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Les dessous du métier de Responsable de l’activité trading des particuliers chez Euronext

Les dessous du métier de Responsable de l’activité trading des particuliers chez Euronext

Découvrez le parcours, l’expérience et le métier de Responsable de l’activité Trading en provenance des actionnaires particuliers chez Euronext. Café de la Bourse vous invite à plonger dans l’univers de la finance de marché en interrogeant les hommes et les femmes qui y travaillent au quotidien.

Ce mois-ci, Roland Prévôt, Responsable de l’activité Trading en provenance des actionnaires particuliers chez Euronext, revient pour nous sur son activité, ce qui l’a poussé à faire ce métier, le fait le plus marquant de sa carrière et son sentiment de marché actuel.

Roland Prévôt, quelle fonction occupez-vous ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Je suis en charge de l’activité trading en provenance des actionnaires particuliers au sein du groupe Euronext, c’est-à-dire pour les bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Dublin, Oslo et Milan.

Mon rôle est de faire en sorte que la bourse réponde aux besoins des investisseurs particuliers ainsi qu’à leur intermédiaires (brokers) sur le marché des actions.

C’est un rôle à plusieurs casquettes qui m’amène à travailler sur des aspects marketing pour communiquer avec les investisseurs, à développer des relations commerciales avec les courtiers Bourse et les apporteurs de liquidité, à travailler sur des projets innovants qui répondent à la demandent des actionnaires ainsi qu’à défendre les intérêts des investisseurs sur des questions de réglementation européenne.

La raison principale qui m’a donné envie de rejoindre cette fonction était l’opportunité de m’investir sur des enjeux qui dépassent les intérêts commerciaux d’Euronext. J’avais passé mes 10 dernières années à travailler sur des projets d’infrastructure de marchés pour faciliter en Europe l’accès aux warrants, aux OPCVM, aux SCPI, aux cryptos puis aux ETF. Cela m’a permis de réaliser que le modèle le plus abouti selon moi, tous produits confondus, était finalement le traditionnel carnet d’ordre en bourse. Il reste transparent et accessible à tous, permet à la fois de garantir une équité parmi les participants grâce à l’anonymat des ordres et facilite la qualité d’exécution via un système de compétition de prix. Lorsqu’on m’a proposé de développer ce carnet d’ordre pour répondre à la demande des particuliers, j’ai vu ce rôle comme une suite logique dans ma quête du modèle de marché parfait.

Je savais qu’en faisant la promotion du trading en bourse, je pourrais par la même occasion défendre l’intérêt des investisseurs avec une conviction objective.

Quel est l’événement que vous considérez comme le plus marquant de votre carrière ?

Il y a beaucoup d’évènements qui me viennent en tête ; la crise des subprimes au tout début de ma première expérience en salle des marchés, mon premier award pour avoir facilité les procédures de listing d’ETF, les différentes intégrations avec les bourses de Dublin, Oslo ou Milan. Cependant, ces évènements n’ont pas tellement de lien avec mon rôle actuel.

Je vais plutôt faire référence à un évènement qui pourrait paraître anodin pour beaucoup, mais qui m’a redonné foi en l’avenir pour l’actionnariat individuel. C’était en 2021, après des années de travail de recherches et de sensibilisations réalisés avec certains de nos partenaires, le régulateur européen a publié une proposition de loi cherchant à limiter les situations de conflit d’intérêt entre courtiers et market makers. Celle-ci propose d’interdire aux courtiers de se faire rémunérer par une contrepartie pour transmettre l’ordre de son client. Cette pratique qui a fait les débuts de Bernard Madoff dans les années 1980, est encore aujourd’hui beaucoup trop pratiquée par les courtiers américains et allemands. Même si le « Payment For Order Flow » n’est pas encore totalement interdit en Europe, je pense qu’aboutir à cette proposition était une grande étape dans la recherche d’une structure de marché plus saine et plus transparente pour les investisseurs.

À l’inverse, même si cette pratique devient interdite, il restera encore de nombreux autres combats pour garantir aux investisseurs une exécution sur un modèle transparent avec compétition de prix sans aucun frais dissimulé dans le prix d’exécution.

Consulter également notre article Frais de Bourse : comment ne pas se faire avoir

À quoi les investisseurs devraient davantage prêter attention en Bourse selon vous ?

Les investisseurs devraient avant tout connaître leurs courtiers et notamment savoir comment ils exécutent leurs ordres. Malheureusement, bon nombre de clients se contentent de comparer les frais présentés par les courtiers sans pour autant chercher à savoir si des frais annexes ne sont pas dissimulés dans leur prix d’exécution. Le régulateur européen oblige les courtiers à publier un rapport appelé RTS 28 sur lequel ils indiquent les 5 plateformes sur lesquelles ils traitent le plus. Si en lieu et place de ces plateformes le nom du courtier est indiqué, il faut comprendre que l’exécution ne se fait pas à un prix résultant de l’offre et de la demande mais plutôt à un prix proposé par le courtier.

Trop d’investisseurs envoient des ordres sans limite de prix à des courtiers dont ils ne connaissent pas les plateformes d’exécution et donc sans s’avoir s’ils auront une chance d’être exécutés en bourse.

Cette pratique serait comme faire aveuglément confiance au commissaire-priseur le moins cher pour revendre un bien sans pour autant connaître le nombre d’acheteurs potentiels que celui-ci est capable de mobiliser.

Quel est votre sentiment sur l’évolution des marchés et des places boursières ?



Faire des pronostics sur l’évolution des marchés ne fait malheureusement pas partie de mes compétences.

J’observe toutefois que les investisseurs particuliers ont été très présents durant le premier trimestre 2023. Les montants traités en bourse par le retail ont augmenté de 40 % par rapport au trimestre précédent sur Euronext Paris. Je tiens d’ailleurs à préciser que cette hausse des flux d’ordres en provenance des particuliers a été plus importante en France que sur tous les autres marchés Euronext. C’est donc 250M d’euros/jour qui ont été traités par les particuliers sur les actions françaises, ce qui a amené Paris à devenir au mois de mars la première place d’Euronext, devant Amsterdam, en termes de montants traités par les investisseurs individuels.

Ce constat n’est toutefois pas une surprise ; lorsqu’il y a de la volatilité sur les marchés, à la suite d’un évènement tel que la récente crise bancaire, les particuliers ont tendances à traiter davantage sur les PME et ETI. Ils recherchent ainsi à accroître encore davantage l’effet de volatilité pour rechercher des gains significatifs à court terme. La place parisienne est connue pour son large panel de valeurs à petite et moyenne capitalisation et permet ainsi d’attirer les investisseurs particulièrement durant de telles conditions de marché.

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