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Crise énergétique : quel impact sur les actions du secteur en bourse ?

Crise énergétique : quel impact sur les actions du secteur en bourse ?

Café de la bourse s’est intéressé à un secteur au cœur de l’actualité de ces derniers mois : le secteur énergétique. L’Europe se prépare à une crise énergétique importante qui mêle pénurie de gaz, sobriété et accélération de la transition énergétique.

Découvrez notre analyse des impacts de la crise énergétique sur les actions françaises du secteur en Bourse.

Action Engie : plus de gaz en provenance de Gazprom

Gazprom interrompt complètement ses livraisons de gaz naturel vers Engie depuis le début de mois de septembre 2022, car la compagnie n’aurait pas payé l’intégralité des livraisons de juillet 2022.

Dans une déclaration, Engie a attribué cette interruption à un « désaccord entre les parties sur l’application de certains contrats ». Une personne proche du dossier aurait déclaré que Gazprom se serait attendu à ce que l’entreprise française réclame une compensation en déposant une demande d’arbitrage.

Le bras de fer qui s’est engagé entre les deux entreprises cette semaine est la dernière escalade des tensions entre Moscou et l’Europe depuis l’invasion de l’Ukraine. La Russie a progressivement réduit ses livraisons de carburant sur le continent en représailles aux sanctions, plongeant de nombreux pays dans leur pire crise énergétique depuis 50 ans.

Gazprom a invoqué la force majeure sur les livraisons de gaz à plusieurs acheteurs européens, affirmant que des problèmes indépendants de sa volonté liés aux turbines du gazoduc Nord Stream l’empêchaient de respecter les contrats d’approvisionnement.

Le géant russe n’a livré que 20 % des volumes requis par la liaison sous-marine depuis la fin du mois de juillet, obligeant ses clients à chercher ailleurs le gaz utilisé pour remplir leurs réservoirs de stockage pendant les mois d’été.

Engie a déclaré à Gazprom qu’elle avait perdu des bénéfices en raison du déficit d’approvisionnement et a déduit une compensation pour une partie de ces dommages lorsqu’elle a payé sa dernière facture à la société russe, ont déclaré des personnes du secteur sous couvert d’anonymat. Engie conteste également la validité de l’allégation de force majeure de Gazprom auraient déclaré ces personnes.

Considérablement réduits depuis le début de la guerre en Ukraine, les volumes de gaz russe livrés par Gazprom à Engie représentent 4 % du total de ses approvisionnements, soit 1,5 TWh. Compte tenu de ce niveau très bas, Engie s’était voulu rassurant avant l’annonce de la suspension totale.

Le cours de bourse de l’action Engie a perdu 15,6 % depuis le début des hostilités en Ukraine.

Accélération des appels d’offre pour les énergies renouvelables

Attendu par toute la filière des énergies renouvelables, le projet de loi sur l’accélération des EnR a été mis en consultation cet été avec une discussion en Conseil des ministres prévue en septembre 2022. Le secteur est défini comme stratégique par l’Élysée et le gouvernement souhaite renforcer ses investissements. Cependant, la composition de l’Assemblée, sans majorité absolue pour l’exécutif, pourrait compliquer la promotion de ce projet de loi.

Le texte proposé fait écho aux nouvelles indications données par l’Europe via le Plan RepowerEU. Il met en avant les EnR pour assurer l’avenir énergétique de la France : les délais d’instruction et d’autorisation des projets EnR seront réduits comme demandé depuis longtemps par les experts du secteur.

Côté énergie solaire, de nouvelles surfaces seront mises à disposition pour répondre au problème foncier. Il est aussi prévu d’investir dans l’éolien marin avec un objectif de 40 GW en 2050. À ce jour, rien sur l’éolien terrestre ou l’hydrogène n’est mentionné. Le plan prévoit aussi d’améliorer l’acceptabilité des projets d’énergies renouvelables en partageant la valeur produite avec les riverains.

Toutes ces mesures ont pour but de donner un coup de boost sur les appels d’offre aux EnR, souvent laissées de côté pour manque de rentabilité ou difficulté d’installation.

La volonté de l’exécutif est claire : pour les projets qui ne pouvaient pas attendre la loi d’accélération des énergies renouvelables, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié le 30 août 2022 des versions révisées des cahiers des charges des appels d’offres dites CRE 4 et PPE 2 pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables en France (6,1 gigawatts (GW) de projets EnR concernés).

Cette loi est clairement une bonne nouvelle pour les spécialistes du secteur comme Neoen – le premier producteur d’énergie renouvelable français, utilisant principalement la source solaire et éolienne – ou encore Voltalia. L’action Neoen gagne 46 % en bourse depuis le début de la guerre en Ukraine et l’action Voltalia 40 %.

Action TotalEnergies : forte baisse dans le sillage du pétrole

TotalEnergies suit le pétrole dans sa chute depuis le début de la période estivale. Après un gain de plus de 27 % entre le mois de mars et le mois de juin, l’action TotalEnergie a chuté de près de 10 % quand le baril de Brent perdait lui pas loin de 25 %.

Il faut dire que dans un premier temps, TotalEnergie a bénéficié de l’envolée des prix de l’énergie et a dégagé un chiffre d’affaires en hausse de 57 % entre 2021 et 2022. En effet, lorsque le prix du baril explose, les bénéfices s’accumulent pour la société française présidée par Patrick Pouyanné. Or, le prix du baril de pétrole a grimpé de 50 % sur les 6 premiers mois de l’année.

Puis, le pétrole a entamé sa chute devant la perspective d’un ralentissement de l’économie mondiale. En outre, cette forte baisse s’est accélérée récemment suite aux mauvais chiffres en provenance de Chine la semaine dernière.

La production industrielle n’a progressé que de 3,8 % le mois dernier, contre 4,6 % attendu, tandis que les ventes au détail ont augmenté de 2,7 %, bien en deçà des anticipations de 5 %. La production des raffineries a chuté à 12,53 millions de barils par jour en Chine en juillet 2022, son plus bas niveau depuis mars 2020, selon les données du gouvernement. Tout cela laisse imaginer une baisse de la demande de pétrole à venir du plus important consommateur d’or noir au monde.

Enfin, TotalEnergies a mis en place une remise de 20 centimes d’euros par litre à partir du 1er septembre 2022 qui devrait peser sur ses gains à la pompe.

Source des images : Freepik

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