Fonds obligataire : quels avantages et inconvénients pour l’investisseur ?

Le 16 avril 2021

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Alors que la dette des entreprises ne cesse de croître selon les études réalisées par la Banque de France et que la performance des placements à capital garanti ne cesse de baisser, l’épargnant aurait tout intérêt à envisager l’investissement dans des obligations.

Découvrez dans cet article notre présentation des fonds obligataires, leurs caractéristiques, leurs atouts et leurs limites, ainsi que nos critères de sélection pour choisir le meilleur fonds obligataire selon son profil d’investisseur.

Fonds obligataire : qu’est-ce que c’est ?

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Les fonds obligataires sont, comme leur nom l’indique, des fonds composés essentiellement d’obligations. Il peut s’agit d’obligations privées et/ou publiques.

Mais qu’est-ce qu’une obligation ? Il s’agit d’un titre de créance. Autrement dit, une obligation est un titre de dette qui peut être émis soit par un État, soit par une entreprise privée. Le détenteur de l’obligation possède donc une fraction de l’emprunt réalisé. L’émetteur de l’obligation doit payer au détenteur les intérêts (appelés coupons), dont la périodicité de versement peut varier d’une obligation à l’autre ; ainsi que le capital emprunté, à l’échéance. Une obligation est une participation à un prêt qui fait de vous, épargnant, le créancier d’un État ou d’une entreprise.

Les obligations, avec les actions, constituent un moyen de valoriser un capital dans la durée sur les marchés financiers.

Il est possible de détenir des obligations en direct mais souvent le montant d’une obligation est élevé et, afin de bénéficier d’une bonne diversification de son investissement sur le marché obligataire, il est recommandé d’investir non pas dans une ou quelques obligations en direct mais dans un fonds obligataire qui permettra, de par sa nature, de réduire le risque et optimiser le rendement.

Un fonds obligataire est en effet un fonds d’investissement basé sur un portefeuille d’obligations. Il peut s’agir d’un fonds indiciel de type ETF qui réplique la performance d’un indice obligataire avec une gestion passive. Mais le plus souvent, le terme de « fonds obligataire » désignera un fonds de type OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) géré activement. Concrètement, ce fonds mutualise l’argent d’investisseurs particuliers pour acheter un grand nombre d’obligations différentes en s’appuyant sur l’expertise de gérants. Les épargnants ayant investi dans le fonds ne possèdent pas un ou quelques titres en particulier mais une part représentant une fraction du fonds, investi sur de très nombreuses obligations.

Lire aussi notre dossier Qu’est-ce qu’une obligation ?

Les atouts des fonds obligataires



Fonds obligataires : un rendement attractif

Les épargnants ont souvent tendance à privilégier les placements à capital garanti grâce auxquels on est sûr de retrouver sa mise intacte, et le plus souvent à tout moment. Le livret A et le LDDS font ainsi partie des placements plébiscités par les Français avec une collecte qui, selon la Caisse des dépôts et consignation, s’est élevée à 35,21 milliards d’euros en 2020, et l’année 2021 semble se maintenir sur la même dynamique. Dans le même temps, le taux d’intérêt du livret A et du LDDS est passé le 1er février 2020 de 0,75 % à son taux plancher de 0,5 %, à peine de quoi couvrir l’inflation. Le rendement du fonds euros de l’assurance-vie, autre placement plébiscité par les Français, affiche un rendement moyen plus attractif (1,4 % en 2020 selon la FFA) mais en perte de vitesse depuis 20 ans avec un rendement moyen de 3,4 % en 2010 et 5,3 % en 2000.

Alors que les placements à capital garanti voient leur performance décroître, le marché des obligations, jugé moins risqué que le marché actions et bénéficiant tout de même d’un rendement attractif pourrait bien attirer les épargnants. Selon une étude de l’AMF pour évaluer avec précision les rendements de trois supports entre décembre 1987 et 2017 : livret A, obligations souveraines et actions françaises du CAC 40, en cas de versement unique, avec un horizon de placement à 10 ans, les obligations arrivent en tête avec un rendement annuel de 3,3 % (net de l’inflation, des frais, et de la fiscalité).

Fonds obligataire : un placement diversifié

Investir dans un fonds obligataire permet de se positionner sur un large panel d’obligations d’États et d’entreprises, aux maturités et taux d’intérêt variés. Cette caractéristique est d’ailleurs le principal atout du fonds obligataire qui bénéficie ainsi d’une diversification bienvenue pour réduire le risque et optimiser le rendement. Elle permettra en effet de réduire la volatilité. La baisse de certains titres sera compensée par la hausse d’autres titres.

