Bourse : à quoi faut-il s’attendre pour la fin d’année 2020 ?

Le 24 septembre 2020

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Alors que la période estivale a été plutôt bonne pour les marchés européens et américains, la rentrée est beaucoup plus nerveuse avec le retour en force des craintes sanitaires et de leur impact sur l’économie qui annoncent une fin d’année très incertaine pour les marchés financiers.

Les marchés financiers tiraillés entre la crainte de la crise sanitaire et les politiques encourageantes des banques centrales

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La volatilité omniprésente sur les marchés financiers américains

La volatilité sur les marchés américains, mesurée notamment par le VIX, est retombée en août à 22, soit son plus bas niveau depuis fin février, alors qu’elle culminait à plus de 80 lors du pic de stress en mars. Puis, la situation s’est à nouveau dégradée début septembre, avec un décrochage des valeurs techs américaines qui s’est étendu à l’ensemble des indices actions, même ceux qui sont moins exposés au valeurs technologiques.

Apple a décroché de plus de 20 % en quelques jours mais la correction a également été prononcée pour les autres GAFA qui ont perdu entre 15 % et 20 % en l’espace de quelques jours, effaçant la performance remarquable du mois d’août.

Les indices boursiers européens également très touchés

Les indices européens ont été touchés par cette vague de stress née aux États-Unis, le CAC 40 retombant sur les niveaux de début août mais faisant également une incursion sous le biseau latéral dans lequel il évoluait depuis le mois de juin, signal graphique plutôt dangereux.

Entre discours optimiste des banques centrales et crise sanitaire qui s’aggrave

La situation observée depuis la rentrée laisse donc présager de ce qui nous attend pour les mois à venir : d’un côté des banques centrales qui continuent de marteler qu’elles resteront présentes le temps qu’il faudra pour soutenir l’économie, favoriser un redressement de l’inflation et faire baisser le chômage ; et de l’autre, les risques sanitaires et les craintes économiques qui pèsent avec la « seconde  vague » qui touche l’Europe actuellement et un nombre de cas toujours élevé sur le continent américain.

Pour les marchés, c’est donc un match entre des pressions baissières liées au risque sanitaire et des pressions haussières entretenues par les banques centrales, Fed et BCE notamment.

La logique voudrait que ces deux forces poussent les indices actions à la consolidation, notamment aux États-Unis où le rallye depuis mars a été particulièrement spectaculaire, notamment sur les valeurs de croissance. En témoigne la performance du Nasdaq mais également du SP 500, dont les GAFAM représentent près d’un quart de la capitalisation boursière.

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Les marchés actions américains et européens sous haute tension

Quels sont les facteurs d’amélioration ou d’aggravation de la situation économique ?

Pour résumer, voici les risques auxquels sont confrontés les marchés actions, en Europe et aux États-Unis dans les semaines qui viennent :

  • craintes d’une nouvelle dégradation économique notamment en zone euro avec l’accroissement du nombre de cas de Covid-19 ;
  • absence d’accord aux États-Unis sur le prochain volet de soutien économique ;
  • élection américaine qui approche ;
  • tensions technologiques entre les États-Unis et la Chine après les décisions concernant les applications TikTok et WeChat ;
  • crainte sur le consommateur américain (la confiance des consommateurs même si elle a un peu rebondit récemment reste très largement sous les niveaux pré-Covid, sans oublier les demandes continues d’allocations chômage aux États-Unis qui s’affichent toujours à plus de 12 millions avec une pente de repli seulement très progressive).

Face à ces risques, l’action toujours massive des banques centrales restera en place dans les mois qui viennent. Il est nécessaire de rappeler que le bilan de la Fed est passé de 4 200 milliards de $ avant le Covid-19 à plus de 7 000 milliards de $ aujourd’hui. Même si le bilan de la Fed ne « gonfle » plus depuis plusieurs semaines, il reste à des niveaux historiquement élevés. Même constat pour le bilan de la BCE qui pèse plus de 6 500 milliards de € désormais contre environ 4 700 milliards de € avant la crise sanitaire.

Les banques centrales : de nouvelles mesures de soutien budgétaire ?

Il est impossible dans le contexte actuel que les banques centrales fassent le choix de diminuer leurs interventions. Mais en revanche, il n’est pas garanti qu’elles annoncent de nouvelles mesures tout de suite, notamment aux États-Unis où plusieurs membres de la Réserve Fédérale mentionnent publiquement la nécessité de nouvelles mesures de soutien budgétaire, ce qui dépend donc d’un accord au Congrès entre Démocrates et Républicains.

Mais l’approche de l’élection rend les négociations plus tendues et freine la mise en place de nouvelles mesures même si des décrets présidentiels ont permis de prolonger les indemnité chômage absolument vitales dans une économie qui n’a récupéré que la moitié des emplois détruits depuis le début de crise : il manque encore plus de 11 millions d’emplois aux États-Unis pour retrouver les niveaux d’avant Covid…

Le Fed ne peut pas se substituer au gouvernement américain mais peut faire « pression » sur les acteurs politiques, en n’annonçant pas de nouvelles mesures dans l’immédiat, pour les pousser à accélérer les négociations sur le prochain volet de soutien économique.

La hausse des marchés depuis mars, en Europe et aux États-Unis, a été clairement catalysée par l’action des banques centrales.

L’absence de nouvelles annonces de politique monétaire, alors que le risque sanitaire s’accroît de nouveau, et en l’absence de nouvelles décisions budgétaire ouvre une phase plus nerveuse pour les marchés qui pourrait se prolonger jusqu’à l’élection américaine. Sachant que cette échéance pourrait également entretenir la volatilité si Donald Trump ne reconnaît pas le résultat de l’élection en cas de scrutin défavorable, ce qu’il a menacé de faire par rapport aux votes par correspondance notamment.

