Finance : 20 experts des marchés nous livrent leurs prévisions pour 2018

Le 10 décembre 2017

point-macro-2018

Alors que vient de s’écouler une très bonne année sur le plan économique avec une croissance jamais vue depuis 10 ans et que toutes les classes d’actifs évoluent sur des plus hauts historiques aux États-Unis comme en Europe, faut-il se préparer à un retournement de tendance ? La hausse va-t-elle se poursuivre ou les marchés vont-ils faire face à une correction brutale ? Café de la Bourse vous livre un point de vue de la situation macro-économique ainsi que les perspectives et idées d’investissement de 20 experts des marchés financiers. Retrouvez également notre focus sur les principaux risques pour l’an prochain et les valeurs à privilégier et celles à éviter pour chaque classe d’actifs : obligations, actions, matières premières, devises, etc.

Le krach boursier, c’est pour bientôt ?

Bourse : un tableau idyllique en apparence

Tous les analystes s’accordent à le dire : la dynamique de la croissance mondiale est forte. Nous sommes actuellement dans un environnement économique idéal. Le FMI révise à la hausse – mois après mois – ses perspectives et nous attendons désormais + 3,6 % en 2017 et + 3,7 % en 2018 » précise Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management. Il faut dire que « la consommation connaît désormais une croissance régulière, tant en Chine qu’aux États-Unis, alors qu’en zone euro, elle devrait retrouver son rythme d’avant crise » comme le souligne Union Bancaire privée qui explique : « La confiance des consommateurs et les achats sont, de plus, soutenus par la stabilisation du patrimoine des ménages, à la faveur de la reprise des prix de l’immobilier ». En outre, toujours selon le même acteur, « l’investissement des entreprises devrait constituer le deuxième moteur d’une croissance plus autonome, et ses perspectives s’avèrent des plus prometteuses à en juger par les indices de confiance globalement élevés ».

Baisse du chômage : le marché américain au beau fixe

Les indices américains sont au plus haut, le chômage au plus bas, « le consommateur américain ayant bénéficié avant les autres d’une baisse marquée du taux de chômage : la poursuite de cette tendance positive aux États-Unis et une accélération des créations d’emplois attendues en Europe devraient contribuer à l’amélioration des fondamentaux et de la confiance. » explique UBP.

Une accélération de la croissance en Europe

Le climat des affaires est très bon en novembre dans la zone euro et en Allemagne selon La Banque Postale qui parie sur « une progression du PIB encore vigoureuse cet automne » soulignant que « depuis 4 trimestres, la croissance est supérieure à 2 % l’an, dépassant nettement un potentiel estimé entre 1 et 1,5 % l’an. » Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management fait le même constat et déclare « la Commission européenne […] de cet avis » précisant qu’elle s’attend désormais à une croissance de 2,2 %, soit le plus fort taux depuis 10 ans, contre une prévision de 1,7 % en début d’année. »

PIB et croissance : le Japon poursuit son chemin

Au Japon, si la progression du PIB a ralenti au 3ème trimestre, il faut tout de même souligner qu’elle avait été dopée au printemps par un bond des dépenses des ménages. Depuis début 2016, la croissance moyenne excède un peu 1,5 % l’an. Ce qui est « pour l’Archipel, […] une bonne performance » déclare La Banque Postale.

L’économie des pays émergents se porte à merveille

Une situation particulièrement favorable aussi dans les pays émergents où la croissance a accéléré « grâce à la stabilisation observée en Chine (autour de 6,5 % en 2017) et à une dynamique encore forte en Inde » selon UBP. Pour Didier Rabattu, Directeur de la gestion Actions chez Lombard Odier, la situation s’explique aussi par le fait que « le coût du capital est en train de s’effondrer. Les taux d’intérêts baissent en effet et cela conduit à une hausse des marchés. » Toujours est-il qu’en 2018, la tendance devrait rester positive.

Des conditions de marché exceptionnelles

D’après Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management, « la macroéconomie est bonne, la micro aussi, les taux restent bas : il s’agit du cocktail parfait pour les marchés. » Il faut dire que les conditions de marché sont exceptionnelles notamment au regard de la faiblesse de la volatilité et de la politique monétaire des banques centrales très accommodante.

