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Crypto monnaie : la nouvelle bulle Internet ?

Le 15 janvier 2018

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En matière de bitcoin et cryptomonnaies, la question est sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois déjà :  faut-il investir ou pas ? Est-ce la monnaie de l’avenir ou un feu de paille dont on aura bientôt oublié l’existence ? Café de la Bourse vous révèle son point de vue original, paradoxal, et, nous l’admettons, qui peut être clivant : les cryptomonnaies sont à l’origine actuellement d’une bulle spéculative majeure et ne tarderont pas à s’effondrer mais elles représentent tout de même l’avenir des systèmes monétaires et financiers. Explications d’un scénario qui selon nous ressemble fort à celui que les marchés ont connu à l’aube des années 2000 avec la bulle Internet.

Monnaie virtuelle : la spéculation fait rage partout

2017 : année du boom des crypto monnaies

2017 a été une année décisive pour les cryptomonnaies. Fin décembre 2017, on comptait un total de 1 335 monnaies numériques différentes pour une capitalisation boursière atteignant 572 milliards de dollars. L’engouement a été spectaculaire en un an puisque, en 2016, il n’existait que 644 cryptomonnaies représentant une capitalisation boursière de 16,1 milliards de dollars !

Les crypto monnaies sont donc plus nombreuses, leurs volumes d’échanges plus conséquents, surtout depuis l’été 2017 et leur valorisation, certes fluctuantes, se distingue tout de même par un mouvement de hausse prodigieux. On a surtout entendu parler de l’envolée spectaculaire du bitcoin, cryptomonnaie la plus célèbre, qui a vu son cours se multiplier par 15 (en dollars) mais de très nombreuses cryptomonnaies ont affiché l’an dernier des progressions record. C’est notamment le cas de la devise Ripple qui a gagné sur l’année plus de 36 000 %. L’ethereum a quant à lui progressé de 9 162 % et le Litecoin de 5 046 %.

ICO et crypto monnaie : les sociétés et particuliers investissent

L’an dernier a clairement vu les cryptomonnaies opérer un tournant majeur. Autrefois monnaies de niche prisée des Geeks, elles s’invitent désormais dans la presse généraliste et les fonds d’investissement. Ainsi, en 2017, ce sont plus de 80 hedge funds américains qui se sont spécialisés sur les crypto-monnaies. Le 10 décembre 2017, le CBOE (Chicago Board Options Exchange) a lancé le premier contrat à terme sur le Bitcoin, une introduction perçue comme un signe de légitimité donné par le monde de la finance traditionnelle aux monnaies virtuelles.

2017, c’est aussi l’année où les levées de fonds en monnaie virtuelle (Initial Coin Offerings ou ICO en Anglais) se sont généralisées. Plus de 3,5 milliards de dollars ont été levés grâce à des ICO l’année dernière.

Les entreprises suivent le mouvement en lançant leurs propres crypto monnaies à l’instar de Telegram ou Kodak.

Et le particulier même semble s’y mettre, puisque le sujet est allé jusqu’aux oreilles de Nabilla qui dans une longue discussion sur Snapchat confiait « même si vous n’y connaissez rien, ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup », ajoutant : « c’est vraiment sûr, c’est vraiment cool et si ça vous intéresse vous pouvez y aller les yeux fermés ». Une sortie de la starlette qui a immédiatement déclenché une réponse de l’AMF qui a tweeté : « #Nabilla Le #Bitcoin c’est très risqué ! On peut perdre toute sa mise. Pas de placement miracle. Restez à l’écart ». N’empêche, le Bitcoin passionne les foules et s’est peu à peu imposé comme un sujet de conversation, peut-être même avez-vous eu un débat avec votre frère ou votre cousin lors de la dernière réunion de famille pour savoir s’il fallait y aller ou pas.

Acheter parce que les cours montent, c’est de la spéculation ?

