-19 n’a ainsi pas été senti en Chine.

En outre, le plan de relance chinois a été très efficace. La Chine a misé sur le thème de l’investissement dans la « nouvelle infrastructure » pour relancer son économie. L’infrastructure des réseaux « 5G » est déployée d’une manière rapide à travers toute la Chine. Les investissements dans les secteurs « smart city » et les segments environnementaux se sont également multipliés. En cette fin d’année 2020, la Chine a quasiment retrouvé tout son potentiel de croissance.

Au sud de la Chine, le gouvernement accélère sur le projet de la « Greater Bay Area » qui vise à créer une zone de libre-échange entre Hong Kong et les 9 grandes villes voisines. Ce projet devrait redynamiser la croissance et l’innovation de la région.

Malgré les tentatives de punition des États-Unis sur certaines entreprises chinoises, la Chine est un des rares pays capable de s’appuyer sur ses ressources domestiques pour la majorité des chaînes d’approvisionnement, exception faite du secteur des semi-conducteurs, dominé par les entreprises américaines et taïwanaises. Néanmoins, des investissements massifs se multiplient dans ce secteur afin de rattraper le retard.

La consommation domestique, qui constitue le principal moteur de croissance, se porte tout particulièrement bien, avec des ventes au détail en fortes hausses. La Chine se présente aujourd’hui comme un marché domestique florissant, fort, tout en étant décorrélé des facteurs exogènes.

Tech chinoise : des géants mondiaux sur le devant de la scène

Nous avons assisté à l’émergence de grandes valeurs internet chinoises comme Tencent et Alibaba. Cette période de crise sanitaire ne fait que renforcer le pouvoir des sociétés High-Tech/Internet.

Par exemple, les plateformes d’éducation en ligne sont extrêmement populaires en Chine, surtout dans les segments de la formation avancée postscolaire (ils représentent 60 % du secteur de l’enseignement privé, soit 69 milliards de dollars !). Ainsi, la plateforme de formation en ligne cotée au Nasdaq, TAL Education, a affiché d’excellents résultats et un nombre croissant d’utilisateurs.

Dans le domaine du e-commerce, deux secteurs se portent bien : les sites de commande de repas et les sites des commandes groupée. Meituan Dianpin et PinDuoDuo sont les deux leaders géants cotés au Nasdaq sur ces segments.

Dans les secteurs biopharmaceutiques, le potentiel de croissance est également très prometteur : les dépenses de santé par habitant en Chine ne représentent que 1/16 de celles des États-Unis. La capitalisation boursière du secteur Biopharma en Chine ne représente qu’un quart de celle des entreprises américaines du même secteur. Une croissance à deux chiffres est attendue dans ce secteur en Chine pour les années à venir.

Malgré les sanctions américaines sur Huawei, cette société reste incontestablement le leader mondial dans le segment de l’infrastructure 5G. Huawei a une avance technologique importante par rapport à ses concurrents. En même temps, Huawei est en mesure de proposer ses produits/services à un prix qui défie toute concurrence.

Comment investir dans les actions chinoises ?

Pour des investisseurs étrangers, la façon la plus facile est d’investir dans les actions chinoises offshores listées à Hong Kong (Actions H) et les ADRs chinois listées aux États-Unis. Ces actions sont traitées en HK$ ou en US$ sur des bourses internationales à accès libre.

Néanmoins, ces actions chinoises offshore sont assez concentrées sur quelques secteurs d’activités : telecom, énergie, banques et internet. Les marchés des actions chinoises onshore listées à Shanghai et Shenzhen (actions A) offrent de la profondeur et de la diversité en termes d’allocations. En revanche, les actions A ne sont pas libres d’accès pour les investisseurs étrangers.

Il existe deux manières d’investir sur les marchés des actions A.

Acheter des actions chinoises avec la Licence QFII et RQFII

Cette licence permet à la société de gestion étrangère d’acheter directement des actions chinoises domestiques. Tous les titres à Shanghai et Shenzhen sont accessibles avec cette licence. Ainsi, les règles liées aux changes et aux souscriptions / rachats ont été largement simplifiées depuis les deux dernières années afin de faciliter l’accès aux marchés. OFI AM fait partie des sociétés de gestion françaises qui ont obtenu la licence QFII et nous gérons des fonds actions chinoises depuis nombreuses années avec un « track record » solide.

Acheter des actions chinoises avec le Stock connect

Ce moyen d’accès aux marchés domestiques a été introduit il y a quelques années. Les investisseurs peuvent accéder à une liste de valeurs, essentiellement « Blue Chips » à Shanghai et Shenzhen via ce programme. L’ouverture d’un compte avec un broker Hongkongais est obligatoire. Néanmoins, il existe un quota journalier de flux qui risquerait de mettre en difficulté les investisseurs en cas de sorties des positions.

Quels sont les risques liés aux valeurs chinoises ?

Outre les facteurs de risques globaux, communs à tous les marchés financiers, trois risques sont spécifiquement liés aux marchés chinois :

  • évolution de sa devise (RMB) qui est actuellement sous contrôle de capitaux et est indexée au dollar américain ;
  • évolution de la croissance chinoise qui devrait passer de 5-6 % actuellement à 3-4 % d’ici 10 à 15 ans ;
  • évolution des prix de l’immobilier résidentiel et commercial en Chine.

Source des images : Freepik

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Xinghang Li

Xinghang Li

Responsable marchés émergents - OFI Asset Management - Site internet

Xinghang Li a rejoint OFI Asset Management en 2011 en tant que gérant sur la région Greater China.

Xinghang Li, 40 ans, était auparavant analyste/gérant actions chez ADI et Boussard & Gavaudan Gestions. Il avait pour mission d’investir sur les marchés asiatiques sur différents classes d’actifs comme actions, fixed income et obligations convertibles. Xinghang Li a débuté sa carrière comme banquier d’affaires au sein de la banque Rothschild & Cie en 2004.

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