Faiblesse de la volatilité

La volatilité, extrêmement faible, est à des plus bas historiques autour de 10 % comme nous l’a rappelé Christophe F. Grosset, Responsable Produits de Bourse chez Unicredit lors de la Conférence : « Après une bonne année 2017, les perspectives pour la Bourse »  qui a eu lieu au Salon Actionaria 2017. Point également soulevé par Bertrand Alfandari, Head of development chez BNP PARIBAS EASY lors du même Salon soulignant que cela signifiait « une baisse du niveau de risque » particulièrement notable. À la conférence « Et demain ?! » de décembre 2017, Guillaume Dard, président de Montpensier finance est revenu lui aussi sur cette spécificité actuelle : « les marchés connaissent actuellement la volatilité la plus basse depuis presque 50 ans, c’est-à-dire depuis la guerre du Vietnam ».

Va-t-elle durer ? Peu probable selon John J. Hardy, responsable de la stratégie FX, Saxo Banque qui s’exprime ainsi : « Nous soupçonnons que la confiance excessive et le niveau de volatilité faible en 2017 ne subsisteront pas en 2018 et donneront lieu à une année spectaculaire. Ainsi, plusieurs de nos prévisions soulignent le risque que cette accumulation de confiance puisse faire exploser la bulle de volatilité réprimée. »

Des banques centrales particulièrement conciliantes

Pour Clémence Dachicourt, Portfolio Manager chez Morningstar Investment Management, le niveau d’inflation faible, le niveau de volatilité au plus bas, le soutien des banques centrales sont autant de bonnes nouvelles qui se matérialisent par la performance remarquable des indices de marché : +25 % pour le CAC 40 sur 1 an, ce dernier double sur 5 ans en termes de valeur. On peut faire des constats similaires pour le MSCI ou encore les obligations.

Guillaume Dard, président de Montpensier finance souligne lui aussi l’impact positif des banques centrales sur les marchés et « l’importance extrême du quantitative Easing », précisant au passage que « le marché est d’ailleurs immune aux évènements politiques et reste focalisé sur les actions des banques centrales ».

Marchés financiers : les risques potentiels de crise

Cependant, la situation n’est-elle pas trop belle pour durer ? « Étant donné le contexte actuel de l’économie mondiale et la valorisation élevée des marchés financiers, le département Investment Solutions de Robeco est convaincu que nous sommes entrés dans une phase avancée du cycle […] avec tous les risques que cela comporte » déclare la société de gestion dans un récent communiqué. Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management attire lui aussi notre attention sur les signes qui devraient nous alerter : « après presque 8 ans de hausse à Wall Street, nous venons d’y vivre 62 semaines sans correction de plus de 2 %, la courbe des taux américains s’aplatit, historiquement le signe annonciateur d’un ralentissement, la situation géopolitique au Moyen-Orient devient plus préoccupante avec les derniers évènements en Arabie Saoudite et les tensions avec l’Iran, zone sensible pour l’évolution du pétrole… Et surtout, il y a à nouveau un excès de crédit (quelques sociétés ont été secouées parce que trop leveragées). D’ailleurs, le prix de vente record de 450 millions de dollars pour un tableau de Léonard de Vinci n’est-il pas le signe que le prix des actifs est allé trop loin ». Pour Frédéric Garcia de Bourse Direct, on assiste probablement à une « fin de cycle de croissance économique aux États-Unis, avec une crise au 2ème semestre de l’année 2018 ? »

Mais comme le disait Janet Yellen en décembre 2015 : « Les cycles économiques ne meurent pas de vieillesse ». Alors que va-t-il se passer ? On peut en effet se demander quel sera l’élément qui viendra renverser la situation actuelle. Même si « Les risques majeurs sont ceux que l’on ne connaît pas » selon Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion, on peut tout de même en identifier quelques-uns.

Bourse : la valorisation très haute des marchés

La valorisation très haute des marchés est : sans aucun doute le risque le plus important. Les niveaux de valorisation sont extrêmement élevés souligne Clémence Dachicourt, Portfolio Manager chez Morningstar Investment Management précisant que « les actifs chers retirent 3 à 4 % de rendement annualisé sur 10 ans pour chacune des classes d’actifs ». Eric Tibi, analyste gérant actions chez Amiral Gestion nous alerte sur « le PE de Shiller historiquement très élevé, particulièrement aux États-Unis, ce qui rend la recherche de titres difficile ».

