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Investir comme Bernard Madoff… sans passer par la case prison

Investir comme Bernard Madoff… sans passer par la case prison




Nous le savons tous, Bernard Madoff était à la tête d’une immense chaîne de Ponzi et ne s’occupait guère d’investir le capital de ses clients.. Donc… la stratégie qu’il prétendait utiliser, à savoir une conversion « split-strike, c’est aussi du vent, non ?

Eh bien non, pas exactement.

Bien que la stratégie de conversion split-strike soit un peu complexe à comprendre pour le non-initié, elle n’en reste pas moins une stratégie viable. En fait, elle est tout à fait légale et est souvent décrites dans les manuels académiques qui traitent des options. Le postulat de départ est de réduire la volatilité, d’offrir des rendements stables et de protéger des pertes.

Ainsi, vous pouvez investir comme Bernie, sans passer par la case prison. Voici donc comment fonctionne cette stratégie devenue tristement célèbre.

La stratégie split-strike conversion

Etape 1

Achetez des titres de sociétés pour vous créer un portefeuille qui représente un des principaux indices, comme le CAC 40. Pas besoin d’acheter l’indice en entier, 10 ou 15 entreprises qui suivent de près l’indice dans son évolution suffisent qui, idéaement, paient des dividendes assez élevés.

Etape 2

Vendez des options d’achat (“call”) avec un strike supérieur au cours de l’indice. Cela limitera les gains, certes, mais générera de précieuses liquidités.

Etape 3

Achetez des options de vente (“put”) avec un strike au cours actuel de l’indice (“dans la monnaie”) à l’aide des liquidités provenant de la vente des calls de l’étape précédente. Ces calls permettront d’amortir une chute éventuelle de l’indice sous-jacent et limiteront voire empêcheront les pertes.

Les résultats de la stratégie split-strike conversion

Une stratégie split-strike conversion peut déboucher sur plusieurs résultats différents.

Scenario 1

Le marché connait une forte hausse et les calls que vous avez vendus sont exercés ? Dans ce cas, vous devrez régler votre contrepartie en espèces pour couvrir les pertes mais, en parallèle, votre portefeuille se sera apprécié du même montant. Vous vous voyez donc attribuée la prime, ce qui est avantageux, mais pas autant que ça aurait pu l’être. En gros, ce n’est pas le meilleur scenario.

Scenario 2

Le marché chute brusquement et vos puts amortissent la chute. Dans ce cas, il vous reste votre portefeuille d’actions mais sa valeur aura diminué. Cela dit, vu que les puts ont servi à financer vos calls, cela compense une partie des pertes du portefeuille : vous gardez l’argent la vente des calls des options d’achat. Cela peut aussi s’avérer rentable. Dans le pire des cas, vos pertes auront au moins été limitées.

Scenario 3

Le marché stagne, toutes les liquidités générées par la vente des calls couvrent l’achat des puts, et le portefeuille d’actions génère des dividendes. Une fois encore, le résultat est positif.

Mais pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné pour Madoff ?

Si l’explication précédente vous a séduit, alors vous comprendrez aisément que cela a aussi séduit les clients de Madoff. Lorsque votre stratégie est astucieuse et cohérente, et que vous êtes à même de confirmer cette première impression avec des résultats toujours positifs, votre exposé est plus que convaincant. Pas étonnant que son entreprise ait connu une croissance si rapide !

Mais il existe d’autres résultats potentiels qui auraient mis à mal sa stratégie et engendré des pertes. Par exemple, si un investisseur achète des puts à un prix proche de celui du marché, la dépense sera beaucoup plus importante que la valeur future des calls.

Ainsi, il faudra soit vendre beaucoup plus de calls pour générer assez de liquidité pour financer l’achat des puts, soit laisser une partie du portefeuille sans protection. Si l’investisseur achète des puts en dehors de la monnaie, ce qui serait plus abordable, et que l’indice subit une légère baisse qui provoque des achats sans pour autant parvenir à mettre les puts dans la monnaie, cela déboucherait sur une perte. Appliquer cette stratégie est donc plus facile à dire qu’à faire.

Une des principales raisons qui aurait fait que cette stratégie n’aurait pas fonctionné pour Madoff : son fonds était trop gros, et le volume de transactions qu’il aurait créé aurait eu un impact énorme sur le marché des options. Il faudrait assez de demande pour les calls et assez d’offre du côté des puts pour équilibrer la taille du portefeuille. Avec des milliards de dollars en jeu, il n’y a tout simplement pas assez de contreparties pour faire fonctionner cette stratégie à un niveau de prix intéressant. De plus, la transaction complète générerait des frais considérables, réduisant d’autant les profits.

La stratégie du split-strike a le blues

La faillite du fonds de Bernard Madoff a eu de fortes répercussions sur la stratégie du split-strike.

Dans les faits, cette stratégie est viable. Madoff a joué sur l’ambiguïté de son discours pour faire croire aux investisseurs que son fonds pouvait leur procurer des rendements supérieurs à la moyenne. Mais ce n’était qu’un mensonge. Madoff n’aurait jamais pu générer les rendements qu’il annonçait, tout comme il n’aurait pas pu mettre en oeuvre cette stratégie à un si gros fonds.

Madoff aurait pu appliquer cette stratégie et obtenir des rendements plus que corrects pour ses clients. Mais cela n’aurait pas été aussi rentable pour Madoff et le fonds n’aurait jamais atteint une telle taille

Les informations de Cafedelabourse.com et de ses publications sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement.