Ces 10 femmes qui contrôlent la finance

Le 06 avril 2016

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Il est encore rare de trouver des femmes dans les salles de marchés. Une aberration pour l’ancien trader John Coats, dont l’étude sur le comportement des traders a montré que « les emballements boursiers seraient probablement réduits si le profil endocrinien des traders était plus diversifié : des hommes d’âge mûr et des femmes, moins soumis à de forts écarts de testostérone ». Certaines femmes n’ont pas attendu le résultat de cette étude pour s’installer dans les hautes sphères de la finance. Café de la Bourse vous explique ce qu’il faut savoir sur ces femmes qui comptent en finance aujourd’hui.

Femmes et finance : les talents d’aujourd’hui

Laura Pedersen, trader de génie

Pour ses 10 ans, elle a demandé des actions Coca-Cola. Pas étonnant donc que cette femme est la plus jeune à entrer à l’American Stock Exchange, à seulement 18 ans. Deux ans plus tard, elle devient le plus jeune trader à y obtenir un desk. Quatre années durant, elle réussit à enrichir ses clients de près de 5 milliards de dollars. Pour des raisons de santé, elle est contrainte d’arrêter le métier de trader à l’âge de 24 ans.

En 1994, elle est désignée par Bill Clinton comme l’une des dix exceptionnels jeunes Américains.

À 51 ans aujourd’hui, Laura Pedersen est toujours proche du milieu de la finance. Elle est journaliste financier et auteur d’ouvrages économiques, comme Buffalo Unbound, paru en 2011.

Le sixième sens de Meredith Withney

Elle est de loin la plus médiatique des analystes bancaires de Wall Street. Meredith Withney apparaît chaque semaine sur CNBC, Bloomberg ou encore Fox Business. Sa popularité est née de ses prévisions sur l’état des banques américaines en 2007 et d’une lettre pronostiquant leur faillite. Elle travaille alors à la banque d’investissement Oppenheimer Holdings.

A l’époque, Meredith Withney publie une recommandation à la baisse sur le titre Citigroup, qui voit en quelques heures fondre de 369 milliards de dollars sa capitalisation boursière.

En 2009, l’analyste crée sa propre firme de conseil, Meredith Whitney Securities, et tente d’obtenir le titre d’agence de notation de crédit pour concurrencer les mastodontes Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s.

Fatine Layt, de la corporate finance à l’Elysée

Le nom de cette femme d’affaires française a été évoqué pour un poste au sein du gouvernement Sarkozy en 2007. La rumeur retombe rapidement mais elle est peu surprenante à l’époque, vue la carrière de Fatine Layt.

Après avoir pris la tête de Sygma Presse et du groupe de presse CEPP, elle crée en 2000 son propre cabinet de conseil en fusions-acquisitions. Elle travaille avec Jean-Marie Messier pendant quelques années au sein de sa banque d’affaires, puis quitte J2M pour fonder la sienne, Partanéa. Elle est rachetée en 2007 par Oddo Corporate Finance. Depuis, Fatine Layt en est la présidente.

Michèle Lamarche s’occupe de nos dettes

Sous ses faux airs de Christine Lagarde se cache une négociatrice hors pair. Michèle Lamarche travaille depuis plus de 30 ans pour la banque Lazard, qu’elle a rejoint après un court passage à la Bank of America. Elle s’occupe principalement des restructurations des dettes souveraines des Etats. Elle a conseillé l’Argentine, la Côte-d’Ivoire, le Gabon et l’Irak dans le rétablissement de leurs systèmes économiques.

Dernier fait d’arme, la plus importante restructuration de dette souveraine, celle de la Grèce. Une opération qui aurait apporté à sa banque près de 25 millions d’euros de commissions durant les deux dernières années. A 65 ans, cette quais-inconnue en France est assise aux tables rondes de toutes les grandes restructurations de dette souveraine.

Leda Braga au sommet des hedge funds

Dans le monde des managers de hedge funds, on ne dénombre que très peu de femmes, mais s’il y en a une à retenir, c’est bien Leda Braga.

Née au Brésil, elle crée en 2001 le fonds BlueCrest’s qui a aujourd’hui près de 14 milliards d’actifs en gestion. Une somme considérable qui fait d’elle la manager de hedge fund la plus puissante. De 2005 à 2012, elle affiche une performance annuelle nette de 16,6%.

En 2011, elle a reçu lors de la cérémonie des Financial News Hedge Fund Awards à Londres le prix du meilleur manager de futures, du meilleur manager multi-stratégies et de la femme la plus influente dans l’industrie des hedge funds.

En janvier 2015, elle se lance dans l’aventure entrepreneuriale en créant son propre « hedge fund » Systematica, basé à Genève. Le fonds gère ses positions sur les marchés européens et américains. De nombreux clients vont la suivre, lui permettant de démarrer avec près de 8 milliards de dollars de capitaux. Aujourd’hui, son « hedge fund » quantitatif de 10 milliards de dollars, est le plus important créé par une femme.

Ariane de Rotschild, bien plus qu’une « femme de »

Présidente du comité exécutif du groupe Edmond de Rothschild, elle dirige et incarne depuis 2015 le groupe fondé par son beau-père, un établissement gérant 130 milliards d’euros. Un challenge personnel aussi que cette fonceuse a relevé. « J’ai eu un doute au départ, mais qui est vite passé », confie-t-elle dans les pages de Challenges.

