Warren Buffet : histoire et portrait d’un investisseur hors pair

Le 30 mai 2019

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Warren Buffett est sans conteste l’un des investisseurs les plus exceptionnels de notre époque. Ses investissements réalisés via sa holding financière Berkshire Hathaway lui ont permis de se bâtir une fortune estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Même s’il n’a jamais écrit un livre, sa voix reste éminemment respectée parmi les investisseurs.

Nous nous attacherons donc à vous décrire ici l’homme, mais aussi sa philosophie d’investissement, ses plus beaux succès et ses plus retentissants échecs. Nous vous livrerons également ses conseils avisés et ses livres sur la Bourse préférés.

Qui est Warren Buffet, ce milliardaire américain ?

Les études de Warren Buffet, grande fortune mondiale

Warren Buffett est né en 1930 à Omaha. Son père est membre du Congrès et courtier en Bourse. Attiré par l’économie et les marchés financiers, il étudie à l’université du Nebraska puis intègre Columbia où il suivra les cours de l’analyste financier Benjamin Graham qu’il admire profondément. Il en ressortira diplômé d’un Master d’économie. Il travaillera ensuite pour son maître, de 1954 à 1956,  à la Graham-Newman Corp. à New York, avec Walter Schloss lui aussi élève de Benjamin Graham. Ces deux années durant lesquelles il investit dans de très nombreuses entreprises aux côtés de Benjamin Graham sont absolument essentielles pour Warren Buffett. Il approfondit sa connaissance de la méthode d’investissement de son maître et commence à se forger la sienne.

L’indépendance de Warren Buffet à seulement 25 ans

Lorsque Graham prend sa retraite, il rentre à Omaha pour y fonder une société familiale d’investissement. À un peu plus de 25 ans, il devient son propre patron, ce qu’il restera toute sa vie. Le capital de départ, de 100 000 dollars en 1956, est multiplié par 30 lors de la dissolution de la société en 1969. Entre temps, en 1965, Warren Buffett fait l’acquisition d’une entreprise de textile d’une petite ville du Massachusetts : Berkshire Hathaway. Il modifie totalement la structure financière de l’entreprise et, même s’il conserva dans un premier temps l’activité textile de la société, il en fit également une holding pour d’autres investissements.

L’essor extraordinaire de Warren Buffet

Lors de la décennie suivante, en 1973-1974, après le choc pétrolier, Warren Buffett profita de l’effondrement des marchés pour acquérir bon nombre d’entreprises à prix cassés. La suite, on la connaît, Warren Buffet n’eut de cesse d’appliquer ses stratégies d’investissement dans la valeur, devenant le troisième homme le plus riche du monde (après Jeff Bezos et Bill Gates), à la tête d’une société pesant plus de 530 milliards de capitalisation boursière.

Investir comme Warren Buffett : stratégies et philosophie d’une des plus grandes fortunes mondiales

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Buffett : un investisseur value

On l’a vu, Warren Buffet est un disciple de Benjamin Graham, et donc, un investisseur value. Au cœur de sa stratégie d’investissement, l’estimation de la valeur intrinsèque, afin de ne se positionner que sur les sociétés sous-évaluées, c’est-à-dire s’échangeant à un cours inférieur à leur valeur fondamentale (avec une marge de sécurité).

S’il garda la philosophie d’investissement de Graham, il adapta cependant ses stratégies d’investissement jusqu’à créer un style d’investissement qui lui soit propre. Ainsi, Warren Buffett a-t-il investi dans de nombreuses entreprises dans lesquelles son illustre maître n’aurait jamais mis les pieds. La raison : Buffett s’est affranchi de la seule analyse de bilan et étudie en complément la valorisation de la croissance. Il a donc ajouté à l’approche de Graham l’évaluation du potentiel de croissance à venir d’une entreprise.

Les éléments clés de la stratégie d’investissement de Warren Buffett

Au cœur de la stratégie de Warren Buffett, on retrouve donc les éléments suivants : valeur intrinsèque, marge de sécurité, indépendance vis-à-vis des marchés financiers, mais aussi discipline, patience, adaptation.

Warren Buffett prône en outre une diversification modérée des actifs. Un portefeuille doit selon lui trouver le juste équilibre entre une trop forte concentration qui induirait des risques et une surdiversification qui pourrait nuire aux bénéfices.

Autre élément qui tient particulièrement à cœur à Buffett : la stratégie Buy & Hold. Un investisseur, s’il acquiert de bons titres, doit les conserver dans la durée et éviter ainsi le manque à gagner lié à une sortie prématurée d’un bon investissement.

Enfin, Warren Buffett enjoint les investisseurs à s’adapter au contexte macro-économique et à ne pas rester trop figé dans ses positions. Ainsi, l’oracle d’Omaha, après de sérieuses déconvenues en 1989 avec US Airways, s’était promis de ne plus investir dans les compagnies aériennes, chose qu’il a réitérée dans les années 2010. De même, le célèbre investisseur s’est bien gardé, au changement de millénaire, de se positionner sur la Tech (ce qui lui a permis d’éviter d’être touché par la bulle Internet) mais cela ne l’a pas empêché, à la fin des années 2010, de parier sur Apple puis sur Amazon.  Changer d’avis pour s’adapter au marché est sans conteste l’approche la plus judicieuse.