Fonds obligataires : un placement adapté à mon profil de risque et mes objectifs d’investissement

Dans le cas d’OPCVM gérés activement, le gérant pourra sélectionner des obligations plus ou moins bien notées pour aller chercher de la performance ou bien apporter de la stabilité au portefeuille. En effet, les obligations sont notées par les agences de notation selon une échelle allant de AAA (valeurs de tout premier ordre) à D (en défaut). Moins le risque est élevé, moins le rendement est élevé et, à l’inverse, plus le risque est important, plus le rendement l’est. Il appartiendra donc au gérant de sélectionner les titres afin d’obtenir le couple rendement-risque optimal, et à l’investisseur de repérer les fonds qui correspondent le mieux à son profil d’investisseur, en prenant bien en compte son profil de risque et ses objectifs d’investissement. Soulignons tout de même que les obligations sont traditionnellement considérées comme moins risquées que les actions. Attention tout de même, des obligations high yield de jeunes pousses en phase de développement peuvent être bien plus risquées que des actions de grandes sociétés cotées considérées comme des valeurs de bon père de famille.

Fonds obligataire : un placement accessible

L’autre atout des fonds obligataires, c’est leur accessibilité. La plupart des épargnants français sont investis en fonds obligataires sans même le savoir au travers du fonds euros de leur contrat d’assurance vie ou de leur PER par exemple.

Mais il existe aussi des fonds obligataires accessibles au grand public en direct comme par exemple les fonds obligataires de Corum l’épargne commercialisés par la société de gestion connue pour ses SCPI et qui propose désormais aussi des fonds obligataires au sein de son contrat assurance-vie. Il est aussi possible d’investir dans des fonds obligataires depuis son PEA ou son compte titres.

Fonds obligataires : une épargne disponible à tout moment

Rappelons enfin que les fonds obligataires ne comportent pas de durée de blocage et l’épargnant est libre de récupérer son épargne à tout moment. Cependant, la durée de placement recommandée dépend de l’échéance des obligations qui composent le fonds obligataire. Attention à identifier le fonds obligataire qui répond à votre horizon d’investissement.

Les limites des fonds obligataires



Fonds obligataires : un risque de perte en capital

Les fonds obligataires ne sont pas exempts de certains risques et notamment comportent un risque de perte en capital. Le prix des obligations fluctue quotidiennement sur les marchés financiers. L’investisseur verra donc son capital s’apprécier ou se déprécier en corrélation à ces variations de cours. L’environnement économique, et notamment l’évolution des taux d’intérêt et les décisions de politique monétaires des banques centrales, peuvent significativement influencer le cours des obligations.

De plus, le risque de défaut existe. En cas de faillite de l’émetteur, l’épargnant peut perdre la totalité de son investissement, d’où l’importance d’investir sur le marché obligataire via un fonds qui permettra une bonne diversification et réduire le risque.

Fonds obligataires : un rendement qui peut être relativement faible

Les fonds obligataires, moins risqués que les fonds actions, affichent aussi bien souvent des rendements moins élevés, obéissant à la logique de corrélation entre le rendement et le risque. Cependant, comme nous l’avons signalé, certains fonds obligataires high yield peuvent présenter une espérance de rendement élevé.

Les critères à prendre en compte au moment de choisir un fonds obligataire



Investir dans un fonds obligataire : s’assurer de la solidité et du sérieux de la société de gestion

D’abord, vérifiez toujours la solidité financière de la société de gestion et son sérieux. Renseignez-vous sur les gérants, leurs parcours, leur expertise. Prêtez aussi attention à l’historique des fonds. Même si les performances passées ne préjugent pas des performances futures, elles restent un indicateur à ne pas négliger.

Investir dans un fonds obligataire : privilégier la transparence et la communication

Vous devez impérativement comprendre quelle est l’usage qui est fait de votre épargne, quelle est la composition du fonds, quelle est la stratégie de gestion du gérant, quels sont ses objectifs et les moyens qu’il met en œuvre pour les atteindre.

Investir dans un fonds obligataire : prêter attention aux frais de souscription et de gestion

Un fonds obligataire géré activement comporte nécessairement (et c’est bien normal) des frais de gestion. Vérifiez que ceux-ci restent dans la limite du raisonnable et ne sont pas trop élevés par rapport au marché. Ils doivent rester compétitif au risque de grignoter la performance de votre placement.

Investir dans un fonds obligataire : opter pour un placement en adéquation avec son profil d’investisseur

Avant de souscrire à un fonds obligataire, vérifiez bien que ce placement correspond à vos attentes en termes d’objectifs d’investissement mais aussi à votre horizon d’investissement, et même à vos valeurs. En effet, il est possible par exemple d’investir dans des fonds obligataires ESG à l’image du fonds CORUM Butler Smart ESG qui investit dans des projets d’entreprises répondant à des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. De quoi donner du sens à son épargne !

Source des images : Freepik

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Clemence Tanguy

Clémence Tanguy

Rédacteur - Café de la Bourse - Site internet - Twitter

Après des études littéraires et une double formation en communication à la Sorbonne et au CELSA, Clémence Tanguy travaille à la SNCF et au Conseil Général des Hauts-de-Seine avant d’intégrer l’équipe de Café de la Bourse en 2015.

Elle couvre les sujets relatifs à l’actualité macro-économique, aux crypto-monnaies, aux produits financiers, aux finances personnelles et à l’investissement en général, avec une approche pédagogique et pragmatique.

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