Facebook : la crypto monnaie Libra bientôt lancée !

Le 04 septembre 2019

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Facebook, le réseau social aux 2,4 milliards d’utilisateurs, lance sa propre cryptomonnaie : le Libra. Quelles sont les principales caractéristiques de cette monnaie virtuelle, quelles différences avec d’autres cryptomonnaies, quels risques menacent le Libra ? Toutes nos explications sur cette nouvelle crypto-monnaie !

Libra : 1ère monnaie virtuelle créée par 28 sociétés internationales

Facebook a annoncé en grande pompe, en juin dernier, le lancement de sa crypto-monnaie à horizon 2020. Même si l’on se doutait que Facebook préparait depuis un moment déjà la création de ses propres jetons, l’annonce a eu l’effet d’un raz-de-marée. C’est la première fois en effet, qu’un groupement d’entreprises mène ce genre d’initiative. Si depuis l’avènement des cryptomonnaies, battre monnaie n’est plus la prérogative des États, c’est la première fois qu’un groupement d’entreprises dont l’activité n’est pas centrée sur la création d’une monnaie virtuelle, s’attèle à un tel chantier.

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En effet, 28 entreprises et ONG, moyennant 10 millions de dollars, se sont greffées au projet. Ces entreprises sont pour la plupart américaines, mais on compte également de nombreuses sociétés européennes et notamment britanniques. Une française (Iliad) figure dans la liste, ainsi qu’une entreprise argentine et une entreprise hongkongaise. Ces entreprises sont issues de secteurs d’activité différents. On retrouve bien sûr des sociétés de services de paiements et de services de ventes en ligne, mais aussi du secteur des Télécoms et des cryptomonnaies, des fonds d’investissement et des organisations non gouvernementales.

Ces entreprises seront responsables de la gouvernance de la monnaie. L’objectif est d’étendre, dans un premier temps, le nombre d’entreprise à 100, puis d’ouvrir ce projet à toutes les entreprises qui le souhaitent, à condition toutefois d’appartenir à la prestigieuse liste Fortune 500, d’investir 10 millions de dollars en Libra Investment Tokens (chaque 10 millions de dollars investis correspond à 1 vote). Facebook n’assurera donc pas seul la gestion de Libra, qui sera géré par une fondation basée à Genève, sans but lucratif, dont Facebook ne sera qu’une des organisations partenaires.

Quelles différences entre Libra, Bitcoin et Ethereum ?

Le Libra ambitionne de surpasser les crypto-monnaies déjà existantes comme le Bitcoin ou l’Ethereum. Et le célèbre réseau social de Mark Zuckerberg a de bonnes raisons d’y croire. D’abord, le Libra pourra compter sur un nombre conséquent d’utilisateurs, compte tenu des milliards d’utilisateurs de Facebook, qui développera d’ailleurs un porte-monnaie électronique et une plateforme de services autour du Libra, appelée Calibra.

Pour Mark Zuckerberg : « Les paiements sont un des domaines où nous avons une opportunité de rendre les choses bien plus faciles. Je pense que cela devrait être aussi simple d’envoyer de l’argent à quelqu’un que de lui envoyer une photo. »

Et c’est bien ce qu’il souhaite faire en rendant possible les paiements via Messenger et WhatsApp.

Mais le Libra souhaite également surpasser les Tokens existants en proposant des frais de transaction faibles et des capacités de volumes de transaction bien supérieurs à ce qui se pratique actuellement. Pour cela, Facebook a adossé sa crypto à une Blockchain… qui n’en est pas une. En effet, pas de chaîne de blocs ici contrairement au Bitcoin, par exemple. Exit le concept de bloc de transactions dans l’historique du registre. Les transactions sont transmises non pas par groupe mais une à une de manière séquentielle. Et, contrairement au Bitcoin et à la plupart des cryptomonnaies, le registre est jetable pour éviter que ce dernier atteigne un poids pharaonique. Pour valider une transaction, un noeud n’a besoin que du dernier « bloc ». Chaque entreprise pourra décider individuellement si elle préfère conserver cet historique des paiements ou s’en débarrasser.

