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Les dessous du métier de Directeur Général d’une société de gestion

Les dessous du métier de Directeur Général d’une société de gestion

Découvrez le parcours, l’expérience et le métier de Directeur Général au sein d’une société de gestion. Café de la Bourse vous invite à plonger dans l’univers de la finance de marché en interrogeant les hommes et les femmes qui y travaillent au quotidien.

Ce mois-ci, Hervé Thiard, Directeur Général de Pictet Asset Management (Europe) S.A., Succursale de France, et responsable de la distribution des fonds de placements sur les marchés France et Belux, revient pour nous sur son activité, ce qui l’a poussé à faire ce métier, le fait le plus marquant de sa carrière, son indicateur préféré et son sentiment de marché actuel.

Hervé Thiard, quelle fonction occupez-vous, Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Pictet m’a confié en 2003 la responsabilité du développement de la franchise Pictet Asset Management en France puis en Belgique.

Les fonds de placement sont une matière à part. Un fonds de placement évolue à chaque instant en fonction des marchés qui eux évoluent en fonction de l’actualité, de l’économie, de la politique, du sentiment des investisseurs …. la liste est très longue. Donc, promouvoir des fonds de placement c’est garder ses sens en éveil, stimuler sa curiosité, rester ouvert sur le monde et faire fonctionner ses neurones pour trier l’information essentielle de l’accessoire.

J’ai la chance de travailler avec des clients professionnels dotés de profils et de background très différents. J’apprends beaucoup auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants qui sont très proches des investisseurs particuliers. Et n’oublions pas le plaisir d’être en contact permanent avec les gérants de portefeuille de Pictet. Mes collègues gérants, stratèges et analystes, sont issus de cultures très différentes. Quel bonheur de s’informer de l’économie chinoise le matin avec ma collègue de Hong Kong, et l’après-midi de parler du marché du bois avec mon collègue suisse, ingénieur des eaux et forêts et gérant de Pictet-Timber.

Quel est l’événement que vous considérez comme le plus marquant de votre carrière ?

Le parcours atypique de Tesla est un cas passionnant. Il démontre à ceux qui en doutent encore que la finance de marché peut être un formidable accélérateur de progrès.

En 2020, Tesla a dépassé le seuil des 100 milliards de dollars de capitalisation, plus que Ford et GM réunis qui à l’époque produisaient chacun 10 millions de véhicules par an, contre à peine 500 000 unités pour Tesla.

Cet engouement boursier était-il exagéré ? Sans doute, surtout quand on voit la correction du titre cette année. Mais cela nous rappelle que les marchés sont capables de s’engager dans des grands projets ou des révolutions technologiques majeures (Eurotunnel, Internet) : gros risques financiers à court terme mais formidable progrès économiques dont nous récoltons les fruits aujourd’hui.

Aujourd’hui, personne ne remet en question l’écosystème électrique qui se construit rapidement sous nos yeux. Finalement les investisseurs, en portant Tesla au plus haut, ont fait bien plus que les réglementations et les gouvernements :  avec un simple cours de bourse, ils ont donné la direction.  Et ce faisant, ils sont les instruments efficaces de la lutte contre le changement climatique.

Quel est votre indicateur préféré et pourquoi ?

En tant qu‘entrepreneur, je surveille de près les indicateurs d’image fournis par le consultant Broadridge qui classe aujourd’hui Pictet Asset Management parmi les marques préférées des acheteurs de fonds de placement en France.

En tant que professionnel de la gestion, je me focalise sur les données américaines, à commencer par les anticipations des taux longs. Leur évolution nous renseigne sur les rotations de marché entre les sociétés de croissance, en particulier les valeurs technologiques  et les sociétés values aux modèles économiques prévisibles de type distributeurs d’énergie ou infrastructures.

Les indicateurs de sentiments sont clés. Par exemple, le ratio bull/bear produit chaque mois par l’AAII* nous renseigne sur le sentiment général des investisseurs particuliers américains.

Je le complète avec des indices de confiance. Les indices du Michigan et du conference board nous alertent sur la croissance future liée à la consommation des ménages. Concernant le moral des entreprises, je regarde l’indice des CEO américains et les PMI mondiaux. Enfin, l’évolution des liquidités mondiales donne de bonnes indications sur les futures valorisations, pour cela je me concentre sur les bilans des banques centrales.

Au niveau des entreprises les équipes de gestion de Pictet regardent en particulier la création de valeur mesurée par la progression des flux de trésorerie générés par la société dans la durée : « cash flow never lies ! ».  Très important pour évaluer une entreprise, nous intégrons dans notre analyse des indicateurs d‘impact qui mesurent les conséquences de l‘activité de l’entreprise sur l’environnement et la société.

Quel est votre sentiment de marché actuel ?



L’été sera chaud. La nécessité de réduire l’inflation est passée au premier plan. Elle est dangereuse pour les marges des entreprises mais elle est surtout dévastatrice pour le pouvoir d’achat des plus modestes. D’économique, le problème est devenu politique. Les banques centrales n’ont plus d’autres choix que de réduire la quantité de monnaie en circulation en remontant les taux et en diminuant drastiquement leurs interventions sur le marché. Tant que ces mesures n’auront pas démontré leur effet sur l’inflation, les investisseurs devraient rester à l’écart des marchés actions.

La guerre en Ukraine exacerbe cette inflation structurelle et les confinements à répétition en Chine paralysent une partie de la production mondiale. Tout cela ajoute une dose non-négligeable de volatilité à un marché déjà hésitant. Mais en attendant, les valeurs technologiques retrouvent des valorisations attrayantes. Nous les surveillons de près, en particulier lorsqu’elles opèrent dans les secteurs en forte croissance : environnement, transition énergétique, numérique… L’Asie quant à elle pourrait réagir très positivement à une réouverture plus durable en Chine. Soyons patient !

*American Association of Individual Investors 

Source des images : Freepik

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