Insurtech : quand les start-ups de l’assurance se réinventent

Le 10 février 2017

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Après le raz-de-marée FinTech, le marché de l‘InsurTech est en train de faire parler de lui. Que désigne ce nom barbare ? Le marché de l’assurance est-il réellement en plein ubérisation ? Quels sont les avantages et inconvénients des pratiques peu à peu mises en place par ces startups qui veulent révolutionner le monde très rigide de l’assurance ? Café de la Bourse vous explique tout ce que vous devez savoir sur les acteurs disurptifs de ce secteur en plein renouveau.

La digitalisation du monde de l’assurance

La digitalisation du monde de l’assurance semble être un passage obligé. On assiste en effet aujourd’hui à l’émergence de startups qui associent assurance et technologie. Elles se basent sur une présence constante et de plus en plus forte de la technologie, dans notre société en général, comme dans notre quotidien. Car de fait,  « le développement de l’InsurTech se fonde sur le développement de la santé connectée, du Big Data, de la cyber sécurité et du machine learning » selon Florian Graillot, Associate Axa Startegic Venture.

Mais ces startups se développent également grâce à une régulation omniprésente qui favorise ce marché. On notera en effet qu’au niveau mondial, la France est le 5ème marché de l’assurance, derrière les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et la Chine car il y a une dimension réglementaire forte par rapport à des pays où l’assurance n’est pas obligatoire. Et les petites structures françaises profitent de ces réglementations strictes qui créent des barrières à l’entrée pour des acteurs étrangers.

Florian Graillot, Associate Axa Startegic Venture résumait ainsi l’intérêt de ce marché lors de sa KeyNote « Blockchain et InsurTech, où va la finance ? » à la Conférence Et demain ?! 2017 : « C’est un marché très gros, très régulé, sur lequel la techno peut avoir un impact sur la chaîne de valeur ».

Les InsurTech mettent à profit toutes les avancées technologiques pour se positionner sur l’ensemble des secteurs de l’assurance. Gwenaël Hervé, Directeur Général d’Hiscox France attire notre attention sur ce point : « elles misent généralement sur l’innovation pour se démarquer et touchent à tous les domaines : données personnelles, automobile, habitation etc. »

Technologies et coup de jeune pour le secteur de l’assurance

Il faut bien le dire, la digitalisation du monde de l’assurance accuse un retard significatif. Alors que les Fintechs, ces startups qui associent finance et technologie ont fait leur appartion dès les années 2000 et connaissent un fort développement ces dernières années, les InsureTechs commencent tout juste à faire parler d’elles. Thomas McCourtie, analyste financier chez GlobalData le souligne : « Les assureurs sont à la traîne derrière ces marchés dans la révolution technologique, mais cherchent maintenant à suivre le même exemple. »

Florian Graillot, associate at Axa Startegic Ventures, démontrait cette situation dans sa Keynote « Blockchain et InsurTech, où va la finance » à la Conférence Et demain ?! 2017 : « L’InsurTech, à fin 2016, représentait 8% seulement des investissements FinTech ».

Mais le marché est en train de rattraper son retard. Pour Gwenaël Hervé, Directeur Général d’Hiscox France, « La montée en puissance des Assurtechs, ces start-up spécialisées dans le secteur de l’assurance est claire. Leur nombre est en constante augmentation et nul doute que leur voix va peser de plus en plus sur l’échiquier assurantiel. » Il prédit l’émergence de plateformes d’échanges, souvent hébergées sur le cloud et de plus en plus automatisées.

Soulignons que, comme pour les Fintechs au début ignorées par les acteurs traditionnels, les InsurTechs essuient une certaine réticence de la part des acteurs traditionnels mais Thomas McCourtie de chez Global Data considère qu’ «il est important que ces fournisseurs acceptent le changement et soient prêts à envisager l’introduction de nouvelles technologies ». Le parallèle avec la Fintech est évident. Là aussi, un partenariat entre jeunes startups et grands groupes pourra s’avérer stratégique et bénéfique aux deux parties.