Et évidemment, la question que tout le monde se pose, c’est faut-il investir ou non ? Avec en filigrane, est-ce un moyen de faire de l’argent rapidement sans un trop grand risque ? Car oui, les monnaies virtuelles, pour une immense majorité des investisseurs qui ne les comprennent pas, servent avant tout à s’enrichir en pariant sur une hausse des cours. Il faut dire que la question se résume bien souvent à cela car, reconnaissons-le, une crypto devise ne repose sur rien. Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase, très critique envers le bitcoin en septembre, le qualifiant d’ « escroquerie » et d’ « arnaque » a fait marche arrière en janvier 2018, disant regretter ses propos envers la crypto-monnaie mais on peut malgré tout retenir de la sortie automnale de Jamie Dimon que la valeur des cryptomonnaies  « ne repose sur aucun actif réel et [leur] taux de change ne représente pas la valeur d’une économie ou une parité de pouvoir d’achat ».

À quoi servent-elles alors ? Si leur réputation sulfureuse s’est construite sur leur utilisation par des groupuscules mafieux, terroristes et des pirates informatiques à qui elles permettent de déplacer des capitaux hors circuits traditionnels, de blanchir de l’argent sale et de collecter les fruits de ransomware, la donne a bien changé et aujourd’hui. Une très grande majorité des personnes qui investissent dans les crypto-monnaies le font dans l’espoir de les revendre plus chères à une autre personne, sans se soucier de la valeur réelle de l’actif. C’est tout simplement ce que l’on appelle de la spéculation !

Bitcoin, Ether, Littecoin, Ripple : des monnaies avant-gardistes

Blockchain : une technologie d’avenir

Mais il faut tout de même souligner que les crypto monnaies sont pour la plupart construite sur une technologie de plus en plus usitée et dont les applications se font de plus en plus diverses : la blockchain ou chaîne de blocs.

Cette technologie qui fonctionne de pair à pair (« peer to peer ») et issue du piratage des fichiers audio et vidéo des années 1990 est la mise en œuvre de la solution d’un problème mathématique appelé problème des généraux byzantins. Ce dernier consiste à s’assurer qu’un ensemble de composants informatiques fonctionnant entre eux sache gérer des défaillances ou malveillances. Résultat : un protocole cryptographique inviolable puisqu’il doit être capable de maintenir sa fiabilité dans le cas où une part minoritaire des composants enverrait des informations erronées ou malveillantes pour contourner la vérification de la double dépense.

Les crypto monnaies sont une suite de chiffres stockés sur un ordinateur sous la forme de chaînes de blocs. C’est-à-dire qu’une procédure de contrôle très longue et très complexe est opérée à chaque fois qu’un certain nombre (« bloc ») de changements est demandé. « Cette procédure est effectuée non pas par un contrôleur unique, mais par tous les « membres » volontaires. Une fois validé, le « bloc » de changements est daté et ajouté aux autres dans le registre. Enfin, autorisez la lecture du registre à tout le monde, et vous avez une base de données en chaîne de blocs. » comme l’expliquait si bien Les Echos dans l’article Le bitcoin et les crypto monnaies, des nouvelles pièces numériques.

Et selon Mark Barrenechea, CEO d’OpenText : Le « potentiel [de la Blockchain ] va bien au-delà du changement de notre mode d’échange et de gestion de la richesse. En reliant une chaîne d’informations archivées ou « blocs » impossibles à modifier, la blockchain a la capacité de créer des systèmes plus transparents et plus sûrs. Ses applications seront nombreuses : modes de transactions, renouvellement de passeports, vote, location de véhicules, paiement d’impôts et même mode d’identification personnelle. 2018 sera ainsi l’année de la blockchain, surtout dans les domaines de la sécurité et du chiffrage. »

En effet, les applications de la Blockchain, parce qu’elle est une technologie de stockage d’informations décentralisées et de protocoles décentralisés de vérification des échanges, sont très nombreuses. De fait, elle intéresse tous les secteurs où intervient un tiers de confiance. Ainsi, Lombard Odier a récemment mené à bien sa première transaction obligataire sur la blockchain qui permet de tenir un registre de transactions inaltérable. Le communiqué de presse de la société de gestion, daté du 8 janvier, précise que « l’achat réalisé par l’équipe de “cat bonds” fait vraisemblablement partie des premières transactions effectuées sur les marchés obligataires secondaires en utilisant la blockchain ».

Une jeune start-up estampillée FrenchTech Culture appelée Monuma, au confluent de l’art, de l’assurance et des nouvelles technologies, a lancé en janvier 2018 son application Blockchain Patrimonia qui permet de valoriser, sécuriser et authentifier une œuvre d’art via une application mobile de blockchain.

