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"Anticiper les marchés avec les bougies japonaises"

Les six plus grosses pertes de trading de tous les temps

le 31 Août 2011

Le traders rénégats font régulièrement la une des journaux. L’idée qu’une seule personne puisse perdre tant de milliards de dollars en si peu de temps, fascine autant qu'elle répugne. Voici comment six traders sont devenus célèbres pour les (colossales) ardoises qu’ils ont laissées derrière eux.

Nick et le Nikkei

Perte : 1,3 milliard de dollars

Nick Leeson est probablement le trader le plus connu au monde. Il a même écrit un livre sur le sujet en 1996, intitulé “Rogue Trader”.

En 1992, il représentait le parfait stéréotype de la star montante, et son talent lui avait permis à seulement 28 ans de devenir le responsable en chef des opérations de la Barings à la Bourse de Singapour (SIMEX).

Mais la chance tourna rapidement et il commença à essuyer plusieurs grosses pertes. Il se sert alors de son statut de chef-trader et de responsable des négociations pour dissimuler ses pertes dans un compte secret, numéroté “88888”.

Au début de l’année 1995, ses pertes sont déjà considérables lorsqu’il a l’énorme malchance de placer un short straddle sur le Nikkei, pariant que le marché resterait stable durant la nuit.

Mais hélas pour lui, un terrible tremblement de terre secoue Kobe le jour suivant, provoquant un krach sur le Nikkei et entraînant de colossales pertes pour Leeson.

Dans l’espoir de se refaire, il prend de nouvelles positions très risquées, anticipant que le Nikkei se remettrait rapidement du tremblement de terre. Mais le séisme est plus grave qu’il n’y parait et tout espoir de reprise rapide est vain. Leeson essuie de nouvelles pertes.

Finalement, Leeson a fait perdre environ 1,3 milliard de dollars à sa banque, qui fit faillite. La Barings était une vénérable banque anglaise, une institution bicentenaire vénérée de tous. Leeson fut condamné à une peine de six ans et demi de prison mais il fut libéré plus tôt pour bon comportement après qu’on lui a diagnostiqué un cancer.

John Rusnak et le yen

Perte : 691 millions de dollars

John Rusnak, qui travaillait pour la banque Allfirst Financial, trouva sa bête noire en le yen.

De son embauche en 1993 jusqu’à l’année 1995, alors que les marchés asiatiques étaient au mieux de leur forme, Rusnak l’était aussi. Il mit alors en jeu des sommes de plus en plus importantes, mais le marché se retourna progressivement dès 1996 et il commença à enregistrer des pertes.

En un an, Rusnak avait perdu 29,1 millions de dollars. En 2001, les pertes s’élevaient à 300 millions de dollars. Mais ce n’est pas tout. Dans un incroyable excès de malchance, il vendit pour plus de 300 000 dollars d’options, ce qui fit grimper le compteur de ses pertes à 691 millions de dollars.

Comme Leeson, c’est la capacité de Rusnak à exploiter les failles de la réglementation pour dissimuler ses pertes qui le conduisit à causer plus de dégâts qu’il n’aurait dû être possible. Finalement, Rusnak dû purger une peine de sept ans et demi de prison. Il doit rembourser les 691 millions de dollars, ce qui ne va pas être chose facile …

Yasuo Hamanaka, “Monsieur Cuivre”

Perte : 2,5 milliards de dollars

Yasuo Hamanaka, plus connu sous le nom de “Monsieur Cuivre”, était un trader de la Sumitomo Corporation. Hamanaka était spécialisé, vous l’aurez compris, dans le cuivre. On dit qu’il contrôlait 5% du marché mondial du cuivre, mais il tomba en disgrâce en tentant de s’accaparer le marché. En 1996, Sumitomo révéla avoir perdu 2,6 milliards de dollars sur le marché du cuivre.

L’étendue et la durée de ses activités (une décennie complète qui s’est achevée en 1996, lorsque Yasuo Hamanaka a été déclaré coupable et condamné à huit ans de prison) ont soulevé de nombreuses questions : était-il un rogue trader ou juste membre d’un cartel qui s’entendait sur les prix ?

