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Business angels : ces investisseurs branchés startups

Le 13 décembre 2017

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Business Angels : Qui sont-ils ? Comment peut-on devenir Business Angels ? Nous passerons en revue les avantages et risques de l’investissement direct dans une PME avant de vous livrer nos 5 conseils pour bien choisir les PME dans lesquelles investir.

Business Angels : le développement d’une pratique liée au capital risque

Business Angel : l’investisseur tombé du ciel ?

Le Business Angel, terme qui peut se traduire par « investisseur providentiel », est une personne qui investit une part de son patrimoine dans une jeune entreprise (startup ou société en phase d’amorçage). Mais son investissement n’est pas seulement d’ordre financier. Acteur du capital risque, le business Angel, en plus des fonds qu’il apporte, s’investit personnellement dans le succès des sociétés qu’il finance, en leur ouvrant son carnet d’adresse et en leur offrant ses compétences. Il s’agit donc d’une véritable activité. Si la pratique s’est développée en France dans les années 1990, elle est bien plus ancienne aux États-Unis où l’on a vu, dès les années 1930, « des personnalités très fortunées, motivées par le gain et le goût d’entreprendre, [qui] investissaient alors une partie de leurs capitaux, dans de jeunes entreprises prometteuses » comme le souligne Jérôme Tarting, PDG de Clics formalités dans sa Tribune Entreprise : comment trouver un Business Angel.

Si vous ne connaissez pas de patrons de PME mais que vous avez une vraie expertise du secteur et que vous souhaitez participer au développement de PME, vous pouvez devenir Business Angel. À condition bien sûr d’avoir un capital à investir !

Chiffres et réseaux des Business Angels

France Angels, la Fédération nationales des Business Angels, a fédéré depuis 2001, 10 000 Business Angels au travers de 72 réseaux (réseaux régionaux, réseaux sectoriels & anciens élèves de grandes écoles et Université, réseaux à l’étranger). 42,7  millions d’euros ont été investis en 2016 et 132 Millions d’euros avec les co-investisseurs pour un effet de levier : X3. Depuis 2001, les Business Angels français ont investi un montant global de 500 millions d’euros (source : communiqué de presse France Angels). Ils accompagnent actuellement plus de 2 500 entreprises.

Selon la dernière enquête menée auprès des réseaux de Business Angels membres de France Angels en partenariat avec BFM Business, l’activité de Business Angel poursuit son développement. Les Business Angles « s’inscrivent maintenant comme des acteurs majeurs de l’investissement dans les jeunes entreprises à fort potentiel de croissance » souligne l’étude. Depuis 15 ans, le nombre de Business Angels en réseaux ne cesse d’augmenter.

Typologies et organisations des Business Angels

Trois profils de Business Angels se détachent en France à l’heure actuelle, détaillés par Jérôme Tarting dans sa Tribune consacrée aux Business Angels :

  • Le pré-retraité, ancien chef ou cadre supérieur, qui a accumulé un patrimoine relativement important et est de ce fait en mesure d’investir en moyenne entre 5 000 et 200 000 euros par an.
  • Le jeune entrepreneur dynamique, qui après avoir créé et revendu sa société après quelques années, possède un capital conséquent. Sans se replonger immédiatement dans une nouvelle aventure, il veut rester connecté au monde de l’entrepreneuriat et investit dans une nouvelle aventure entrepreneuriale. Les montants qu’il peut consacrer à la création d’entreprise oscillent entre 200 000 et 500 000 euros.
  • Les single family offices qui regroupent investisseurs privés d’une même famille, parfois sur plusieurs générations sont également des Business Angels de premier plan.

Au-delà même de l’investissement, le business angel apporte bien plus au porteur de projet.

Très fréquemment, les Business Angels se regroupent en cercles. C’est uu moyen d’échanger avec d’autres investisseurs, de peser à plusieurs sur les décisions des dirigeants d’entreprises, et d’exiger d’eux une meilleure transparence.

