Bien choisir ses actions américaines
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Bien choisir ses actions américaines




Le marché américain recèle toujours des opportunités. Café de la Bourse vous guide dans votre stratégie.

L’affirmation la plus fréquemment entendue sur le marché américain concerne sa cherté par rapport au marché européen. Depuis 2009, la forte croissance du marché américain a été tirée par les valeurs distribuant des dividendes élevés, appartenant généralement aux secteurs dits défensifs, qui sont devenues très chères. C’est pourquoi la première exigence pour se positionner efficacement sur le marché américain est de sélectionner les valeurs avec précaution. Richard Gillham, spécialiste produits en actions américaines pour la société Legg Mason, en est convaincu : “ il n’est plus pertinent de se positionner sur le marché américain dans sa globalité. La solution la plus adéquate est une gestion active basée sur le stock picking”.

Fort heureusement pour l’investisseur, la corrélation entre les secteurs du marché américain, un temps très élevée, a retrouvé des niveaux plus conformes à la norme, explique Richard Gillham, ce qui facilite la sélection efficace de valeurs. En effet, les actions réalisent des performances directement liées aux caractéristiques intrinsèques des sociétés et non plus en fonction de mouvements globaux de marché.

Miser sur les valeurs cycliques

Une fois éliminées les valeurs chères, comment aborder ce gigantesque marché ? Puisque les secteurs défensifs et généreux en dividendes sont passés de mode, il semble avisé de s’intéresser aux valeurs cycliques qui n’ont pas bénéficié du même engouement jusqu’ici. Plus précisément, le spécialiste de Legg Mason considère que de nombreuses opportunités peuvent être saisies dans les secteurs tels que l’énergie, les technologies, y compris de l’information, et chez certaines small caps industrielles. Il s’agit de rechercher les sociétés présentant les meilleurs fondamentaux et, encore une fois, d’effectuer un stock picking rigoureux.

Car il ne s’agit pas, là non plus, de plonger sans discernement dans ces secteurs. Par exemple, le secteur des technologies est, en 2014, le théâtre d’un violent revirement au détriment des valeurs du type “réseaux sociaux” : Twitter, LinkedIn ou Groupon, et en faveur de valeurs moins chères actives notamment dans le stockage digital de données (Sandisk), révèle Richard Gillham.

Pour ce qui concerne le secteur de l’énergie, lui aussi très diversifié, ce dernier estime que la révolution énergétique à l’oeuvre aux Etats-Unis (exploitation du gaz et du pétrole de schiste) favorise particulièrement les entreprises technologiques actives dans le secteur du pétrole et du gaz. En effet, la production de gaz et de pétrole issus de sources non conventionnelles nécessite des investissements massifs en technologie. National Oilwell Varco et Weather First fournissent notamment des technologies utilisées dans l’exploitation et la production de pétrole et de gaz. C’est grâce à cette montée en puissance de la dimension technologique que la productivité des sites de production a doublé ces trois dernières années, précise l’expert.
Par ailleurs, la possibilité de bénéficier de ressources naturelles peu onéreuses favorise un retour en force des sociétés manufacturières : Jacobs Engineering (industries diversifiées) et Reliance Steel & Aluminium (produits métalliques) constituent de bons exemples.

Discernement sur les small caps

Le fait de privilégier des sociétés raisonnablement valorisées ne doit pas vous conduire à une sélection concentrée sur les small caps. Richard Gillham rappelle que si les indices small caps ont longtemps surperformé les indices large caps grâce à des conditions de financement des entreprises facilitées, un retournement semble s’opérer en faveur des sociétés mieux établies et des small caps véritablement solides. Sélectionnez les valeurs bénéficiant de solides états financiers et de réels débouchés.

Considéré non seulement comme cher mais comme suracheté au regard de la situation économique, le marché américain pourrait-il donner des signes de faiblesse ? Les asset managers, s’ils recommandent un stock picking pointu, n’y croient généralement pas. Pour Legg Mason, le cycle boursier est loin d’être achevé dans la mesure où l’économie américaine est en train de s’affirmer : “Si le premier trimestre a été décevant en termes de PIB notamment (lire notre article), il ne doit pas occulter la tendance de fond qui est à l’oeuvre. Le dynamisme des opérations de fusion-acquisitions donne d’ailleurs un bon indicateur de la confiance qui anime les entreprises et le marché”.

A ce propos, les secteurs liés à la santé, à savoir les laboratoires pharmaceutiques et les biotechnologies, recèlent eux aussi de belles opportunités (médicaments d’origine biologique, traitement du cancer, etc.), tout comme les valeurs productrices de biens de consommation : médias et sociétés de télévision câblée en particulier, dévoile Richard Gillham.

De plus, celui-ci estime que les risques qui pourraient éventuellement mettre un terme au bull market semblent loin de pouvoir se matérialiser :

  • un choc pétrolier constitue un scénario très peu probable au regard de l’augmentation de la production américaine ;
  • la hausse des taux par la Fed ne devrait pas survenir avant le second semestre 2015 et suivra un processus très progressif ;
  • un choc de liquidités semble écarté sachant que celles-ci restent très abondantes dans le monde.

Éviter les utilities

Enfin, si le marché américain est perçu comme cher – PE moyen de 16 – en comparaison du marché européen notamment – PE moyen de 14 -, Richard Gillham tient à préciser que d’une part, c’est le cas depuis déjà une dizaine d’années, en raison des écarts de productivité et de profitabilité des entreprises entre les deux zones, et que, d’autre part, les niveaux de valorisation actuels restent inférieurs à ceux de 2007 et, a fortiori, à ceux de 2000.

Il reste que certains secteurs doivent être évités, tels que les utilities (services aux collectivités) et la consommation de base représentée notamment par les entreprises Coca Cola, Procter & Gamble ou encore Pepsico, devenues trop chères par rapport à leur croissance.

Nadège Bénard

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