Acheter des actions à partir de 10€ et sans commission. Risque de perte en capital*
Comment interpréter le Price Earning Ratio (P/E ratio ou PER) ?

Comment interpréter le Price Earning Ratio (P/E ratio ou PER) ?

Dans le cadre de l’analyse d’une action en Bourse, il existe de nombreux paramètres à prendre en compte avant de se décider à acheter ou vendre une action. On va par exemple étudier la croissance de l’entreprise, ses revenus ou la courbe des prix avec l’analyse technique.

Parmi les ratios les plus importants et les plus fréquemment utilisé en analyse fondamentale, il y a le P/E Ratio. Découvrons dans cet article ce qu’est le P/E Ratio, comment il est calculé et comment l’utiliser pour investir en Bourse.

Qu’est-ce que le P/E Ratio ?

Le P/E Ratio est l’abréviation de price earnings ratio (ou PER), ou en français le « ratio cours sur bénéfices ». C’est un indicateur très utilisé par les investisseurs sur actions pour évaluer la valeur des entreprises, souvent dans le but de trouver des opportunités d’investissement à intégrer dans leur portefeuille boursier. Il s’agit d’un indicateur d’analyse fondamentale qui vise à mesurer la valeur de l’action d’une société en la comparant avec le nombre d’année de bénéfices qu’il faut pour obtenir l’équivalent de la valorisation actuelle de l’entreprise.

La valeur d’une entreprise dépend étroitement de sa rentabilité et donc de sa capacité à générer des bénéfices réguliers. Le P/E ratio compare le cours de bourse d’une société, qui reflète sa valeur de marché à son bénéfice par action (BPA).

Plus le PER est haut, plus l’action est considérée comme chère. Un PER de 20 veut dire que le prix de l’action est 20 fois supérieur aux revenus annuels, ce qui signifie qu’il faudra 20 ans de revenus à ce rythme pour que les bénéfices atteignent le montant de la valorisation boursière de l’entreprise (au moment du calcul du P/E ratio). Autrement dit, le prix de l’action en Bourse est 20 fois supérieur au bénéfice par action (BPA).

Attention, il ne faut pas se fier uniquement au PER. Il faut aussi prendre en compte d’autres indicateurs d’analyse fondamentale ainsi que l’analyse technique et l’analyse macro-économique pour valider une prise de décision.

Quelles sont les différentes variantes du PER ?

Si le PER le plus connu et le plus utilisé reste celui que nous vous avons présenté, il existe plusieurs variantes. Découvrons ci-dessous les différentes variantes du Price-to-Earnings ratio qui existent.

Le P/E Standard, un indicateur sûr mais parfois obsolète

Le P/E standard prend en compte le dernier exercice connu. C’est un PE fiable, car le bénéfice de l’année passée est certain, mais c’est aussi le P/E le plus en retard. L’année écoulée peut être terminée depuis longtemps, et la situation de l’entreprise peut avoir changé depuis (en bien ou en mal).

Le P/E TTM, un indicateur focalisé sur les 12 derniers mois

Avec le P/E TTM pour Trailing Twelve Months, aussi appelé P/E Trailing, le bénéfice par action est obtenu en faisant la somme des bénéfices annoncés les 12 derniers mois (en général les quatre derniers trimestres). Il permet de refléter au mieux l’activité de l’entreprise sans anticiper son avenir. Le P/E TTM délivre donc un résultat plus récent que le P/E basé sur le dernier exercice connu, tout en étant sûr et ne laissant pas la place à des estimations erronées.

Le P/E Forward, un indicateur qui s’attache plus aux perspectives qu’à la réalité

Avec le P/E forward (ou en francais : PE estimé), le bénéfice utilisé est celui de l’exercice en cours. Comme l’exercice n’est pas terminé, il faut donc faire une estimation. Le problème du PE forward, c’est qu’il n’est pas toujours sûr. Plus l’estimation concerne un exercice lointain, plus il y a d’incertitude. Par exemple, en début d’exercice, l’estimation est souvent moins fiable car on ne connaît pas encore les résultats des premiers trimestres. Il faut noter que l’estimation peut parfois être réalisée par l’entreprise elle-même, il s’agit alors davantage d’un objectif et le résultat est encore plus incertain.

Le P/E Shiller

Pour conclure, il existe aussi une dernière version du P/E Ratio. Il s’agit du PE Shiller (créé par le professeur Robert Shiller), lequel utilise une moyenne des bénéfices des 10 dernières années dans le calcul du PER.

Comment calculer le Price Earnings Ratio ?

Bien souvent, les sites boursiers et les courtiers bourse vous donneront directement le P/E ratio et vous n’aurez pas à le calculer. Toutefois, voici la formule du Price-to-Earnings ratio, et elle est plutôt simple :

image PE ratio calcul

Il suffit donc de diviser les cours de bourse par le bénéfice par action (BPA).

Comment utiliser le PER pour investir en Bourse ?

Comme nous le disions, le P/E ratio ne doit pas à lui seul être un critère qui pourrait motiver un achat ou une vente d’action en Bourse, il faudra faire une analyse plus approfondie en regardant le niveau d’endettement, la santé du secteur d’activité, ainsi que la macro-économie ou l’analyse technique par exemple.

