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Finance : comment éviter l’escroquerie en Bourse ?

Le 11 janvier 2019

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Dans cet article, vous découvrirez les comportements qui devraient vous alerter sur une potentielle escroquerie financière. Nous vous présenterons également des exemples autour de la crypto-monnaie et des ICO ainsi que nos conseils pour investir sereinement !

Ce n’est pas nouveau, il y a beaucoup d’arnaques dans les ICO et les offres de crypto-monnaies. En fait, les secteurs qui ont le vent en poupe ne sont pas épargnés. Que ce soit le trading, les crypto-monnaies, les diamants ou encore les investissements immobiliers, tous les moyens sont bons pour déguiser une arnaque en une offre alléchante.

Les escrocs ont l’habitude de surfer sur les phénomènes de mode et utilisent souvent comme argument la popularité de tel ou tel secteur, et le fait que les medias en parlent beaucoup !

Comment anticiper les arnaques financières autour de la crypto monnaie ?

Bien sûr, il faut prendre l’habitude de surveiller la liste noire que l’AMF édite régulièrement pour vérifier que le prestataire auquel vous portez de l’intérêt n’y figure pas. Il faut aussi vérifier l’existence et le sérieux des personnes qui portent le projet dans lequel vous souhaitez investir. Et il faut surtout éviter de répondre aux sollicitations téléphoniques (ou par emails), car le démarchage pour la vente de produits et de services financiers est interdit en France. Une entreprise qui s’adonne à de telles pratiques n’est par définition pas recommandable puisque déjà dans l’illégalité par le simple fait de vous contacter sans que vous l’ayez demandé.

Au-delà de toutes ces recommandations, on peut noter certains points communs à toutes ces arnaques. Voici 5 points essentiels qui devraient éveiller vos soupçons.

Finance : 5 comportements de vente qui fleurent l’arnaque

1. Le parrainage comme seul axe de développement et de vente

En soit, le parrainage est une pratique commerciale courante qui permet à un client satisfait d’un produit ou d’un service, de le recommander à ses amis ou sa famille. En échange de son soutien et de son engagement pour la marque ou l’entreprise, il reçoit une récompense. Le parrain comme le filleul peuvent recevoir un cadeau, une réduction sur le prix, la gratuité du service pendant une période donnée, une somme d’argent ou un chèque cadeau.

Cependant, quand le parrainage semble prendre une place trop importante, qu’il devient l’élément central ou indispensable pour utiliser le produit ou le service, il faut faire attention car c’est l’un des points communs que l’on retrouve dans beaucoup d’arnaques.

Exemple : vous débloquez vos tokens ou vous gagnez vos tokens quand vous avez invité 3 personnes à acheter des tokens. Ou encore, vous commencez à percevoir des bénéfices avec vos tokens seulement quand vous avez invité au moins 2 personnes à rejoindre le concept.

Nous l’avons vu avec OneCoin et Bitconnect, des crypto-monnaies « scam » qui utilisaient le parrainage pour se développer ou encore InitiativeQ, un projet qui me laisse perplexe car bien que l’adhésion soit pour le moment gratuite, le projet ne semble reposer que sur le parrainage.

Le parrainage n’est pas une pratique malhonnête bien au contraire, mais il est souvent utilisé par des sociétés malveillantes. Il faut donc faire attention quand l’ensemble du projet ne semble reposer que sur le parrainage.

2. Vente pyramidale et marketing de réseau trop présents

Un deuxième point qui devrait vous alerter, ce sont les entreprises qui proposent du parrainage sur plusieurs niveaux (aussi appelé MLM) ou encore un système de commission sur plusieurs niveaux pour ceux qui souhaiteraient devenir apporteur d’affaire ou consultant. En d’autres termes, le principe de la vente Tupperware.

Là encore, la vente MLM et les systèmes de commission multi-niveaux ne sont pas illégaux, sauf dans certains pays. D’autres pays réglementent de façon très stricte ce type de vente.

En général, pour que ce type de vente soit légal, il faut que plusieurs conditions soient remplies pour ne pas être considéré comme une pyramide PONZI. Je vous invite à consulter l’article L121-15 du code de la consommation pour en savoir plus.

Quoiqu’il en soit, légal ou pas, ce principe marketing est aussi très largement utilisé par les sociétés malhonnêtes, et dans le cas des crypto-monnaies, OneCoin et Bitconnect ont utilisé ce système de vente pour rapidement se développer.

Exemple : Vous recevez 2 % de bénéfices sur le montant de tokens acquis, mais aussi 20 % sur des bénéfices de vos filleuls direct et 10 % sur les bénéfices des filleuls de vos filleuls … puis 5 % sur les bénéfices des filleuls de vos filleuls de vos filleuls, etc.

Que le parrainage soit simple ou via un système MLM, il reste donc le point commun de beaucoup d’escroqueries et c’est d’autant plus vrai quand le projet repose beaucoup ou totalement sur l’invitation de nouveaux membres.

Il faut donc être plus que vigilant quand on vous présente un projet et que le parrainage est trop mis en avant. Les banques proposent des offres de parrainage mais il est possible d’ouvrir un compte en banque, l’utiliser dans de bonnes conditions et en bénéficier pleinement sans être obligé de parrainer de nouveaux clients.  Et votre conseiller clientèle ne vous rappelle pas chaque semaine que vous devez parrainer vos amis et votre famille auprès de la banque dans laquelle vous avez ouvert un compte.

3. Crypto monnaie ou token non listés sur les Exchanges

Un token ou une crypto-monnaie qui n’est pas listé sur une place d’échanges (Exchange) n’est ni plus ni moins qu’un bout de code informatique sans valeur.