Ces groupements fonctionnent le plus souvent par affinités. Il existe des groupes de Business Angels rattachés à une région. Le lien entre les Business Angels peut également être le genre. Ainsi, de nombreux groupes de Business Angels femmes ont vu le jour ces dernières années comme Femmes Business Angels. Ce type de réseaux féminins soutient notamment l’entreprenariat féminin qui peine à lever des fonds comme en témoigne le baromètre 2017 réalisé par l’association StartHer avec KPMG, les startups dirigées par des femmes ont levé en 2016, en France, 126,6 millions d’euros ; un montant qui ne représente que 7 % du montant total et 13 % des levées. Le ticket moyen avoisine de peu les 1,8 millions d’euros quand celui-ci s’élève à 3,5 millions d’euros pour les hommes. Les startupeuses se tournent donc vers des investisseurs féminins, que ce soit via des plateformes de crowdfunding dédiées (MyAnnona par exemple) ou Femmes Business Angels, l’acteur qui a le plus investi en 2016 dans les startups féminines.

Les réseaux de Business Angels d’anciens d’une même école sont aussi très nombreux (Polytechnique, Arts et métiers, ESSEC, …). Enfin, le regroupement peut s’opérer par thème : il existe des groupes de Business Angels spécialisés dans l’énergie, ou dans les Biotechs ou encore spécialistes des activités liées à Internet.

Business Angels, tendances et perspectives

Les Business Angels, avec les grands investisseurs institutionnels forment une branche du capital risque encore trop peu développée en France même si l’on ne peut que saluer la récente amélioration du financement des start-ups. On soulignera néanmoins que derrière un bon effet volume, la sous-capitalisation reste un problème majeur. La France est aujourd’hui le pays européen qui finance le plus grand nombre de startups mais le montant total injecté est inférieur au Royaume-Uni ou encore à l’Allemagne.

Pour remédier à la situation, les propositions d’évolution ne manquent pas. France Digitale avait par exemple proposé en 2016 un compte entrepreneur investisseur qui permette aux entrepreneurs qui ont vendu leur entreprise et veulent investir dans d’autres nouvelles entreprises de bénéficier d’un sursis d’imposition ISF et IRPP. La deuxième grande mesure proposée par France Digitale consistait à mobilier l’épargne longue des Français. « Avec un investissement équivalent à 0,5 % des encours l’assurance-vie, on doublerait les montants du capital risque français ! » soulignait Jean-David Chamboredon dans une interview accordée à Café de la Bourse en novembre 2016.

Pour en savoir plus sur l’assurance-vie, consultez notre dossier dédié Souscrire à une assurance-vie

Depuis, Emmanuel Macron a été élu à la présidence de la République et ses premières mesures fiscales si elles ont mis fin au dispositif Tepa privant par-là les PME d’une manne dont elles avaient bien besoin ont aussi affirmé la volonté de l’exécutif de récompenser le risque face à la rente. La flat tax ou prélèvement forfaitaire unique de 30 % qui s’appliquera aux intérêts, aux dividendes et aux plus-values de cession de valeurs mobilières vient également renforcer l’attractivité des valeurs mobilières, exclues en outre du nouvel sur la fortune IFI (impôt sur la fortune immobilière) qui touche uniquement l’immobilier.

Business Angels : les atouts et risques de l’investissement dans une PME

L’activité de Business Angel est l’une des quelques possibilités pour un particulier d’investir en direct dans une PME. Mais on peut aussi se tourner vers l’acquisition d’actions de sociétés cotées en bourse, notamment via le PEA-PME ou vers le crowdfunding. Quelle que soit l’option choisie, investir en direct dans une PME présente certains atouts mais aussi des risques.

Pour en savoir plus sur le crowdfunding, consultez notre dossier Crowdfunding financement participatif

Fiscalité attrayante destinée aux investisseurs

L’investissement PME bénéficie d’une fiscalité attractive. Lorsqu’il investit dans une PME, le particulier peut réduire son IRPP (Imposition sur le Revenu des Personnes Physiques, soit l’impôt sur le revenu classique) de 18 % du montant investi, dans la limite de 9 000€ pour un célibataire, et de 18 000€ pour un couple. La carotte fiscale était autrement plus persuasive avec le dispositif ISF PME qui permettait de réduire son impôt de solidarité sur la fortune à hauteur de 50 % du montant investi dans la limite de 45 000€ par foyer fiscal. Cette mesure n’est pas conservée avec la transformation de l’ISF en impôt sur a fortune immobilière (IFI) au 1er janvier 2018.

