Les cinq fonds souverains à suivre

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Cheikh Hamad, émir du Qatar

Bouée de sauvetage pour de nombreuses sociétés européennes et nord-américaines en difficultés, les fonds souverains sont en pleine expansion, mais  leur pouvoir grandissant et leur opacité en inquiètent certains.

Détenus, direct ou indirectement, par l’État, ces fonds gèrent des actifs financiers publics. Que ce soit des réserves de change, de l’épargne excédentaire ou des revenus de ressources naturelles, ces fonds pèsent lourd.

De 397 milliards d’euros en 1990 à 7000 milliards d’euros aujourd’hui, le montant sous gestion de tous les fonds souverains combinés dépasse le PIB de la Chine. Les cinq plus grands fonds souverains combinés valent plus de 2200 milliards, soit quasiment le PIB de la France.

Les cinq fonds souverains à suivre

Source : SWF Institute

L’indice Russell 2000® mesure la performance du segment des petites capitalisations dans l’univers des actions américaines (environ 8 % de la capitalisation boursière totale du marché d’actions américain).

Investis essentiellement en actions et obligations étrangères, les fonds souverains ne sont pas toujours accueillis à bras ouverts. Les plus protectionnistes craignent de perdre une partie de leur souveraineté. Les Etats-Unis ont voté en 2007 le National Security Act pour limiter la part des fonds souverains dans les sociétés américaines.

Les fonds souverains sont opaques …

Les appréhensions sont d’autant plus vives que les fonds souverains, sans régulation ni investisseurs privés, publient très peu de données. Les milliards de dollars de ces fonds appartiennent souvent à régimes politiques opaques.

Pour répondre à ces critiques et inciter à la transparence a été créé en 2007 l’indice Linaburg-Maduell, fondé sur dix critères de transparence. Force est de constater que peu de fonds obtiennent de bonnes notes.

… mais en pleine expansion

Pourtant, les fonds souverains ne cessent de croître. Le premier fonds souverain fut établi en 1953 par le Koweït, désireux d’investir ses pétrodollars. Depuis cette date, plus d’une quarantaine de fonds souverains ont été établis.

Note : les données, et donc les classements, des fonds souverains, varient amplement selon les sources. Les données ici présentées sont toutes issues du Sovereign Wealth Fund Institute, une organisation indépendante aux Etats-Unis, spécialisée dans l’analyse des fonds souverains.

Norvège

L’économie de la Norvège se porte bien, et son fonds souverain aussi. Avec plus de €500 milliards d’actifs sous gestion, le Fonds de Pension Public Norvégien – Global est le plus gros fonds d’investissement au monde.

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Etabli en 1990 comme « Fonds Pétrole », il s’occupe de placer les excédents de réserves de change et revenus de gaz et pétrole, ce-dernier représentant plus de 20% du PIB norvégien et 47% de ses exportations, faisant de la Norvège le deuxième plus grand exportateur de pétrole du monde, derrière la Russie.

Géré par le ministère des finances de Norvège, à travers la branche d’investissement de la banque centrale norvégienne, le fonds investit une portion importante de ses actifs en obligations et en actions d’entreprises, comme Royal Dutch Shell, Nestlé, HSBC Holdings ou encore Apple. Actuellement, le fonds détient 1% des actions mondiales, soit en moyenne 2,25% de l’ensemble des entreprises cotées en bourse.

Avec la meilleure note de transparence (10/10 sur l’indice Linaburg-Maduell), le fonds ne se limite désormais qu’aux stratégies long terme et commence à faire des investissements plus risqués, en investissant par exemple dans des hedge funds et dans les marchés émergents.

Emirats Arabes Unis

Sans doute le plus intriguant des fonds souverains et connu pour sa montée au capital de Citigroup pendant la crise financière de 2008, très peu de données fiables existent sur l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA). Entièrement détenu par le gouvernement des émirats, le fonds n’obtient qu’un piètre 5/10 pour la transparence.

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Créé en 1976, l’ADIA est le deuxième plus grand fonds souverain du monde. Ses €487 milliards d’actifs sous gestion proviennent principalement des excédents issus de ses exportations de pétrole, en particulier d’Abu Dhabi National Oil Company, la principale compagnie pétrolière nationale des EAU.

Comme d’autres pays producteurs de pétrole, l’ADIA investit à l’étranger pour se protéger contre les variations à court terme des cours du pétrole, mais aussi pour se constituer une rente pouvant prendre le relai une fois épuisée sa rente pétrolière.

L’évolution du montant des actifs investis en fonds souverains par les pays exportateurs de pétrole

Chine

La Chine cherche à rentabiliser ses colossales réserves de change en créant des fonds souverains.

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Source: Viableopposition

Crée en 1997, State Administration of Foreign Exchange (SAFE) gère les excédents de réserves de change du pays. Avec €441 milliards d’actifs sous gestion, c’est le troisième plus gros fonds souverain du monde.

Avec très peu de données publiques (seulement 4/10 sur l’indice Linaburg-Maduell), on sait néanmoins que l’investissement en entreprises cotées à la Bourse de Londres représente à lui seul plus de 4,5 milliards d’euros : Royal Dutch Shell, Rio Tinto, Tesco, BHP Billiton ou encore Barclays.

Qatar

Le Qatar Investment Authority (QIA) a été créé en 2005 pour gérer le surplus issu des revenus du gaz naturel liquéfié, dont le Qatar en est le plus important exportateur mondial et pour se protéger de la volatilité du prix de l’énergie.

Avec plus de 89 milliards d’euros, le QIA est le 12e fonds souverains du monde. Le QIA porte un intérêt particulier sur la France. Le Qatar a pris des participations dans quelques fleurons français : 1% de LVMH, 3% du pétrolier Total, plus de 5% dans Vinci et Veolia environnement, quasiment 13% dans le group de média Lagardère et 100% du club de football Paris-St-Germain(Lire notre dossier sur les investissements du Qatar en France)

Annoncé il y a un an, le très controversé « fonds banlieue » va investir €50 millions pour soutenir des projets d’entrepreneurs dans des quartiers en difficulté.

France

Établi en novembre 2008 et géré par la Caisse des Dépôts, le fonds stratégique d’Investissement a été créé pour soutenir le développement des PME prometteuses et sécuriser le capital d’entreprises stratégiques.

Avec plus de €20 milliards d’actifs sous gestion, le fonds souverain de la France occupe la 25e place dans le classement des fonds souverains et un 9/10 sur l’indice de transparence.

Teresa Marques