Les critères de sélection d’un actif attractif selon Warren Buffett

Warren Buffett dispose de quelques critères de sélection lui permettant d’identifier de belles opportunités. Ainsi, une société devra afficher :

  • une bonne rentabilité des capitaux investis ;
  • un modèle économique facile à comprendre ;
  • des cash-flows réguliers ;
  • des avantages concurrentiels lui permettant de maîtriser ses prix ;
  • un fonctionnement relativement simple pour ne pas avoir besoin d’un génie pour être bien gérée ;
  • des revenus faciles à anticiper ;
  • un management gérant l’entreprise comme s’il en était propriétaire.

Les conseils avisés de Warren Buffet pour devenir riche


Warren Buffet dispense régulièrement aux investisseurs des conseils d’investissement, notamment lors des assemblées générales de sa société Berkshire Hathaway.

« Règle numéro un : ne perdez pas d’argent ; règle numéro deux, n’oubliez jamais la règle numéro un. »

Si cette citation connue est plus amusante qu’éclairante, l’oracle d’Omaha a aussi l’habitude d’illustrer ses grands principes d’investissement par des sentences drôles ou édifiantes.

Ainsi, sur la nécessité de bien comprendre les entreprises dans lesquelles on investit, Buffett déclare : « Le risque provient de ne pas savoir ce que l’on fait. » Pour expliquer l’importance de choisir une société aux fondamentaux solides, il souligne : « Mieux vaut acheter une entreprise extraordinaire à un prix ordinaire qu’une entreprise ordinaire à un prix extraordinaire. » Enfin, il illustre son amour pour la stratégie d’investissement Buy & hold en affirmant :

« Notre horizon d’investissement préféré est pour toujours. »

Les choix d’investissements et le portefeuille de Warren Buffett

Le portefeuille de Warren Buffett est, conformément à ses principes, modérément diversifié et compte une quarantaine d’entreprises. Notez cependant que la société reste assez concentrée sur 6 valeurs principales : Apple, Bank of America, Wells Fargo, Coca-Cola, Kraft-Heinz et American Express. Notez qu’Apple a pendant longtemps été la seule valeur technologique détenue par Warren Buffet (à hauteur d’environ 25 % du portefeuille tout de même). Berkshire Hathaway a néanmoins opté en mai 2019 pour un investissement (la hauteur de la participation n’est pas encore connue) dans le géant mondial du e-commerce Amazon, estimant avoir été « idiot » de ne pas avoir investi dans la compagnie de Jeff Bezos avant.

Le process de sélection est toujours le même : repérer une entreprise avec de bons fondamentaux, proposant un produit connu et reconnu, indispensable, présent dans de très nombreux points de vente et dégageant d’importantes marges. Le but est d’investir dans de larges capitalisations, bien établies, disposant d’avantage(s) concurrentiel(s) fort(s) dans leurs secteurs.

On peut par exemple reprendre la success story Gillette, pour illustrer la stratégie d’investissement de l’Oracle d’Omaha. Il s’agit d’une entreprise fournissant des biens de consommation courante, présent sur de très nombreux points de vente (aux États-Unis mais aussi ailleurs dans le monde), détenant une part de marché conséquente, leader dans son secteur : les lames de rasoir.

On connaît aussi l’affection que porte Warren Buffet au groupe Coca-Cola dont il aime la force de la marque, la position de leader, la distribution sur tout le globe dans un nombre de points de vente considérable.

Les valeurs du secteur financier sont aussi particulièrement appréciées de l’oracle d’Omaha, qu’il s’agisse de Wells Fargo, Bank of America ou encore Goldman Sachs qu’il a participé à renflouer après la crise financière de 2008-2009. On soulignera qu’il s’agit d’un secteur bien connu de Buffett (et il insiste toujours sur l’importance d’investir dans ce que l’on comprend) et de poids lourds du marché de la bancassurance.

Les 5 erreurs et mauvais choix d’investissements de Warren Buffet

Warren Buffett, durant sa longue carrière d’investisseur, a fait des erreurs. Il le reconnaît d’ailleurs lui-même et, loin de jeter l’opprobre sur les investisseurs qui feraient des erreurs, il leur offre plutôt une porte de sortie avec l’un de ses désormais célèbres conseils :

« Si jamais vous vous retrouvez dans un bateau qui coule, l’énergie pour changer de bateau est plus productive que l’énergie pour colmater les trous. »

Autrement dit, en cas d’erreurs, rien ne sert de s’obstiner, mieux vaut vendre !

La société pétrolière Conoco Philips

Parmi les principales erreurs de parcours dans le trajet extraordinaire de l’oracle d’Omaha, on peut relever la société pétrolière Conoco Philips, achetée en 2008 à un prix beaucoup trop élevé. En raison d’une mauvaise analyse de la situation (volatilité historique des prix du Brut et importance du caractère cyclique du secteur notamment), Buffett n’a pas anticipé la chute des prix de l’énergie. Résultat : l’investissement de 7 milliards a perdu quasiment la moitié de sa valeur en 6 mois.