En contrepartie, notez bien que pour 2018, le taux de réduction d’IRPP est boosté et sera pour cette seule année de 25 %.

Pour bénéficier de cet avantage fiscal, il est requis de conserver ses titres au moins cinq ans et de participer en numéraire à des souscriptions ou augmentations de capital de PME. Les achats d’actions sur un marché secondaire et les apports en compte courant ne sont pas éligibles.

En cas de sortie avant les cinq ans, les avantages fiscaux sont perdus. La réduction d’IR doit être remboursée.

Les plus-values de cession de valeurs mobilières sont soumises à partir du 1er janvier 2018 à la Flat Tax ou Prélèvement forfaitaire Libératoire Unique (PFU) qui s’élève à 30 % et regroupe impôt sur la plus-value et prélèvements sociaux.

Stratégie de diversification du portefeuille

L’investissement PME et donc l’investissement en tant que Business Angel peut également répondre à une stratégie de diversification. Et, comme chacun sait, une réelle diversification de vos placements vous permet d’atténuer le risque lié à vos investissements. La majeure partie des PME est peu ou pas suivie par les analystes financiers ou les fonds. Les PME ne sont pas affectées par l’effet moutonnier observable sur les titres de grandes sociétés cotées. Ce type d’investissement est donc moins sensible à la volatilité des marchés financiers.

Attention toutefois : certains investisseurs particuliers sont attirés par l’investissement PME en raison des réductions d’impôt sur le revenu auxquelles il donne droit. Mais l’investissement PME n’est pas seulement un produit de défiscalisation ; c’est un placement à part entière.

Business Angel : une activité rentable ?

Les PME françaises présentent des opportunités d’investissement mais celles-ci ne sont pas dénuées de risque.

Un investissement en direct via un réseau de Business Angels présente un risque élevé mais un espoir de gain très important.

Certains Business Angels ont pu voir leur capital multiplié par 10, 15 ou bien plus en investissant dans une toute jeune entreprise prometteuse. Néanmoins, les liquidations restent nombreuses. D’après France Angels, sur dix jeunes entreprises accompagnées par un réseau de Business Angels, en moyenne :

  • quatre feront faillite
  • trois resteront scotchées : c’est-à-dire qu’elles réussiront à se maintenir sans pour autant croître. Faute de liquidité, les investisseurs ne pourront pas récupérer leur capital
  • deux permettront à leurs investisseurs de récupérer leur capital initial ou de le voir multiplié par deux ou trois
  • une sera une pépite : son succès fulgurant permettra de multiplier leur investissement initial par dix, quinze ou plus. C’est bien sûr l’objectif de tout Business Angel.

La difficulté d’évaluer le succès potentiel d’une entreprise

Le risque principal lié à l’activité de Business Angel réside dans le fait qu’il s’agit de financer l’innovation et, à ce titre, « le risque que ce que vous financez ne marche finalement pas est très important » souligne Jean-David Chamboredon, co-Président de France Digitale et CEO d’ISAI, fonds d’investissement capital-risque dédié aux entrepreneurs d’Internet. « Financer, l’innovation, c’est être dans l’inconnu, avec des interrogations fortes sur le succès potentiel. C’est d’autant plus vrai que l’investissement se fait très tôt dans la vie de l’entreprise. A minima, une fois sur deux, on perd de l’argent, d’où la nécessité d’en gagner beaucoup quand le succès est au rendez-vous afin de compenser les pertes » poursuit-il.

Il note également une « deuxième grande différence par rapport aux investissements plus traditionnels, c’est le fait que le capital finance des pertes. La startup financée n’est généralement pas bénéficiaire et le nombre de tour de table nécessaire pour arriver à un équilibre n’est pas connu d’avance et très aléatoire ».

