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Valeur comptable : mythes et réalités

Valeur comptable : mythes et réalités




Le chiffre d’affaires, les dettes et les actifs sont les trois éléments essentiels du bilan d’une entreprise. A partir des données du bilan, on peut calculer des ratios financiers afin de comparer la performance de plusieurs sociétés et évaluer leur valeur réelle.

Les investisseurs value se servent particulièrement du price-to-book ratio et de la valeur comptable comme éléments de référence pour évaluer une société.

A juste titre ?

Qu’est-ce que la valeur comptable ?

La valeur comptable est la somme de la valeur de tout ce qui appartient à l’entreprise, inscrit dans les comptes à l’actif de la société. Elle correspond au prix d’acquisition des actifs moins les amortissements et les dépréciations éventuelles. La valeur comptable inclut les actions, les obligations, les stocks de marchandises, le matériel de fabrication, les biens immobiliers, etc. En théorie, la valeur comptable devrait même intégrer jusqu’au moindre stylo, mais par souci de simplicité dans les calculs, les entreprises ne calculent la plupart du temps que les gros actifs, facilement quantifiables.

La valeur comptable de l’actif est souvent le chiffre que les investisseurs regardent en premier lorsqu’ils examinent les comptes d’une entreprise. Les compagnies qui se servent de beaucoup de machines, les compagnies de chemins de fer par exemple, ou qui ont besoin d’un grand nombre d’instruments financiers, comme les banques, ont souvent de grosses valeurs d’actif, contrairement aux sociétés de services, comme les éditeurs de jeux vidéos ou les agences de publicité par exemple. Dans ce cas, la valeur comptable n’a pas une grande utilité.

Price-to-book ratio

Vous obtenez le price-to-book ratio en divisant le prix de l’action par la valeur d’actif par action. Si le ratio est inférieur à 1, cela signifie que vous pouvez acheter les actifs de la société pour moins que leur valeur nominale. Par exemple, un price-to-book ratio de 0,60 signifie que vous ne débourserez que 0,60€ pour acheter 1€ d’actif. Si l’entreprise fait faillite (et n’a pas de dette), les actifs de la société sont liquidés et l’actionnaire reçoit en paiement la valeur liquidative de l’actif.

En fait, l’idéal pour l’investisseur est qu’il investisse dans la valeur avant que le marché ne se rende compte que les actions valent moins que la valeur comptable de l’entreprise et que le prix de l‘action ainsi augmente. Ceci dit, cette technique présente des imperfections et peut s’avérer délicat.

Une opportunité cachée ou un piège ?

Quand vous trouvez des titres qui s’échangent à un prix inférieur à sa valeur comptable, demandez-vous pourquoi aucun autre investisseur n’a fait la même trouvaille et égalisé le prix de l’action à sa valeur comptable. Le price-to-book ratio est un calcul simple à faire à partir de données faciles à trouver sur les principaux sites d’information boursière.

La réponse pourrait être que le marché boude l’entreprise, mais il se peut tout aussi bien que la valeur comptable annoncée soit très supérieures à la valeur de marché des actifs inscrits au bilan (exemple : machines vieillissantes ou stocks de produits finis obsolètes).

Attention aux dotations aux amortissements trompeuses

Vous devez vous renseigner pour savoir quelle a été la politique d’amortissement de l’entreprise qui vous intéresse. Pour ce faire, il faut aller fouiller dans les bilans des années précédentes. Si des actifs de qualité se sont dépréciés plus rapidement que leur valeur de marché, vous avez alors trouvé de la valeur cachée : conservez l’action et attendez qu’elle prenne de la valeur dans le futur.

Au contraire, si les actifs sont amortis plus lentement que la baisse de la valeur de marché de ces actifs, alors la valeur comptable sera supérieure à la valeur réelle, créant ainsi un mauvais investissement pour ceux qui regardent uniquement le price-to-book ratio pour investir.