La compagnie aérienne US Airways

On peut également revenir sur l’investissement dans la compagnie aérienne US Airways à la fin des années 1980. Warren Buffett, séduit par la croissance considérable du chiffre d’affaires, n’a pas anticipé que, pour certaines sociétés, une très forte croissance entraîne un besoin de capitaux supplémentaires (nouveaux avions à acquérir dans le cas précis) qui rendent impossibles une augmentation des bénéfices.

La société Dexter Shoes

L’investissement en 1993 dans la société Dexter Shoes, est également l’un des échecs cuisants de Warren Buffett qui a acquis des parts dans cette société en pensant qu’elle conserverait pendant longtemps encore son avantage concurrentiel, ce qui ne fut pas le cas. L’ardoise s’élève à 3,5 milliards de dollars. Les pertes sont lourdes.

Sa participation à la fusion Kraft et Heinz

Au printemps 2019, Buffett est revenu sur ce qu’il considère comme une « erreur de jugement » pour qualifier sa prise de participation au moment de la fusion entre Kraft et Heinz en 2015, estimant qu’il avait « surpayé » Kraft. La perte a été de 4 milliards tout de même.

L’achat de l’entreprise Berkshire Hathaway

La plus grosse erreur de Warren Buffett en matière d’investissement, est peut-être celle qui a donné son nom à sa société d’investissement. En effet, lorsque Warren Buffett achète la société de textile Berkshire Hathaway dans les années 1960, c’est pour redresser la société et la rendre rentable. Ses efforts seront vains et, 20 ans après son rachat, Buffett jette l’éponge et abandonne totalement les activités textiles. Elle sera désormais exclusivement une société financière !

Berkshire Hathaway, conglomérat créé par Warren Buffet

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Berkshire Hathaway est en effet la holding qui abrite tous les investissements de l’Oracle d’Omaha.

Très suivie par les marchés financiers, la lettre aux actionnaires annuelle de Berkshire Hathaway, rédigée par Warren Buffett, est l’occasion pour le milliardaire d’exposer sa vision de l’investissement, de dévoiler ses dernières acquisitions, de donner son ressenti sur le contexte macro-économique, voire même de se prononcer sur certaines pratiques en matière d’investissement. Ainsi, en 2017, il dénonçait les frais exorbitants imposés par les fonds spéculatifs.

Dans ses comptes rendus annuels, consultables sur le site de Berkshire Hattaway, Buffett partage avec le public, sa philosophie d’investissement, avec un réel effort de pédagogie et de clarté.

Les assemblées générales de Berkshire Hathaway, grandes messes de l’investissement que Buffet qualifie de « Woodstock du capitalisme », sont aussi l’occasion de redécouvrir la figure de Charlie Munger, vice-président de Berkshire Hathaway qui évolue dans l’ombre de Warren Buffett. Pourtant, ce complice de Buffett a activement participé à l’édification de l’empire Berkshire Hathaway. Il a en effet largement contribué à dénicher des actions sous-évaluées de sociétés présentant des fondamentaux solides et possédant des avantages concurrentiels durables. Charlie Munger attache en effet une très grande importance à la qualité des actifs. Il est également convaincu de l’importance de connaître tous les aspects d’une entreprise (business model, produits, rapports annuels, etc.) pour mieux saisir les enjeux économiques.

Les livres préférés de Warren Buffet sur la Bourse

L’investisseur intelligent de Benjamin Graham

On commencera bien évidemment cette liste avec « L’investisseur Intelligent » de Benjamin Graham que Warren Buffett a lu à 19 ans et dont la lecture l’incitera à intégrer la Columbia Business School, dans le but d’apprendre l’analyse financière avec Graham.

Il s’agit de l’un des livres sur l’investissement les plus lus au monde. Warren Buffett le considère comme étant « de loin le meilleur livre sur l’investissement qui ait jamais été écrit ».

Le petit livre pour investir avec bon sens de John Bogle

Warren Buffet conseille également « Le petit livre pour investir avec bon sens » de John Bogle, le fondateur du fonds d’investissement Vanguard, l’un des plus grands investisseurs au monde. L’oracle d’Omaha explique : « Certains gérants sont très bons, même si, à court terme, il est difficile de faire la différence entre la chance et le talent. La plupart des gérants, en revanche, savent mieux facturer de gros frais de gestion que réaliser de grosses performances. En vérité, leur principale compétence est leur technique de vente. Au lieu d’écouter leur chant de sirène, les investisseurs, petits et grands, devraient plutôt lire The Little Book of Common Sense Investing, de John Bogle. »

Investing Between The Lines de L.J. Rittenhouse

Enfin, Warren Buffet a récemment conseillé « Investing Between the Lines » de L.J. Rittenhouse, publié en 2013 (et disponible en anglais uniquement) dans lequel l’auteur donne les clés pour décrypter la communication financière des entreprises et en tirer des informations utiles à l’investissement.

Sources des images : Daniel Suchnik, Freepik, Berkshire Hathaway

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