Voici comment vous pouvez interpréter le P/E Ratio d’une entreprise :

  • Moins de 7 : actions de sociétés en crise ou appartenant à un secteur d’activité en berne. Il peut s’agir d’une opportunité d’investissement, mais attention à ne pas saisir un couteau qui tombe.
  • Entre 7 et 12 : actions de sociétés mal aimées par les marchés, on peut toutefois y trouver des entreprises en bonne santé. C’est la tranche dans laquelle on aura le plus de chance de trouver des opportunités d’investissement intéressantes d’un point de vue fondamental.
  • Entre 12 et 25 : actions de sociétés solides avec un bon historique de croissance. C’est un niveau de P/E ratio dans la moyenne. Notons que le P/E ratio du S&P 500 est actuellement à 24,11.
  • Plus de 25 : Il s’agit d’un niveau de PER supérieur à celui du S&P500, on arrive donc sur des actions d’entreprises en croissance bénéficiant d’une position dominante ou de bulle spéculative. C’est par exemple le cas de l’action Tesla qui affiche un PER de plus de 68.

Le mentor de Warren Buffett, Benjamin Graham, estimait qu’un P/E ratio de plus de 12 représente un investissement risqué. Notons toutefois qu’il s’agit d’un avis basé sur les marchés financiers des années 1950, or les marchés ont beaucoup évolué ses dernières années et la vitesse de croissance des entreprises aussi.

Quels sont les avantages et inconvénients du P/E Ratio ?



Les avantages du Price Earnings Ratio

L’avantage premier du P/E Ratio, c’est d’être un outil simple à calculer et simple à comprendre qui permet à lui seul d’avoir une idée de la valorisation comptable d’une entreprise par rapport à sa valorisation boursière.

Il permet donc de rapidement évaluer si une entreprise est surcotée ou sous-cotée en Bourse. Le PER est aussi un indicateur universel que de nombreux analystes utilisent pour évaluer si un achat ou une vente du titre serait pertinent. Bien qu’on ne puisse pas se fier seulement au Price-to-Earnings ratio pour prendre des décisions d’investissement, cet indicateur nous permet toutefois de s’assurer que le prix est cohérent, ou pas.

Les inconvénients du Price Earnings Ratio

Parmi les inconvénients du Price-to-Earnings ratio, nous pouvons souligner l’utilisation excessive que peuvent en faire certains investisseurs, estimant que cet indicateur est fiable en toutes circonstances. Il faut donc souligner que le P/E Ratio peut être biaisé quand il y a des éléments extraordinaires qui peuvent affecter les revenus. Pour reprendre un exemple avec Tesla, il pourrait s’agir des revenus ou pertes issues de la vente de Bitcoin que Elon Musk avait décidé d’acheter pour le compte de l’entreprise Tesla. Il peut aussi s’agir d’une amende à la suite d’un procès comme c’est le cas avec Google et les 8 milliards d’euros d’amende.

Aussi, pour que le Price-to-Earnings ratio soit un indicateur fiable, il faut également vérifier les dettes de l’entreprise, sans quoi un investisseur pourrait avoir de mauvaises surprises. De la meme façon que le PER ne tient pas compte des réserves de trésoreries de l’entreprise, en ne regardant que le P/E Ratio, vous pourriez investir par erreur dans une entreprise lourdement endettée qui ne dispose pas de cash dans sa trésorerie.

Quels sont les indicateurs alternatifs au Price Earnings Ratio ?



Il existe des indicateurs proches du Price-to-Earnings ratio qui sont plus efficaces et qui éliminent en partie les inconvénients du P/E ratio.

Le Price-to-earnings EV/EBITDA

Le Price-to-earnings EV/EBITDA prend en compte la valeur de l’entreprise en calculant la capitalisation boursière + (les dettes – le cash de trésorerie). Cela permet de supprimer l’un des inconvénients que nous avons cité plus haut, puisqu’il prend en compte le cash et les dettes. EBITDA signifie « Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization », cette formule prend donc en compte les revenus avant les intérêts, avant les taxes et les éventuelles dépréciations et amortissements. Bien que plus précis, cette version du PER n’est cependant pas parfaite car elle ne prend pas en compte les taxes et les éventuelles amendes ou dépenses exceptionnelles.

Le P/S Ratio

Il est aussi possible d’utiliser l’indicateur P/S Ratio, Price-to-Sales ratio, lequel va prendre en compte le chiffre d’affaires au lieu des revenus. Il peut être pertinent de l’utiliser pour des entreprises de croissance ou des start-ups qui ne sont pas encore profitable.

Le ratio PERG

Le ratio PERG (Price/Earnings-to-Growth ou PE ajusté à la croissance) a été inventé par le célèbre gestionnaire du fonds Magellan dans les années 1980, Peter Lynch. Il consiste à prendre le PER classique et à le diviser par le taux de croissance des bénéfices des prochains exercices. Un résultat proche de 1 est considéré comme normal, alors que si c’est moins l’entreprise est sous-évaluée, et si c’est plus elle est surévaluée. Le PERG permet donc de corriger un des défauts du PER : son ignorance de la croissance, il s’agit d’un point important puisque la croissance d’une entreprise est un élément essentiel pour sa valorisation.

Découvrir aussi notre dossier Comment investir en Bourse ? Guide 2023

Source des images : Freepik

Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions et ne peuvent être assimilées à une prestation de conseil en investissement financier, ni à une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans qu’aucun recours contre la société éditrice de Cafedelabourse.com ne soit possible. La responsabilité de la société éditrice de Cafedelabourse.com ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’erreur, d’omission ou d’investissement inopportun.