Ce qui fait la valeur d’un actif numérique comme une crypto-monnaie, c’est de pouvoir l’échanger, l’acheter et le vendre.

Parfois, certains porteurs de projet choisissent volontairement de ne pas lister le token issu d’une ICO pour interdire aux investisseurs de vendre le fruit de leur investissement (le token). Bien sûr, cette pratique n’est pas illégale mais il faut bien comprendre que l’intention reste malgré tout de maintenir la valeur du token artificiellement stable.

La conséquence est une prise en otage des investisseurs, qui si elle est trop longue, peut amener à une perte de confiance de ces derniers dans le projet qu’ils ont financé. La valeur artificiellement maintenue stable s’effondre alors encore plus brutalement le jour où le token est enfin listé sur un Exchange (s’il l’est un jour car il n’y a aucune règle qui oblige le porteur d’un projet financé par une ICO de lister le token sur des places d’échanges publiques).

Parfois, et dans le cas de véritables arnaques, le token n’existe même pas et l’investisseur reçoit juste un « login » et un « mot de passe » pour accéder à une interface sur laquelle il voit le montant de token acquis mais sans que les tokens puissent être transférables*. Ce fut le cas avec OneCoin et c’est aussi actuellement le cas de InitiativeQ.

Là encore, quand un token ou une crypto-monnaie n’est pas listé sur un Exchange, on doit être vigilant car il y a de fortes chances d’être face à une arnaque ou une pyramide de Ponzi.

*Rappelons qu’un token ou qu’une crypto-monnaie est un actif numérique fongible, transférable et divisible.

4. Une forte incitation à ne pas vendre votre token

Dans d’autres cas, le token existe et il est listé sur un ou plusieurs Exchanges mais il y a une forte incitation à ne pas vendre : soit par des pénalités en cas de vente du token avant un certain délai, soit par de généreux avantages pour ceux qui gardent le token le plus longtemps possible.

Concernant les pénalités, c’est une alerte rouge à Ponzi, surtout si la condition est associée à de nombreux avantages pour les membres qui parrainent d’autres membres/investisseurs.

Pour ce qui est des avantages à garder le token sur une longue durée, c’est plus subtil ; car dans tous les cas, l’intérêt sera de garder votre investissement le plus longtemps possible pour voir sa valeur augmenter ou pour recevoir les dividendes que le token distribue (si applicable). Mais en revanche, s’il y a des bonus hors du commun et spécialement attribués aux « holders », on peut commencer à se poser des questions et avoir des doutes sur le sérieux du projet.

Ce fut le cas de Bitconnect qui était bel et bien listé sur plusieurs Exchanges mais qui cachait une gigantesque pyramide de Ponzi (type Madoff). Cette arnaque a pesé plus de 2 milliards de dollars et a fait trembler toutes les crypto-monnaies au moment de la découverte du scandale.

5. Être riche et devenir rentier : une promesse trop belle pour être vraie

Comme je le dis souvent, quand c’est trop beau pour être vrai… souvent, ce n’est pas vrai !

Tous les projets qui promettent donc de devenir riche rapidement, de devenir rentier avec une mise de départ de 500$ ou encore de générer 10 % par mois d’intérêt sur le capital investi, sont sans aucun doute des escroqueries.

Sans tomber dans ce cliché de l’arnaque, d’autres ICO vont faire des promesses plus cohérentes mais quand les promesses durent dans le temps et que rien n’arrive… on peut légitimement se demander si le projet financé par l’ICO est sérieux. Parfois, des projets commencent par une approche honnête mais faute de sortir un produit, le projet tourne au Ponzi !

C’est ce que nous avons pu récemment voir avec TenX ou Sirin Labs qui étaient pourtant à la base des projets sérieux mais qui ont très mal fini après n’avoir pas tenu les promesses et les engagements pris lors de leurs ICOs.

Les ICOs et les crypto-monnaies offrent beaucoup de possibilités, d’avantages et vont certainement transformer la manière d’investir, de lever des fonds, de payer, etc. mais il faut tout de même rester vigilant car il existe de nombreuses arnaques.

Je conclurai par « si une banque inconnue, localisée dans les îles, venait à vous contacter par mail ou par téléphone pour vous proposer d’ouvrir un compte bancaire qui vous permettra de devenir riche si vous y mettez toutes vos économies… le feriez-vous ? ». J’espère pour vous que non !

Cependant, si une jeune entreprise pilotée par une équipe d’expérience, basée à Paris, vous propose d’investir dans un projet qui semble cohérent et qui vous permet de faire quelques économies sur vos frais bancaires… alors vous auriez peut-être raison de soutenir cette startup.

Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions et ne peuvent être assimilées à une prestation de conseil en investissement financier, ni à une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers. Le lecteur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans qu’aucun recours contre la société éditrice de Cafedelabourse.com ne soit possible. La responsabilité de la société éditrice de Cafedelabourse.com ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’erreur, d’omission ou d’investissement inopportun.

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Marc Raffard

Trader - My trading Forex -

En savoir plus

Marc Raffard est un expert des marchés financiers, spécialisé dans les opérations de change. En 2008, il a rejoint FXCM à Paris, puis à Londres, OANDA, FIXI et JFD Brokers, où il a perfectionné ses connaissances du fonctionnement des courtiers FX.

Tout au long de sa carrière dans le secteur financier, il a contribué à la démocratisation de pratiques équitables et transparentes. Son engagement le plus important a été et reste d’éliminer tout conflit d’intérêts et mauvaises pratiques dans le monde du Forex et des CFD.

Marc est désormais un passionné de Blockchain et de Crypto-monnaies. Il a découvert dans cette nouvelle technologie un moyen de changer en profondeur les règles du secteur financier.

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