Les marchés actions font preuve d’attentisme : la consolidation après la correction

Dans ce contexte, il ne serait pas surprenant de voir les indices actions poursuivre une phase de consolidation en attendant que les paysages sanitaire, politique et économique, n’offrent une meilleure visibilité.

La secousse observée sur les marchés en septembre doit être perçue comme une réplique après l’épicentre du stress en mars, ce qui signifie qu’il est peu probable de voir les indices se rapprocher à nouveau des niveaux de mars. Cela signifie aussi que les creux de marché qui se forment sont plutôt des opportunités de repositionnement haussier pour le moyen terme, plutôt que l’émergence de mouvements baissiers durables, notamment avec les banques centrales toujours présentes. Mais ces répliques de stress peuvent être assez puissantes tout de même, même dans un environnement de taux faibles.

Même si les marchés vont rester encore longtemps dans un environnement de « TINA » (There Is No Alternative, en référence à la faiblesse des taux qui n’offrirait pas d’autre choix que d’aller sur les actions), cela ne signifie pas pour autant que la tendance doit être linéaire et régulière. L’environnement de taux bas est déjà présent en Europe depuis de nombreuses années et cela n’a pas empêcher les indices actions de connaître de sérieux trous d’air.

La correction récente des valeurs de croissance n’est pas forcément une mauvaise chose car elle permet de soutenir un peu la thématique value même s’il n’y a pas de miracle : la forte baisse sur les techs (valeurs de croissance) a quand même fini par impacter la value par effet de contagion même si le degré de correction est plus faible.

Ce n’est donc pas une baisse des techs qui permettra aux indices de valeurs « traditionnelles » comme le CAC 40 ou le DAX ou encore le Dow Jones de flamber à la hausse mais bien une amélioration sur le front sanitaire qui dégagera la visibilité économique. Sachant que les niveaux d’épargne ont fortement progressé en Europe et aux États-Unis, le signal sanitaire sera le plus puissant, probablement plus puissant désormais que le signal monétaire (banques centrales) car c’est lui qui débridera les comportements de consommation, bénéficiant ainsi à l’ensemble des valeurs et des secteurs.

Un contexte macro-économique tendu qui pèse aussi sur les marchés des devises et des taux

Les devises pourront un peu influencer le comportement des indices mais pas forcément de manière décisive. Les récentes déclarations des membres de la BCE montrent que la zone des 1.20 $ est une zone importante qu’il sera donc difficile de franchir durablement, mais il n’est pas garanti pour autant que l’euro rechute lourdement. Une partie du rallye de l’euro est certes imputable à la faiblesse du dollar mais l’autre partie est également due à la mise en place d’un plan de relance historique traduisant une plus grande cohésion des pays européens, contrairement à ce qui s’était passé lors de la crise de la dette en zone euro en 2011/2012. Nous pourrions donc continuer de voir l’euro évoluer entre 1.15 $ et 1.20 $ d’ici la fin de l’année.

Il est peu probable d’assister à un redressement brutal des taux souverains avec la présence toujours soutenue des banques centrales mais nous ne devrions pas non plus assister à de nouvelles phases de baisse prononcées. Il est peu probable de voir le taux 10 ans allemand revenir sur le point bas de mars.

Matières premières : consolidation du pétrole et maintien de la hausse pour l’or et l’argent

Sur le front des matières premières, le pétrole devrait continuer à consolider, comme les indices, pendant quelques temps après le rallye observé entre avril et août. La correction récente du pétrole s’est faite en même temps que les marchés actions. Il serait surprenant de voir le pétrole grimper fortement en l’absence d’appétit pour le risque plus prononcé sur les actions. Et cela dépendra en grande partie des données macroéconomiques… et sanitaires.

Malgré la correction récente des métaux (or et argent), rien ne plaide pour un retournement baissier durable des cours dans le contexte de taux et d’inflation actuel : la présence des banques va continuer à écraser les taux avec des rendements réels toujours sous pression, ce qui devrait continuer à soutenir le cours des ces métaux. Cela ne signifie pas forcément une nouvelle explosion haussière d’ampleur mais plutôt un maintien proche des plus hauts touchés en août, voire d’une poursuite de la hausse, mais moins marquée que la précédente.

Source des images : Freepik

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Alexandre-Baradez

Alexandre Baradez

Chief Market Analyst - IG - Site internet

Alexandre Baradez, diplômé de l’ESCE en 2003 a d’abord évolué plusieurs années chez BNPPARIBAS puis au sein de la Banque ROBECO avant de rejoindre SAXO BANQUE en 2009 en tant que Sales Trader. Son expérience des marchés financiers et plus particulièrement du Forex lui confère rapidement le rôle d’Analyste Marchés. Interlocuteur privilégié des médias, il délivre quotidiennement des analyses sur les marchés, tendances, risques macro-économiques et participe régulièrement à des conférences dédiées aux investisseurs. En novembre 2013, il rejoint le groupe IG, leader mondial des CFD côté à Londres au FTSE 250, en tant que Chief Market Analyst.

IG propose une solution d’investissement permettant d’investir avec effet de levier sur plus de 10 000 valeurs mondiales via une plateforme et des applications mobiles plusieurs fois récompensées. En tant que courtier en ligne, IG permet d’accéder à plus de 6000 actions d’une vingtaine de bourses différentes, dont Paris Londres et New York, les principaux indices mondiaux disponibles 24h/24, les matières premières (or, pétrole, soja, blé, nickel), les devises, les obligations et produits de taux et enfin les options.

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