Investissement : 5 pros de la finance partagent leurs anticipation et placement préféré

Le 28 juin 2019

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Café de la Bourse a interrogé cinq gérants et analystes pour recueillir leur sentiment sur la situation macroéconomique, leurs anticipations pour la seconde partie de l’année et leurs avis sur les classes d’actifs à privilégier. Découvrez en exclusivité le point de vue de 5 professionnels de la finance et profitez de leur expertise pour adapter votre allocation d’actifs au contexte économique actuel.

En tant que société de gestion, qu’anticipez-vous pour mi-2019 ?

Denis Lehman, Directeur Général d’AVIVA INVESTORS France pense que la zone euro reste le maillon faible

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La solidité des indicateurs macroéconomiques est menacée par le retour des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Toutefois, les discours et les politiques monétaires des banques centrales mondiales sont plus accommodants depuis le début de l’année et pourraient garantir la poursuite du cycle économique.

De fortes disparités régionales persistent toutefois. Les États-Unis ralentissent mais résistent mieux que les autres pays développés. La zone euro reste le maillon faible. Les données chinoises confirment dans l’ensemble une stabilisation de l’activité économique au cours du deuxième trimestre, même si la situation reste à surveiller.

Florence Barjou, Responsable adjointe des investissements chez Lyxor AM, évoque le trou d’air du secteur manufacturier aux États-Unis

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Pour l’instant, les dépenses des ménages restent soutenues par des gains de pouvoir d’achat et un marché du travail très solide aux États-Unis et qui continue son redressement en Europe.

Toutefois, en l’absence de progrès dans les discussions entre la Chine et les États-Unis, le récent trou d’air du secteur manufacturier pourrait progressivement se transmettre au secteur des services, obérant ainsi le potentiel de croissance durant le reste de l’année.

Jean-Jacques Friedman, Directeur de la gestion sous mandat et des investissements de VEGA Investment Managers n’anticipe pas de récession

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La croissance mondiale s’effrite, mais nous n’anticipons pas de récession, car les quelques indicateurs qui se dégradent, par exemple aux États-Unis, restent encore très diffus.

Le principal élément qui brouille la lecture des indicateurs économiques est la divergence entre les indicateurs industriels qui se dégradent et apparaissent proches de la récession, et des perspectives beaucoup mieux orientées sur les services, la construction et la consommation.

Cette divergence est en partie liée à la guerre commerciale mais également à la volonté de la Chine de calmer sa machine industrielle et de piloter le ralentissement structurel de son économie. En Europe, la hausse du taux d’épargne liée aux mesures de relance budgétaires favorise encore une consommation soutenue pour les trimestres à venir.

Christian Mariais, gérant du fonds Exclusif 21 anticipe un ralentissement plutôt qu’une contraction

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Dépassant toutes les prévisions, le PIB des États-Unis a progressé de 3,1 % au T1, et devrait croître de 2 % au 2ème trimestre (la croissance potentielle est estimée à 1,9 % par la Fed). En Europe, les données suggèrent une stabilisation de l’économie. Le chômage a baissé nettement plus que prévu en Allemagne en avril, laissant entrevoir une consommation dynamique des ménages.

Ainsi, nous considérons que les données économiques actuellement disponibles reflètent plutôt un ralentissement (dont on discerne déjà le point bas) qu’une contraction. La croissance des bénéfices des sociétés en sera bien évidemment affectée mais restera positive tant aux États-Unis qu’en Europe. Nous devrions rester sur ces bases dans la seconde partie de l’année avec toujours en toile de fond les négociations commerciales entre les USA, la Chine et l’Europe, sans oublier le Brexit.

Alexandre Baradez, responsable des analyses marchés chez IG prévoit une volatilité plus élevée sur les marchés internationaux

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La situation macroéconomique actuelle reste fragile. En témoignent le repli mondial des volumes d’échanges commerciaux, les chiffres toujours inquiétants de la production industrielle chinoise (plus faible taux de croissance depuis 17 ans), la situation dégradée qui se prolonge en Allemagne avec un secteur manufacturier toujours contracté et une confiance des consommateurs qui se replie sur un plus bas de 2 ans.

On remarque également, et c’est probablement le plus inquiétant, le repli des indices d’activité manufacturière aux États-Unis (ISM et PMI) mais aussi et surtout du PMI Services qui flirte en juin avec la contraction. Après le retour des tensions ces dernières semaines entre les États-Unis et la Chine, il n’y a pas d’accord global à attendre au G20 entre les deux puissances économiques, ce qui prolongera l’incertitude commerciale et son impact négatif sur l’économie.

La volatilité devrait donc être plus élevée sur les marchés européens et américains au second semestre avec des phases de correction / consolidation attendues.

Quelles classes d’actifs et secteurs faut-il privilégier ?