Les entreprises industrielles sont un bon exemple de l’importance de l’amortissement sur la valeur comptable. Ces entreprises doivent investir beaucoup d’argent pour l’achat et l’entretien de leur matériel, mais la valeur de revente d’un équipement baisse généralement plus vite que l’amortissement d’une entreprise, déterminé un peu arbitrairement par le comptable. A mesure que le matériel vieillit, sa valeur baisse.

Morale de l’histoire : le prix auquel l’entreprise a acheté le matériel n’a pas grande importance. Ce qui compte le plus, c’est sa valeur liquidative.

Si la valeur comptable de la société est principalement fondée sur du matériel qui se déprécie rapidement, il est essentiel que vous fassiez d’autres recherches.

Remboursement des créanciers

Un investisseur qui a un œil sur la valeur comptable de l’actif d’une entreprise doit impérativement découvrir qui sont ses créanciers, en particulier si l’entreprise est au bord de la faillite. En effet, les actifs de la société servent de garantie pour ses emprunts. En cas de mise en liquidation, les créanciers sont donc remboursés en priorité. Ce qui reste après que tous les créanciers ont été dûment remboursés s’appelle la “valeur d’actif net comptable”, qui appartient aux actionnaires, et à eux seulement.

Comment repérer les valeurs cachées ?

Les entreprises qui recèlent de la valeur cachée partagent souvent ces quelques caractéristiques :

Elles sont vieilles. Les vieilles entreprises existent depuis suffisamment longtemps pour que certains de ses actifs, comme l’immobilier, se soient appréciées.

Elles sont grosses. Les grosses entreprises opérant dans le monde entier peuvent receler de la valeur cachée avec les terrains achetés à l’étranger ou d’autres actifs détenus à l’étranger. Les investisseurs ignorent souvent ces actifs-là, car cela exige de connaître les règles de comptabilité locales.

Elles sont dans des secteurs peu “glamours”. Les entreprises qui ont une activité qui ne fait rêver personne sont souvent boudées. Les investisseurs leur préfèrent souvent les valeurs de croissance, comme par exemple Amazon ou Google. Cela fait meilleur impression dans les dîners en ville.

Toucher ses plus-values

Même si vous avez trouvé une entreprise qui a une vraie valeur cachée, vous devez tout de même attendre que le marché vous donne raison pour que vous puissiez encaisser vos plus-values.

Les grands actionnaires peuvent accélérer le processus, mais on ne peut pas toujours compter sur cela. Pour cette raison, acheter en se fondant uniquement sur la valeur comptable peut générer des moins-values, même si vous avez raison.

S’il faut attendre plusieurs années pour que le prix de marché rattrape la valeur intrinsèque, alors vous feriez peut être mieux d’investir sur des obligations avec un taux de 4% l’an. L’obligation est moins risquée et aura des résultats similaires sur une la même période. Il faut bien considérer le risque encouru, car rien ne permet de prévoir combien de temps il faudra avant que le marché ne vous donne raison (si vous aviez raison !).

A la recherche de la bonne information

Trouver la parfaite valeur comptable n’est pas plus facile que tout autre logique d’investissement ; c’est tout simplement un type de recherche d‘informations. L’habit ne fait pas le moine et ne jugez pas une compagnie selon la façon dont elle a déguisé sa valeur comptable.
En théorie, un faible price-to-book ratio signifie que vous couverts contre une mauvaise performance. En pratique, c’est bien moins sûr. Du matériel dépassé apparaîtra peut être toujours dans le bilan, tandis que l’appréciation d’un bien immobilier ne sera pas pris en compte. Si vous comptez investir en vous basant sur la valeur comptable, vous devez trouver l’état exact de ces actifs.

Ceci dit, se plonger dans les chiffres de la valeur comptable vous permettra de mieux comprendre la société. Dans certains cas, une entreprise préférera réinvestir ses bénéfices pour renouveler le matériel plutôt que de verser des dividendes ou développer la société. Ce creux dans les bénéfices fera baisser la valeur de la compagnie à court terme, cela créera de la valeur comptable sur le long terme.

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