5 raisons en faveur de la féminisation de la finance

Le 04 mars 2020

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La finance reste un monde d’hommes. En France, les femmes représentent plus de la moitié des personnes travaillant dans le secteur de la bancassurance. Pourtant, elles sont très peu nombreuses à occuper des postes à haute responsabilité et sont, de ce fait, peu visibles.

Le problème est loin d’être circonscrit à nos frontières. D’après une étude du FMI, seuls 2 % des banques dans le monde ont une femme à leur tête. Récemment, le collectif Variant Perspectives s’offusquait du fait que seuls 3 % des fonds d’investissements appartenaient à des femmes aux États-Unis en 2019. Dans les pays de l’OCDE, 20 % seulement des sièges des conseils d’administration des plus grandes entreprises cotées en bourse sont occupées par des femmes.

Les femmes sont encore trop peu représentées dans le monde de la finance. Pourtant, la situation aurait tout intérêt à changer et les femmes à être un peu plus représentées. La preuve par 5 !

Les femmes gagnent aussi de l’argent et doivent valoriser leur capital comme leur patrimoine

Les femmes sont celles qui ont les situations les plus précaires, qui subissent le plus le travail à temps partiel contraint, mais leur situation s’est tout de même bien améliorée depuis quelques dizaines d’années. En effet, il aura fallu attendre 1965 pour que la femme puisse travailler, ouvrir un compte en banque et signer ses propres chèques sans l’accord de son mari, et 1967 pour que les femmes soient enfin autorisées à entrer à la Bourse de Paris et à investir.

Désormais, pour la plupart, elles travaillent. 67,6 % des femmes de 15 à 64 ans travaillent selon la dernière étude de l’INSEE sur la population active. Il y a plus de femmes actives qu’il n’y en a jamais eu et leurs revenus croissent. Leur poids dans l’économie et dans la création d’entreprise est en constante augmentation. Le poids et la diversité des femmes Solos (célibataires, divorcées, veuves) ne peuvent plus être négligés. Les femmes non seulement gagnent de l’argent mais sont également concernées par les questions relatives à la valorisation du patrimoine, à la préparation de leur retraite et à la transmission. Elles aussi peuvent se demander que faire d’un héritage, comment transmettre leur capital à leurs enfants, etc.

Alors bien sûr, elles peuvent avoir recours aux intermédiaires financiers classiques pour savoir comment faire fructifier leur capital et bâtir une stratégie patrimoniale, mais elles peuvent aussi, même si l’offre est encore relativement limitée, confier la gestion de leur argent à d’autres femmes. Aujourd’hui, ce type de service est surtout accessible aux femmes possédant un patrimoine relativement conséquent. Par exemple, signalons l’initiative de la banque privée Oddo qui a ainsi mis en place la plateforme « The Ladies Bank », dédiée aux femmes, qui met l’accent sur le conseil, la pédagogie et ambitionne d’exposer à chaque femme les différentes possibilités d’investissement qui s’offrent à elles.

Mais ce n’est pas la norme et le dernier rapport « Women in Financial Services », publié par le cabinet Oliver Wyman fin 2019, alerte sur le fait que les femmes sont non seulement peu présentes au sein des services financiers mais qu’elles sont aussi négligées en tant que clientes. En effet, on n’accorde pas aux femmes les mêmes prêts ni les mêmes conditions que les hommes. Le chemin est encore long !

Les femmes tiennent les cordons de la Bourse et les finances du ménage

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Au sein des foyers, même si les revenus apportés par les hommes sont bien souvent supérieurs à ceux de la femme : en équivalent temps plein (les femmes touchent 18,5 % de moins que les hommes selon une étude de l’observatoire des inégalités publiée en 2019, les femmes sont néanmoins souvent celles qui tiennent les cordons de la Bourse.

Aux États-Unis, 60 % des femmes gèrent l’argent du foyer. En France, la situation est similaire. Le courtier en crédits Meilleurtaux et sa filiale Meilleurebanque ont publié le 8 mai 2018, une étude portant sur les habitudes des couples en matière de gestion de leurs finances personnelles, en partenariat avec l’institut de sondage Opinion Way.

63 % des hommes et 64 % des femmes revendiquent la gestion des finances du couple.

Et l’étude montre que la part des femmes qui tient les cordons de la Bourse augmente lorsque l’on s’intéresse aux jeunes générations.

Pourquoi les femmes sont-elles si investies dans la gestion des finances personnelles ? Dans une interview de Christine Lagarde réalisée par La Tribune en octobre 2019 la nouvelle présidente de la BCE explique : « ce sont elles, qui, le plus souvent, gèrent les finances de la famille, la cellule économique de base, car elles sont connues pour leur gestion prudente, rigoureuse, et leur vision à long terme ».

Consulter aussi notre article Ces 10 femmes qui contrôlent la finance

Finance : Les femmes sont plus performantes que les hommes

L’accès dans la profession reste difficile aux femmes, alors même que les performances des portefeuilles d’actifs gérés par les femmes sont souvent meilleures que celles des hommes.

Le filtre féminin est en effet source de performance dans la gestion d’actifs comme dans la gestion d’une société, de la petite startup à la grande entreprise cotée.

C’est du moins ce que révèlent de très nombreuses études telles que Woman Matters du cabinet Mc Kinsey de 2016 Gender diversity in senior positions and firm performance du FMI, publiée en 2016, Why women-owned start-up are a better bet du Boston Consulting Group, publiée en juin 2018, ou encore The X-factor: women changing the world de la Bank of America, publiée en 2018 également.

C’est fort de ces conclusions que la société de gestion FOX Gestion d’Actifs a annoncé en novembre 2019, le lancement d’un fonds grand public (OPCVM) « Valeurs Féminines Global », seul fonds investi dans des sociétés cotées dirigées exclusivement par une femme CEO.

Les femmes sont plus responsables

« L’aversion au risque des femmes transcende toutes les catégories, toutes les situations de famille et tous les types de comptes » indique l’étude Services financiers, ce que veulent les femmes du cabinet Exton Consulting parue en 2008 qui souligne que les femmes ont une vision des services financiers et du risque différente des hommes.

Même son de cloche chez Christine Lagarde, qui confiait dans une interview à La Tribune il y a quelques mois « avec plus de femmes à des postes de responsabilité dans la finance, on aurait évité des prises de risques excessives, qui ont abouti à la crise financière la plus terrible de l’après-guerre ».

« Si Lehman avait été Sisters au lieu de Brothers, le monde serait peut-être très différent aujourd’hui » explique Christine Lagarde dans une note du FMI intitulée « leçons et défis dix ans après la faillite de Lehman Brothers ». Et les faits sont là pour le prouver, la féminisation des instances dirigeantes dans une banque s’accompagne très souvent d’une diminution des risques financiers.

Parce que le genre ne devrait pas entrer en ligne de compte en Bourse comme ailleurs

« Quand quelqu’un me téléphone avec une idée d’investissement, je ne lui demande pas son genre car pour moi ça ne change rien », a assuré Warren Buffett, en marge de l’assemblée générale annuelle de sa société Berkshire Hathaway, en mai 2019. Ce qui devrait compter avant tout, c’est l’expertise et la compétence, pas une histoire de genre.

Comme aime à le répéter Christine Lagarde, « la féminisation de la finance n’est pas une option, c’est une nécessité ». Dernier argument s’il le fallait pour le prouver, la présence de femmes apporte aussi une diversité de points de vue, forcément bénéfique à l’entreprise, qu’elle soit du secteur de la bancassurance ou pas.

Source images : Freepik

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