Placement financier : faut-il investir en Bourse en 2019 ?

Le 13 septembre 2019

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Alors que les perspectives macro-économiques s’assombrissent, quelle allocation d’actifs semble la plus pertinente ? Entre un marché obligataire aux rendements anémiques et des marchés actions survalorisés, la marge de manœuvre est faible pour l’investisseur particulier qui souhaite placer son argent en Bourse. Retrouvez le sentiment des analystes CPR AM et le positionnement le plus judicieux à adopter sur les marchés financiers.

La conjoncture mondiale se dégrade et sème le doute chez les investissements

L’inversion de la courbe des taux aux US dans le courant de l’été fait craindre aux analystes financiers une récession prochaine. Les signaux d’alarme se multiplient depuis lors. La progression de « la production industrielle mondiale est retombée à son plus bas niveau depuis la Grande Récession » explique Bastien Drut, stratégiste senior et l’on constate la plus forte contraction du commerce mondial depuis la crise de 2008-2009.

Les États-Unis au bord de la récession face à la guerre commerciale

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La guerre commerciale sino-américaine et la course à l’augmentation des droits de douanes que se livrent ces deux puissances pèsent sur la confiance des entreprises et des ménages américains. En août 2019, le sentiment des consommateurs (University of Michigan) a connu la plus forte baisse mensuelle jamais enregistrée depuis 6 ans. L‘indice ISM manufacturier, inférieur à 50, indique une réelle contraction. Même si l’ISM services résiste (aux alentours de 54), la tendance est au retournement.

Le ralentissement touche tous les secteurs, y compris celui des services. Il n’y a plus qu’un seul moteur pour entretenir la croissance américaine : le consommateur américain. Or, les chiffres sur la vente au détail en août ne devraient pas être très bons. La situation sur le marché de l’emploi se dégrade. La durée moyenne de la semaine de travail a atteint son plus bas niveau depuis 2010. À ce tableau déjà bien noir, s’ajoute l’augmentation des inégalités économiques. La moitié des Américains les moins aisés détient 1,2 % de la richesse nationale.

L’Europe accuse le coup avec une croissance au plus bas

La situation est moins bonne en Europe qu’aux États-Unis. Au deuxième trimestre, la croissance en zone euro a été de 1,1 %, un chiffre qui n’avait jamais été aussi bas depuis 2013. Cependant, la situation n’est pas identique partout et quelques pays comme l’Espagne ou la France résistent mieux. En revanche, l’Italie et l’Allemagne sont en proie à de réelles difficultés. Au T4 2018, le PIB italien est passé en territoire négatif. Idem pour le PIB allemand au T2 2019.

Le Brexit, dont on ne sait toujours pas quand il aura lieu et dans quelles conditions, pénalise sérieusement l’économie britannique. Les indices PMI (manufacturier, composite, services et construction) chutent et le PIB s’est contracté de 0,2 % au T2 2019.

Le Japon, la Chine et les émergents faiblissent eux aussi

Au Japon, comme partout ailleurs, le ralentissement est de mise. Et la hausse de la TVA le 1er octobre prochain, n’a toujours pas provoqué d’accélération marquée de la consommation, ce qui n’est pas de très bon augure. Si le sursaut de consommation ne se produit pas, les chiffres de la croissance seront pour le T4 2019 extrêmement bas.

La Chine connaît une phase de ralentissement marquée. Même si la guerre que se livrent l’empire du Milieu et les États-Unis a un impact sur la croissance chinoise, il convient de souligner qu’il s’agit d’un ralentissement lent, bien ancré et structurel dû à trois facteurs principaux : le vieillissement de la population, les contraintes liées à la pollution, la montée en gamme de l’économie. Ce ralentissement multiforme qui se constate dans la baisse de la consommation des ménages mais aussi dans la baisse du PIB et des indicateurs de conjoncture, est « encore aggravé par l’affrontement entre Trump et Xi Jinping » souligne Laetitia Baldeschi, Responsable des études et de la stratégie.

Dans ce contexte, le FMI revoit à la baisse les prévisions de croissance des émergents dont les devises ont chuté pendant l’été avec le regain de tensions commerciales.

Les marchés actions profitent de la politique accommodante des banques centrales

La relance budgétaire pour freiner le ralentissement économique

Face à cette situation macro-économique compliquée, la plupart des pays assouplissent leurs politiques monétaires et budgétaire. La Fed a ainsi baissé de 25 points de base les Fed funds en juillet et devrait réitérer l’opération en septembre. La BCE mettra en place un programme d’assouplissement monétaire complet incluant notamment une baisse du taux de dépôt (-0,5 %) et un quantitative easing relancé à 20 milliards d’euros à compter du mois de novembre selon les annonces effectuées par la banque centrale européenne le 12 septembre.

Les entreprises, grandes gagnantes de la politique des banques centrales

Les actions sont « portées par le revirement des banques centrales et la forte baisse des taux longs » souligne Malik Haddouk, Directeur de la gestion diversifiée. La politique accommodante des banques centrales provoque un effondrement des rendements obligataire : le 10 ans américain a perdu plus de 50 points de base au mois d’août, le 10 ans italien a baissé de plus de 200 pb depuis son plus haut de l’année en février 2019 et le 10 ans allemand s’enfonce en territoire négatif (-0,72). Seuls quelques émergents émettent des bonds obligataires souverains qui offrent des revenus.

Dans ce contexte, les actions sont attractives par rapport aux autres classes d’actifs. Cependant, toutes ne se valent pas et l’on soulignera la supériorité du marché action US qui caracole en tête mais aussi les difficultés des marchés actions émergents lourdement pénalisés par les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis et le ralentissement des échanges mondiaux qui en résulte.

En termes de capitalisation, les poids lourds de la cote ont tendance à faire mieux que les petites et moyennes capitalisations. Aux États-Unis, les valeurs technologiques continuent de surperformer le marché (entre 2017 et 2019, les valeurs technologiques du S&P500 ont surperformé leur indice 9 trimestres sur 10) malgré des anticipations de bénéfices en recul. Les valeurs Value sous-performent également leur indice, l’écart de valorisation abyssal entre value et valeurs de croissance est même totalement inédit.

La performance des actions ne doit pas faire oublier la prudence

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Les investisseurs sur la défensive se tournent vers les obligations

Dans ce contexte et avec les risques politiques que l’on connaît actuellement (guerre commerciale, Brexit, etc.), le marché est sur le fil du rasoir et, à tout moment, la hausse comme la baisse est possible.

Les investisseurs l’ont bien compris et se sont massivement tournés vers les obligations et le cash, malgré des rendements peu attractifs.

Le rendement des actions reste intéressant pour investir

Les actions, US particulièrement, restent attractives. Les valorisations des principaux indices actions se situent sur leur moyenne historique et les perspectives de marges des entreprises américaines se sont stabilisées. Pour autant, le PER et le PE de Shiller du marché actions américain indiquent une survalorisation de ces actifs.

Cependant, on n’aurait tort de se priver des rendements offerts par les actions, surtout lorsque les autres classes d’actifs sont aussi peu performantes.

Il convient alors de se positionner sur le marché actions en étant particulièrement vigilant aux événements qui pourraient fortement impacter les marchés (Brexit, guerre commerciale sino-américaine, décisions des banques centrales) et surtout en optant pour un portefeuille diversifié et en misant sur des entreprises solides financièrement. Il pourra également être opportun de miser sur des stratégies de couverture de portefeuille.

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