Or, plus un actif est cher, plus sa performance est faible, voire négative. Car en effet, plus un actif est cher, plus le risque de perte en capital est élevé. Que faire avec toutes ces classes d’actifs très chères ? « Investir c’est simple, mais ce n’est pas forcément très aisé dans la pratique » nous dit Warren Buffett. « Les investisseurs à la recherche de performances devront prendre davantage de risque compte-tenu du faible niveau des rendements » déclare Deutsche Asset Management.

Le risque politique mis de côté ?

Le risque politique semble s’être éloigné de lui-même avec une année 2017 sous tension où l’on a craint le pire sans qu’il n’arrive. 2018 compte aussi moins d’échéances électorales.

Cependant Léon Cornelissen, Chief Economist chez Robeco précise : « Moins d’élections sont prévues en 2018, mais les négociations en cours sur le Brexit devraient se poursuivre. Cette saga continuera de peser considérablement sur l’économie et ceci, associé au niveau d’endettement élevé en Chine, aux élections en Italie et au resserrement monétaire ». On pense aussi à l’épisode de la Catalogne, sur lequel revient Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management : « Le scénario de l’indépendance reste peu probable aux yeux des marchés. Mais le risque politique reste le plus significatif pour la zone dans les prochains mois. »

Est-on à l’abri d’une erreur de politique monétaire ?

Comme le dit si bien Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion : « Ce sont les banques centrales qui dirigent les marchés aujourd’hui et qui représentent donc le risque le plus prévisible en matière de bousculement des marchés. Quand les taux montent, ce n’est jamais bon pour les actions et la situation est encore pire quand ce sont les taux courts qui montent et que les taux longs ne montent pas, ce qui est en train de se passer aux États-Unis. » Quid alors de l’évolution de la politique des banques centrales ? Pour Guillaume Dard, Président de Montpensier finance : « On ne connaît pas Jerome Powell. Fera-t-il exactement comme Janet Yellen. Rien n’est sûr. […] Quant à la zone euro, pour l’instant Mario Draghi continue sa politique qui pousse les marchés actions mais au printemps prochain devrait commencer à se poser la question de sa succession. »

Un ralentissement marqué et soudain en Chine

La Chine est aussi un facteur de risque à prendre en compte.  Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management nous éclaire : « Il s’agit d’un risque macro- économique non négligeable étant donnée l’importance prise par le pays dans l’économie internationale. Le sujet, c’est l’ajustement et le retour à des prix plus normaux. Ce processus peut se dérouler dans la douceur car le pays au global a besoin de logements, mais aussi de manière plus brutale, provoquant alors potentiellement une chute brutale des prix et donc une baisse de confiance et de consommation et ainsi un ralentissement. Ou bien l’ajustement peut passer par une baisse de la monnaie, avec des conséquences négatives pour les autres pays émergents et, au final, sur la croissance globale aussi. »

Crise géopolitique : un risque persistant

Terrorisme, escalade des provocations entre États-Unis et Corée du Nord sont également des facteurs de risque sui pourraient infléchir les cours des marchés comme l’explique UBP dans son dernier communiqué : « Les risques géopolitiques attachés à la Corée du Nord, à la situation au Moyen-Orient ainsi qu’à la politique commerciale américaine pourraient modifier la trajectoire de croissance des pays émergents. »

Le développement des géants de l’Internet  

Les géants de l’Internet pourraient-ils mettre à mal les marchés ? Possible. Guillaume Dard, explique que les géants du numérique comme Ali Baba, Tencent, Amazon créent des disruptions monumentales dans leurs secteurs d’activité, ce qui a un impact considérable sur les acteurs traditionnels. On noter aussi le point de vue de Nabil Berouag, Trader Formateur chez Krechendo Trading qui explique que dans des marchés survalorisés la moindre anicroche peut engendrer une correction brutale : qu’est-ce ce qui se passerait si Uber, par exemple, qui a connu récemment quelques difficultés, venait à faire faillite ?

La qualité (ou plutôt son absence) du marché du crédit international

Soulignons également que la dette est un risque actuel bien réel et bien présent. Robeco nous informe que « la qualité du marché du crédit international n’a cessé de se dégrader. La solvabilité globale est en baisse et le financement de type covenant-lite est de plus en plus fréquent, tandis que le nombre de sociétés dites zombies – des entreprises dont la survie dépend d’encore plus de crédit – ne cesse d’augmenter ».

Didier Rabattu, Directeur de la Gestion Actions chez Lombard Odier parle lui aussi du « risque de dette », affirmant que le « niveau de la dette souveraine aux États-Unis et en Europe est très haut ».

Investisseur : où et comment investir sur les marchés en 2018 ?

Près de dix ans après la grande crise financière, le monde est entré dans un cycle synchronisé d’expansion économique. Les États-Unis, premier pays développé à avoir retrouvé la croissance, renoue avec l’inflation et la Fed est la première des grandes banques centrales à inverser sa politique monétaire. Dans ce contexte, les autres banques centrales vont-elles devoir réagir ? Pour l’heure, selon Robeco, « les marchés n’intègrent quasiment aucun resserrement monétaire pour l’an prochain. Les marchés obligataires semblent ainsi vulnérables ». Et pourtant : le scénario de remontée très progressive des taux d’intérêt devrait se poursuivre au cours des prochains mois.

Pour Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management : « Les rendements sont maintenus artificiellement trop bas, les Banques Centrales ayant mis les marchés obligataires « sous tutelle ». Or : « les taux d’intérêt constituent un point d’ancrage essentiel pour les valorisations des autres actifs ». Conséquences : « les prix des autres actifs (immobilier, actions…) sont ainsi logiquement plus élevés. » « Il est prévu que la liquidité mondiale injectée par les Banques Centrales diminue à partir de fin 2018. » « Dans ces conditions, nous pensons que le rendement du Bund à 10 ans atteindra la zone de 0,75/1 % en fin de l’année prochaine, avec une accélération plutôt à partir de la mi-année. Pour le T-Notes 10 ans, nous pensons que la zone de 3 % sera atteinte, avec un cheminement proche. »

« Un rebalancement des rôles entre les politiques monétaire et budgétaire […] semble […] nécessaire et devrait se traduire par un retrait relatif des banques centrales, alors que la dépense publique, la fiscalité et les réformes structurelles ont un plus grand rôle à jouer pour soutenir la croissance sur une longue durée. » précise UBP.

Obligation : un marché à délaisser ?

Pour Morningstar, les perceptions de rendement se sont stabilisées sur les obligations souveraines et se sont déteriorées sur le crédit. Une affirmation corroborrée par Jean-Marie Mercadal : « Les obligations crédit restent chères et il y a peu de potentiel de réduction supplémentaire des spreads. » Morningstar recommande l’investissement sur les obligations des émergents. Là encore, le Directeur Général Délégué de Ofi Asset Management est d’accord : « Nous aimons également les obligations émergentes, même si elles ont déjà bien progressé. » Morningstar montre un vif intérêt pour les obligations souveraines américaines. Et, dans une moindre mesure, pour le Bund Allemand sur 10 ans et, fait notable et rare, pour les obligations britanniques sur 10 ans malgré un Brexit compliqué.

Des opportunités existent donc à en croire ses experts sur le marché obligataire. Cependant, on ne peut que faire preuve de prudence dans ses investissements en la matière. Raphaël Elmaleh Président Fondateur de Keren Finance nous alerte : « Aujourd’hui, sur le marché obligataire, on n’est pas payé pour le risque et pour la durée. On ne perd certes pas d’argent mais on n’en gagne pas non plus ». Il faut donc bien regarder la duration et la maturité moyenne avant tout achat.

Marché actions : des prévisions financières contradictoires

Comme le soulignait Clémence Dachicourt lors du salon Actionaria 2017, nous sommes aujourd’hui face à ce que l’on pourrait appeler une « exubérance irrationnelle » : les marchés sont chers et pourtant les liquidités dans le portefeuille sont à un plus bas historique. Le véritable enjeu va alors être de trouver de la valeur dans un environnement de rendement faible. Cependant, à en croire Jean-Marie Mercadal, « les marchés actions occidentaux devraient progresser proportionnellement aux croissances de bénéfices attendus, ce qui donne un potentiel de 5 % à 10 % à horizon 2018. En effet, si les actions sont chères, cela est « justifié par un contexte exceptionnellement favorable » d’après Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion.

Attention toutefois, pour Degroof Petercam, « certaines classes d’actifs apparaissent clairement en surchauffe (actions américaines, obligations haut rendements, etc.). Quelles valeurs alors peuvent sortir du lot ? Pour Hicham El Assaoui, gérant de portefeuille chez Athymis Gestion, ce sont les thèmes disruptifs, induits par la révolution des usages, comme les sociétés liées au développement du cloud qui devraient tirer leur épingle du jeu.

Autre point crucial à surveiller comme nous le rappelle le Président de Mandarine Gestion : « L’évolution du marché action dépendra des scénarios de taux. Tant que les taux sont bas, les marchés ne seront pas chers. Mais ce n’est pas une situation normale et elle va donc forcément évoluer. »

Les États-Unis sont-ils trop chers ?

On l’a vu les marchés américains sont très chers. Selon les rendements anticipés des classes d’actifs Morningstar 2018, le rendement des actions américaines converge vers zéro ; elles sont donc très peu attractives. Est-ce la fin d’un cycle ou la hausse va-t-elle se poursuivre ? On a vu précédemment que le débat restait ouvert et non tranché, les différentes sociétés de gestion ayant des avis divergents.

L’Europe : une valeur sûre ?

Selon les rendements anticipés des classes d’actifs Morningstar pour 2018, les rendements attendus sur les actions ne cessent de baisser avec par exemple un rendement Europe prévu à environ 4 %. Morningstar toujours émet un avis favorable sur les actions britanniques malgré le Brexit tandis que l’on constate une certaine inquiétude sur la Bourse de Londres de la part de Didier Hameau, Directeur de la Rédaction de Boursier.com. Un point de vue partagé par Eric Tibi, analyste gérant actions chez Amiral Gestion pour qui « le Brexit ne se passe pas bien du tout ».

Les pays émergents : investir à tout prix ?

Les émergents devraient être les grands gagnants des marchés actions. Les rendements anticipés de Morningstar prévoient pour 2018 un rendement d’environ 4 %. Clémence Dachicourt explique en effet que les fondamentaux se sont améliorés. Didier Rabattu, Directeur de la gestion Actions chez Lombard Odier a également un avis positif sur l’Inde, l’Asie du Sud-Est, le Mexique. Le fonds maison sur les émergents a offert un rendement de 8 % par an sur les 6 dernières années. Il s’agit de la « zone dans laquelle il y a le plus de croissance dans le monde » explique-t-il. Si « l’Afrique du Sud présente des atouts indéniables notamment avec ses matières premières », il en faut en revanche pas occulter « les difficultés politiques rencontrées par le pays [qui]invitent à la plus grande prudence ».

Et que dire de la Chine ? Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué, Ofi Asset Management nous éclaire : « L’objectif de la Chine est […] établi pour les prochaines années : développer une classe moyenne nombreuse pour promouvoir une société plus axée vers le bien- être, avec des conséquences positives a priori pour le secteur de la consommation et l’économie verte. […] Le taux de croissance de l’économie devrait logiquement baisser dans les prochaines années, mais c’est normal à ce stade du développement. Reste la question du dégonflement de la bulle immobilière et de la réduction des dettes accumulées ces dernières années : le gouvernement a aujourd’hui tous les moyens pour piloter « en douceur » la réduction de ces excès. » Robeco revient également sur les risques liés à l’économie chinoise : « La dette de son secteur privé s’élève à plus de 220 % du PIB, soit quasiment le double de ce qu’elle était il y a dix ans. » La société de gestion alerte sur le fait que « la croissance économique chinoise a réellement besoin d’être plus équilibrée » et conclut qu’« il reste à voir si les objectifs seront revus à la baisse en mars prochain ».

Découvrir notre dossier Investir sur le marché chinois

Le secteur de la technologie divise

Pour Didier Rabattu, Directeur de la Gestion Actions chez Lombard Odier, « les valorisations sont élevées mais ne sont pas excessives. La situation est très différente de 2000. Les productions de cash de ces sociétés sont aujourd’hui énormes. » En revanche, Morningstar juge le secteur survalorisé et considère que la Tech en Europe devrait servir des rendements négatifs en 2018.

Énergie : retour en grâce du pétrole

 Les voyants sont au vert pour l’or noir. Le prix du baril est installé depuis début novembre dans une fourchette de 60 à 65 $. » Comme attendu, l’Opep, la Russie et une dizaine d’autres pays producteurs se sont entendus fin novembre pour prolonger jusqu’à fin 2018 leur accord sur les quotas de production » nous informe La Banque postale, ce qui, immanquablement, donne de la visibilité au marché.

Guillaume Dard, Président de Montpensier finance constate que l’on « assiste à une augmentation de la demande en pétrole ». Marc Renaud, lui, Président de Mandarine Gestion explique qu’en matière de pétrolières « une partie de la cote est décotée. Or, les sociétés ont fait un cost cutting non négligeable qui dope le rendement. » Morningstar plébiscite quant à lui le secteur de l’énergie dans son ensemble.

