Fraude à la carte bancaire : nos conseils pour s’en protéger

Le 16 septembre 2019

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La fraude à la carte bancaire est de plus en plus fréquente. Comment s’en prémunir ? Que faire en cas de falsification, de perte ou de vol d’une carte bancaire ?

Alors que vient d’entrer en vigueur de la deuxième Directive sur les Services de Paiement (DSP2), une étude de l’UFC-Que-Choisir vient de dévoiler que les fraudes à la carte bancaire avaient explosé de 36 % en un an. C’est désormais 1,2 millions de ménage environ qui sont concernés chaque année par ce préjudice qui s’élève à 860 euros en moyenne. Il est désormais essentiel que l’ensemble des particuliers prenne conscience de ce risque, d’autant que quelques précautions peuvent permettre de s’en prémunir. Par ailleurs, il est important de connaître la procédure à suivre si vous êtes victime d’une fraude. Nos explications.

Carte bancaire : les fraudes de plus en plus fréquentes

Selon le Rapport annuel 2018 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement publié en 2019, la fraude bancaire a bondi de 36 % en 2018, pour atteindre plus d’un milliard d’euros. Plus de 1,2 million de ménages se sont déclarés victimes d’au moins une escroquerie bancaire en 2018, soit une hausse de 144 % depuis 20106, pour un coût moyen de 860 euros par foyer victime Les techniques employées par les fraudeurs sont variées : contrefaçon de la carte, utilisation du code confidentiel, vol, etc.

Plusieurs facteurs expliquent la flambée de ces escroqueries. Tout d’abord, la carte bancaire est de plus en plus utilisée pour réaliser des achats en ligne, ce qui augmente le nombre de victimes potentielles. Il y a ensuite un transfert de la criminalité vers ce type d’arnaques jugées moins risquées que le trafic de stupéfiants ou encore les braquages.

Enfin, une étude de l’ONDRP de mai 2018 souligne le manque de vigilance des détenteurs de cartes bancaires lors des achats en ligne. Hors, « les achats à distance sont sept fois plus fraudés que les retraits en distributeurs et dix-sept fois plus risqués que les paiements en magasin » souligne l’UFC-Que Choisir en s’appuyant sur les chiffres du Rapport annuel 2018 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, publié en 2019. Le e-commerce, même s’il concerne seulement 15 % des opérations par carte bancaire, représente 70 % des fraudes.

En 2016, 70 % des ménages ont déclaré s’être aperçus de la fraude en consultant leur compte, contre 63 % en 2015. La part des ménages ayant été alertés par leur organisme bancaire diminue progressivement : 29 % en 2014 et 22 % en 2016.

Fraudes bancaires : comment s’en prémunir

Si le risque zéro n’existe pas sur Internet, certaines précautions permettent de se prémunir d’une grande partie des risques de fraude bancaire.

Assurez-vous que le site internet est suffisamment fiable et protégé

La majorité des fraudes bancaires sont liées à des paiements sur Internet via des sites insuffisamment sécurisés. Avant d’indiquer votre numéro de carte pour finaliser votre achat, pensez à vérifier que le site internet est fiable et protégé. Pour cela, consultez la barre de navigation. L’adresse du site doit débuter par « https » et non « http ». Privilégiez les sites qui ont mis en place une double sécurité, avec une confirmation de paiement par SMS par exemple.

Cachez systématiquement votre code confidentiel

Que ce soit au distributeur ou en magasin, il est conseillé de faire preuve de prudence lorsque vous tapez votre code confidentiel. Il en est de même pour le cryptogramme qui correspond aux trois derniers chiffres inscrits au dos de votre carte bancaire. Celui-ci est indispensable pour valider une transaction en ligne et doit donc être camouflé.

Découvrir notre dossier La carte bancaire décryptée

N’enregistrez pas vos données bancaires

Lors du paiement, certains sites Internet proposent une option permettant de conserver vos données bancaires afin de gagner du temps au prochain achat. Il est recommandé de décocher systématiquement cette case sauf si vous êtes un client vraiment régulier et que vous avez une entière confiance dans ce site. Dans ce cas, assurez-vous que le mot de passe lié à votre compte est suffisamment sécurisé.

Une législation plus protectrice des consommateurs

La DSP2 est entrée en vigueur (en théorie du moins) le 14 septembre 2019. Cette directive européenne sur les services de paiement qui a notamment pour but de renforcer la sécurité des paiements en ligne devrait être effective d’ici 4 à 18 mois seulement. Le retard des professionnels et le sous-équipement des Français en smartphones biométriques expliquent ce délai supplémentaire accordé aux banques. À l’avenir, le code reçu par SMS pour valider un achat en ligne ne sera plus suffisant. Les banques devront en effet obligatoirement proposer à leurs clients une double authentification lors d’une transaction en ligne supérieure à 30 euros parmi les trois possibilités suivantes :

  • communiquer un mot de passe connu de lui seul ;
  • posséder un téléphone ou une carte à puce ;
  • disposer d’une caractéristique personnelle (empreinte digitale, reconnaissance faciale ou vocale).

Nul doute que ce nouveau process devrait faire baisser considérablement le nombre de fraudes !

Victime d’une fraude bancaire, que faire ?

Le principe est simple : si votre carte bancaire a été utilisée frauduleusement, vous avez droit au remboursement des sommes débitées sur votre compte. Si votre carte a été perdue ou volée, une franchise de remboursement peut parfois s’appliquer. Les règles applicables au remboursement des sommes frauduleusement débitées via la carte bancaire du consommateur figurent à l’art. L. 133-19 du Code monétaire et financier. Il s’agit d’une obligation légale pour la banque.

Dès lors que vous constatez la disparition de votre carte bancaire, vous devez immédiatement contacter votre banque par téléphone pour faire opposition. Cette démarche doit ensuite être confirmée par l’envoi d’une lettre recommandée avec avis de réception. L’opposition s’applique dès que votre établissement financier est prévenu. Après la date de votre opposition, votre responsabilité est totalement dégagée pour toutes les opérations frauduleuses.

Se faire rembourse relève cependant bien souvent du parcours du combattant. 20 % des fraudes bancaires ne sont jamais indemnisées soulignait en 2018 le Rapport d’enquête Cadre de vie et sécurité du Ministère de l’Intérieur. Et selon une enquête réalisée par l’UFC-Que Choisir en 2019 auprès de 460 consommateurs victimes de fraude au cours des douze derniers mois, la durée moyenne d’indemnisation est de 21 jours.

N’oubliez pas qu’il revient à la banque d’établir la faute de leur client. Vous n’avez donc pas à fournir des justificatifs pour prouver votre bonne foi, et vous n’êtes en aucun cas obligé de déposer plainte. En cas de problème avec votre banque, et notamment de manœuvres dilatoires, vous pouvez vous adresser au médiateur de votre établissement bancaire mais aussi vous tourner vers des associations de consommateur comme UFC-Que choisir ou bien saisir l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions et ne peuvent être assimilées à une prestation de conseil en investissement financier, ni à une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans qu’aucun recours contre la société éditrice de Cafedelabourse.com ne soit possible. La responsabilité de la société éditrice de Cafedelabourse.com ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’erreur, d’omission ou d’investissement inopportun.

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