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Les dessous du métier du métier de directrice des investissements

Les dessous du métier du métier de directrice des investissements

Découvrez le parcours, l’expérience et le métier d’une directrice des investissements chez UBS. Café de la Bourse vous invite à plonger dans l’univers de la finance de marché en interrogeant les hommes et les femmes qui y travaillent au quotidien.

Ce mois-ci, Claudia Panseri, directrice des investissements pour la filière française de UBS, revient pour nous sur son activité, ce qui l’a poussé à faire ce métier, le fait le plus marquant de sa carrière et son sentiment de marché actuel.

Claudia Panseri, quelle fonction occupez-vous ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Depuis le 1er septembre 2023, je suis directrice des investissements pour la filière française de UBS. Je dirige le bureau d’investissement en France, agissant en tant que macro-stratège sur le marché français et communiquant les points de vue du CIO aux clients et aux médias.

J’ai commencé ma carrière en 1999 en banque d’investissement. C’est seulement en 2015 que je me suis orientée vers la banque privée. Attirée depuis toujours par les chiffres et par l’économie j’ai fait la transition d’un cursus scientifique vers un cursus en finance. Une fois diplômée d’un master dans cette discipline, j’ai eu la chance d’intégrer une grande banque française. Après 25 années en finance de marchés, je reste passionnée par mon métier. Ce que j’aime particulièrement dans celle-ci, c’est le développement des outils pour la mise en place du processus d’investissement, il faut comprendre l’environnement macro-économique et son impact sur les actifs financiers. Il faut avoir également un peu de créativité pour comprendre l’évolution des marchés. De plus, en raison de la constante mutation des cycles macro-économiques, il faut savoir remettre en question les hypothèses et les outils de travail.

Quel est l’événement que vous considérez comme le plus marquant de votre carrière ?

Sans doute la crise financière en 2008 marquée par une crise de liquidité et parfois par des crises de solvabilité tant au niveau des banques que des États, et une raréfaction du crédit aux entreprises. Je me souviens bien, l’incapacité des certaines grandes sociétés d’émettre des nouvelles obligations, le marché primaire était complètement à l’arrêt. Une crise qui a vu un changement structurel dans le comportement des banques centrales et le début des politiques monétaires non conventionnelles : la banque centrale américaine, la FED, avait augmenté massivement la quantité de monnaie en circulation dans l’économie, et elle avait débloqué les marchés de crédit en achetant directement des titres sur les marchés et en se substituant en quelque sorte aux banques pour financer directement l’économie. On connaît bien la suite mais la période a bien marqué l’histoire et ma carrière.

Quel est votre indicateur préféré et pourquoi ?

Le contexte macro-économique et les marchés financiers ne se résument pas à un indicateur. De plus les indicateurs que j’analyse ne sont pas toujours les mêmes. Actuellement je me concentre sur l’inflation et l’emploi mais également sur les conditions des liquidités et de financement des banques.

L’indicateur manufacturier aux États-Unis a été un indicateur très important historiquement mais depuis la sortie de pandémie il est moins pertinent. On pourrait tirer la même conclusion pour la courbe des taux, qui, historiquement, a été un très bon indicateur pour analyser le risque de récession mais qui, actuellement, a donné des mauvais signaux.

Quel est votre sentiment de marché actuel ?



Je suis plutôt optimiste. Après la bonne performance des actifs depuis le début de l’année 2024, les investisseurs sont aujourd’hui tentés de gérer les risques en prenant des bénéfices ou en restant à l’écart du marché. L’expérience montre cependant que rester investi et couvrir les risques vaut mieux que vendre ou être sous-investi, en particulier quand les banques centrales adoptent une politique monétaire accommodante.

La croissance économique devrait ralentir aux États-Unis cette année, et l’inflation renouer progressivement avec une tendance baissière. La Réserve fédérale (Fed) devrait ainsi être en mesure de commencer à réduire ses taux en septembre. Quant au conflit au Moyen-Orient, il devrait, selon nous, rester contenu. Bien que la performance du secteur technologique et la concentration de l’indice actions américain puissent laisser envisager la formation d’une bulle spéculative, nous pensons que le contexte actuel est différent par rapport à l’environnement des années 2000. La rentabilité, ainsi que la structure et la transparence des bilans des plus grosses capitalisations boursières sont nettement plus saines à l’heure actuelle qu’en 2000.

De plus, avec l’amélioration de la visibilité sur le montant que les entreprises vont dépenser pour l’intelligence artificielle (IA), nous nous attendons à ce que le chiffre d’affaires de l’industrie de l’IA soit multiplié par environ 15 au cours de la période 2022-2027, passant de 28 milliards de dollars en 2022 à 420 milliards de dollars en 2027, soit une croissance annuelle du chiffre d’affaires de 72 %. En particulier, nous constatons une augmentation considérable des dépenses d’infrastructure, sous l’effet de tendances émergentes telles que le cloud GPU et l’edge computing basé sur l’IA. De plus, avec l’élargissement de la demande d’IA, nous constatons une croissance solide des applications et modèles d’IA. Hors secteur technologique, le marché américain se traite aujourd’hui à 19x les bénéfices. Il faut donc être plus sélectif dans le choix des sociétés car l’écart des valorisations peut être très large selon les secteurs et les pays. Le retour de la croissance des profits en dehors du secteur technologique ouvre des opportunités parmi des segments de marché qui sont aujourd’hui faiblement valorisés.

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