Découvrir notre dossier Investir dans le pétrole

Le secteur pharmaceutique : entre attractivité et aversion

Pour Morningstar, ce secteur offre des perspectives de rendement attractives. En revanche, chez Montpensier finance, Guillaume Dard juge le secteur « très compliqué car très attaqué ». Il relève également l’intention d’Amazon d’aller dans le retail pharmaceutique. « Or, quand Amazon débarque quelque part, les cours des acteurs traditionnels baissent » précise-t-il.

Les Midcaps : le paradis des stock pickers

Les gérants et analystes semblent unanimes. Alors oui certes, ce n’est pas un secteur à proprement parler, plutôt une classe d’actifs, mais les Midcaps méritent que l’on s’y arrêtent quelque peu. Guillaume Dard estime : « il y a encore un gisement de midcaps qui restent très attractives ». Raphaël Elmaleh de Keren Finance parle lui de « belles histoires sur les midcaps ». Sébastien Ribeiro, gérant fond actions chez Keren Finance se dit « raisonnablement confiant sur les small et midcaps » expliquant  que l’on « peut payer plus cher ces sociétés qui font de bons résultats ».

Quel secteur de ce segment investir alors ? Diane Bruno, gérante actions européennes Mandarine Gestion nous éclaire « On dit souvent que l’Europe est le parent pauvre de la Tech mais il existe plein de small et midcaps intéressantes sur ce secteur ».  C’est aussi ce que pense Marion Casal, gérante actions chez Montpensier finance pour qui  trois grands secteurs se démarquent : « les valeurs technos et notamment les sociétés de services informatiques (cyber-sécurité par exemple), la consommation avec un biais sur le e-commerce (acteurs du e-commerce en eux-mêmes mais aussi supply chain), et enfin, les biens d’équipement avec le grand retour des Capex ».

Forex : sur quelle paire de devises miser ?

Selon Didier Hameau, Directeur de la Rédaction de Boursier.com, « la crise politique en Allemagne empêche l’Euro de monter », ce qui confère à la zone euro une bonne visibilité monétaire.

Pour Morningstar, il est intéressant de miser sur la paire livre sterling/euro. Clémence Dachicourt explique que le niveau de la devise britannique est très en-dessous de sa valeur intrinsèque. Or, souligne-t-elle : « une devise peut certes rester décotée pendant longtemps mais le prix de la livre sterling est en-deça de l’écart-type de sa juste valeur et devrait donc remonter à plus ou moins long terme ».

Consulter également notre dossier 12 erreurs classiques à ne pas faire sur le forex

Marchés financiers : les convictions fortes à retenir

Alors, stop ou encore ? Fin d’un cycle ou marchés idylliques qui vont perdurer ? On le voit à la lecture de cet article, pessimistes et optimistes s’affrontent. Reste à savoir qui est réaliste et qui verra ses dires contredits par les marchés.

Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion confie que « 2017 a été une année tranquille sur les marchés : les risques que l’on redoutait ne se sont pas produits, les clients se sont montrés confiants sans pour autant basculer dans l’euphorie. J’ai du mal à me dire qu’on fera deux années comme ça d’affilée ». Attention en effet, car comme le souligne Lukas Daalder, Directeur de l’investissement chez Robeco Investment Solutions : « Il peut être très plaisant d’assister à une prolongation. Cependant en règle générale, plus la partie dure longtemps, plus le choc risque d’être violent quand le processus de normalisation commencera à se faire sentir. » Morningstar pour parer à tous risques recommande d’augmenter ses liquidités en portefeuille et de vérifier que l’on est bien diversifié avec des actifs non corrélés entre eux, et un horizon de placement relativement long.

Du côté des optimistes, il y a des raisons d’espérer pour UBP : « La baisse de la fiscalité, les réformes structurelles, et les projets de long terme apparaissent comme les trois axes majeurs des politiques économiques ». Conséquence : « La croissance mondiale devrait, selon nos estimations, atteindre 3,5 % en 2018, après un chiffre de 3,6 % en 2017, soit le rythme le plus soutenu depuis dix ans ».

Nabil Berouag, Trader Formateur chez Krechendo Trading est sans nul doute celui qui aura raison : « 2018 offrira sûrement plus d’opportunités que 2017, si ce n’est pas à la hausse, ce sera à la baisse ! »
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