L’idée d’une taxe sur les transactions financières refait surface

L’idée d’une taxe sur les transactions financières refait surface




A chaque nouvelle crise, l’idée d’instaurer une taxe sur les transactions financières refait surface. Mais dans un système financier mondialisé, la mise en place de cette taxe s’avère inapplicable.

Contexte

L’idée d’une taxe sur les transactions financières se dessine alors que les marchés financiers souffrent d’un manque de visibilité sur les problèmes épineux des dettes souveraines, attendant des interventions concrètes de la part des gouvernements.

Cette idée n’est pas nouvelle et a d’abord été formulée par l’économiste James Tobin en 1972. Le but était de lutter contre la spéculation à très court terme en instaurant une taxe sur les flux financiers. Avec un faible taux de prélèvement, la taxe ne nuirait pas aux opérations non spéculatives.

La taxe Tobin a par la suite été sortie de son contexte puisque certains ont vu là l’occasion de mettre en avant des idées altermondialistes, alors même que James Tobin défend le libre échange. Il déclarait d’ailleurs en 2001 qu’on détournait son nom.

Une idée qui parait limitée

Lors de leur rencontre il y a maintenant une semaine, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont évoqué la possibilité d’une taxe sur les transactions financières. Pour eux, un tel prélèvement devrait permettre de limiter la spéculation et de constituer une ressource pour lutter contre l’endettement des pays européens en augmentant le budget de l’UE.

Plusieurs travaux entre 2001 et 2006 ont toutefois prouvé que la taxe Tobin en augmentant les frais de transaction (car on rajoute un prélèvement sur les opérations) conduirait à une hausse de la volatilité, alors même que c’est l’effet inverse qu’on recherche. De plus, il est avancé aujourd’hui qu’une taxe au niveau européen ne serait pas efficace, puisqu’il faudrait que ce soit le cas au niveau mondial.

La Suède avait instauré une taxe similaire vers 1980, avec comme résultat un départ des opérations vers Londres pour ne plus subir ces frais. Londres qui s’oppose d’ailleurs fermement à cette taxe qui pourrait fortement nuire à la City.

L’impact d’une telle taxe sur les marchés financiers

D’abord, les fonds de trading haute fréquence pourraient être fortement touchés par ces taxes. Effectivement ces fonds réalisent énormément d’opérations à chaque séance et pourraient donc souffrir d’une hausse des frais de transaction.

Autres victimes potentielles de cette taxe, les opérateurs boursiers comme NYSE Euronext ou Deutsche Börse qui estiment qu’une taxe européenne les pénaliserait et favoriserait des mouvements vers des places moins régulées.

On ne connaît pas le montant de la taxe pour l’instant. Des travaux de la commission européenne se basaient cependant sur une taxe de 0.1% pour actions/ obligations et 0.01% pour les dérivés. Selon votre horizon et technique d’investissement, cette taxe aura par conséquent des effets différents.

En conclusion bien qu’elle puisse paraître intéressante, cette taxe sur les transactions financières présente également de nombreux points négatifs. Il faudra en tenir compte au cours des prochains débats sans quoi les effets seraient inverses à ceux escomptés.

Thomas Jeulin