Sa condamnation s’est fondée sur la falsification de la signature de son responsable, mais l’étendue de sa culpabilité reste une question ouverte.

Liu Qibing, le trader evanescent

Perte : 1 milliard (à confirmer)

Un stratagème autour du cuivre encore plus intrigant fut découvert lorsque Liu Qibing, qui fut peut-être trader de métaux pour le compte du gouvernement chinois, fit un pari énorme (pour environ 200 000 tonnes) sur la baisse du cours du cuivre. Malheureusement pour lui, la demande de cuivre resta forte et son cours continua d’augmenter et le trader essuya de grosses pertes sur son trade.

Vu que tous les indices menaient au gouvernement chinois, d’autres traders se rendirent compte que le gouvernement serait obligé de racheter la totalité du cuivre shorté, ce qui fit grimper encore les prix du cuivre. Le gouvernement chinois essaya tant bien que mal à faire baisser le cours du cuivre en prétendant que ses réserves du métal rouge étaient cinq fois plus importantes qu’on le pensait.

La déclaration prit alors une tournure étrange. Le gouvernement nia l’existence même d’un trader dénommé Liu Qibing. L’étendue des pertes fait encore débat. Et le mystère plane toujours autour de l’évanescent Liu Qibing.

Brian Hunter et le hedge fund Amaranth

Perte : 6,5 milliards de dollars

Les traders de hedge funds ont la belle vie lorsqu’il s’agit de trading voyou car on attend d’eux qu’ils prennent de gros risques. Cependant, Brian Hunter, trader chez Amaranth, est un vrai cas d‘école.

Au départ, ses positions longues sur les futures de gaz naturel s’avérèrent judicieuses, d’autant plus que l’ouragan Katrina endommage les infrastructures gazières et que les prix grimpent. Les énormes bénéfices attirèrent alors de plus en plus d’investisseurs chez Amaranth, ce qui permit à Hunter d’augmenter ses mises.

Malheureusement, sa capacité à prévoir la météo s’avéra infondée et les futures sur le gaz naturel se retournèrent contre lui. Rien que le 14 septembre 2006, Hunter perdit 560 millions de dollars. Ses pertes s’élevèrent finalement à près de 6,5 milliards, obligeant Amaranth à fermer boutique.

Jérôme Kerviel et la SocGen

Perte : 7,1 milliards de dollars

Jérôme Kerviel a généré des pertes supérieures à celles de Hunter, mettant la barre incroyablement haute pour de futurs traders renégats. Ses pertes, causées par une spéculation sur les futures européens, coûtèrent plus de 7 milliards de dollars à la Société Générale.

Tout comme Leeson et Rusnak, Kerviel a été capable de manipuler les systèmes de contrôle en utilisant les connaissances acquises lorsqu’il travaillait en back-office, avant d’être promu trader au desk de la Générale. Il ne tira aucun profit personnel de ces transactions illicites. La crise des subprimes a probablement précipité sa chute, mais un effet de levier aussi grand associé à des transactions illicites ne pouvaient qu’avoir des conséquences désastreuses.

Conclusion

Cette liste est loin d’être exhaustive mais au cœur de chaque cas on retrouve ce même péché d’orgueil. Quand un trader commence à être convaincu qu’il a un don pour le trading, il y a danger.

Et malheureusement, la chance est un ami capricieux. A chaque fois que ces (ex-)traders se sont mis à faire des trades perdants, ils ont cherché désespérément à se refaire en augmentant leurs prises de risques, ce qui les a invariablement conduit à creuser leurs pertes.

Au-delà des dégâts financiers infligés au marché mis à part, les rogue traders peuvent nous servir de leçon. Ils nous rappellent qu’il n’est possible de faire des bénéfices exceptionnels qu’en prenant des risques tout aussi exceptionnels. Il n’existe pas de solution miracle.

Un investisseur a donc tout intérêt à connaître le niveau de risque qu’il prêt à assumer et à savoir quand arrêter le massacre !

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