Elle débute sa vie professionnelle dans la banque après Sciences-Po et un MBA à New York. Elle démarre en tant qu’analyste à New York pour le compte de la Société générale. Puis elle rejoint l’assureur américain AIG qui la charge de lancer sa filiale parisienne. En 1993, après un rendez-vous avec un client nommé Benjamin de Rothschild, elle arrête tout et fonde une famille tout en se consacrant à la philanthropie mais pour un temps seulement. En effet,

La crise des années 2000 fait bouger les lignes et les rôles, avec notamment de nouvelles réglementations. Il est temps d’adapter la banque à ces mutations et Ariane manifeste le désir de mener ces changements. Elle entre donc au conseil de surveillance du groupe en 2008, avant d’en devenir vice-présidente en 2009 et de prendre les commandes en 2015.

Joëlle Durieux au service de la compétitivité

La directrice générale du pôle de compétitivité Finance Innovation qui a été nommée Chevalier de la Légion d’Honneur en mars 2016 est une personnalité du monde économique et financier reconnue et désormais distinguée.

Diplômée de l’école de management Sup de Co de Bordeaux et titulaire d’un diplôme d’études de comptabilité supérieur, Jöelle Durieux a notamment exercé, entre 1998 et 2005,  les fonctions de directrice générale de HSBC Assurances puis, de directrice générale de la mutuelle d’épargne et de retraite La France mutualiste. Elle a rejoint le pôle de compétitivité mondial en 2007 en qualité de secrétaire générale avant d’en devenir la directrice générale en 2015. Cet organisme a pour objectif de conforter la position de la place financière de Paris en Europe, en développant son expertise et son positionnement offensif en matière de recherche et d’innovation.

Le dernier gros chantier du pôle compétitivité Finance Innovation et de Joëlle Durieux, ce fut la publication d’un livre blanc qui dépeint les enjeux liés à l’innovation et à la transformation numérique du secteur de l’assurance dont elle compte se servir comme d’une arme de création massive de projets.

Isabelle Ealet, la Queen of commodities

Depuis janvier 2012, Isabelle Ealet est l’un des trois co-responsables de la puissante division Titres qui regroupe les activités fixed income, devises et actions chez Goldman Sachs.

Cette diplômée de l’ESC-Marseille et Sciences Po-Paris a démarré sa carrière chez Total à la fin des années 80 où elle a commencé à acheter du gasoil et de l’essence pour les raffineurs de l’entreprise. Elle rejoint Goldman Sachs en 1991, à 25 ans, comme trader sur produits pétroliers où elle gravit les échelons à une vitesse fulgurante, devenant managing director en 1997, associée en 2000 et responsable mondiale des Commodities en 2007.

Surnommée la « Queen of the Commodities » pour sa gestion exemplaire et la rentabilité de son desk matières premières, elle confie dans l’Expansion : « Ce que j’apprécie le plus, c’est la culture du résultat. Chez Goldman Sachs, on est jugé sur sa performance, pas sur ses relations ou ses diplômes. C’est plus juste ».

Isabelle Ealet dirige actuellement toutes les activités de “trading” de matières premières au niveau mondial. Peut-être, un jour deviendra-t-elle  la première femme à diriger la prestigieuse banque d’affaires américaine ? Après tout, l’actuel CEO de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, et son président Gary Cohn ont, comme elle, débuté leur carrière dans la division J. Aron en travaillant sur le desk matières premières.

Femmes et finance : les poids lourds de demain

Dominique Chausse ou la gestion de fortune au féminin

Elle ne fait pas encore partie de ses femmes incontournables de la finance mais elle pourrait le devenir.

Dominique Chausse a crée Feminance, un cabinet de conseil en investissements financiers dédié aux femmes. Un concept qui s’accorde avec la manière de gérer son capital au féminin avec une relation à l’argent différente de celle des hommes.

Dominique Chausse, fondatrice de la société propose une gestion de portefeuilles d’un minimum de 50 000€. Un exercice dont elle a l’habitude puisqu’elle a été en charge de gestion de fortune au sein du groupe Banques Populaires pendant plus de 15 ans. Sa société est basée à Genève et à Paris.

Alice Lhabouz, l’entrepreneure passionnée de Bourse

Alice Lhabouz est Présidente de Trecento Asset Management. Sa première structure, elle la crée au sein de son école, où elle fonde le 1er club d’investissement de l’ISC. Elle commence sa carrière à la Direction des Emetteurs de l’Autorité des Marchés Financiers avant de rejoindre Richelieu Finance en tant qu’analyste financier buy-side. Alice Lhabouz intègre ensuite la Financière Meeschaert en 2005 comme gérant privé pour le compte de trois grandes familles françaises.

Mais la fibre entrepreunariale ne l’a pas quitté et elle fonde Trecento Asset Management en 2011 dont elle est Présidente.  Elle dirige l’équipe de gestion et assure la gestion des fonds Trecento Entrepreneurs et Trecento Santé, 1er fonds d’investissement santé soutenu par des professionnels de santé.

Aujourd’hui, Alice Lhabouz est la plus jeune femme Présidente de société de gestion en France et est à la tête d’une société qui gère plus de 170 millions d’euros et qui, d’après le Concours Deloitte-Agefi, figure parmi la short-list des sociétés les plus prometteuses dans son secteur. Alice Lhabouz n’a donc pas fini de faire parler d’elle !
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