InsurTech : une offre plus adaptée et de meilleure qualité pour le particulier

Confiance des consommateurs : une relation client améliorée

Selon le dernier rapport Global Data, « Les start-ups d’InsurTech cherchent à offrir aux consommateurs un accès plus rapide et plus facile à la couverture d’assurance, tout en accordant plus d’autonomie en matière d’assurance. »

L’avantage principal de l’arrivée dans ces nouveaux entrants dans le marché très sclérosé de l’assurance, c’est une relation client améliorée, notamment au travers d’une expérience utilisateur plus transparente. C’est en effet l’axe de la majorité des AssurTech qui comme nous l’avons signalé précédemment sont pour l’essentiel des mobile brokers, c’est-à-dire des plateformes web qui permettent d’acheter son assurance en ligne. Si la cible principale est évidemment la génération Millenials, il y a fort à parier que ces assureurs d’un nouveau genre qui privilégient l’expérience utilisateur vont séduire bien au-delà des 18-30 ans.

Autre atout de taille, l’InsurTech permet une meilleure connaissance des clients grâce à la data et donc une offre plus personnalisée, au plus près du profil du client. Gwenaël Hervé, Directeur Général d’Hiscox France le souligne en ces termes : « L’avènement du numérique a transformé petit à petit la data en véritable objectif stratégique pour les entreprises. Les compagnies d’assurance pourront ainsi mieux connaître leurs assurés pour leur proposer des offres encore plus pertinentes et adaptées à leurs besoins ».

La Blockchain, ce système de partage sécurisé des données basé sur un fonctionnement peer-to-peer est également un élément intéressant de l’InsureTech. Selon Gwenaël Hervé, Directeur Général d’Hiscox France, cette technologie apparue dans le secteur assurantiel « va amener les assureurs à repenser leur business model en mettant la blockchain au cœur de l’acquisition et de la fidélisation des clients ». Les compagnies d’assurance pourront recourir à cette technologie pour s’émanciper des phases de déclarations et réduire le nombre d’interlocuteurs. « L’avantage de cette technologie est double pour les assureurs : une relation client améliorée et des coûts opérationnels réduits », précise le Directeur Général d’Hiscox France.

Insurtech et objets connectés : anticipation des nouveaux risques

L’InsurTech devrait aussi s’appuyer sur le succès des objets connectés et notamment concernant la santé connectée pour certes proposer à leur client des contrats hyper adaptés mais aussi pour anticiper les risques. Aujourd’hui et le phénomène ira croissant, les sociétés d’assurance sont informées en direct du comportement de leurs assurés ou d’évènements extérieurs qui pourraient directement les impacter.

« Visites de sites internet sensibles qui augmentent l’exposition à des cyber risques, collectes de données liées aux catastrophes naturelles, les domaines d’application ne manquent pas » explique Gwennaël Hervé, Directeur général d’Hiscox qui poursuit : « les compagnies d’assurance seront désormais capables d’anticiper les risques et d’alerter leurs assurés avant que le sinistre ne se produise. Ceci permettra d’en limiter l’impact et même de le contourner ».

Les limites de l’InsureTech, la déshumanisation d’un secteur sensible ?

Comme pour la FinTech, on accuse l’InsurTech de participer à la déshumanisation du secteur de l’assurance, particulièrement sensible car qui prend en charge les personnes en cas de maladie, sinistre, etc. Et en effet, on assiste à l’arrivée, sur les plateformes de vente des assureurs, de chatbots qui jouent le rôle d’interlocuteur lors d’une déclaration de sinistres. Si comme le souligne le Directeur Général d’Hiscox France, « «grâce à de tels modules, l’utilisateur peut exposer son cas et poser des questions directement à l’intelligence artificielle qui sera capable dans la plupart des cas de lui répondre » on peut aussi craindre que la digitalisation de l’assurance rende le secteur plus rigoureux, procédurier et moins humain.

Comme l’explique très bien Thomas McCourtie, analyste financier chez GlobalData, «l’industrie cherche à se rapprocher d’autres secteurs du commerce en offrant aux consommateurs des services plus rapides et plus efficaces. L’Insurtech agit comme facilitateur dans le développement de nouvelles propositions qui permettent aux clients d’obtenir une couverture sans avoir à contacter un conseiller, et peuvent être organisés à distance sur un appareil mobile. »

Mais même si la plupart des opérations pourraient être gérées par des ordinateurs, rien ne remplace la faculté d’analyse et les qualités relationnelles des humains, surtout en cas de catastrophes.

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

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