La position sur les obligations d’État et obligations d’entreprise renforcée

Denis Lehman, Directeur Général d’AVIVA INVESTORS France

Nous continuons à croire à une reprise économique mondiale modérée au second semestre mais l’escalade des tensions commerciales est de nature à rendre les marchés plus nerveux et les investisseurs plus frileux. Dans cette optique, nous avons un peu réduit notre exposition sur les actions, désormais proche de la neutralité. Au sein de cette classe d’actifs, notre préférence va au marché actions américain, un marché défensif soutenu par une croissance économique solide avec des indicateurs avancés qui restent positifs.

Nous avons renforcé notre position sur les obligations d’État qui constituent une protection dans un environnement incertain, ainsi que sur le crédit (obligations d’entreprises), en nous concentrant sur le Haut Rendement (High Yield) de la zone euro et des États-Unis. Les fondamentaux des sociétés restent bons et les taux de défaut sont faibles. Nous restons également positifs sur la dette des pays émergents. Globalement, nous orientons nos positions obligataires vers la recherche de rendement.

L’or comme éternelle valeur refuge

Florence Barjou, Responsable adjointe des investissements chez Lyxor AM

Dans un contexte de croissance fragile, seul le positionnement accommodant des Banques Centrales nous incite à ne pas sous-pondérer les actions. Si ce biais accommodant protège la croissance et donc les actifs risqués, il ancre toutefois le rendement des obligations souveraines à des niveaux très faibles, voire négatifs. Nous préférons donc très largement le crédit entreprise (y compris à haut rendement).

Finalement, l’or pourrait servir de valeur refuge en cas de scénario de dégradation additionnelle de la croissance.

Les actions, classes d’actifs à privilégier

Jean-Jacques Friedman, Chief Investment Officer de Natixis Wealth Management et Directeur de la Gestion Sous Mandat et des Investissements de VEGA Investment Managers

Les actions constituent la classe à privilégier. Les actifs émergents devraient bénéficier d’un dollar qui pourrait commencer à s’affaiblir. En termes de style de valeur, les valeurs de croissance continuent de bénéficier d’un environnement de taux bas.

Attractivité des actions value

Christian Mariais, Gérant du fond « Exclusif 21 » chez Twenty-First Capital

Si la performance des actions reste encore remarquable sur cette première partie de l’année, il faut se rappeler que les indices ont connu un violent recul au dernier trimestre 2018. Sur un an glissant, l’indice européen est à peine à l’équilibre, et sur deux ans il est en recul de 2 %. La hausse de 2019 ne constitue en fait qu’un simple rattrapage.

L’attractivité des actions est encore renforcée par le rendement qu’elles procurent, à un moment où les attentes en matière de baisse des taux s’intensifient, notamment après les déclarations des responsables des grandes Banques Centrales.

Le modèle de valorisation utilisé dans la gestion de notre fonds flexible « Exclusif 21 » indique une nette sous-évaluation des marchés européens. Nous pensons donc que les actions européennes représentent la classe d’actif à privilégier. En ce qui concerne les secteurs, on note une profonde divergence.

Le modèle de valorisation utilisé dans la gestion de notre fonds flexible « Exclusif 21 » indique une nette sous-évaluation des marchés européens. Nous pensons donc que les actions européennes représentent la classe d’actif à privilégier. En ce qui concerne les secteurs, on note une profonde divergence.

Les actions européennes dites « value » ont pris un retard important par rapport aux valeurs de croissance.

La revalorisation à moyen terme de ces sociétés aujourd’hui décotées nous semble probable. Des titres comme Saint-Gobain et Engie qui répondent bien à cette notion de décote ont un réel potentiel de hausse.

Les matières premières au fort potentiel

Alexandre Baradez, Responsable des Analyses Marchés chez IG, Paris

Les métaux (or et argent) semblent présenter du potentiel pour les mois à venir, pas seulement en raison des mouvements de hausse récents mais parce que ces mouvements interviennent après une longue phase de baisse d’abord, puis de consolidation ensuite. La thématique risque et banque centrale ainsi que les signaux techniques pourraient continuer à porter l’or.

Les devises refuges type yen (JPY) ou franc suisse (CHF) peuvent également être intéressantes mais il convient de surveiller si la corrélation fonctionne avec les indices pendant quelques jours au moins avant de se positionner (par exemple s’assurer que le yen se renforce si les indices actions commencent à baisser).

Si on veut faire un pari contrarien risqué, il y a le secteur bancaire qui a été le secteur le plus en repli du Stoxx 600 Europe ces 10 dernières années (c’est donc faire le pari que les taux ne se dégraderont plus dans les mois qui viennent…). On note également que le secteur des télécoms a peu performé ces 10 dernières années et pourrait faire l’objet d’une approche contrarienne. Je ne vois pas d’opportunité à investir sur secteur de la santé, les techs ou le secteur auto dans le contexte actuel, sachant également que ce sont des secteurs qui ont déjà fortement performé depuis 10 ans.

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