Business Angels : 5 conseils pour désigner et choisir une entreprise

Pour bien choisir dans quelle PME investir, de nombreux paramètres sont à prendre en compte.

Se renseigner sur l’éligibilité fiscale de la société

Afin de bénéficier des avantages fiscaux vous permettant de bénéficier d’une réduction IR de 18 %, vous devez demander une attestation d’éligibilité au dirigeant de la PME. Cette attestation indique que sa société est bien en ligne avec les lois en vigueurs accordant ces réductions d’impôts. En effet, la législation évolue régulièrement, il est donc nécessaire que le dirigeant de PME s’assure d’être en phase avec cette dernière. Cette attestation protègera l’investisseur en cas de non-respect du cadre légal par la PME qui cherche à lever des fonds.

Opter pour une startup porteuse d’un vrai projet de croissance

N’investissez en aucun cas dans une entreprise qui procède à une augmentation de capital afin de combler ses besoins en trésorerie ou rembourser ses dettes. Votre investissement, la levée de fonds à laquelle vous participez, doit servir à financer un investissement moyen long terme opérationnel, comme l’acquisition d’outils de production ou de la recherche et développement qui augmentera le résultat d’exploitation de l’entreprise.

Avant de souscrire au capital d’une PME, il est important d’exiger du dirigeant qu’il exprime clairement son besoin de financement et qu’il présente l’allocation de cet apport de fonds dans un vrai projet de croissance pour l’entreprise.

Certaines PME ont un profil de croissance important sur le court terme, souvent sujet à un produit effet de mode ou innovant, tandis que d’autres vont avoir une croissance lente mais plus linéaire sur le long terme. Pour l’investisseur, le plus important est d’identifier des PME susceptibles de bien rémunérer ses actionnaires dans le temps.

Prêter attention à l’accès à l’information

L’opacité de certaines PME est un gros frein à ce type d’investissement. Pour miser sereinement sur une PME, l’accès à l’information est primordial pour pouvoir juger de la véritable santé de l’entreprise.

Plusieurs types d’information existent. Tout d’abord, les éléments financiers des derniers exercices de la PME : bilan, comptes de résultat et annexes. À ceci s’ajoutent les rapports du dirigeant expliquant les résultats semestriels ou annuels de la PME. L’investisseur doit aussi disposer d’une note expliquant les modalités de l’augmentation de capital de la PME avec les dates-clés et la nature des titres, par exemple.

Le respect de l’actionnaire passe par une communication régulière à leur intention. Pour ce faire, le dirigeant de la PME doit tenir informer les actionnaires de ses passages dans les media, de la signature de grands contrats, de l’évolution de son business et de ses choix stratégiques.

Négocier une participation au bon prix en réduisant les frais

La valorisation d’une entreprise est un des éléments clés d’un investissement PME. Le futur actionnaire doit s’assurer que la valorisation a été effectuée par des experts indépendants, censés protéger l’investisseur d’une exagération à la hausse de la valorisation de l’entreprise.

L’expertise indépendante repose à la fois sur des connaissances, des méthodologies, des bases de données accessibles aux professionnels et un savoir-faire que l’expert garantit à l’investisseur en signant son rapport de valorisation.

Évitez également les frais excessifs, lors de l’entrée au capital, comme sur le long cours. Gardez bien à l’esprit que plus les intermédiaires entre la PME et l’investisseur sont nombreux, plus la rentabilité de votre investissement sera diminuée par des frais.

Anticiper sa sortie et la revente du capital

De nos jours, il est relativement aisé d’investir dans une PME. Mais il est beaucoup plus compliqué de vendre pour sortir d’une PME. La difficulté du désinvestissement est réelle. Des montages financiers pour aider les actionnaires à sortir en gré-à-gré du capital d’une société existent mais ils ont un coût : pénalités financières en cas d’illiquidité des titres ou vente de l’intégralité de sa société, par exemple.

Un moyen de garantir une bonne sortie des investisseurs est la cotation de la PME sur une Bourse qui permet de créer de la liquidité en mettant en relation les acheteurs et vendeurs.

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

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