De la salle des marchés à la direction d’une société de gestion, Roni Michaly partage son parcours et les grandes leçons tirées de son expérience. À la tête de Galilee Asset Management, il décrypte son rôle au quotidien, sa méthode d’investissement structurée et son approche thématique, notamment sur des segments porteurs comme l’exploration spatiale.
Dans un contexte de marchés incertains, il livre également sa lecture macro-économique et ses conseils concrets pour les investisseurs particuliers qui souhaitent investir en Bourse. Retrouvez l’interview complète en vidéo et des extraits choisis dans cet article.
Vidéo : la méthode d’investissement d’un PDG de société de gestion
Roni Michaly, comment êtes-vous devenu CEO d’une société de gestion ? Qu’est-ce qui vous a le plus formé / marqué au cours de votre carrière ?
J’ai toujours su que ce secteur de la finance existait, c’était le métier de mon père et c’est aussi une passion familiale. Ce que je trouve passionnant, c’est que toutes sortes d’informations peuvent influencer les marches. Il faut être très ouvert d’esprit.
J’ai commencé sur le desk suisse à la Société Générale, j’ai appris la réactivité, l’efficacité.
Après je suis passé dans l’asset management, j’ai appris la mise en place de process. Une opportunité s’est présentée avec le départ de mon oncle, j’ai repris ses activités à la tête de Galilee Asset Management.
Le plus challenging a été de manager des personnes plus âgées que moi, il faut asseoir sa légitimité, mettre en place des process. On n’est pas préparé à la solitude du management. On n’a pas forcément de collègues. Cela a été difficile au début.
En quoi consiste votre métier de PDG d’une société de gestion concrètement ?
J’ai quatre métiers en un :
- je manage les équipes, fixe la stratégie, fixe les objectifs, donne des solutions ;
- je développe la société, assiste à des meetings avec des partenaires : CGP, family offices, marketing, presse ;
- je m’occupe de la gestion des portefeuilles, sélectionne des fonds, des ETF ;
- je protège la société en cas de litiges.
Au sein de la même heure, je fais de la gestion, je parle à des partenaires, je prépare une interview, je tranche sur du management.
Comment prenez-vous vos décisions d’investissement ?
Nous avons adopté chez Galilee Asset Management un système par coefficient, avec :
- le rationnel d’investissement coefficient 3 : il faut être convaincu par la thèse ;
- la valorisation coefficient 2 : on se demande si on achète cher ou pas cher ;
- l’analyse technique coefficient 1 : on cherche un momentum positif.
Le screening est d’abord quantitatif, on regarde le bilan, le compte de résultat, le cash flow, et devient ensuite plus qualitatif et on se penche sur le management, les opportunités, les forces et faiblesses. On donne un score croissance, un score value, un score momentum.
Enfin, arrive l’étape d’insertion en portefeuille. Comme une équipe de foot, les actions doivent être complémentaires. Il ne faut pas sélectionner des actions qui font la même chose.
Exemple concret / cas pratique d’investissement : prenons la thématique exploration spatiale, comment l’analysez-vous ?
L’investissement thématique est totalement different de l’investissement classique. Il est par essence international et multisectoriel. Il consiste à sélectionner les thématiques qui ont le plus de potentiel boursier. Pour cela, il faut savoir si la thématique est structurelle, en observant les perspectives au minimum à 20 ans.
On peut par exemple penser à l’exploration spatiale. C’est structurel, s’envisage sur plusieurs décennies, regroupe la navigation par satellite, les communications internet, les transactions financières, la transition énergétique, la météorologie, l’industrie, la santé, la technologie, le cloud, la cybersécurité.
Le catalyseur du développement du spatial a été la baisse du coût du lancement. On est passé de 18 000 dollars à 2 500 dollars aujourd’hui.
Sur cette thématique, on est à 27 fois les bénéfices, un peu plus cher que le marché donc, mais c’est une thématique qui intéresse.
Quelle est votre meilleure / pire décision d’investissement ?
Ma meilleure décision d’investissement : j’ai investi sur le pétrole en avril 2020. Il ne valait plus grand-chose. J’ai attendu que la crise passe. On a fait pas mal de plus-value.
Ma pire decision d’investissement, ça a été l’IPO de Klarna, le spécialiste du paiement fractionné. La croissance était là mais au niveau de la rentabilité, on a été déçu, le marché a été déçu.
Le plus important avec un mauvais investissement c’est : qu’est-ce qu’on fait ? Faut-il couper ? Conserver ? Réinvestir ?
Il ne faut pas s’entêter si un investissement n’est plus bon.
Quel est votre sentiment de marché actuel ? Quel conseil donneriez-vous à un investisseur particulier dans le contexte actuel ?
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La volatilité, il y en a tout le temps. Si on attend qu’il n’y ait aucun risque, on n’investit jamais. Or, il faut être investi, et de manière continue.
Avec la guerre, l’inflation plus élevée, la croissance plus faible, on pourrait penser que ce n’est pas le bon moment. Mais pour un investisseur particulier, c’est très difficile de timer le marché. La meilleure option reste l’investissement régulier, progressif, pour lisser les points d’entrée. Si vous achetez toujours le même montant, vous aurez plus d’actions achetées à bas prix. Sauf crise majeure, il est bon de continuer l’investissement progressif.
Pour finir, avez-vous une anecdote à nous partager ? Quelle est la demande la plus insolite qu’on vous ai faite par exemple ?
Un de mes gérants est venu me voir avec un PowerPoint en me disant j’aimerais créer des indices thématiques. C’était assez éloigné de son job. Mais on l’a suivi et on a créé des indices internes, qu’on a soumis à l’AGEFI et qui nous a décerné la coupole de l’innovation.
On a créé des AMC (Actively Managed Certificates), des sortes de trackers sur l’exploration spatiale, le luxe, l’IA, etc.
On est allé voir un provider et on a créé des indices.
Aujourd’hui, nous avons trois activités : gestion de fonds, mandats et création d’indices.
Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions et ne peuvent être assimilées à une prestation de conseil en investissement financier, ni à une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans qu’aucun recours contre la société éditrice de Cafedelabourse.com ne soit possible. La responsabilité de la société éditrice de Cafedelabourse.com ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’erreur, d’omission ou d’investissement inopportun.
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