Monnaie virtuelle : des inconvénients et problèmes de taille

Si elles sont basées sur une technologie avant-gardiste qui tend à se développer et qui intéresse de très nombreux secteurs, les crypto-monnaies ont tout de même du mal à s’imposer et doivent faire face à de nombreuses difficultés.

Outre leur réputation sulfureuse, l’absence de stabilité est l’un des inconvénients majeurs des cryptomonnaies. On pense bien sûr à la volatilité désarmante des cours des monnaies virtuelles mais il faut également ajouter que ce marché qui en est à ses débuts est très instable dans le sens où de nouvelles monnaies sont créées très souvent, des forks s’opèrent, multipliant les acteurs et fragilisant la monnaie objet de la scission. Le top 10 des crypto monnaies en termes de capitalisation boursière en dollars voit fréquemment les 5 dernières places du classement évoluer selon le minage opéré et la fluctuation du cours de chacune des cryptodevises.

Enfin, difficile de faire l’impasse sur un problème crucial dont s’est emparé la presse généraliste : le caractère énergivore de nombre de crypto monnaies basées sur la Blockchain, à commencer par le Bitcoin. Nous ne reviendrons pas ici sur le tollé qu’a provoqué cette prise de conscience par le grand public mais soulignons tout de même qu’avec l’augmentation du cours des cryptomonnaies, le nombre de personnes qui minent ces devises numériques a également fortement grimpé, provoquant une hausse importante de la consommation d’électricité : 29 térawattheures d’électricité auraient en effet été consommées en 2017.

Certains États mènent une politique de chasse à la cryptomonnaie. Ainsi, la Chine organise la fermeture des mines sur son territoire, (hangars où des milliers d’ordinateurs produisent et sécurisent les Bitcoins) sous couvert de lutter contre le blanchiment d’argent et les risques que pourraient porter la plus célèbre des cryptomonnaies à son système financier. La déclaration du ministre de la Justice en Corée sur une prochaine interdiction des échanges de cryptodevises à fait chuter l’ensemble des cryptomonnaies. L’information a pourtant été corrigée par le Ministre des finances le lendemain qui indiquait qu’il ne s’agissait que d’une proposition du ministre de la Justice. N’empêche, les cryptomonnaies, dans certains pays, semblent avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête !

On comprend donc bien la position de Warren Buffett qui a déclaré début janvier 2018 sur CNBC : « En matière de cryptomonnaies, je peux dire avec quasi-certitude qu’elles finiront mal ». L’oracle d’Omaha admet cependant ne pas pouvoir préciser « quand ou comment ça se passera ».

Consulter également notre article Investir comme Warren Buffett, ses 7 citations

Crypto monnaies : des difficultés technologiques à surmonter

L’avenir des crypto-monnaies ; malgré des avantages indéniables semble bien noir ! Et pourtant ! Ne seraient-elles pas les monnaies de l’avenir ?

Les premiers mots du discours de Christine Lagarde lors de la conférence Independence 20 Years organisée par la banque d’Angleterre en septembre 2017 sont éloquent et donnent toutes leurs chances aux monnaies virtuelles : « À l’heure actuelle, les monnaies virtuelles comme Bitcoin ne représentent pas encore de menace pour l’ordre existant des monnaies fiduciaires et des banques centrales. Pourquoi ? Parce qu’elles sont trop volatiles, trop risquées, trop énergivores, parce que les technologies sous-jacentes ne sont pas suffisamment scalables, que beaucoup d’entre elles sont trop opaques pour les régulateurs et que certaines ont été piratées. Mais beaucoup de ces défauts ne sont que des défis technologiques qui pourraient être surmontés avec le temps. »

Peut-être en effet que les limites technologiques actuelles des monnaies virtuelles ne sont en réalité que des défis technologiques à surmonter, qui, une fois réglés, pourraient ouvrir la porte à un monde dans lequel la crypto devise est la règle ? Car après tout : « Citizens may one day prefer virtual currencies » (« Les citoyens pourraient un jour préférer les crypto-monnaies » en français) comme l’a déclaré la patronne du FMI.

Il serait bien sûr étonnant que les crypto-devises telles que nous les connaissons actuellement remplacent un jour les devises traditionnelles mais si l’on créait une réglementation propre aux monnaies virtuelles et qu’on les rattachait à une monnaie de référence ? Christine Lagarde juge en effet « essentiel que les banques centrales, garantes de l’impression et de la circulation des monnaies, étudient la possibilité d’émettre leur propre cryptomonnaie ».