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Facebook a également souhaité simplifier la validation des transactions (proof-of-stake pour les initiés) en réservant ce rôle aux sociétés siégeant au board de Libra. Il s’agit donc d’un elegated proof-of-stake.

Enfin, comme bon nombre de cryptomonnaies, la blockchain Libra permet l’intégration de smart contracts visant notamment à effectuer automatiquement des transactions dans certaines circonstances mais présentant une sécurité accrue par rapport à ce qui existe déjà pour d’autres cryptomonnaies.

Mais la véritable révolution du Libra, c’est de créer une cryptomonnaie centralisée et opérable seulement par les « Membres Fondateurs » du conseil de l’Association Libra (les fameuses 28 entreprises évoquées précédemment). Même s’il ne s’agit pas d’une banque centrale, cet organe régulateur aura pour mission de servir au mieux l’ambition de Libra : éviter la volatilité et garder un cours stable en adossant l’équivalent en réserve en titres gouvernementaux ou en devises afin de devenir une monnaie stable dans les pays émergents où la majorité des habitants ne disposent pas de compte en banque. Ainsi, dans les pays présentant une très forte inflation, les particuliers pourraient placer leur argent en Libras pour sécuriser leurs avoirs monétaires.

Les risques potentiels de la future crypto monnaie Libra

Alors que l’hégémonie des GAFAM ne cesse d’être critiquée, il n’est pas certain que les États laissent Facebook battre monnaie sans s’y opposer. Y compris aux États-Unis, où Maxine Waters, la présidente du Comité sur les services financiers du Congrès des États-Unis, a demandé à ce que le projet soit suspendu tant que le Congrès et les régulateurs n’auraient pas examiné le dossier. Elle a en outre appelé les initiateurs du projet à venir témoigner devant le Congrès.

Il faut dire que le Libra pose de sérieux problèmes en matière de confidentialité des données. Antonello Soro, garant italien pour la protection des données personnelles, s’est ainsi inquiété des risques de non-respect de la vie privée dans les transactions et du fait que les multinationales souhaitent battre monnaie au même titre que les États.

Même son de cloche du côté de l’essayiste Gaspard Koenig qui explique : « Mark Zuckerberg aura beau nous assurer que sa monnaie sera ouverte et encryptée, je ne vois pas comment il résisterait à la tentation de compléter sa formidable entreprise de siphonage des données en intégrant nos transactions financières devenues traçables ».

Et les problèmes ne s’arrêtent pas là. Le Libra soulève aussi bien des questions en termes de concurrence. La réaction de Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances sur le Libra ne s’est pas faite attendre. Après l’annonce de Mark Zuckerberg, il a déclaré : « Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question. […] Une société privée ne peut ni ne doit créer une monnaie qui entrerait en concurrence avec les monnaies des États ».

Le Libra pose aussi des problèmes en matière de blanchiment d’argent sale. Jamie Dimon, PDG de JP Morgan a en effet soulevé ce problème, tout comme François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France pour qui l’anonymat annoncé des utilisateurs de Libra renforce les risques de blanchiment. Il a d’ailleurs annoncé le 21 juin 2019, la mise en place dans le cadre du G7, d’une taskforce des banques centrales qui examinera notamment les exigences anti-blanchiment à l’égard des « stablecoins ». Dans une interview à L’Obs, le gouverneur de la Banque de France rappelle d’ailleurs que « le Libra devra se plier aux règles des Banques centrales ».

Enfin, comme bon nombre d’autres cryptomonnaies, on peut reprocher au Libra son bilan écologique. De fait, la technologie Blockchain sur laquelle s’appuie le Libra, comme la plupart des cryptomonnaies, implique la mobilisation de la puissance de calcul d’une grande quantité d’ordinateurs et de serveurs. Le Libra est donc énergivore (et la consommation d’électricité contribue au réchauffement climatique) et consomme indirectement des métaux rares nécessaires à la fabrication du matériel informatique.

Face à ces très nombreux reproches, les régulateurs pourraient bien empêcher le Libra de voir le jour. À moins que, comme le préconise Pauline Adam-Kalfon, associée chez PwC France, les banques centrales laissent Facebook tester les cryptomonnaie et essuyer les plâtres avant de lancer la leur.

Source des images : Freepik et Fotolia

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