Livret épargne Distingo à 4,50% pendant 3 mois + 80€ offerts*
Olivier Malteste (Yomoni) : ETF, marchés et conseils d’investissement d’un chef économiste

Olivier Malteste (Yomoni) : ETF, marchés et conseils d’investissement d’un chef économiste

Comment les professionnels de la gestion pilotée prennent-ils leurs décisions d’investissement ? Comment sélectionnent-ils les ETF et analysent-ils les marchés ? Quelle place accorder au risque de change ou au profil de risque de chaque investisseur ?

Dans cette édition de Parole d’Expert de Café de la Bourse, Clémence Tanguy interviewe Olivier Malteste, chef économiste et directeur des investissements chez Yomoni. Parcours, fonctionnement des comités d’investissement, sélection des ETF, vision actuelle des marchés ou encore conseils aux investisseurs particuliers : il revient sur les grands principes qui guident les décisions de la société de gestion.

L’occasion également de mieux comprendre pourquoi la pédagogie et la diversification restent au cœur d’une gestion patrimoniale de long terme.

Vidéo : comment un expert construit son portefeuille ETF

Olivier Malteste, comment êtes-vous devenu chef économiste et directeur des investissements chez Yomoni ?

Je suis arrivé chez Yomoni il y a un peu plus de trois ans, après plus de vingt ans d’expérience dans la gestion d’actifs. Après des études à l’université Paris Dauphine, puis un master en gestion d’actifs, j’ai débuté dans la gestion quantitative chez Sinopia, filiale d’HSBC, avant de rejoindre Lyxor puis Amundi.

Mon parcours m’a permis d’acquérir une double compétence entre produits structurés et gestion diversifiée, avec une utilisation importante des ETF. Aujourd’hui, j’accompagne le développement de Yomoni tout en assurant à la fois la fonction de chef économiste et celle de directeur des investissements.

En quoi consiste votre métier concrètement ?

Les deux fonctions se nourrissent mutuellement. En tant que chef économiste, mon rôle est de suivre les publications économiques et financières pour essayer d’en dégager les grandes tendances et d’en comprendre les conséquences sur les marchés.

J’ai aussi un rôle pédagogique important, aussi bien auprès des clients que des prospects. Chez Yomoni, nous pensons qu’il ne suffit pas de déléguer sa gestion. Il faut également comprendre les décisions prises et les remettre en perspective.

En tant que directeur des investissements, j’anime les différents comités, qu’il s’agisse des comités d’allocation ou de sélection des ETF. Mon rôle consiste à faire s’exprimer les équipes et à encadrer les décisions d’investissement.

Comment prenez-vous vos décisions d’investissement ?

Notre point de départ est avant tout macro-économique. Nous analysons les différentes zones géographiques, les politiques des banques centrales, le positionnement des marchés et les risques qui pourraient ne pas être correctement intégrés.

Je me suis rendu compte au fil du temps que le marché se focalise souvent sur une ou deux thématiques à la fois. Nous essayons justement de prendre du recul pour identifier les prochains thèmes susceptibles d’émerger.

Nous faisons également très attention aux biais comportementaux. Lorsqu’on a un scénario en tête, on a naturellement tendance à privilégier les informations qui le confirment. Il est donc essentiel de prendre du recul et de se demander ce que l’on pourrait être en train d’oublier.

Comment sélectionnez-vous les ETF ?

Beaucoup d’investisseurs pensent qu’il suffit de choisir l’ETF le moins cher. En réalité, la sélection d’un ETF est plus complexe.

La méthode de réplication, la localisation juridique du fonds, le traitement fiscal des dividendes ou encore la liquidité ont un impact sur la performance à long terme. Deux ETF répliquant le même indice peuvent afficher des résultats différents.

Nous passons beaucoup de temps à sélectionner les ETF puis à réévaluer régulièrement nos choix, car de nouveaux produits apparaissent constamment sur le marché.

L’ETF World est-il vraiment aussi diversifié qu’on le dit ?

L’ETF MSCI World constitue une solution simple et efficace, mais il faut avoir conscience qu’il implique certaines décisions d’investissement, notamment en matière de risque de change.

L’année dernière, les investisseurs ont pu constater qu’il existait un écart de performance significatif entre une exposition couverte contre le risque de change et une exposition non couverte.

Il faut également garder à l’esprit que le MSCI World reste fortement concentré sur les actions américaines et les grandes valeurs technologiques. Ce n’est pas nécessairement un problème, mais il est important que les investisseurs en aient pleinement conscience.

Quelle est votre meilleure décision d’investissement ? Et votre pire décision d’investissement ?

L’une des meilleures décisions que nous avons prises chez Yomoni a été de continuer à croire à l’économie américaine et aux valeurs technologiques. Malgré les nombreuses alertes sur une éventuelle bulle, nous restons convaincus que l’innovation et l’intelligence artificielle continuent d’offrir des perspectives importantes.

La leçon la plus marquante remonte à 2016. Nous avions correctement anticipé le Brexit et l’élection de Donald Trump, mais nous nous étions trompés sur la réaction des marchés. Finalement, même avec le bon scénario, le comportement du marché peut être totalement différent de celui que l’on avait imaginé.

Cette expérience m’a appris qu’il faut toujours rester très discipliné et accepter que l’on puisse se tromper.

Quel est votre sentiment de marché actuel ?

Pour les profils les plus dynamiques, nous restons investis à 100 % en actions. Nous considérons qu’il est impossible de prévoir les rebonds de marché et qu’il vaut mieux rester exposé plutôt que de risquer de manquer les phases de reprise.

Nous continuons à privilégier les actions américaines et à nous montrer plus prudents sur l’Europe, qui souffre selon nous d’une croissance plus faible et d’un environnement énergétique moins favorable.

Sur les profils plus diversifiés, nous sommes aujourd’hui légèrement sous-pondérés en actions et nous réintroduisons progressivement de la duration sur les obligations européennes.

Quel conseil donneriez-vous à un investisseur particulier ?

La première chose consiste à bien définir son profil de risque. Avoir un horizon d’investissement long ne suffit pas. Il faut aussi être capable de supporter psychologiquement les périodes de forte volatilité.

Même un investisseur disposant de beaucoup de temps devant lui peut être amené à vendre au pire moment s’il n’est pas à l’aise avec les baisses de marché.

La diversification reste donc essentielle. Même lorsque l’on pense avoir une conviction forte, il est important de conserver un portefeuille suffisamment diversifié.

Enfin, il ne faut jamais hésiter à poser des questions. Il n’existe pas de question bête. Derrière les interrogations qui paraissent les plus simples se cachent souvent les concepts les plus fondamentaux.

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.

Les performances passées ne présument pas des performances futures. L’investissement en action présente un risque de perte en capital.

Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions et ne peuvent être assimilées à une prestation de conseil en investissement financier, ni à une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans qu’aucun recours contre la société éditrice de Cafedelabourse.com ne soit possible. La responsabilité de la société éditrice de Cafedelabourse.com ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’erreur, d’omission ou d’investissement inopportun.