La Chine et la Russie ont déjà fait part de leur volonté de créer leur propre crypto-monnaie.  Le PDG de JP Morgan Chase a justifié sa diatribe contre les cryptomonnaies en expliquant qu’elle était due au fait que « les gouvernements et banques centrales agitent le chiffon rouge contre elle ». D’ailleurs, il estime désormais qu’ « on peut avoir des crypto-dollars, du yen et des choses de ce type ».

Les banques centrales pourraient créer leurs propres monnaies virtuelles qui coexisteraient avec les devises classiques et l’avènement de monnaies nationales digitales et décentralisées, comme par exemple un « euro digital » émis par la Banque centrale européenne est possible.

Web et crypto monnaie : les bulles spéculatives se répètent

 Crypto monnaie : une nouvelle tulipomanie ?

La spectaculaire hausse des crypto-monnaies n’est pas sans rappeler la crise des tulipes du XVIIème siècle, première bulle spéculative de l’histoire financière.

En 1635, il fallait 100 000 florins pour acheter un lot de 40 bulbes. Une somme rondelette tout de même puisqu’elle permettait d’acquérir une tonne de beurre et que de savants calculs de l’International Institute of Social History ont établi qu’un florin de 1635 équivalait à une dizaine d’euros (reste à savoir ce que cela fait en Bitcoin !). À l’hiver 1636-1637, la bulle a atteint son sommet avec des bulbes changeant de propriétaire jusqu’à 10 fois dans la même journée, jusqu’au krach en février 1637 : le prix des contrats s’effondre et les échanges s’arrêtent net, les bulbes ne valent plus qu’un centième de leur prix d’une semaine auparavant.

Nous sommes avec les crypto-monnaies dans une même logique spéculative mais la situation est tout de même légèrement différente. Les tulipes cassées (marbrées et non unies) avant d’être un moyen de gagner de l’argent rapidement en spéculant répondaient avant tout à un effet de mode et un désir d’étaler sa richesse dans ses parterres. Le développement des crypto monnaies, avant d’être là aussi un moyen de gagner de l’argent rapidement en spéculant, ne se cantonne pas à des motifs aussi futiles.

En cela, les crypto-monnaies sont avant tout à rapprocher de la bulle Internet que de la bulle des tulipes.

Cryptomonnaies : les similitudes avec la bulle Internet

En effet, nous prédisons aux cryptomonnaies un avenir radieux à long terme mais une valorisation hautement risquée à court-moyen terme.

Comme aux grandes heures de la bulle Internet ou 3 w placés devant le nom d’une société suffisait à faire décoller son cours, les entreprises qui lancent aujourd’hui leurs propres crypto monnaies progressent en Bourse. Ainsi, l’annonce de Kodak le 9 janvier, du lancement de sa cryptomonnaie : le Kodakcoin, a immédiatement été suivie d’une augmentation de l’action du groupe de 300 % ! C’est une véritable « cryptomania » qui s’est emparée des entreprises, particulièrement aux États-Unis où des dizaines d’entreprises ont manifesté le souhait de se lancer dans l’aventure du bitcoin et de la blockchain.

Mais cela signifie-t-il pour autant que les cryptomonnaies sont une hérésie et que leurs beaux jours sont derrière elles ? Nous pensons que non. La bulle Internet n’a pas signifié la mort du web, bien au contraire. Elle s’est construite trop vite, sur des sociétés aux fondamentaux plus que bancals mais Internet est et demeure un tournant majeur dans l’histoire de notre économie. De même, les monnaies virtuelles semblent aujourd’hui être au cœur d’une bulle spéculative à l’issue vraisemblablement malheureuse mais la blockchain et les cryptomonnaies avec elle représentent tout de même un secteur d’avenir, capable de disrupter de nombreux pans de notre économie, et pourquoi pas tout notre système monétaire et financier. Nous prédisons donc aux cryptodevises un bel avenir mais qui devrait dans un avenir proche se solder par une déconfiture de la quasi-totalité des acteurs. Un moyen de faire le tri et de partir sur des bases saines pour révolutionner le monde !

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