Les dessous du métier de gérant de portefeuille avec Jaimy Corcos de Swiss Life AM
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Les dessous du métier de gérant de portefeuille avec Jaimy Corcos de Swiss Life AM




Découvrez le parcours, l’expérience et le métier d’un gérant de portefeuille. Café de la Bourse vous invite à plonger dans l’univers de la finance de marché en interrogeant les hommes et les femmes qui y travaillent au quotidien. Ce mois-ci, Jaimy Corcos, gérant de fonds actions chez Swiss Life Asset Management reviens pour nous sur son activité, ce qui l’a poussé à faire ce métier, le fait le plus marquant de sa carrière, son indicateur préféré et son sentiment de marché actuel.

Jaimy Corcos, quelle fonction occupez-vous au sein de Swiss Life AM ?

Je suis gérant de fonds actions au sein de la société Swiss Life Asset Managers France, que j’ai intégrée en mai 2008. Je suis en particulier en charge de la gestion des fonds actions dont les stratégies sont basées sur des modèles quantitatifs. Ces derniers reposent sur des modèles mathématiques qui nous aident à sélectionner les titres à acheter. Cette sélection présente l’avantage de ne pas être affectée par la subjectivité humaine, cela dit l’intervention de l’homme est nécessaire pour veiller à la bonne cohérence globale du portefeuille et au bon fonctionnement du modèle, particulièrement en situation de stress de marché.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier de gérant de portefeuille ?

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L’envie de me diriger vers ce métier est liée à une curiosité que j’ai depuis mon adolescence. J’avais la volonté de comprendre les évolutions des marchés et particulièrement le marché actions. Au collège avec quelques amis, nous avions créé un petit club d’investissement et nous suivions certaines valeurs. Je me souviens avoir investi sur l’action Saint-Gobain peu de temps après sa réintroduction en bourse, je devais avoir 13-14 ans à l’époque. J’avoue ne pas me souvenir des autres sociétés que j’avais analysées à l’époque car le suivi était beaucoup moins facile qu’aujourd’hui ! C’était dans les journaux spécialisés que lisaient mes parents ou par chance à la télévision avec Jean-Pierre Gaillard en direct de la Bourse de Paris que je pouvais avoir des informations sur les valeurs et l’évolution de leur cours de bourse.

Par ailleurs j’ai toujours été intéressé par les mécanismes financiers et économiques. Ainsi j’ai orienté mes choix afin de pouvoir travailler dans ce secteur et plus particulièrement sur les marchés actions. La décision de travailler dans la gestion d’actifs s’est affinée de manière très classique en suivant le déroulé de mes études, de mes stages et des diverses expériences professionnelles que j’ai pu réaliser au sein de salles de marchés ou de sociétés de gestion.

Quel est l’événement que vous considérez comme le plus marquant de votre carrière ?




Difficile de n’en choisir qu’un, car depuis le début de ma carrière le marché a subi de nombreux événements exceptionnels dans l’histoire de la finance. J’aurais pu choisir l’éclatement de la bulle internet au début de l’année 2000, qui correspond à mon entrée sur le marché du travail. Pour mémoire cette bulle spéculative avait durement affecté les valeurs des secteurs liés à l’informatique et aux télécommunications, et a fait trembler les marchés actions. Les valeurs de la nouvelle économie ont accusé de forts reculs sur l’année, jusqu’à près de 40 % pour le NASDAQ. Cependant la crise financière jugée comme la plus importante du siècle qu’a été la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers en septembre 2008, puis la crise financière qui a suivi ont été pour moi les événements les plus marquants de ma carrière. Ces épisodes m’ont particulièrement marqué car mis à part le climat de stress engendré par ces événements, les conséquences sur notre secteur d’activité conjuguées à un futur de l’économie mondiale plus qu’incertain, étaient imprévisibles et nous venions de lancer un OPCVM dont le fonctionnement était basé sur une stratégie de réduction de la volatilité. L’état du marché étant très volatile à cette époque à cause de la crise financière, c’était un test grandeur nature pour nous. De plus, je venais d’intégrer Swiss Life Asset Managers et le fait de vivre au plus près et en temps réel un krach boursier de cette magnitude, combiné au lancement d’un nouveau produit basé sur la réduction du risque, a été un moment assez particulier à vivre. Cela m’a permis de relativiser dans une certaine mesure les autres crises que l’on a pu vivre depuis et m’a apporté une grande expérience sur la façon dont il faut réagir face à des événements de marché extraordinaires.

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Quel est votre indicateur préféré et pourquoi ?

Sans hésitation la volatilité est mon indicateur favori. Cet indicateur, qui représente l’ampleur des variations du cours d’un actif financier, sert de paramètre pour quantifier le risque d’un actif financier. Lorsque la volatilité est élevée, la possibilité de gain est plus importante, mais le risque de perte l’est aussi. Cette notion concerne aussi bien les oscillations à court terme que les grandes fluctuations boursières sur plusieurs années, souvent qualifiées de cycles boursiers. Elle ne caractérise pas l’indécision du marché à un instant donné, elle traduit plutôt des changements d’anticipations.

Intégrer le marché du travail lors de la crise des technologies en 2000 a été un élément« fondateur » de ma vision des marchés. Cela a grandement influencé ma façon de voir les marchés financiers : les valeurs ayant une faible volatilité me sont apparues plus robustes et plus profitables sur longue période. Les stratégies Minimum Variance, que je gère, sont d’ailleurs basées sur ce principe. Travailler pendant plus de 10 ans sur des stratégies basées sur la volatilité et sa réduction a fait de cette mesure celle qui me parle le plus aujourd’hui.

Quel est votre sentiment de marché actuel ?




J’ai des interrogations sur différents sujets, comme tout le monde je pense. Notamment sur l’inflation, sur les évolutions des politiques monétaires – même si elles restent très accommodantes -, sur les tensions liées aux matières premières et l’énergie, ainsi que les difficultés d’approvisionnement sur certains secteurs. Toutes ces tensions peuvent peser sur les marchés comme on a pu le constater ces dernières semaines.

Nous restons également à des niveaux de valorisation élevés mais les actions demeurent la meilleure source de rendement pour le moment. Je pense pour finir que le marché sera positif à moyen-long terme, même si je m’attends à quelques turbulences en cours de route comme on a pu en rencontrer en septembre dernier.

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