Analyse CAC 40 : quelle direction pour l’indice parisien ?

Analyse CAC 40 : quelle direction pour l’indice parisien ?




Le CAC 40 est très volatile actuellement. Un point sur la macroéconomie et sur l’attitude à adopter face à cette nervosité des marchés.

Perspectives politiques et macroéconomiques

La dernière semaine d’Octobre, le couple franco-allemand pensait être parvenu à une solution concernant la crise des dettes souveraines et ce sur 3 points : la hausse de la décote de la dette grecque, l’élargissement du fonds européen de stabilité financière (FESF) et la recapitalisation des banques.

Cependant l’annonce par la Grèce ce lundi de vouloir soumettre à un référendum le plan de sauvetage conclu la semaine passée a jeté un froid sur les marchés, puisqu’effectivement un rejet pourrait se traduire très concrètement par un défaut prononcé du pays et donc des pertes plus importantes pour les banques que la décote attendue de 50%.

Dans la foulée c’est l’Italie qui annonçait en milieu de semaine travailler sur des nouvelles mesures de réduction de sa dette et de relance de son économie. Le pays a vu ses taux à 10 ans augmenter à 6%, un niveau ingérable pour le gouvernement qui ne lui permet pas de se financer correctement.

Ces variations violentes dans les taux reflètent les possibilités d’arbitrage des investisseurs, qui préfèrent se tourner vers les obligations d’Etat allemandes, considérées comme les plus sures au sein de l’Union Européenne.

Ce mardi, ce sont tous les pays de la zone euro qui voyaient leur risque augmenter, avec une hausse des Credit Default Swap (CDS) français de 10%, allemands de 14% et italiens de 16% à respectivement 193bps, 96bps et 515bps.

Illustration des tensions au sein de la zone euro, la France et l’Allemagne demandait ce Mercredi à la Grèce de faire savoir d’ici mi- Décembre si le pays souhaite rester dans la zone euro ou non.

Plus qu’un défaut grec, c’est la contagion qui est redoutée par les analystes, puisque c’est l’exposition à l’Italie qui est la plus importante pour les banques françaises. Il est déjà prévenu que l’Europe ne pourrait pas gérer une extension de la crise à l’Italie et à l’Espagne par exemple.

Enfin au niveau des considérations macroéconomiques françaises, il ne faut pas oublier la mise sous surveillance de la note de la France par Moody’s.

Perspectives pour le CAC 40

Le CAC 40 est revenu sur les niveaux d’avant sommet européen et avait effacé tous ses gains.

L’indice devrait rester fortement volatile face à la Grèce et au vote de confiance prévu ce vendredi. Il faut garder en tête qu’à eux seuls, les titres BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et AXA représentent en cumul 11% du CAC 40.

En cas de défaut total de la Grèce (une perte de 100% sur la dette grecque) et selon Natixis, les 3 grandes banques françaises perdraient 16,4 milliards d’euros additionnels.

Tant que la situation ne se sera pas éclaircie, la volatilité sera donc de mise sur l’indice et un test des 3000 points (bande de Bollinger inférieure) avant un prochain rebond n’est pas à exclure.

Les configurations graphiques semblent toutefois à écarter temporairement puisque l’évolution de l’indice dépendra complètement de la Grèce et du référendum dont il est question.

Thomas Jeulin